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Humour/Détente
solidane : Terreur comme Tupperware
 Publié le 25/08/10  -  18 commentaires  -  4547 caractères  -  185 lectures    Autres textes du même auteur

Il y a pire que les terreurs enfantines, jugez-en !


Terreur comme Tupperware


Saloperies ! Sans rire, le plus pénible aura été, sans nul doute, le tri et le rangement de ces saloperies de Tupperware. Je dois avouer dès maintenant avoir toujours eu une haine viscérale pour ces récipients. C’est peut-être la seule haine que j’aie connue.


Tout d’abord, ils vieillissent mal ; j’espère faire mieux qu’eux à cet égard. C’est vrai, prenez-en un, n’importe lequel, quatre à cinq ans d’âge. Inusable, mais observez-le de plus près. Une couleur ternie, fini le brillant du départ. Une couleur défraîchie, indéfinissable pour ne pas dire innommable. Et puis ces minuscules rayures, petites rides mesquines, même pas franches et nettes.


Mais tout ça, c’est du détail, on pourrait s’y faire. Non, je n’ai pas dit le pire. Essayez, mais essayez donc une seule fois de les ranger, plus encore, au cours d’un déménagement quand tout relève d’une urgence indispensable. Il ne me vient qu’un mot : impossible ! Rigoureusement infaisable !

Il n’y en a pas un qui accepte de s’emboîter dans un congénère, histoire de nous faciliter la vie. Refus systématique. Plus encore, une volonté farouche de s’y opposer, glissant des mains, faisant semblant de s’adapter au format, mais dès que vous l’encastrez, doucement ou fermement, rien à faire, ça résiste, ça fait semblant de se déformer, histoire de faire un effort, pour reprendre d’un seul mouvement la forme originale et inadaptée à l’autre. Il manque quelques millimètres de jeu, une courbe légèrement différente, imperceptible pour le simple regard humain.

Je pense sincèrement que ce sont des monstres. Simple problème de fatigue dû au déménagement ? Pensez donc, j’ai des années de pratique derrière moi. C’est une galère de tous les instants. Eh bien, vous dites-vous, pauvre homme, ça n’a pas dû être rose tous les jours. Rose, une de leurs couleurs préférées. Atroce ! Ainsi donc, vous voici convaincus d’avoir entendu le pire. Incorrigibles optimistes.


Non l’horreur suprême au quotidien, ce sont les couvercles. Pas un, pas un ne fera le moindre petit effort. Oh, ça y ressemble bien, il devrait pouvoir convenir, peut-être le modèle HB34 ? Eh bien non, malheureux, n’essayez même pas, il ne s’adaptera pas.

Et enfin, apothéose, quand vous le remettrez en place pour en chercher un autre qui conviendrait, tout le contenu du meuble se répandra à terre. Car voyez-vous, ça ne s’empile pas non plus. Ça roule sur le sol ; dès que vous pensez en tenir un, ça s’échappe, ça se glisse sous un meuble. Combien de fois, avec Léa, une épuisette à la main, nous avons couru à leur poursuite à travers toute la maison. Ça monte même les escaliers. Et là, je n’en dirai pas plus : trop, c’est trop !


À la maison, nous en avons (nous en avions) quelques centaines. Ils arrivaient régulièrement par wagons avec les parents de Léa. Ceux-ci n’ont jamais rien su de ma haine de ces horreurs. Nous les accueillions alors avec un triste sourire de remerciement. C’était si gentiment offert, eux ricanaient sournoisement.

Je rêve d’en faire une pyramide monstrueuse, à leur image, quelque chose de démesuré. Dans les quelques centaines de mètres de haut. Sans rire, on en a assez. Je les vois paniqués, incapables de se tenir les uns sur les autres, pas la même taille, pas la même forme, pas le moindre souci de solidarité. Et pourtant, bon gré, mal gré, il faudra bien qu’ils s’empilent jusqu’à réaliser ce monument. Et là, alors que le plus petit d’entre eux, le TZ340 se tiendra mort de peur au sommet de l’édifice… je saisirai le ballon de basket des enfants et je m’offrirai le plus gigantesque chamboule-tout de l’histoire de l’humanité. Rien de moins.


