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Réalisme/Historique
Simili-me : L'élégance de la survie
 Publié le 27/03/10  -  16 commentaires  -  8709 caractères  -  101 lectures    Autres textes du même auteur

Jeanne et sa fille ont été déportées dans un camp de travail en 1944. Jeanne a gardé dans ces circonstances le goût de l'élégance qu'elle pense nécessaire à la condition humaine. Cette élégance sera son échappatoire.


L'élégance de la survie


La photo est en noir et blanc, un peu sépia. On y voit un groupe de femmes qui posent. Elles sont une quinzaine et ont adopté la mise en place classique de ce type de photo de groupe. Les plus grandes sont au fond, les petites au milieu, et sur les côtés deux d’entre elles sont assises sur des chaises. Devant le groupe se tiennent trois fillettes, debout.


Les femmes sont habillées simplement, dans des tenues qui évoquent des vêtements de travail ou de sortie aux champs. Une seule d’entre elles se distingue par une relative élégance, c’est l’une de celles qui se tiennent derrière une des enfants. Elle a les deux mains posées sur les épaules de la petite fille devant elle, et elles regardent toutes deux droit vers l’objectif. Peu de détails la distinguent des autres, la façon dont ses cheveux sont noués, un foulard autour du cou, une attitude peut-être.


Les femmes posent sérieusement, l’une a passé le bras autour des épaules de sa voisine, elles sourient toutes d’un air concentré. Sans la présence de lits superposés peu amènes sur le côté de la photo, ce groupe ferait penser à l’immortalisation d’un camp scout, un été quelque part.


Et pourtant, c’est l’unique photo qui rappelle le séjour de Jeanne et Annette en déportation en 1944. Annette a cinq ans, c’est l’une des trois fillettes. C’est ma mère. Je ne sais pas grand-chose de cette période, j’ai même oublié le nom du camp. Ma mère m’a souvent expliqué qu’il ne s’agissait que d’un camp de travail, et que les femmes n’y étaient pas maltraitées plus que nécessaire. Jeanne, ma grand-mère élégante qui se tient derrière elle, je l’ai peu connue. Elle refusait le plus souvent d’évoquer cette époque, et j’étais trop jeune pour m’y intéresser plus que cela. Pourtant cette photo, avec son côté groupe de vacances, m’intriguait suffisamment.

Jeanne a toujours prêché l’élégance comme une condition de survie. Elle était toujours apprêtée, droite et frêle. L’élégance les a sauvées, Annette et elle.

Jeanne était couturière. Elle habitait en Lorraine, dans une petite ville où elle taillait les robes de la bourgeoisie locale. Il y avait deux couturières à Hagondange, mais Jeanne était la plus courue des deux. Un beau jour, Jeanne, son mari Jean et Annette furent déportés dans des camps séparés, les femmes d’un côté, les hommes de l’autre. L’invasion avait eu lieu depuis plusieurs mois, la vie était difficile, mais l’annonce de la déportation fut subite. On raconte qu’à son retour, Jeanne trouva l'autre couturière installée dans son atelier. Des voisins avaient dénoncé Jeanne et Jean, accusés d’écouter Radio Londres.


Dans la région, le travail obligatoire était une réalité installée. Les familles se divisaient entre “Malgré nous”, “Résistants”, “STO”, et la cohorte de ceux qui n’avaient encore aucune étiquette. Comment se passa leur transfert dans les camps, dans quelles conditions, je ne sais rien de tout cela.


Lorsque je m’étonnais de la prestance de ma grand-mère sur la photo du camp, ma grand-mère souriait fièrement. On me racontait que la femme du directeur du camp avait rapidement perçu l’intérêt qu’elle pouvait tirer de la présence de Jeanne dans son établissement. À cause de ses petites touches d’élégance, suffisamment déplacées pour être remarquées, Frau Wieler s’intéressa à Jeanne et découvrit ses talents de couturière. Jeanne parlait un allemand parfait, comme beaucoup de Lorrains. Elle avait pris soin de parler régulièrement allemand à Annette, ce que les autres déportées du camp désapprouvaient, afin de permettre à la fillette de comprendre ce qui pouvait se dire autour d’elle.


