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Fantastique/Merveilleux
Sylvaine : L'éclat des rails [Sélection GL]
 Publié le 28/07/18  -  16 commentaires  -  4714 caractères  -  108 lectures    Autres textes du même auteur

Quand la fuite des rails devient évasion définitive.


L'éclat des rails [Sélection GL]


Si ça devient trop insupportable, je pourrai toujours me tuer, pense Renaud, caché sous la couverture de sa couchette, tandis que ses parents, dans l’obscurité bleuie par la veilleuse, continuent à échanger des mots sanglants qui se détachent sur le roulement continu du train nocturne. C’est la première fois que cette idée lui vient, et le soulagement qu’elle lui procure aussitôt l’émerveille. Mourir, pour échapper aux conflits sans cesse répétés qui l’emmurent, pour délester sa poitrine du poids qui l’écrase comme un démon assis sur son estomac. Ce ne sera pas bien difficile : il prendra dans le buffet de la cuisine le grand couteau à découper la viande qu’on ne peut effleurer du doigt sans qu’il n’y laisse un fil de sang, et il le plongera dans son ventre. La lame pénétrera sans peine, l’extirpant du tunnel de suie où son enfance entravée aurait dû ramper des années encore. Il n’est pas jusqu’aux vacances qui ne soient incluses dans l’enfer privé où les adultes l’enferment : cette nuit, l’acide suintant de l’intimité haineuse qui noue l’un à l’autre ses parents a dissous le plaisir du voyage. Mais son projet mortel a surgi en lui comme un salut brutal, une lumière froide et sereine d’étoile dans un puits de ciel noir. La mort ouvre sur une eau de velours sombre où il plongera tout entier, et cette perspective l’apaise si bien qu’une torpeur heureuse détend ses muscles, émousse les éclats de la dispute qui se poursuit et l’attire bientôt au cœur du sommeil.


Il coule sans surprise au fond d’un rêve familier qu’il poursuit d’une nuit à l’autre, un rêve feuillu comme un arbre primordial, vivant comme la forêt qui s’y enracine et dont il parcourt les layons étroits comme une bête trace son chemin entre buissons et fougères. Il cueille des baies juteuses et sucrées, croise des sangliers qui trouent les fourrés comme des boulets noirs et des chevreuils dont les bonds survolent les broussailles. Il parvient ainsi à une clairière où l’attendent les deux gardiens du songe, un grand cerf branchu aux yeux noyés de lumière et un loup géant au pelage d’un blanc pur. Au-delà, s’étire une large allée droite entre des chênes élancés comme des colonnes, dont les troncs se ramifient et s’épanouissent sous le bruissement limpide de leur feuillage d’or luisant dans la pénombre. Les sentinelles du songe en interdisent l’accès, et Renaud n’a jamais pénétré dans ce territoire défendu qui l’attire autant qu’il lui fait peur. Mais aujourd’hui, le loup et le cerf se sont effacés pour lui laisser passage. Ton temps est venu, disent-ils, tu peux aller trouver ce qui t’attend là-bas.


Les parents se sont tus et endormis à leur tour. La locomotive file dans la nuit sur les rails lisses, tirant son train de wagons avec une rectitude irrésistible qui creuse son chemin dans les ténèbres.


Sous le bruissement doré des feuillages, Renaud suit le fil de la longue allée qui le conduit vers le cœur inconnu de son rêve. Il ne marche pas, il glisse à quelques centimètres du sol comme s’il avait des ailes aux chevilles, et plus il progresse, plus son cœur s’allège. Toute crainte dissipée dans la lumière argentée du songe, il n’est plus qu’attente de la merveille à venir. Devant lui, assez loin, il distingue un miroitement pareil à celui d’une lame caressée par la lune. Il approche, et la vision se précise : deux rails coupent l’allée à angle droit, une voie ferrée qui, en pleine forêt, s’enfonce de part et d’autre sous le tunnel des frondaisons qu’agitent des frémissements d’ailes. Où conduit ce chemin de métal dont l’éclat soyeux et cruel le fascine comme celui d’une arme ? Vers quel ailleurs sans parents, sans larmes et sans cris ? Un grand souffle de vent passe sur les feuillages comme un appel impérieux, puissant comme un grondement d’orage. La beauté polie de l’acier qui fuit sous son regard exerce sur lui une attraction si forte qu’il s’agenouille et se couche au sol pour coller l’oreille sur un rail. Il perçoit une vibration lointaine, comme un bourdonnement de guêpes dans un verger autour de fruits mûris au soleil.


