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Réalisme/Historique
Thimul : Conspiration [concours]
 Publié le 17/09/17  -  12 commentaires  -  10681 caractères  -  97 lectures    Autres textes du même auteur

L'enfer, c'est les autres.


Conspiration [concours]


Ce texte est une participation au concours n°22 : Inversons-nous !

(informations sur ce concours).





Prisonnière.

J’écoute les bruits dans le couloir. Ils vont bientôt venir faire leur ronde. J’ai intérêt à faire semblant de dormir.

Depuis combien de temps suis-je enfermée ici ? Un jour ? Un mois ? Un an ? Je ne sais plus très bien. Ce que je sais, c’est qu’il y a un tas de gens autour de moi et qu’ils vont finir par me rendre folle. J’aimerais tant que tu viennes à mon secours, que tu me libères de cette bâtisse infernale où ils m’ont cloîtrée.

Robert, où es-tu ? Que fais-tu mon bien aimé mari ? Toi qui jusqu’ici avais toujours été là pour moi. Ton regard me manque, ton sourire tes lèvres et tes mains. Sans toi je ne suis qu’une pauvre femme perdue en enfer. Sans toi, je redeviens la fille de ferme que tu avais enlevée à son père. La souillon souillée par son géniteur aviné du matin au soir.

Ici, Robert, c’est pire qu’à la ferme. Ils essaient de me laver le cerveau en me racontant des horreurs, mais je tiens bon.

Je ne sais plus très bien comment je suis arrivée ici. Je n’ai plus les idées aussi claires qu’avant. Avant qu’ils me donnent tous ces comprimés.

Il se trame quelque chose c’est sûr. J’aimerais bien savoir ce qu’ils me veulent exactement. Ils sont fourbes, tous. Quand ils entrent, c’est avec le sourire aux lèvres, mais c’est pour m’obliger à faire des choses que je ne veux pas. Ou bien encore pour me raconter des mensonges tous plus affreux les uns que les autres. Je crois qu’ils ont un chef auquel ils obéissent. Ils en parlent souvent. La prison porte son nom.

Le matin, on me déshabille de force et on m’asperge d’eau malgré mes cris. L’autre jour c’est un homme qui était là. J’étais tétanisée de terreur quand il m’a enlevé mes vêtements. J’ai essayé de cacher ce que je pouvais à son regard lubrique. Ce monstre souriait et plaisantait tandis que sa main gantée glissait entre mes cuisses. Dans ses yeux, je revivais la concupiscence de mon père qui venait se frotter contre moi la nuit quand maman dormait, puis quand il m’a installée dans sa chambre après qu’elle soit morte. Et subitement, j’ai réagi : j’ai griffé cet homme, je l’ai frappé, je l’ai mordu jusqu’au sang. Ils m’ont saisie à plusieurs et m’ont sanglée sur le lit. J’avais dans la bouche un immonde goût salé et métallique. J’ai hurlé longtemps après la piqûre, mais j’ai fini par m’endormir.

Depuis, le matin, ils me donnent un cachet de plus. Heureusement, l’homme n’est jamais revenu car maintenant, hormis les cris et les pleurs, je suis sans défense. Ensuite, ils me mettent dans la salle commune et ils essaient de me faire avaler leur mixture. Ça a plutôt l’air appétissant, mais je les connais suffisamment pour savoir qu’ils ont sûrement glissé quelque chose dedans. Alors je picore pour ne pas mourir de faim. Je sens la nourriture pour essayer de deviner la partie empoisonnée. J’ai beaucoup maigri.

Robert, toi qui aimais tant mon corps, toi qui me donnais la sensation d’être belle, si tu savais comme j’ai changé. Tu aurais peine à me reconnaître avec ma peau fripée et ma poitrine devenue flasque. Ils m’ont enlevé à toi Robert. Je ne sais pas quel est leur but. Peut-être mon père est-il derrière tout ça. Peut-être est-ce lui le chef qui dirige tout sous un faux nom. Peut-être a-t-il fini par nous retrouver malgré les centaines de kilomètres que nous avons mis entre lui et nous. J’aurais mieux fait de t’écouter et me rendre à la gendarmerie. À l’heure qu’il est, il serait toujours en prison. Mais j’avais tellement honte, tellement. Jamais je n’aurais pu supporter de raconter à quelqu’un d’autre que toi ce qu’il m’a fait endurer. Tu as fini par accepter ma décision, tout comme tu as accepté de me laisser ces longues années avant que je puisse supporter tes mains sur mon corps. Avant que je puisse en ressentir un quelconque plaisir. Ce qu’il t’a fallu d’amour et de patience pour attendre, et combien je t’en suis reconnaissante mon chéri.