Frau Wieler prit l’habitude de faire sortir Jeanne et Annette du camp pour les faire venir chez elle. Au début, Annette restait assise pendant les séances de couture, regardant sa mère s’activer à la machine. Au moins, elles étaient au chaud. Petit à petit, Frau Wieler leur proposa une boisson chaude, un chocolat ! puis même de quoi manger. Elles n’avaient pas le droit d’en parler, et ne pouvaient rien ramener au camp. Jeanne ne pouvait pas dire qu’elle parlait avec Frau Wieler et qu’elle était passée du rôle d’exécutante à celui de conseillère. J’imagine que Frau Wieler était finalement assez isolée, s’étant retrouvée dans cette maison à l’orée du camp, au bord d’un petit village où elle ne connaissait personne, parce que son mari était directeur de ce camp. Frau Wieler avait une fille, Gertrud, du même âge qu’Annette. Annette et Gertrud ne se croisèrent jamais.


Jeanne cousait de plus en plus souvent chez Frau Wieler. Celle-ci décida de l’emmener avec elle à la ville la plus proche, pour y choisir des tissus. Jeanne refusa tout d’abord. Il n’avait pas été question d’emmener Annette dans cette expédition, et elle ne pouvait laisser sa fille seule au camp. Bien qu’elle échappât le plus souvent à des travaux plus pénibles qu’une après-midi de couture, les conditions du camp étaient suffisamment rudes pour qu’elle n’envisage pas d’y abandonner sa fille pour une sortie.

Une première fois, il fut convenu qu’Annette resterait dans la maison de Frau Wieler sous la garde de la gouvernante de Gertrud pendant que sa mère accompagnait Gertrud et Frau Wieler en ville. Tout se passa au mieux, les deux femmes et Gertrud effectuant l’aller-retour rapidement, accompagnées d’un homme en uniforme. Apparemment, Herr Wieler se prêtait suffisamment aux caprices de sa femme pour lui concéder un véhicule, un garde et une détenue.


En un an, cette occasion se répéta plusieurs fois, jusqu’à ce que Frau Wieler propose d’emmener également Annette. Ce jour-là, Gertrud ne voulait pas se rendre en ville pour une raison ou une autre, sa gouvernante devait rester avec elle, et Frau Wieler ne voulait pas renoncer à ses achats.


C’est ce jour-là que Jeanne et Annette s’échappèrent. Frau Wieler était entrée seule dans une boutique de meubles, laissant le garde et les deux détenues dans la voiture garée devant. Elle sortit sur le pas de porte pour demander au garde de la rejoindre un instant. Il entra derrière elle, Annette et Jeanne restant dans la voiture. Au bout d’un certain temps, Jeanne sortit sur le trottoir. Cette occasion lui semblait inespérée, peut-être un piège. Elle resta là, Annette derrière elle dans la voiture. Comme Frau Wieler lui avait passé quelques vêtements pour cette sortie, rien n’indiquait aux passants qu’elle était en fait une détenue du camp voisin. Frau Wieler regardait parfois de son côté à travers la vitrine. Annette la rejoignit sur le trottoir, Jeanne était incertaine.


Elles étaient là, toutes deux devant la voiture, quand Frau Wieler les regardant à travers la vitre à nouveau, leur fit un petit signe de la tête. Un hochement, comme un assentiment. Jeanne ne savait pas quoi en penser. Frau Wieler eut alors un mouvement de la main, avec un froncement de sourcils, plein d’exaspération. Annette ne bougea pas, mais Jeanne mit sa main dans la sienne. Jeanne regarda sa fille, Frau Wieler, ses sourcils soucieux, et se mit en marche.


Elles se cachèrent près de la gare. Un peu plus tard dans la soirée, elles montèrent dans un train direction la France. Avaient-elles de l’argent, des billets ? Je ne l’ai jamais su.


