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Science-fiction
Sylvaine : Déçue
 Publié le 14/07/18  -  21 commentaires  -  5490 caractères  -  112 lectures    Autres textes du même auteur

La supermother du futur.


Déçue


Je me souviens que ma mère se plaignait souvent de mon égoïsme et me traitait de fille ingrate. Qu’eût-elle dit à ma place, j’aimerais bien le savoir. J’ai eu raison de quitter la maison à vingt-trois ans pour achever ma formation outre-Atlantique sans m’inquiéter de sa solitude. À quels renoncements n’étais-je pas promise si je me l’étais interdit ! Je tenais à l’époque, et je tiens encore, que les enfants ont le droit de s’épanouir quoi qu’il en coûte, et j’ai toujours été consciente de mes droits. Mais j’étais aussi consciente de mes devoirs. J’ai pris soin, le moment venu, de trouver une résidence confortable pour ses vieux jours ; j’ai payé le prix qu’il fallait, et je lui ai rendu régulièrement visite. À intervalles raisonnables, bien entendu, car ces visites étaient déprimantes et je devais aussi songer à mon équilibre. Mais je ne lui ai jamais jeté à la figure que je n’avais pas demandé à naître, comme ma fille l’a fait si cruellement aujourd’hui.

Je vois bien qu’elle vient ici contrainte et forcée, et que nos rencontres l’indisposent. J’exige peu, cependant. Je me satisfais de la voir une fois par semaine. Eh bien ! c’est encore trop pour Mademoiselle. J’ai pourtant le droit de profiter de mon enfant ! J’en ai parlé à Clara, mais elle a tendance à prendre son parti, à me dire qu’à son âge, ce n’est pas une façon de passer ses dimanches de rendre visite à un vieillard. Et moi, alors ? Oui, j’ai quatre-vingt-douze ans, je n’ai plus la fraîcheur de la rose et je suis dans un fauteuil roulant. Ce n’est sans doute pas un spectacle réconfortant pour elle. Mais j’ai vécu la même chose avec ma propre mère. Encore pleine de jeunesse et de projets à soixante ans, j’avais l’impression qu’elle me tirait vers la tombe. Pourtant, contrairement à cette petite garce, je n’ai jamais refusé de l’embrasser, je ne l’ai jamais regardée avec effroi et dégoût comme si elle était une sorcière ! Je prenais sur moi, et ma fille n’a qu’à prendre sur elle. D’ailleurs si elle avait un peu de bon sens, elle devrait plutôt être fière de moi.

Car j’ai toujours été une pionnière et une gagnante. J’ai choisi la chirurgie à une époque où les femmes n’y avaient guère accès, et je me suis imposée à force d’obstination et de talent, malgré les obstacles que mes confrères masculins ont élevés sur ma route. À quarante ans, je dirigeais ma propre clinique. Jamais les obligations familiales n’ont entravé ma carrière : en me mariant, j’avais mis les points sur les i. Je n’y peux rien si Francis n’a pas été à la hauteur, s’il n’a pas supporté que j’aie mieux réussi que lui. Comme tous les médiocres, il rejetait sur les autres la responsabilité de ses échecs. Sur moi, en l’occurrence. Dans ces cas-là, il faut savoir tourner la page. C’est ce que j’ai fait.

C’était l’époque où mon entreprise connaissait une expansion nouvelle grâce à mes investissements novateurs. J’avais été l’une des premières à pressentir quel champ d’action ouvrirait à court terme la procréation médicalement assistée. Quand j’ai voulu spécialiser la clinique dans ces techniques révolutionnaires, le conseil d’administration a rechigné à me suivre. J’ai su convaincre, en mettant tout le poids de mon autorité dans la balance. Les mentalités sont mûres, ai-je fait valoir, et les lois s’y conformeront bientôt. Fécondation in vitro, don d’ovules, don de sperme, location d’utérus, la demande va exploser dès que la législation n’en accordera plus seulement le bénéfice aux couples traditionnels stériles en âge de procréer mais également aux homosexuels et aux femmes ayant passé la ménopause. La suite m’a donné raison. Les règles de bioéthique ont été progressivement redéfinies et solennellement entérinées en janvier 2025 par les États-Unis d’Europe, en même temps qu’ils proclamaient pour chacun un droit imprescriptible à l’enfant.