L’express s’est arrêté brusquement, tirant les voyageurs du sommeil. On grommelle, on s’interroge, on entend des pas précipités, des éclats de voix en tête de train. Le père, maussade, se lève et va aux nouvelles.


– Il y avait un corps sur la voie, probablement un suicide, dit-il à son retour.

– Renaud n’est pas avec toi ? Sa couchette est vide, répond la mère.


Mais Renaud n’est pas avec son père, ni aux toilettes où on le cherchera en vain. Il n’entendra pas hurler son nom, il n’entendra plus hurler personne. Impérieux comme un grondement d’orage, le bourdonnement des guêpes autour de fruits mûrs a empli ses oreilles à jamais.


 
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   Anonyme   
17/7/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Une jolie nouvelle, bien écrite.
C'est fluide, le propos est juste et intéressant. Je regrette une peu que ce ne soit pas plus développé, notamment le passage dans le monde du rêve. Mais ce n'est pas bien grave.
Un bon moment de lecture.

   SQUEEN   
20/7/2018
 a aimé ce texte 
Bien ↓
Il y a de belles images dans ce texte: ..."un grand cerf branchu aux yeux noyés de lumière et un loup géant au pelage d’un blanc pur"... Toute cette partie du rêve dans la forêt me fait penser à la forêt de la "Princesse Mononoké" de Miyazaki. Mais malgré cela j'ai été tenue à distance du récit de ce suicide car il me semble impossible qu'un enfant se suicide, et surtout pas à cause des disputes, fussent-elles incessantes, de ses parents. Il m'a manqué quelque chose de l'ordre de la justification dans ce geste, sans doute un détails, qui m'aurait permis d'y croire. Merci, SQUEEN

   Eccar   
22/7/2018
 a aimé ce texte 
Pas ↑
Bonjour,
Bien écrit, ce récit est néanmoins confus, l'histoire bien peu attrayante, les personnages peu crédibles, surtout l'enfant. Que se passe t'il dans ce train, à l'extérieur, bref, au bout du compte, on en sait pas plus ?
A noter, petite remarque de l'ex-cheminot que je suis, que les wagons ne transportent pas de voyageurs, ce sont des voitures.

Désolé de n'avoir pas été transporté (ce qui est un comble pour ce voyage en train).

   Donaldo75   
28/7/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Sylvaine,

C'est terrible, cette vision du suicide.

La narration est impeccable; j'aime particulièrement le découpage qui ne nous amène pas vers une fin évidente - il s'agit quand même d'un enfant - mais lorgne du côté du rêve avec des ors de fantastique.

A mon avis, il n'y a pas besoin d'en rajouter, d'écrire plus long, pour traiter cette histoire. Je pense même que rallonger la sauce aurait été préjudiciable au ressort dramatique.

Bravo !

Don.

   plumette   
28/7/2018
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour Sylvaine
Un grand plaisir de lecture pour ce texte grâce à une écriture riche et soignée.
Une bonne tension dramatique, les pensées de Renaud, bien que terribles , ma paraissent juste, je crois qu'un enfant peut-être traversé par l'envie de mourir, là où je suis plus réservée, c'est sur le passage à l'acte.
Dans cette histoire, j'ai eu du mal à me représenter le passage du rêve au réel.
Renaud rêve, son rêve est beau, il est sans doute imprégné de ses pensées morbides, mais pouf moi, il manque un maillon pour que la situation débouche sut cette tragédie. Renaud est-il somnambule? Ou alors s'agit-il d'un rêve éveillé?
Ces questions ne sont pas fondamentales, elles sont dictées par mon esprit cartésien que je veux bien abandonner pour adhérer à cette histoire qui illustre les tourments que les adultes sont capables de faire vivre aux enfants.