Elles étaient seules dans un compartiment, Annette dormait, la tête sur les genoux de Jeanne, lorsqu’elles furent contrôlées. Jeanne lisait ostensiblement un journal allemand trouvé là. Dans ses habits de Frau Wieler, nourrie au long de ses après-midi de couture, elle n’avait pas l’air d’une fugitive. Au “Papier, bitte” du militaire, Jeanne expliqua en allemand parfait qu’il lui fallait les chercher dans son sac, sous la petite. “Lassen Sie die Kleine schlafen” (Laissez la petite dormir), répondit le garde. L’arrivée était loin, il avait le temps de repasser.

Il s’éloigna en refermant doucement la porte du compartiment. Jeanne se regarda dans le miroir au-dessus des sièges qui lui faisaient face, et remit en place sa tenue. L’élégance, toujours.


Le jour se leva le long des vitres du train. À chaque gare, Jeanne craignait une irruption dans son compartiment. À Trier, une étrange agitation sur le quai lui fit craindre le pire. Mais à y bien regarder, il y avait là peu de militaires, juste une ébullition, une foule. Prenant son courage à deux mains, elle fit glisser la porte du compartiment quand une famille passa dans le couloir devant elle. “Entschuldigen Sie mich, aber, was passiert, bitte ?” (Excusez-moi, que se passe-t-il, s'il vous plaît ?) La femme lui cria quelque chose en lui tendant son journal, et poursuivit son chemin. “Der Krieg ist aus” (La guerre est finie) répéta Jeanne.


Annette se réveilla, Jeanne lui caressa les cheveux. “La guerre est finie, remets bien ton ruban.”



 
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   Anonyme   
15/3/2010
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Oh j'aime beaucoup. La précision et la pudeur de cette écriture. ce récit qui prend de la distance mais n'oublie pas l'amour. Ce mélange du direct et de l'indirect, je trouve que c'est moderne, ça m'a toujours plu. C'est beau de raconter ce type de choses avec autant de pudeur et d'amour retenu.

   NICOLE   
15/3/2010
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Touchant : c'est le mot qui m'est venu à l'esprit après la lecture de ce morceau de vie, pas miévre, ni larmoyant, seulement touchant. Tout est ici affaire de mesure et de justesse.
J'ai aimé le ressenti devant la photo, si juste qu'il a réveillé d'autres réveries devant des images aux teintes passées.
Quelques phrases pour évoquer les relations entre ces deux femmes réunies par accident, la pudeur de la scéne où la liberté leur est offerte, l'air de rien.
L'auteur manie la mélancolie avec grâce. J'ai relu une autre fois, sans necessité, juste pour en profiter encore un peu.

   Anonyme   
30/3/2010
 a aimé ce texte 
Un peu
Mon jugement (le mot est trop fort) porte uniquement sur la forme.

La forme donc : ici il me semble que la sobriété est de mise ; on sait que l'on regarde une photo :

Photo en noir et blanc, sépia ; un groupe de femmes pose, une quinzaine, une mise en place classique. À l'arrière les plus grandes, les petites au milieu, sur les cotés deux assises sur des chaises. Devant le groupe trois fillettes debout.
C'est tout, le « décor » est planté. Certes le texte est court et on le raccourci mais est-ce si important ?

Voici me semble-t-il le bon style (là j'ai été présomptueux) : « Peu de détails la distinguent des autres, la façon dont ses cheveux sont noués, un foulard autour du cou, une attitude peut être. »

Des phrases courtes ou des fragments de phrases cohérents séparés, à bon escient bien sûr, par les virgules pour donner de la tension et de l'émotion. C'est un sujet grave. Il s'agit si je comprends bien de souvenirs.

Cette phrase : « Lorsque je m’étonnais de la prestance de ma grand-mère sur la photo du camp, ma grand-mère souriait fièrement. »

Suggestion : M'étonnant devant elle de sa prestance sur la photo ma grand mère souriait fièrement.
C'est aussi évocateur et plus léger à la fois.