Il était temps que ces choses soient dites. Les esprits chagrins qui critiquent ces avancées me font penser aux obscurantistes qui nient le bénéfice des vaccins. À les entendre, on croirait qu’ils regrettent le temps des maternités de hasard, quand les femmes subissaient leurs grossesses sans les avoir souhaitées. Et ils prétendent parler au nom de l’enfant ! Comme si l’essentiel, pour lui, n’était pas d’être désiré comme j’ai désiré ma fille ! Tard venu chez moi, le besoin de maternité en fut je crois d’autant plus vif. Comme je le voulais, ce bébé, avec quelle impatience je l’attendais ! Perfectionniste comme je suis, j’avais tout organisé pour l’accueillir dans les meilleures conditions possibles, et choisi pour concevoir une période où j’avais le loisir de me consacrer à lui. Quelle émotion, lorsque les échographies me révélaient sa tête bombée, ses membres menus, son corps de baigneur flottant au creux douillet de mon utérus épanoui ! J’exhibais sans fausse honte la rondeur glorieuse de mon ventre, et tenais pour des hommages les regards étonnés que je croisais. Mais cette euphorie ne me dispensait pas de dresser des plans pour assurer le bien-être ultérieur de ma fille. Avant d’engager Clara comme gouvernante, j’ai reçu moi-même des dizaines de candidates, et mené sur elles des enquêtes approfondies. Peu de futures mères, je crois, auront jamais mis autant de soin à veiller sur l’avenir de leur enfant.

Alors non, vraiment, je n’ai pas mérité une telle ingratitude. Ce n’est pas cela que j’espérais, lorsque ma grossesse tardive m’a projetée à la une de tous les magazines. Mère à quatre-vingts ans, et à ce point déçue !



 
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   Jean-Claude   
28/6/2018
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour,

J'ai lu d'une traite en attendant la "chute" qui conclurait. Celle-ci est simple et efficace.
Le progrès vu par la mère tardive est relativisé par sa déception.
De manière sous-jacente, le droit à l'enfant se heurte aux intérêts de l'enfant. Sans parti pris. Un questionnement.
La digression autour du mari médiocre n'apporte rien.
J'ai été un peu dubitatif pendant la période "carrière professionnelle".
Mais, en bref, j'ai bien aimé.

Au plaisir de vous (re)lire
JC

   SQUEEN   
1/7/2018
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
J'aime bien l'aveuglement obstiné de l'héroïne. Elle est outrée et cela se sent, d'un orgueil et d'un égoïsme démesurés. C'est efficace, une dénonciation des méthodes d'inséminations artificielles et de pma et de leurs dérives possibles. Du point de vue idéologique je ne sais pas trop quoi en penser. L'écriture est bonne, alerte et agréable. Merci pour cette lecture.SQUEEN.

   plumette   
2/7/2018
 a aimé ce texte 
Un peu ↓
Pour moi, il y a une incohérence dans ce texte.

Si la narratrice a pu être mère à 80 ans, comment se fait-il qu'elle soit dans un fauteuil roulant, et sans doute dans une maison médicalisée à 92 ans , comme dans notre monde d'aujourd'hui?

Je pense en effet que les progrès de la médecine ne peuvent pas concerner uniquement la procréation et que si un corps de 80 ans est apte à vivre une grossesse,et un accouchement cela suppose une action anti-vieillissement bien plus générale, avec un recul des se effets.

Le sujet pourrait être traité de manière plus large. Quelles conséquences peut-on imaginer à ces nouvelles parentalités?

Là, c'est un peu univoque.

je me demande s'il est opportun de nous mettre de suite sur la piste de l'ingratitude avec les rapports mère/fille de la narratrice.