Il me reste, ce fantastique plaisir assouvi, à avouer une petite lâcheté. Lors du tri de ces immondices, j’ai finalement accepté d’en conserver trois, bien différents, inassociables, ça peut servir. Mais c’est autre chose que j’ai à reconnaître humblement. Alors que nous emballions ces saletés, un par carton évidemment, restait le plus grand d’entre eux à mettre en caisse. Un énorme, le ZC8600, tyrannosaure chez cette espèce malveillante. À l’insu de Léa, j’ai subtilisé le couvercle, pas facile à dissimuler vu la taille. Mais j’ai réussi, il finira à la poubelle. Si j’ai commis cet acte détestable, c’est par peur. Par peur, une frayeur imbécile et incontrôlable sur le moment, que Léa ne m’enferme à l’intérieur à jamais.


Sans rire, j’ai eu cette pensée stupide quand je sais tellement bien que Léa ne me fera jamais de mal. N’empêche qu’aujourd’hui, il y est au fond de la poubelle… cet inutile malfaisant.


 
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   florilange   
12/8/2010
 a aimé ce texte 
Bien
Gentil texte bien rédigé, sur les petites difficultés domestiques de tous les jours.
Oui, nous avons tous été envahis par ces trucs, qu'on vous a garantis indispensables; qu'on a acceptés pour faire plaisir à parents ou amis; qui ont envahi nos placards sans nous rendre, de loin, tous les services annoncés; qui ne fonctionnent qu'avec des recettes dont nous n'avons que faire.
Moi aussi, lors d'un déménagement, j'ai tout jeté. Excédée, sans même me demander s'ils étaient seulement recyclables?
Et, au fait, le sont-ils? Ce serait intéressant de le savoir.

   Anonyme   
17/8/2010
 a aimé ce texte 
Un peu
Bonjour,

Chagrin domestique avec les tupperware! Bien vu l'impossibilité d'emboîter, d'empiler ces petites boîtes.
Plutôt bien écrit, mais cela ne m'a ni passionné ni fait rire, ni fait peur car nous sommes quand même dans le registre "horreur/épouvante".
Désolée.
Bonne continuation

   Anonyme   
20/8/2010
 a aimé ce texte 
Bien
C'est très drôle ! Pas tout le temps mais la majorité du temps, oh oui ! On pourrait dire que c'est parfois un peu excessif (surtout dans les interpellations au lecteur, parfois) mais c'est ce qui rend la nouvelle agréable. Ce quelque chose de pas du tout sérieux et en même temps...

J'ai juste relevé : "Je pense sincèrement que ce sont des monstres. Simple problème de fatigue dû au déménagement ? " Je trouve que la transition est un peu brutale entre ces deux phrases. C'est juste mon avis, hein !

Ah. Et j'aurais bien aimé une fin où on sente un peu plus le loufoque de la terreur du narrateur. Ou alors une fin où cette terreur se révélait plus fondée.

Voilà. Merci pour cette lecture bien agréable !
(J'ai un jour mis mes tupperwares dans le lave-vaisselle après avoir mangé des spaghettis, sont sortis tout rose, je confirme !)

   jaimme   
23/8/2010
 a aimé ce texte 
Bien ↓
Une lecture sympa qui manque de délire.
J'aurais bien aimé aussi une remarque ou deux sur le moment "merveilleux" de l'achat de ces satanés trucs aux couvercles improbables!
Une remarque: les couleurs passent? C'est un ersatz de Tup' alors, c'est sûr! Les couleurs ne passent pas (forum à ouvrir)! Malheureusement car ce serait une bonne excuse pour les jeter ces %*?/* de Tup'!!
Allez, il faut se lâcher dans ce registre!*/

   Maëlle   
24/8/2010
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
Bon, de toute façon, les énormes ne servent jamais à rien. Ceci dit, j'aurais tendance à penser que le tupperware, ici, est passé nom commun (comme qui dirait boite en plastique): j'ai connu des personne qui n'en avaient que d'une seule marque (pas forcement celle-ci), et ceux-ci s'empilaient... A moins que tout simplement ce soit des personnes ordonnée?

Mais bref: cette petite chronique, a mon avis, parlera à beaucoup.