J’espère que de ton côté, tu n’es pas retenu prisonnier quelque part. Chaque fois que j’évoque cette hypothèse mon sang se glace et je suis prise d’une fureur incontrôlable. Je balance tout ce qui me tombe à portée de la main. Ces jours-là, j’ai le droit à un peu plus de comprimés.

Dans la salle commune, il y a les autres : les cinglés.

Ils sont très vieux pour la plupart. Certains n’alignent pas trois mots et marchent à longueur de journée, certains ne font que crier ou chanter. D’autres font n’importe quoi. J’en ai vu un uriner contre la baie vitrée devant tout le monde. Comment peut-on être aussi sale ? Il me fait peur cet homme, mais ce n’est rien en comparaison de ma voisine de la chambre d'à côté. Celle-là, c’est une vraie tordue, méchante comme une teigne. Elle a une canne. Le matin, quand elle est de mauvaise humeur, c’est la distribution. Je crois en avoir reçu quelques coups au moins une fois. Je ne sais plus vraiment dans quelles circonstances, mais mon dos, lui, s’en souvient très bien. La nuit, quand les gardiennes ont fini leur tour d’inspection, elle sort de sa chambre et déambule dans le couloir en marmonnant des choses incompréhensibles. On dirait qu’elle parle à quelqu’un qu’elle est seule à voir. Souvent, elle balance de grands coups de canne dans les portes. Je sursaute à chaque fois. C’est terrifiant. Les portes ne sont pas fermées à clé et parfois elle entre dans ma chambre. J’entends sa respiration sifflante et je sens son haleine fétide quand elle se penche sur mon visage. Je garde les yeux fermés et je prie pour qu’il ne lui prenne pas l’envie de me corriger. Mon père le faisait parfois. Il fallait qu’il soit vraiment très saoul et qu’il sente mon dégoût de lui pour qu’il ne se contrôle plus du tout. Mais chaque fois que ça arrivait, c’était comme si Satan lui-même l’habitait. Mon corps mettait des jours, parfois des semaines à s’en remettre. Durant ces périodes interminables où j’étais privée d’école, ce porc me faisait asseoir sur ses genoux. Il me racontait en me caressant les cheveux que tout ceci ne serait pas arrivé si j’étais une gentille fille obéissante et que, promis, il ne s’énerverait plus comme ça. Et moi, pendant ce temps je désespérais de retourner dans le seul lieu où j’avais la paix, le seul lieu où je pouvais croiser les yeux de cet adolescent si sûr de lui et dont le simple regard me faisait rougir comme un tisonnier plongé dans des braises ardentes.

Robert, où es-tu mon amour ? Viens me chercher. Je mettrai ma robe rouge que tu aimes tant, et je détacherai mes cheveux. Je sais que tu me trouves jolie quand je suis coiffée comme ça. Viens me sauver encore une fois je t’en supplie. Fais-leur à tous ce que tu lui as fait le jour où tu as tout compris. Le jour où tu m’as tellement questionnée que j’ai fini par craquer pour m’effondrer dans tes bras. Le jour où j’ai pu déposer ma honte sur tes solides épaules. Ce jour où tu lui as brisé méthodiquement les bras et les jambes avec ton maillet de carreleur. Ce jour où tu as fait mes valises et où tu lui as affirmé au milieu de ses hurlements de souffrance que s’il nous dénonçait tu reviendrais l’émasculer pour de bon. Ce jour béni où j’ai enfin pu voir la terreur dans les yeux de mon bourreau.

Je mange rarement le midi. Mis à part les fruits. C’est plus compliqué à empoisonner. L’après-midi, c’est l’instant de la grande mascarade. Des gens de l’extérieur viennent rendre visite aux fous. Leur famille probablement. On nous fait faire des activités pour montrer à la galerie que nous sommes bien traités. J’ai plusieurs fois essayé d’avertir quelqu’un, d’expliquer en chuchotant que je suis retenue contre mon gré, mais c’est à chaque fois la même chose : un sourire gêné, un peu peiné et la personne s’éclipse.

Parfois, je vois un médecin. Il me parle gentiment, mais je ne sais pas encore s’il est de mèche avec tout le monde où s’ils le trompent lui aussi. Je n’ose pas trop lui expliquer ce qui se passe. C’est lui qui me prescrit toutes ces pilules, mais il le fait d’après ce qu’ils lui disent. Peut-être est-il manipulé. Je le vois beaucoup parler avec la démone. La plus perfide, celle qui me raconte les pires horreurs et tente de me persuader de choses abominables qui n’existent pas.

Elle me dit que tu es mort Robert, elle me dit que tu es mort depuis bientôt cinq ans. Elle me présente des gens inconnus en m’affirmant que ce sont mes enfants et mes petits-enfants.