Je suis restée un pue trop sur ma faim

Plumette

   Pepito   
14/7/2018
Bonjour Sylvaine,

Kriture impec, évidemment. Seule la phrase "À quels renoncements n’étais-je pas promise si je me l’étais interdit ! " m'a fait tiquer. Je me suis perdu dans les négations.

Pour le "fond", j'aime beaucoup. Ce cynisme, cet égoïsme assumé par la narratrice m'a fait sourire. Une critique en creux de pratiques pour le moins douteuses permises par la science.
Un seul bémol, seule la "femme" est ici brocardée. La même attitude est aussi sujette à caution de la part d'un (grand)père. Le fait de faire cela naturellement n'enlève rien à l'affaire. ^^

Merci pour ce texte.

Pepito

   Lulu   
14/7/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Sykvaine,

J'ai bien aimé cette nouvelle qui m'a fait sourire.

Le ton est superbe. J'ai vraiment aimé cette manière de voir et de dire les pensées, comme ces mots inattendus "cette petite garce", mais qui correspondent si bien au personnage.

Je me demandais vraiment où on allait au fil de l'écriture, mais je me suis laissée embarquer. L'entrée en science-fiction m'a semblé toutefois un peu tardive dans le texte. Des indices au départ auraient pu rendre l'ensemble plus cohérent. Mais le fil conducteur, c'est surtout ce ton que j'évoquais plus haut et qui caractérise le personnage.

Comme Pepito, je me suis arrêtée sur cette phrase, au début :
"A quels renoncements n'étais-je pas promise si je ne me l'étais interdit !"... Je trouve que cela manque de clarté par rapport au reste du texte tout à fait fluide.

Pour le fonds, qui sait qui sait où l'on va… ? La science peut faire tant de choses. Mais pour les quatre-vingt ans, je crois qu'on a encore de la marge…

J'ai bien aimé aussi le rapport mère/fille… jeunesse/vieillesse… Des questions d'actualité… pas toujours simples et qui sont bien vues, ici, par le truchement de ce personnage à la fois égoïste et "supermother"...

Au plaisir de vous relire.

   Jean_Meneault   
14/7/2018
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour,

Intéressants questionnements contenus dans ce texte. Celui sur le rapport entre les générations, notamment, a attiré mon attention; il est sans doute une de clés pour une société épanouie.
Le narrateur, aux traits volontairement un rien forcés, met en forme ces questionnements et leur profondeur en nous faisant sourire. Cette femme contient en elle, dessinées en traits épais, les ambiguïtés que nous avons tous face aux questions que vous mettez en scène; partagés que nous sommes entre nos lâchetés et nos combats vers un idéal, nos aveuglements et notre volonté de progrès… Le progrès est d'ailleurs au cœur de votre propos je crois. Bref, je reste un peu flou, mais c'est que je ne voudrais pas enfermer votre nouvelle, qui gagne à rester ouverte (et peut-être que je suis aussi un peu fainéant - mot à la mode n'est ce pas? - et que je le cache derrière des volontés de non enfermement; je laisse cette question là en suspens également).
En tout cas merci à vous, j'ai apprécié cette lecture.

   Vanessa   
15/7/2018
 a aimé ce texte 
Passionnément
Bonjour,
J'ai été immédiatement happée par cette lecture. Le rythme rapide aurait pu me déplaire car je suis une lectrice qui aime prendre son temps avec les mots. Mais là, votre style est très efficace.
C'est très bien écrit.
Vous avez su aller à l'essentiel, l'histoire est très bien menée.
Je trouve votre texte abouti et pense que vous avez dû fournir un énorme travail pour en arriver là.
Félicitations.
:-)

   jfmoods   
1/8/2018
Au fil de la première partie de cette nouvelle (de "Je me souviens" à "J’ai pourtant le droit de profiter de mon enfant !"), le lecteur se croit confronté à un traditionnel conflit de génération entre mère et fille. Rien de nouveau sous le soleil.