   Anonyme   
25/8/2010
 a aimé ce texte 
Bien
J'm toujours autant la manière dont l'auteur pose son contexte, c'était déjà dans Rasta ce qui m'avait le plus séduit.
Ici, j'm l'absurdité très réaliste de la haine viscérale des Tupperware, allant jusqu'à la peur. Je connais quelqu'un à qui ça fait pareil avec les paniers de linge.
Très réaliste donc, dans les griefs que l'on peut avoir envers ces organes de rangement assez paradoxaux. Bien trouvé dans l'idée, bien exprimé, un peu court, j'aurais aimé des développements aléatoires - le tupperware qui s'ouvre quand on le déplace alors que pourtant ça avait fait clac, ... - le contexte mérite amplement un traitement plus long.
Une lecture agréable, cette fois-ci également.

   doianM   
25/8/2010
 a aimé ce texte 
Bien
Je me méfie des textes fabriqués pour faire rire, l'effort dans ce sens nuit parfois à l'effet obtenu.
Celui-ci m-a fait bien sourire, en échange.
Bon style pour le sujet, le désespoir affiché par le narrateur est en même temps ridicule mais authentique.
On arrive à s'y laisser entraîner.
La chute me semble faible, en échange.
Pas au niveau du texte.

   Anonyme   
26/8/2010
 a aimé ce texte 
Un peu
Un texte qui, quoique bien écrit, est somme toute assez "plat". Je n'ai même pas réussi à empiler deux sourires, et au final, cette histoire de Tupperware maléfique m'a laissé indifférent. Je précise que, ne possédant pas le ZC8600, la phobie Tupperware ne m'a pas atteint. Éviter les déménagements devrait grandement en atténuer les effets. De plus, il n'a jamais été dit que les Tupperwares devaient s'encastrer dans quoi que ce soit (ni s'emboîter d'ailleurs). Une question : le vocabulaire utilisé fait-il allusion à un mode de reproduction inconnu de l'humanité ? Parce que quelques centaines d'exemplaires de cette engeance me laisse à penser que leur mode de reproduction se rapproche de celui des insectes qui s'obstinent à vouloir chaque été envahir ma maison. Ceci étant, je n'ai pas à les emballer ni d'ailleurs à les emboîter (ils s'en chargent bien eux même). Je propose donc à l'auteur de faire un échange (je précise qu'il s'agit de diptères).

   Wencreeft   
26/8/2010
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour solidane,
Pour moi, l'alchimie a fonctionné !
Un texte humoristique et enjoué sur un sujet prosaïque, un vrai plaisir de le lire.
Sur la forme, un style efficace de l'homme désabusé et désespéré par des boites en plastique. La personnalisation de ces Tupperware comme cette "espèce malveillante" est un puissant moyen pour diaboliser, c'est une belle trouvaille, et efficace.
Sur le fond, une vérité souvent bien croquée et ces petits problème bien ciselé avec humour. Qui n'a pas vécu ces petites anicroches que vous peignez si bien ?Cela arrache bien souvent un sourire.

Pour conclure, un joli texte plein d'entrain. Merci.

   blanchette   
1/9/2010
 a aimé ce texte 
Bien
Toute petite j’ai participé avec ma maman aux sympathiques réunions dans lesquelles se négociaient à prix d’or les fameuses boîtes en plastique et mieux que personne je connais l’effondrement du contenu du placard lorsqu’on ouvre le porte, les couvercles qui ne sont jamais interchangeables, les couleurs discutables etc.(sauf qu’il faut rendre à César….c’est de la super qualité !).

J’ai donc pris connaissance avec intérêt et amusement de cette nouvelle qui se veut certes dans l’excès mais pourrait presque l’être davantage.

Quoi qu’il en soit merci pour cette petite madeleine de Proust !

   alpy   
2/9/2010
 a aimé ce texte 
Un peu ↓
Bonjour Solidane,

Le texte est bien écrit mais je ne l'ai pas trouvé trop drôle. Je ne me suis pas senti identifié avec le protagoniste malgré mon utilisation habituelle des conteneurs plastiques (je ne sais pas si sont de marque tupperware ou autre et je ne connais pas les modèles) et que je trouve en plus très utiles à l'heure de ranger les restes dans le frigo (je les préfère mille fois à l’aluminium sur les assiettes). Il est vrai que certaines ne s'encastrent pas (si on achète des formes et tailles différentes) mais j'ai un set de 5 ou 6 qui viennent ensemble et se rangent les uns dans les autres comme une matriochka.

Je m'aurais attendu à lire sur l'accumulation des tupperwares à l'intérieur du frigo et sur l'oubli des aliments qu'on retrouve des mois après en conditions lamentables, ou le fait de les retrouver tous tordus après un passage au lave-vaisselle avec l'impossibilité de remettre le couvercle dessus mais rien.