Compte tenu du contexte, l'équilibre est difficile à atteindre mais on doit aussi sentir pointer l'émotion. Hors ce n'est pas le cas.

   ANIMAL   
21/3/2010
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Une bien jolie histoire, un petit rayon de soleil au milieu de ces moments terribles.

Oui, je suis d'accord avec l'auteur, garder dignité et élégance dans toutes les circonstances (lorsqu'on le peut) est mieux que de se laisser aller. Là, cela s'est avéré payant ; d'autres fois cela entraîne la jalousie des autres et porte tort.

Le texte est bien écrit, clair et se lit avec plaisir. On ne sait jamais ce qui peut se cacher derrière ces photos en noir et blanc que qu'on retrouve dans les vieux albums de famille.

Bravo pour cette histoire de guerre à fin heureuse.

   Anonyme   
23/3/2010
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
Texte bien écrit. Une histoire simple (trop simple ?) et sympathique. Trop simple ..le retour en train est étonnant. Trop de chance lorsque l'on connaît la galère de ceux du STO pour rentrer en France à la fin de la guerre..Mais bon l'idée est séduisante.Cette idée d'élégance est une bonne idée qui n'est pas assez creusée à mon avis ...Elle aurait pu être poussée plus loin, plus affinée dans les détails ...pour être pleinement crédible ...

   Mellipheme   
27/3/2010
 a aimé ce texte 
Un peu
Jolie histoire de famille, pleine de beaux sentiments et de noblesse des personnages. Toutefois, je reste sur ma faim. J'ai l'impression de lire le récit scolaire d'un souvenir de famille réel. Sommes-nous bien en littérature ? J'en doute.

Pour être une nouvelle littéraire, le texte aurait du échapper au carcan du réel et du souvenir. A partir de cette histoire il fallait déborder, dire un peu mieux ce que fût la tranquille vilénie quotidienne de ceux qui "faisaient des affaires", dénonçaient les voisins, et chantaient "Maréchal nous voilà" avec enthousiasme. Les deux petites phrases "On raconte qu'à son retour... Radio Londres" m'ont paru un peu maigres, un peu trop retenues.
De même, le texte aurait pris de l'épaisseur si les portraits de Herr et de Frau Weiler avaient été poussés plus loin. On aimerait comprendre un peu mieux pourquoi Herr Weiler ferme les yeux devant le traitement de faveur accordé aux deux françaises. On aimerait savoir ce qui se passe dans la tête de Frau Weiler lorsqu'elle ordonne à sa couturière prisonnière de fuir. Est-ce seulement la crainte de l'arrivée prochaine des Alliés ? Est-ce autre chose? En littérature, il faut savoir donner de l'épaisseur aux personnages lorsqu'ils ont du potentiel humain émotif.

   Anonyme   
27/3/2010
 a aimé ce texte 
Bien ↓
Bonjour,

Je suis mitigée. J'aime le ton, calme, paisible. J'aime le fait qu'il s'agisse de souvenirs et qu'ils soient racontés de cette manière.
J'aime beaucoup la fin et la dernière phrase qui signe la personnalité de Jeanne ainsi que le titre, bien trouvé.

Je trouve que l'histoire aurait gagné à s'étaler, à raconter plus Frau Wieler.

Des petites choses m'ont gênée :

La répétition de "groupe" dans le premier paragraphe est lourde.

"Sans la présence de lits superposés peu amènes" amènes me dérange à cause de :
Littér. [En parlant d'un lieu, de l'atmosphère qui y règne] Agréable, charmant. Paysage, climat amène.
P. ext. [En parlant d'une pers. ou de son caractère, de son attitude ou de ses propos] Avenant, d'une douceur empreinte de courtoisie. Sourire amène, paroles amènes.
Je le vois mieux utilisé pour dépeindre ce genre de chose que des lits.