D'un coup (de massue), le récit bascule dans l'anticipation ("ce n’est pas une façon de passer ses dimanches de rendre visite à un vieillard. Et moi, alors ? Oui, j’ai quatre-vingt-douze ans") et une indication temporelle met bientôt en perspective l'enjeu sociétal soulevé par le texte ("Les règles de bioéthique ont été progressivement redéfinies et solennellement entérinées en janvier 2025 par les États-Unis d’Europe, en même temps qu’ils proclamaient pour chacun un droit imprescriptible à l’enfant.").

Médecin de formation ("J’ai choisi la chirurgie"), femme de tête, moderne ("Jamais les obligations familiales n’ont entravé ma carrière") et ambitieuse ("je me suis imposée à force d’obstination et de talent"), la narratrice, peu scrupuleuse, vise avant tout les débouchés commerciaux juteux que son activité est susceptible de lui offrir ("C’était l’époque où mon entreprise connaissait une expansion nouvelle grâce à mes investissements novateurs. J’avais été l’une des premières à pressentir quel champ d’action ouvrirait à court terme la procréation médicalement assistée.", "Fécondation in vitro, don d’ovules, don de sperme, location d’utérus, la demande va exploser dès que la législation n’en accordera plus seulement le bénéfice aux couples traditionnels stériles en âge de procréer mais également aux homosexuels et aux femmes ayant passé la ménopause. La suite m’a donné raison.").

Nous ne vivons plus ici dans un monde connu, fondé sur l'union d'un homme et d'une femme, la constitution d'une famille, la reproduction d'un même schéma génération après génération. Cette configuration fait désormais partie des vestiges du passé.

Nous sommes dans un monde où les garde-fous génétiques ont été levés, dans un monde qui se vante d'être à la pointe du progrès ("Les esprits chagrins qui critiquent ces avancées me font penser aux obscurantistes qui nient le bénéfice des vaccins.").

L'enfant y apparaît comme le faire-valoir absolu de la réussite sociale ("j’ai toujours été une pionnière et une gagnante", "J’exhibais sans fausse honte la rondeur glorieuse de mon ventre, et tenais pour des hommages les regards étonnés que je croisais."), comme l'ultime avatar du consumérisme, de l'égoïsme décomplexé ("son corps de baigneur flottant au creux douillet de mon utérus épanoui !").

Cette contre-utopie, à la dimension caricaturale assumée ("Mère à quatre-vingts ans"), porte un regard glaçant sur les dérives de la science. Poussant jusqu'à l'absurde le détricotage des normes sociétales, elle remet le concept de parentalité au coeur du débat, au coeur d'une réflexion humaniste.

Merci pour ce partage !

   Donaldo75   
16/7/2018
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour Sylvaine,

Quelle cynisme froid que celui de la narratrice !

Cette description d'une société où l'impossible est atteint quelque soit la mise au placard de valeurs ancestrales ou de réalités physiques est implacable, stigmatisée par le manque de recul de ladite narratrice, de son matérialisme et de son total manque d'empathie envers ses pairs dont sa fille.

Il fallait oser !

Bravo !

Don

   Eclaircie   
17/7/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour Sylvaine, le format court m'a attirée, je vis plutôt du côté poésie.
Complètement novice et "Candide" en nouvelle (sauf la Pléaïde de Henry James qui date un peu en 2050, date où je découvre votre écrit)
Il est à prendre comme tel, permettez juste que je vous embrasse, moi c'est Claire...
Bon, sérieusement, j'ai adoré, efficace, bien mené méchamment tendre, tendrement méchant.
Aux deux premiers paragraphe, je suis retournée voir la rubrique, science fiction ?
Tout écrit se mérite, au fil des mots suivants, la rubrique s'installe, s'impose, devient éblouissante, non, non ni biotoxée, ni liftée, juste bien conservée par le seule volonté de cette wondermother du futur.
Du futur ? le futur n'est jamais que le demain d'hier parfois.

Mais je bavarde, désolée, je dois préparer le biberon de mon 30 eme enfant.
Merci à la PMA et autre...et vous Sylvaine, bien sûr !

Au plaisir de dialoguer avec vous dans le forum discussion sur les récits.
Car je trouve que les commentaires féminins et masculins sont quasiment prévisibles, non ?

