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Humour/Détente
Sebastien : Les Aventuriers de l'Amérion - Chapitre 13 : Cheat Code
 Publié le 25/02/08  -  2 commentaires  -  11908 caractères  -  8 lectures    Autres textes du même auteur

L'Amérion est en péril. Ce n'est plus qu'une question de secondes avant que les dominautes ne le détruisent corps et biens.
Cette histoire a été écrite à quatre mains : Corentin et Sébastien.
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Les Aventuriers de l'Amérion - Chapitre 13 : Cheat Code


- Il reste un espoir, capitaine.

- Ah bon ?

- Oui. Et fermez la bouche, vous avez l’air stupide. L’Introducton est endommagé mais fonctionne encore. En couplant les boucliers de confinement aux génératrices de saut, elles-mêmes commandées par les détecteurs de matière, nous pourrions nous en sortir. En d’autres termes, on pourrait sauter dans l’espace, et même atterrir non loin d’une planète. Dans le pire des cas, on se téléporte dans l’atmosphère et les champs de confinement nous protègeront. Ainsi nous repousserons la matière aux limites du vaisseau.

- Bon, simplifiez, j’ai rien compris, là.

- En gros, nous sauter, nous rien à craindre et nous contents car nous ailleurs ! brailla Hal, dont la remarque fut ponctuée par un grincement qui indiquait que les hostiles volatiles attaquaient une antenne extérieure.

- Euh, ok, faites donc ça, Hal ! Vous savez comment vous y prendre ?


Et Hal réfléchit un petit moment. Car il venait de se rendre compte qu’il allait encore passer pour un con parce qu’en fait, malgré ses grands airs de donneur de leçons, il ne se souvenait plus DU TOUT de la manip – bien qu’il fût persuadé que c’était réalisable. Il fit un effort surhumain pour tenter de se souvenir, suant à grosses gouttes, mais il n’y avait pas moyen. Il se souvenait vaguement d’avoir fait ça pendant ses études, ça devait être en TP de chromodynamique quantique en milieu azéotrope mais ça remontait à beaucoup trop loin dans le passé, et il était probablement arrivé en retard encore bourré de la veille. L’échec ! Mais soudain, il eut une idée.


Il contorsionna ses antennes, de manière à former un solénoïde plus ou moins infini, se mit un doigt dans le fion (pour amplifier la réception), puis fit appel à toutes ses capacités psychiques. Il remonta le temps par la pensée, flotta à travers l’espace (au sens figuré), puis il se retrouva dans la salle de TP miteuse de son ancienne université. Là, il avisa le banc d’essai sur lequel était en train d’agoniser un rotor bicroisé cocyclique maleumeuné par des élèves peu doués. Il jugea que c’était useless, alors il se dirigea vers le bureau du prof qui n’avait pas l’air de branler grand-chose. Hal lui soutira la correction de l’examen. Il effectua une brève photocopie mentale du polycopié, le sauvegarda au format PDF, puis il revint dare-dare à bord de l’Amérion en traçant sa race à travers l’étendue cosmique du tissu de l’espace-temps.


- Bin alors ? Vous rêvassez ? s’impatienta Tipek.

- Non, c’est bon, je gère. KLEBZ !

- Wouaf ?

- Branche l’altistart en dérivation du générateur de flux de positons ! LUMI ! Sortez le train de décollage en mode sans échec, et faites passer les multiplexeurs en triphasé. VON DUTCH ! Faites-moi un café vanille ! BROSSARD ! Abaissez les commutateurs du faisceau d’antimatière discrétisée !


Tout ce beau monde s’exécuta en silence, ne croyant pas trop à la réussite de cette drôle de manœuvre. Les dizaines de milliers de dominautes s’acharnaient sur la double coque externe de l’Amérion dont les champs de confinement faiblissaient à vue de nez. Et, soudain, lorsque Brossard abaissa le dernier commutateur, ce fut une explosion de feu blanc, puis les dominautes n’eurent plus rien à se mettre sous les griffes. L’Amérion avait disparu. Les bestioles ivres de fureur ne bitèrent rien à la manœuvre et finirent pas se foutre copieusement sur la gueule pour passer le temps. Il leur fallut moins de dix secondes pour toutes s’entretuer et, bientôt, il n’y avait plus une âme qui vive là où, jadis, s’était crashé l’Amérion.


- Ouah putain trop fort, ça a marché ! Vive moi ! hurla Yababoua.


Et en effet, l'Amérion, qui quelques instants plus tôt était secoué par de violentes agressions, berçait désormais son équipage d'un lent ballautement. Le fort appel de tension généré par le saut avait laissé l'habitacle sombre et silencieux. Et comme il ne pleuvait pas dans l'espace, bin y avait aucun bruit. Klebz savoura cette douce quiétude, puis il lâcha une grosse caisse pour détendre l'atmosphère. L'Amérion, qui dérivait paisiblement dans l'espace, trembla de toute sa structure.