"Les femmes n’y étaient pas maltraitées plus que nécessaire." le plus que nécessaire me dérange aussi, il apporte quelque chose d'excusable à des actes qui de toute façon ne l'étaient pas. C'est quoi exactement le "pas plus que nécessaire" ? A mon avis la phrase aurait pu s'arrêter à maltraitées.

"Un beau jour, Jeanne, son mari Jean et Annette" je trouve la précision du prénom du mari de Jeanne inutile, du fait qu'on ne le retrouvera pas dans le récit. Je trouve aussi que "Jeanne" est trop souvent utilisé, cela alourdit.

"Lorsque je m’étonnais de la prestance de ma grand-mère sur la photo du camp, ma grand-mère souriait fièrement" deux grand-mère trop proches.

Bonne continuation à l'auteur et merci de cette lecture.

   Anonyme   
27/3/2010
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Un tit détail, pour la première phrase, pourquoi ne pas commencer tout simplement par: "La photo est sépia."? ça me paraissait mieux mais ce n'est qu'un avis de "poète" (et encore...)

J'ai aimé et trouvé très juste (dans ces conditions s'entend) la phrase: "Jeanne a toujours prêché l'élégance comme une condition de survie". Il est de ces femmes là, je crois.

Une autre phrase a retenu mon intention car je l'ai aussi trouvé fort juste. Elle m'a fait penser à un passage de "La nuit" de Wiesel mais dans le sens inverse, là ou le fils "vole" le pain de son père si je me souviens bien, "(...)les conditions du camps étaient suffisamment rudes pour qu'elle n'envisage pas d'y abandonner sa fille pour une sortie."

Une très belle histoire en tout cas qui résonne comme un "témoignage", les histoires "humaines", "romanesques" et "improbables" ne sont pas ce qui manque en période de guerre.

Vraiment bien, je ne vais pas dire que j'y suis allé de ma petite larmichette vers la fin mais c'était tout juste.

Bravo et merci pour cette "page" d'H(h)istoire(s).

   florilange   
27/3/2010
 a aimé ce texte 
Bien
J'ai aimé l'histoire, qu'elle soit contée sans pathos excessif. Qu'elle mette l'accent sur cette élégance de Jeanne, dont nous ignorons par ailleurs le caractère mais que nous supposons fière, décidée.
J'ai aimé que le style soit simple mais l'ai trouvé un peu trop scolaire. On peut faire simple sans répétitions, sans abuser du verbe "être", en précisant davantage les caractères des personnages.
Sinon, une agréable lecture, bien sûr.
florilange.

   Anonyme   
28/3/2010
 a aimé ce texte 
Pas ↓
D'un point de vue purement stylistique j'ai trouvé cette nouvelle très correcte. Les phrases sont simples, elles coulent facilement et la maitrise de la narration est bonne.

Je regrette juste le début: soit la photo est NB soit elle est sépia...Bref.

Mais je trouve l'histoire totalement, comment dire, incongrue? Presqu'irréaliste. Certes, il y a bien eu quelques "miracles" durant le 2ème Guerre, mais quand on sait la dureté des camps, même de travail, quand on sait que s'évader était une gageure, même avec l'assentiment de la "cheffe" du camp, j'ai du mal à croire à cette histoire un brin trop conte de fée.
Je ne dis pas qu'elle est fausse, mais elle me parait bien trop surréaliste, malheureusement. Peut être de l'ordre du fantasmé?

C'est dommage car cela gâche totalement le plaisir de lire...

   Anonyme   
29/3/2010
 a aimé ce texte 
Pas ↑
Ce texte ne m'a pas séduite par sa forme :
Le premier paragraphe est je trouve très maladroit, il aurait fallu reformuler pour éviter l'emploi trop systématique du verbe être comme verbe principal. La phrase "On y voit un groupe de femmes qui posent" est trop lourde .