Éclaircie

   in-flight   
17/7/2018
 a aimé ce texte 
Bien
je vais faire la même remarque que pour le texte précédemment publié (par Orikrin), il n'est pas exclu qu'on en arrive là bientôt. A priori, Sylvaine le sait plus ou moins car elle a classé son texte en SF (même si la SF n'a pas vocation à dépeindre la réalité future, mais la réalité qu'on se fait du futur. Ce n'est pas une prophétie, c'est une projection).

En tout cas, le 13 juillet dernier "le Conseil d’Etat a statué qu’aucun obstacle juridique ne contrecarrait l’ouverture de la procréation médicalement assistée (PMA) à toutes les femmes".
Ajoutons un petit coup de boost hormonal, 2 ou 3 prothèses et un soupçon de transhumanisme et nul doute que Mamie pourra pondre son chiard à 80 berges.

Parce que c'est notre projet, non?

   Tailme   
18/7/2018
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
Tout au long de ce récit, je n'ai eu que de l'antipathie pour ce personnage. Cette vieille sorcière qui joue avec les règles de l'humanité.

La fin est surprenante mais tellement probable dans un future proche. Le personnage fait partie de ces personnes à la mentalité turpide qui cherchent à réaliser le moindre fait insolite pour être sur le devant de la scène.

Le texte est très bien écrit et ne prend pas de parti. Ceci permet au lecteur de prendre le sien. Et je l'avoue, ce texte m'a fait réfléchir.

Un grand merci pour ce texte que je n'oublierai pas de sitôt.

   Pandelle   
18/7/2018
 a aimé ce texte 
Bien
Le ton et le vocabulaire sont en parfait accord pour nous faire imaginer cette femme un peu "pète sec", autoritaire, volontaire et sûre d'elle. Une femme engloutie par son métier-passion, qui finit par voir des maladies partout et qui voudrait toutes les soigner ; jusqu'à considérer que le fait qu'une femme ne puisse plus avoir d'enfant à partir d'un certain âge est sans doute la plus douloureuse et injuste des maladies.
Puis le combat terminé, une fois la maladie vaincue (et la tumeur dans le formol), se rendre compte que c'est plus compliqué que ça.
C'est amusant ! C'est beau mais c'est triste (comme dirait l'autre).
(Je trouve qu'il serait intéressant d'avoir une suite avec le point de vue de l'enfant quand elle aura quatre ou cinq ans de plus!)
Mais je crois qu'elle a raison, quelque part. L'important c'est de donner la vie. Puisque de toutes façons, n'importe comment qu'on fasse et aussi bien qu'on veuille faire on ne maîtrisera jamais tout. ;)

   Jano   
24/8/2018
 a aimé ce texte 
Un peu
D'emblée il y a quelque chose qui cloche au niveau de l'acuité intellectuelle de cette femme de 92 ans. Les raisonnements, l'expression, sont trop élaborés et ne souffrent pas de l'usure de l'âge. Cette femme est particulièrement bien conservée, ses facultés cognitives intactes au point que j'ai du mal à y croire. Toujours mon besoin d'authenticité... Je pense que ça vient d'abord de votre style, quasi parfait mais impropre au personnage.
Après la charge est grosse. Ce n'est pas bien de faire un enfant à cet âge, vilaine égoïste ! J'aurais aimé davantage de subtilité dans les rapports mère/fille, un dialogue par exemple, plutôt que ce long monologue qui m'apparait artificiel.

   Vilmon   
3/8/2018
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour, un témoignage qui colle bien au personnage et qui nous permet d'en saisir sa substance. J'aimé le texte, mais je n'ai pas vraiment aimé le personnage. Il y a une force en elle et une volonté de foncer, de défoncer les portes. Mais il semble qu'elle ne croit pas aux autres. Peut-être sa fille est plutôt dégoûtée par sa "beauté" intérieure que celle extérieure ?