- Putain, Klebz, sérieux ! T'abuses ! grogna Brossard.

- Va chier, grogna le mécanichien.


Le capitaine sentit à cette réflexion pleine de diplomatie la nervosité qui gagnait l'équipage, malgré les efforts nauséabonds de Klebz. Le courant, qui aurait dû revenir, se faisait désirer, et Wall-ID n'était plus là pour répondre aux éventuelles questions de l'équipage. Klebz alla donc fouiner du côté de Wall-ID pour tenter de le réactiver, et puis aussi un peu pour se faire oublier. Von Dutch s'agrippa aux poignées d'apesanteur et flotta jusqu'à la grande baie vitrée du cockeupit blindé. Là, il scruta l'immensité de l'univers, le visage plaqué contre le quadruple vitrage de ptiplexiglas froid comme l'espace.


- Y a pas grand monde, merde... P'têt une planète ou deux... Faudrait remettre le courant, quoi.


Le capitaine enjoignit à Yababoua de se démerder pour remettre en marche les systèmes vitaux de l'Amérion, après quoi il serait chargé de vérifier les paramètres opérationnels du système de navigage. Après tout, c'était lui qui avait eu cette idée, bordel. Von Dutch continua d'essayer de distinguer quelque chose au-dehors, mais on y voyait comme à travers une pelle. Yababoua fit mine d'inspecter la console de gestion énergétique de l'Amérion, mais il n'y comprenait rien.


- Lumi ? Ça marche comment déjà, les pompes de refoulement de basse énergie ?

- Euh... Normalement il faut évaluer la concordance des énergies (au niveau des unités, essentiellement), mais là je pense qu'il faut plutôt mettre en marche une routine de gestion des stocks. Peut-être.

- Ah ? Bon. Tu crois qu'en lançant une subroutine de scrutation, on pourrait récupérer un ou deux fonds de batterie protonique ?

- Hmmm oui. Mais déjà nous devons déterminer quelles sont les variables extensives du polymère de bio-regénération à double hélice tri-nucléaire.

- Bon, je vais essayer de récupérer quelques vieilles batteries, en attendant que tu t'occupes de ça. Klebz ? Va pédaler un peu sur l'alternateur basse tension ! Les panneaux solaires ne rendent pas assez !

- Tjeuuuuuu ! maugréa ce dernier. Toujours les tâches ingrates.


Il descendit donc l'escalier 31ter (le 31bis était en panne), non sans marcher une énième fois sur sa queue en étouffant un "kouïne" rageur. Sa truffe bioluminescente générait tout juste assez de lumière pour qu'il puisse se diriger. Il n'y voyait donc pas plus loin que le bout de sa truffe, lorsqu'il mit le pied dans une matière gluante et tiède.


- Et meeeeerde ! souffla Klebz. L'enclôs du garde-manger est aussi tombé en rade ! Dans quoi est-ce que j'ai encore foutu le pied, moi ? Fiente de cochonglier ? Déjection de poule ?


Klebz s'essuya la patte sur la passerelle, puis il alla se sangler sur le vélo hyperspatial et se mit à pédaler dans la semoule.


Un étage plus haut, la situation n'était pas plus reluisante. Lumi galérait avec l'ordinateur qui, faute de courant, présentait quelques dysfonctionnements. Tipek se préparait à changer de tactique en faisant un feu au milieu du cockeupit, lorsqu'il vit un bouton un peu à l'écart du panneau de commandes principal. On pouvait y lire "Bouton de remise en marche des systèmes d'alimentation du vaisseau après un saut foireux". Le capitaine, fort de son expérience martiale, ne céda pas à la facilité. Il décida de faire appel à l'expertise de Lumi.


- Bon, déjà, le bouton ne fait que clugnauter, fit-elle. Ça, c'est paske Klebz est pas foutu de pédaler normalement, à un rythme constant, j'entends. Peut-être que s'il arrivait à stabiliser ses ardeurs, on pourrait tenter d'appuyer dessus. J'ai la notice sous les yeux, mais c'est en japonais sous-titré taïwanais, j'y comprends pas grand-chose... KLEEEBZ ! Essaie de nous fournir un couple constant !

- Eh ! Oh ! Ça va, hein ! Déjà que j'attends encore mon susucre !