Merci pour la lecture

Plumette

   Vanessa   
29/7/2018
 a aimé ce texte 
Vraiment pas
Bonjour,
Cette lecture a été extrêmement confuse.
Le style que je trouve lourd avec des phrases à rallonge dont je n'ai parfois pas compris le sens.
Comme ici :
" Il n’est pas jusqu’aux vacances qui ne soient incluses dans l’enfer privé où les adultes l’enferment : cette nuit, l’acide suintant de l’intimité haineuse qui noue l’un à l’autre ses parents a dissous le plaisir du voyage. "
L'épisode du rêve est tellement alambiqué que je ne n'ai pas compris sa place dans l'histoire. Un rêve, que vous nous dites récurant devrait comporter une clé , un message nous permettant de faire le lien avec la suite.
"Il cueille des baies juteuses et sucrées, croise des sangliers qui trouent les fourrés comme des boulets noirs..."
"un grand cerf branchu aux yeux noyés de lumière..."
Je pense qu'il y a un décalage entre votre attachement évident à l'écriture et le fond l. cela devient brouillon .
Ensuite, vous interrompez le rêve et ramenez le lecteur à la réalité, pour nous replonger directement dans le rêve, qui au final se mélange à la réalité puisque que l'enfant s'est suicidé.
J' ai cru à la fin que j'avais sauté un paragraphe lors de ma lecture pourtant très attentive .
je suis désolée mais pour moi ce texte n'est pas bon du tout.

   Tailme   
30/7/2018
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Je vais vous faire le même reproche que celui développé par Vanessa. Il devient très vite difficile de lire une comparaison/métaphore par phrase. Avez-vous pour habitude d'écrire plutôt de la poésie ? Ce peut être une raison. Si ce n'est pas le cas, je pense que vous avez essayé de trop en mettre en trop peu de phrases. Allégez de votre côté pour que, du nôtre, nous puissions respirer.

Sur le fond, le thème m'a touché au départ. Le pensée suicidaire d'un enfant vient de "l'égocentrisme" que ses parents développe chez lui. Si les disputent se substituent à l'affection que portent les parents à l'enfant, alors l'enfant cherche une solution pour accaparer l'attention.
La solution : le suicide.
Selon moi, cette explication est aussi valable pour de nombreux suicides. Le manque d'attention est dévastateur.

Bonne continuation

   toc-art   
13/8/2018
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour,

j'ai beaucoup aimé la richesse d'évocation de l'écriture, je trouve que c'est vraiment très bien réalisé. De même que cette idée "miraculeuse" pour l'enfant de la perspective du suicide comme une libération. Je trouve aussi ça très bien vu et très réaliste.

Là où j'ai plus de mal, c'est avec l'aspect purement fantastique de votre récit, qui vous permet, me semble-t-il à peu de frais, d'éviter tous les écueils du "comment c'est possible ?" qu'une histoire plus réaliste aurait forcément suscités. Parce que, effectivement, l'enfant étant dans le train, même s'il devait se jeter sous les rails (déjà, comment le pourrait-il avec les systèmes de sécurité), il ne pourrait se trouver devant le train dans lequel il voyage.

Après, je comprends l'intention, j'aime bien l'image, mais mon côté rationnel ne se satisfait du fantastique que lorsqu'il ne m'apparaît pas comme une facilité scénaristique.

Mais pour autant, bravo pour l'univers onirique et l'écriture.

   Pouet   
30/7/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bjr,

Peut-être que Renaud était trop jeune pour lire Cioran, moi je l'ai lu à treize ans:

"Sans le suicide la vie serait à mon avis insupportable. On n’a pas besoin de se tuer. On a besoin de savoir qu’on peut se tuer. Cette idée est exaltante. Elle vous permet de supporter tout."

Une nouvelle d'une grande qualité d'écriture, comme d'habitude.

Une nouvelle à mon sens n'a pas vocation à être réaliste mais plutôt à montrer une réalité, sa réalité.

Le passage onirique dans la forêt est magnifique.

Selon les statistiques entre trente et cent enfants se suicident chaque année en France. Cyrulnik a écrit sur le sujet.

Un texte d'une infinie tristesse qui ne m'a pas laissé indifférent.

   jfmoods   
1/8/2018
Cette nouvelle, d'une remarquable brièveté, repose sur trois tonalités savamment orchestrées.

1) Le tragique

"La locomotive file dans la nuit sur les rails lisses, tirant son train de wagons avec une rectitude irrésistible qui creuse son chemin dans les ténèbres."