Finalement l'effet attendu (le rire ou le sourire) n'est pas apparu ce que pour un texte humoristique est le principal, de là ma note. Désolé. Peut-être une prochaine fois.

Alpy

   marogne   
6/9/2010
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bien vu.

Un peu exagéré sans doute, mais bien vu.

Je pense que beaucoup vont se reconnaître dans cette description des affres de la ménagère (masculin ou féminine), qui cherche à ne rien gaspiller…

Et puis c’est un tour de force que de nous en faire lire autant, le sourire au lèvre du début à la fin.

J’imagine Solidane s’énervant sur la table de sa cuisine, et décidant d’un coup de rage d’aller se la passer sur son ordinateur en commettant cette attaque vigoureuse, et victorieuse. Et puis redescendant (je suppose l’ordinateur au haut des escaliers sur lesquels traînent des morceaux de plastiques défaits) pour continuer son rangement, et puis là, bien sûr, le bon couvercle est le dernier. Comme toujours.

   aldenor   
11/9/2010
 a aimé ce texte 
Bien
Une idée originale. Des détails bien observés, bien pensés. Il manque cependant un crescendo, un aboutissement. Les éléments sont là : deux situations fortes, la pyramide de tupperwares et le personnage enfermé dans un tupperware géant, mais elles sont escamotées, prises à la légère. Je crois qu’il faudrait les exploiter plus résolument. Repenser la nouvelle de sorte à ce que le personnage ne rêve pas seulement d’une pyramide de tupperwares, mais la fasse, et finisse vraiment dans un tupperware.

   alvinabec   
17/9/2010
Drôle et si réaliste
Peut-être auriez-vous pu accentuer l'image de la boîte hermétique, voire du cercueuil, dans le dernier paragraphe avant la chute. Même remarque sur la provenance desdites boîtes, achalandage familial si chaleureux.

   Anonyme   
19/9/2010
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
Plaisant descriptif de cette terreur domestique qu'est le Tupperware. L'écriture est fluide, le ton gentiment ironique.

Le passage "Tout d’abord, ils vieillissent mal ; j’espère faire mieux qu’eux à cet égard" m'a fait sourire, de même que le "tyrannosaure". En revanche je n'ai pas vraiment aimé la chute, un peu "too much" pour moi, pas très crédible quoi.

Le style m'a plu, le récit un peu moins.

   CSN   
26/9/2010
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
Moyen +

Moyen car au fond ce texte n'a pas trouvé d'intérêt particulier à mes yeux. Certes l'idée de parler de ces boites que nous connaissons tous est intéressante au départ, mais là ce texte ne fait que décrire de manière classique des choses classiques. Rien de fabuleux dans le style d'écriture non plus, il est spontané et ne me donne pas l'impression d'avoir été travaillé plus que ça.

Rien d'extraordinaire donc.

Je mets un petit + à ce moyen, car mine de rien il faut le vouloir pour écrire un si long texte sur de si petites choses auxquelles on ne prête pas forcément attention à ce point. Et le + vaut aussi pour l'idée surprenante de vouloir écrire sur un tel sujet. Lorsque j'ai vu le titre je m'attendais à autre chose...

   emi   
15/10/2010
 a aimé ce texte 
Bien
Une nouvelle version de la révolte des objets. Solidane a su créer un crescendo surréaliste. La chute détonne un peu. L'écriture a un bon rythme.

   Raoul   
16/10/2010
 a aimé ce texte 
Un peu ↓
Préambule : je ne suis pas un lecteur accoutumé des nouvelles aussi…
Le titre m'a accroché.
Le texte par lui même très moyennement en revanche et pour plusieurs raisons :
La description du vieillissement de ces "choses" est bien vu, mais reste plate. Il me manque une envolée.
L'idée de l'envahissement est bonne mais, même chose, pour moi elle reste trop sage, pas assez exploitée (je pense à "Amédée ou comment s'en débarrasser" de Ionesco), la vision des contorsions à l'épuisette aurait pu donner une progression vers la déraison logique la plus totale.
Idem pour l'idée du chamboule-Tupperware-tout.
Pour ce qui est du style, je le trouve trop direct, et les prises à témoin du lecteur me font penser plus à de l'impro. qu'à un texte écrit.
Je reste sur ma faim, pour moi, ça manque de fantaisie.
Désolé.


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