Plus loin je relève également "elle a les mains posées" De façon générale éviter les verbe être et avoir, pour donner à un texte plus de précision, d'intérêt.
Sans la présence de lits superposés peu amènes : peu amènes m'a fait tiquer j'aurais aimé que les lits soient décrits pour justifier cet adjectif étrange.
J'ai noté beaucoup de répétitions aussi.
Dans la région, le travail obligatoire était une réalité installée. : Je n'ai pas compris cette formulation. Le STO a été une réalité pour tous les hommes. Une réalité installée je ne comprends pas la formulation
Par contre j'ai beaucoup apprécié la dernière phrase.

Sur le fond je regrette énormément que la narratrice n'ait pas évoqué ne serait-ce qu'un tout petit peu le "miracle" qu'a constitué le sort de ces deux personnes. Car non il ne suffisait pas d'être élégant pour échapper à l'horreur, et certaines sans doute bien plus élégantes que Jeanne ont été forcées d'abandonner cette élégance et ont connu un sort bien pire.

Xrys

   Automnale   
30/3/2010
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Je suis partagée. Si cette histoire est vraie (ce que je crois), je comprends l'émotion de l'auteur (descendant direct des deux héroïnes). Ce n'était probablement pas facile, auquel cas, d'écrire sous une forme véritablement littéraire. D'où les petites imperfections.

Pour ce qui concere l'histoire, donc, j'ai apprécié. J'ai noté que la famille avait été dénoncée, par des voisins, parce qu'elle écoutait "Radio Londres"... Heureusement que, dans ce camp de travail, existait une Frau Wieler...

Pour ce qui concerne les petites imperfections ?

- "Annette a cinq ans, c'est l'une des trois fillettes. C'est ma mère". Ne serait-ce pas mieux d'écrire "Elle deviendra ma mère ?".

- "Comment se passa leur transfert dans les camps, dans quelles conditions ?". Oui, je mettrais, là, un point d'interrogation avant de poursuivre : "Je ne sais rien de tout cela".

- "Lorsque je m'étonnais de sa prestance sur la photo du camp, ma grand-mère souriait". J'ai supprimé le premier "grand-mère", pour éviter la répétition.

- "Il fut convenu qu'Annette resterait dans la maison... pendant que sa mère accompagnerait" (et non "accompagnait").

Pardon, Simili-me, de m'être arrêtée sur des détails. L'histoire, elle, est tellement grave.

Je retiens, en souriant, les derniers mots : "La guerre est finie, remets bien ton ruban !".

Je me pose la question de savoir si la suite de la vie a souvent - ou parfois - démontré que Jeanne et Annette étaient nées sous une bonne étoile ?

Merci de nous avoir fait connaître cette histoire au parfum émouvant de vérité.

   jaimme   
30/3/2010
 a aimé ce texte 
Bien
La capitulation allemande a eu lieu le 7 mai 1945 (signée à nouveau le 8 mai), c'est donc le lendemain du jour où les deux personnages s'échappent... Or les camps ont été libérés avant, essentiellement par les Russes, avant la bataille de Berlin qui commence fin avril. Il y a donc un problème de dates.
Il y a une autre chose qui m'a choqué dans la cohérence du récit: le narrateur ne se rappelle plus dans quel camp a été enfermé sa mère? J'ai bien du mal à y croire.
En dehors de ces deux problèmes j'ai trouvé l'histoire intéressante et crédible. Les destins exceptionnels ont existé, au delà des huit millions de morts.
Le fait que les femmes ont peu raconté leur histoire au narrateur est aussi tout à fait crédible. Ce fut le cas de la majorité des déportés à partir de 1946. Face à l'incrédulité, au désir de vivre à nouveau, dans cette génération où l'on croit que le non-dit est protecteur...
Les commentateurs précédents ont relevé des problèmes de syntaxes, de tournures de phrases. Effectivement j'en ai relevées sept ou huit à la première lecture. Remettre son ouvrage...
Bon courage pour la suite, d'autant que je partage ce désir d'intéresser le lecteur par une vraie histoire. Reste à la travailler encore et encore. Et sans doute lui donner un aspect plus poétique (le thème de l'élégance s'y prête très bien). Plus fine, ce qui peut très bien aller avec la force d'un texte.
Merci Simili-me
Jaimme

   PostBlue   
30/3/2010
 a aimé ce texte 
Pas ↑
Première remarque : une photographie est soit en noir et blanc, soit sépia. En aucun cas une conjugaison des deux ne me semble possible à moins que vous ne vouliez parler de daguerréotypes, et encore.