Ce train, qui avance implacablement dans le noir, ouvre un horizon mortifère préparé par la relation vénéneuse d'un couple ("ses parents [...] continuent à échanger des mots sanglants", "l’acide suintant de l’intimité haineuse qui noue l’un à l’autre ses parents") et par la terrible résolution d'un enfant ("Mourir, pour échapper aux conflits sans cesse répétés qui l’emmurent, pour délester sa poitrine du poids qui l’écrase comme un démon assis sur son estomac."). Trois métaphores figurent ces ténèbres dans lesquelles baigne le garçon ("tunnel de suie où son enfance entravée aurait dû ramper des années", "une lumière froide et sereine d’étoile dans un puits de ciel noir", "une eau de velours sombre"). La mort va immanquablement s'abattre.

2) Le merveilleux

Arnaud s'est construit un univers intérieur dans lequel la mort apparaît comme l'exaltante traversée d'un miroir ("Il parvient ainsi à une clairière où l’attendent les deux gardiens du songe, un grand cerf branchu aux yeux noyés de lumière et un loup géant au pelage d’un blanc pur"), comme la douce délivrance d'un secret ("Mais aujourd’hui, le loup et le cerf se sont effacés pour lui laisser passage. Ton temps est venu, disent-ils, tu peux aller trouver ce qui t’attend là-bas", "Il perçoit une vibration lointaine, comme un bourdonnement de guêpes dans un verger autour de fruits mûris au soleil.").

3) Le fantastique

Une confusion est entretenue entre le rêve de l'enfant - qui fixe un point d'attraction irrésistible figurant l'envol - et la terrible réalité du suicide ("Sous le bruissement doré des feuillages, Renaud suit le fil de la longue allée qui le conduit vers le cœur inconnu de son rêve. Il ne marche pas, il glisse à quelques centimètres du sol comme s’il avait des ailes aux chevilles, et plus il progresse, plus son cœur s’allège. Toute crainte dissipée dans la lumière argentée du songe, il n’est plus qu’attente de la merveille à venir. Devant lui, assez loin, il distingue un miroitement pareil à celui d’une lame caressée par la lune. Il approche, et la vision se précise : deux rails coupent l’allée à angle droit, une voie ferrée qui, en pleine forêt, s’enfonce de part et d’autre sous le tunnel des frondaisons qu’agitent des frémissements d’ailes. Où conduit ce chemin de métal dont l’éclat soyeux et cruel le fascine comme celui d’une arme ? Vers quel ailleurs sans parents, sans larmes et sans cris ? Un grand souffle de vent passe sur les feuillages comme un appel impérieux, puissant comme un grondement d’orage. La beauté polie de l’acier qui fuit sous son regard exerce sur lui une attraction si forte qu’il s’agenouille et se couche au sol pour coller l’oreille sur un rail.").

Merci pour ce partage !

   Jean-Claude   
2/8/2018
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour Sylvaine,

Le rêve... Un procédé un peu trop utilisé en fantastique, mais là ça coule tout seul. Sauf que...
Renaud disparu et le suicidé sur les voies, même pour du fantastique... Il manque au moins une liaison.
Déjà, on a appris qu'il vit l'enfer avec ses parents et que son rêve est récurrent. Pourtant, il ne s'est jamais retrouvé ailleurs ou avec des trucs bizarres dans son lit comme des feuilles ou des traces de terre.
Donc, pourquoi cette fois-ci serait-elle différente ?
Ensuite, la boucle qui le fait disparaître et le place devant le train pourrait être différente. Par exemple, dans son rêve il devient un animal X, cette fois on le laisse passer, l'animal X se fait écraser (assez gros pour arrêter le train) et l'enfant ne se réveille jamais.
Cet exemple est plus "crédible" en mode fantastique car il n'y a pas rupture brutale sans explication : les événements sont liés, amenés et cohérents entre eux.
En conclusion, je pense que les rêves récurrents devraient être développés pour préparer le terrain et, si l'enfant doit toujours se retrouver devant le train, il faut l'amener, faire en sorte que ce soit "cohérent" avec le reste, mais en gardant l'effet de surprise (le fantastique est un jeu d'équilibriste).
J'ai aimé, mais ça pourrait être plus fort, en plus long bien sûr.

Au plaisir de vous (re)lire
JC

   matcauth   
6/8/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour,

je me suis permis de lire les autres commentaires. Force est de constater que l'effet marche, ou ne marche pas du tout. Pour moi, l'histoire a fonctionné, à merveille. J'ai beaucoup apprécié ce monde Lynchien ou rêve et réalité se confondent, non pas parce que j'aime le fantastique, mais parce que la réalité est parfois étrange et amène à des choses étranges. Le rêve n'est pas seulement un état. Ce sont des états, des degrés d'inconscience et peut-être que certains lecteurs imagineront que tout est réel ici, le train s'arrête, l'enfant en descend...