« Je vais faire un démarrage tri-oile étangle », pensa Klebz. Ainsi fut dit, ainsi fut fait. La manœuvre eut pour effet de stabiliser de manière drastique la valeur efficace (voire même crête à crête, mais la pince ampèremétrique était alimentée directement par le vaisseau, du coup on n'en sait rien). Appuyant sur le bouton dès qu'il émit la lueur verte caractéristique, Lumi observa un curieux tressautement sur le panneau de contrôle du générateur principal. Perplexe, elle alla inspecter ce nouveau merdier, puis elle déclara :


- Je le crois pas ! Ça a marché ! Le générateur principal s'est remis en route !


Une fraction de seconde plus tard, les néons s'allumèrent en grésillant, et le pont principal de l'Amérion fut noyé sous une lumière d'un blanc aveuglant. Trop aveuglant.


- Kleeeebz ! STOOOOP !!! Tu crées une surtension !!

- Ah merde !


Avant que Klebz n'ait le temps de descendre du convertisseur musculo-électrique, un violent et vengeur retour de tension vint directement parcourir le brave Klebz qui n'avait rien demandé (à part un susucre, peut-être).


- Mais j'en ai marre euh ! couina-t-il.

- Merci Klebz, tu as sauvé l'Amérion une fois de plus ! cria Tipek du pont supérieur.


Et de fait, les équipements se remettaient un par un à fonctionner. Toutes les consoles s'allumèrent en bourdonnant, et les ventilos se mirent à produire leur boucan caractéristique et régulier. Pour un peu, on se serait cru dans une salle de serveurs informatiques. Tipek soupira. Ça faisait des plombes que l'Amérion n'avait pas été en si bon état. Tout allait bien. Sauf, peut-être, le fait qu'ils ne pourraient jamais rentrer chez eux.


- Bon, on est OÙ ? perdit-patience le capitaine.

- Euh… d'après les relevés, on serait pas loin de la galaxie Prauxima du Canditaure, vers les axiomes gazeux du second flux céleste (donc là, on est sur des termes qui ne veulent rien dire, hein), capitaine.

- Merci, Hal. Lumi, traduction ?

- Ça veut pas dire grand-chose, la densité d'habitation de cette zone étant proche de zéro, on est probablement dans les environs de nulle part.

- Merde. Y a pas une planète ? On n'a pas eu le temps de faire des provisions de bouffe sur l'autre.

- De toute façon, la bouffe minérale, c'est pire que la macrobiotique, capitaine, ajouta l'intendant.

- C'est pas trop grave, fit Tipek. On a encore quelques bestiaux dans la soute, et puis on lancera le générateur de bœuf de synthèse.

- Euh... justement, au sujet des animaux de la soute, commença Klebz...

- Eh bien quoi, Klebz ?

- Ah non, hein ? C'est pas d’ma faute !

- Mais quoi, bon sang ?

- Les barrières électro-quantiques se sont éteintes avec la coupure lors de notre atterrissage forcé, capitaine, et je crois que les bestiaux se sont barrés sur Coteless... En tout cas, ils ont chié partout en bas. Et c'est pas moi qui nettoierai.

- Tu veux dire qu'on a plus rien à grailler ? s'enquit Von Dutch.

- Bin, c'est plutôt mal barré, façon échec, quoi.

- Rhâââ la louze ! Et le générateur de synthèse ?

- Bin, il devrait marcher mais ça produit un bœuf avec un arrière-goût de nuoc-mam, c'est peu casse-couille.

- Oui et puis c'est filandreux, capitaine.

- Bon, Brossard commencez pas !

- Capitaine ! Venez voir ! Une planète habitable ! cria tout à coup Lumi.


Loin, très loin sur les écrans de contrôle (qui étaient pourvus d'un zoom puissant, néanmoins) se trouvait une petite planète verdoyante à l'aspect accueillant. Le planétoscope à contrebalancement triconcave indiquait une atmosphère respirable et quelques humains grégaires cavernicoles, encore à l'âge de pierre. Les scientifiques avaient depuis longtemps déterminé que l'humain était une sorte d'entonnoir évolutionnel, constituant un passage statistiquement obligé pour toute forme de vie carbonée vouée à évoluer. Ainsi, on en trouvait sur 99,97 % des planètes habitant la vie, et le monde qu’ils observaient avec espoir ne faisait pas exception à la règle.


 
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   nico84   
25/2/2008
 a aimé ce texte 
Bien ↓
J'ai moins aimé car l'humour m'a fait moins sourire. Par contre, il y a d'avantage d'actions et de terme technique et ca m'a plu !

J'attends la suite.

   jaimme   
26/8/2009
 a aimé ce texte 
Un peu ↓
Des "fion", "pets", "merde" et j'en passe que je vais faire semblant de ne pas avoir lus.
Et quelques trouvailles heureusement.
Je regarde derrière moi, et les lecteurs courageux... nous partîmes mille et nous voila... deux.
Allez, jaimme, pense au destin de le SF burlesque, continue!


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