J'ai eu l'impression de beaucoup de répétitions : "Les femmes", "elle", le principe d'élégance, ... énormément. Peut-être que le texte ne s'y prête pas, je ne m'en ferai pas le juge, mais il me semble jouer du début à la fin sur les mêmes sujets, qualificatifs et ficelles. C'est plutôt rébarbatif.

Par exemple, le début du deuxième paragraphe : "Les femmes sont habillées simplement, (...)" et celui du troisième : "Les femmes posent sérieusement, (...)". Ou aussi "Lorsque je m’étonnais de la prestance de ma grand-mère sur la photo du camp, ma grand-mère souriait fièrement.", qui pour moi fait une grave erreur de répétition, ou une faute d'inattention s'il devait s'agir de quelqu'un d'autre.

"Au moins, elles étaient au chaud. Petit à petit, Frau Wieler leur proposa une boisson chaude, un chocolat !" L'idée de chaud répétée coup sur coup, ça fait lourd.

(...) Je m'abstiendrai de révéler toutes les répétitions, au fur et à mesure de ma lecture elle m'ont de plus en plus sauté aux yeux, et ça faisait beaucoup.

Point de vue construction de l'intrigue, c'est assez simple : le récit est linéaire, succession d'éléments bien distincts, paragraphes enchâssés bien délimités, ... C'est presque scolaire. Ce qui est du style des phrases, je le trouve très brouillon, un peu froid, un peu léché, mais pas du tout "pétillant" ou maîtrisé : je remarque de grosses lacunes, des répétitions toujours, un récit posé qui ne prend pas aux tripes...

J'ai beaucoup aimé "Jeanne a toujours prêché l’élégance comme une condition de survie", par contre.

EDIT : La ponctuation, aussi, est très peu recherchée. Pas de ; ni de tirets quadratins. D'accord on peut s'en passer, mais j'avoue en être plus que friand.

Mais c'est tout, le reste ne m'a pas du tout conquis.

   Marite   
25/4/2010
 a aimé ce texte 
Bien
J'ai trouvé dommage que l'histoire s'arrête... souvenirs d'enfant, qui nous arrivent à travers la petite-fille, si j'ai bien compris. Les tensions émotionnelles de cet épisode à haut risque, ont été endiguées par Jeanne et n'ont pas été transmises à sa fille Annette. Que se serait-il passé si elles avaient été démasquées toutes les deux? Quelle force de caractère chez cette grand-mère qui a gardé son sang froid avec une telle maîtrise que son enfant semble-t-il n'a pas ressenti la gravité du danger. Et le destin les attendait: la guerre était finie!
Très belle histoire et très beaux souvenirs qui ne doivent pas être effacés.

   Anonyme   
25/4/2010
Je m'attendais à davantage d'insistance sur l'élégance salvatrice de cette femme, au moment où elle est encore internée. J'aurais aimé que l'auteur illustre ce comportement avec plusieurs détails et faits significatifs.- Ce qu'on retrouve d'ailleurs plus loin, dans le texte.
Je suis sensible au fil conducteur du récit : un comportement auquel on s'attache - banal, dans un autre contexte - mais qui, dans une telle tragédie, fait office de planche de salut pour ne pas sombrer dans le désespoir ou la folie.
Primo Lévy évoque cette attitude. Au cinéma, je ne sais plus quel film avec David Bowie (incarnant un prisonnier américain dans un camp viet qui tient à se raser tous les jours) en est une autre illustration.
Malgré quelques répétitions qui alourdissent certains passages, j'ai trouvé l'ensemble bien écrit, et crédible.


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