Le fait est que la réalité est parfois dure à supporter et que l'on s'en échappe. Et la réalité n'est pas une, mais des degrés de perception, tout comme le rêve. Ici, chacun pourra prendre ce qu'il souhaite.

Et je m'aperçois que je ne m'étais pas arrêté sur le suicide en lui-même, mais sur tout ce qui se passe avant, sur les raisons. Et peut-être que, si je suis moins attaché au fait de savoir ce que la fin à de réel, car je la vois comme un rêve, peut-être que c'est cela qui m'a permis d'apprécier davantage le texte ? je ne sais pas.

C'est ce que je retiens ici, d'autant que l'écriture est pour moi très agréable, les yeux glissent sans heurt car le rythme et l'ensemble sont efficaces. Le texte dit tout ce qu'il a à dire, en peu de mots, finalement.

Bref, une très belle lecture.

   solo974   
12/8/2018
 a aimé ce texte 
Passionnément
Bonjour Sylvaine,
J'aime beaucoup votre nouvelle, sinon plus.
Votre titre m'a d'emblée conquise : ambivalent - en raison du double sens que peut prendre le mot "éclat" - et annonciateur puisqu'il présage à l'évidence un drame, il constitue selon moi un gros plus.
Ce que j'ai tout particulièrement apprécié dans votre texte, c'est la façon dont vous abordez le thème, difficile voire tabou, du suicide.
- De façon presque chirurgicale, dans le premier paragraphe ("il prendra dans le buffet de la cuisine le grand couteau à découper la viande", "la lame pénètrera sans peine"), que l'emploi du futur simple rend encore plus poignant.
- De façon onirique ensuite ("rêve familier", "rêve feuillu", "le cœur inconnu de son rêve") : ces deux passages, particulièrement poétiques, m'ont bouleversée et émue aux larmes.
- De façon réaliste enfin ("on grommelle", "on entend des pas précipités"), avec ce "on" indéfini qui traduit avec prégnance l'indifférence ou la stupeur des voyageurs.
Une nouvelle particulièrement émouvante et écrite de façon très maîtrisée.
Bien à vous.

   Bellaeva   
25/8/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour Sylvaine,
J’ai beaucoup aimé ce texte poétique et profond. Le passage d’un monde à l’autre est captivant : la réalité, le monde du rêve, et l’au delà. Les enfants peuvent avoir cette capacité facile de s’échapper dans le rêve, l’imaginaire, et peut être ailleurs, qu’en sait-on ? Cet enfant en souffrance a trouvé ce lieu où la souffrance est exclue, où tout est beau. C’est un texte très touchant car il parle de l’isolement de l’enfant face au monde adulte, de l’ignorance du mal qu’il peut lui être sans le vouloir. Et en même temps, on est dans la féérie, les évocations de la nature, des animaux sont très belles : comme par exemple : « un rêve feuillu comme un arbre primordial », « un grand cerf branchu aux yeux noyés de lumière » etc …
C’est une belle réussite de parvenir à mener l’alliance d’une dure réalité, bien terrestre avec un fantastique poétique.
Merci pour cette lecture.

   Thimul   
25/8/2018
 a aimé ce texte 
Passionnément
J'aime beaucoup ce texte.
Non, ce n'est pas exact.
J'aime énormément ce texte.
J'aime cette histoire d'enfance désestépée qui cherche une issue et qui n'en voit qu'une.
J'aime ce mélange entre rêve et réalité.
Et surtout j'aime vos mots et vos images qui brillent dans mon imaginaire et m'entrainent loin, très loin.
Un vrai plaisir de lecture juste un peu trop bref.

   in-flight   
18/10/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Le sentiment de culpabilité de l'enfant est très bien décrit.
On retrouve le thème de la fuite: l'exil physique ou imaginaire qui permet de composer avec, voire d'éluder le réel.
Ici, la fiction traite d'une réalité bien sombre, mais avec laquelle on compose: combien "d'accidents de personne" chaque année?
Les trains ne déraillent pas, notre civilisation oui.


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