   Thimul   
23/8/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Un très bon texte d'anticipation qu'on ne voit pas du tout venir au début.
Ce que j'adore dans votre nouvelle c'est l'absence totale d'autocritique de la narratrice.
Condamnée à ne voir la vie que par le prisme de ses désirs et de ses besoins elle ne peut être que déçue par les autres qui finissent par lui renvoyer son indifférence.
On constate que cette femme va mourir idiote et seule, incapable de donner véritablement de l'amour, c'est à dire un amour inconditionnel, et certaine que son malheur vient des autres.
Au total, une nouvelle qui n'est pas tant dans l'anticipation que ça.
Un grand merci pour cette lecture.

   Bellaeva   
24/8/2018
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
Bonjour Sylvaine,

Désolée, mais moi même, je suis un peu déçue. Non pas par l'écriture qui est bonne mais par le fond.
D'emblée, nous sommes entrainés vers les rapports mère-fille, vaste sujet, sujet infini. Sujet passionnant en soi. Et nous nous retrouvons face à une femme active, une battante, une entrepreneuse qui a réussi au point de reculer l'âge de la maternité au plus loin, largement après la retraite.
Que dit ce texte, que cette femme a manqué à sa fille ? Qu'une femme doit s'occuper de son enfant sous peine de se retrouver maltraitée en fin de vie ? Qu'elle a peut être réussi socialement mais raté sa vie de mère ? Qu'elle est donc égoïste ? Combien de pères ont manqué à leur enfant sans pour cela se retrouver maltraité en fin de vie, combien d'hommes ont fait des enfants très tardivement, Charlie Chaplin a eu son dernier enfant à 80 ans, je crois. Nous retrouvons des lieux communs qui font de la femme d'abord une mère, et elle doit être parfaite sous peine d'être maltraitée en fin de vie.
Et puis, il y a aussi les progrès scientifiques qui font que l'on manipule la vie, que l'on dépasse la nature, et on pourrait effectivement s'interroger sur le terme progrès...
Bref, texte très court qui embrasse trop large, à mon avis. Chacun des sujets cités plus haut aurait mérité plus de développement. Et le sens qui reste central me semble trop convenu, c'est à dire, une femme qui réussit socialement ne peut pas être une bonne mère ou une mère suffisamment bonne. Donc, je suis déçue, je reste sur ma faim.
A une prochaine fois.

   izabouille   
24/8/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Au début, j'ai eu un peu de mal à entrer dans l'histoire, mais j'ai compris en avançant dans ma lecture. Le sujet est intéressant, il mériterait d'être développé plus amplement. Vous l'avez traité de manière succincte et vous l'avez très bien fait. J'ai bien aimé la partie où vous décrivez l'émotion de la jeune fille lorsqu'elle rend visite à sa vieille mère, c'est vrai que ça ne doit pas être très gai pour elle d'avoir pareille maman...
Votre écriture et votre style sont nickel, j'adore.
Merci pour ce bon moment de lecture

   ladymuse   
29/8/2018
Pour moi l'intérêt de cette nouvelle réside dans sa chute si humoristique. La carrière de la narratrice, sans grand intérêt de nos jours puisque déjà banalisée, aurait peut-être gagner à être remplacée par un autre développement? Des disputes provoquées par la rancœur de la fille née d'une mère de 80 ans sans que soient révélé pour autant ce motif?

En tout cas bravo pour la drôlerie, ça fait du bien!

   solo974   
15/9/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour Sylvaine,
J'aime beaucoup votre nouvelle : vous excellez dans le format court et votre texte est magnifiquement écrit.
Ce qui m'a tout particulièrement plu, dans ce second texte que je lis de vous, ce sont l'humour, le sens de l'autodérision de la narratrice, et l'ironie...
Ah, comme j'ai ri en vous lisant !
La chute est une pure merveille.
Bien à vous et excellente continuation.

   Taquari   
11/10/2018
Bonjour Sylvaine,

J'ai apprécié la lecture de votre nouvelle. J'y ai trouvé, en peu de mots, une relation intéressante entre l'égocentrisme forcené et la morale surfaite.

La chute me semble moins bien maîtrisée.

Merci pour ce partage


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