Ce n’est pas possible. J’ai vingt-cinq ans et nous n’avons pas encore d’enfant. Je t’en donnerai Robert, je te le promets mon amour, dès que tu seras venu me chercher. La voix douce de la démone me poursuit chaque nuit et me répète dans mes cauchemars que ma jeunesse s’en est allée et que plus jamais je ne te reverrai. Elle me montre un soi-disant miroir où je vois un visage blanchi et ridé qui n’est pas le mien. Mais surtout elle me parle d’un être abominable. Un individu plus horrible que mon propre père dont le nom est à consonance allemande et qui est à mes trousses. Elle me dit que je ne peux pas lui échapper et que c’est pour ma sécurité que je suis ici.

Comment puis-je être en sécurité loin de tes bras ? Comme puis-je être en sécurité dans un lieu de folie où je ne comprends plus rien ? Tout ceci n’est que mensonge. Ils m’ont piégée ici en attendant que ce monstre vienne me chercher. Car c’est lui qui dirige ici. Tout est construit pour son bon plaisir.

Il faut que je m’échappe Robert. Cela fait deux jours que je recrache discrètement mes pilules. Ce soir, je ferai semblant de dormir et je briserai la vitre de ma chambre avec l’extincteur qui est dans le couloir. Je me rendrai dans notre maison où tu m’attends peut-être. Si tu n’y es pas je chercherai l’indice que tu m’auras forcément laissé pour te rejoindre. Et quand je t’aurai enfin retrouvé, tu me protégeras de lui comme tu m’as protégée de mon père.

C’est un nom difficile à retenir alors, cet après-midi, en écoutant une fois de plus la gorgone, celle qui se fait appeler la Psy, me parler de lui, j’ai écrit dans le creux de ma main ce que j’entendais. Ce n’est peut-être pas la bonne orthographe mais c’est un début. Quand nous serons enfin réunis, tous les deux, nous nous mettrons à sa recherche et tu le briseras lui aussi.

Tu es si fort Robert et je t’aime tant.

Ils ne me font plus aussi peur quand je pense à toi.

Bientôt, c’est certain, je serai dans tes bras.

Personne au monde ne nous séparera, et surtout pas ce monsieur Alzaillemeur dont ils parlent sans cesse ni son unité où ils me retiennent pour l’instant prisonnière.


 
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   socque   
12/8/2017
 a aimé ce texte 
Bien
Avant qu’ils me donnent tous ces comprimés.
Bien sûr, cette phrase oriente tout de suite le lecteur vers la folie et l'asile. Je me demandais ensuite quoi et qu'est-ce, si la malheureuse traumatisée par son père et tout son calvaire avit un jour tué son Robert, et c'est là que j'ai compris :
un être abominable. Un individu plus horrible que mon propre père dont le nom est a consonance allemande

Une bien triste histoire, au moins la narratrice a-t-elle pu connaître une vie normale ensuite... Dans l'ensemble, j'ai trouvé le texte bien mené, pas trop long pour ce qu'il a à dire. Le discours gagnerait sans doute, me dis-je, à être plus décousu, plus "raccord" avec la maladie de la narratrice.

   Bidis   
14/8/2017
 a aimé ce texte 
Bien ↑
La tension dramatique est bien amenée et j'ai lu ce texte avec curiosité jusqu'à la chute. Néanmoins, j'ai trouvé l'écriture un peu trop mélodramatique par moments, même si la situation mise en scène est abominable.

   Tadiou   
17/8/2017
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
(Lu et commenté en EL)
Alors parfois, carrément, on peut pleurer en lisant. Très ému devant cette écriture tellement maîtrisée et belle et ces flots de souffrance. Une vie de douleur, un amour, enfin. Puis la déchéance.

La chute avec le nom Alzheimer est poignante et elle donne une clé.

Quelle belle sensibilité dans ce texte qui m’a profondément bouleversé.

Tadiou

   wancyrs   
18/8/2017
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Salut à vous !

Je pense beaucoup plus à la schizophrénie en lisant votre texte qu'à l’Alzheimer. Je trouve votre raisonnement trop cartésien pour être celui d'une personne qui oublie tout ce qui se passe ou tout ce qui est dit, l'instant d'après. La théorie du complot et de la séquestration est beaucoup plus proche de la schizophrénie, je pense. Il est néanmoins bien écrit votre texte, dommage ! Les scènes avec le père ne dévoilent pas tout, je trouve cela bien ; cela donne l'opportunité au lecteur de deviner l'atrocité, ce qui rend l'indignation plus puissante. Votre histoire est bien ficelé, et transpire le tragique sans vraiment être pathétique, bravo !

   Jano   
19/8/2017
 a aimé ce texte 
Vraiment pas
C'est très mauvais, désolé, je n'ai pas d'autres mots. Et à tous les niveaux. Le style est scolaire, plat, avec des maladresses de-ci de-là. Le traitement du concours me semble faible. La féminité de la narratrice n'est pas évidente, pas assez mise en avant, mais peut-etre pensiez-vous que le viol suffisait ! Si au moins vous étiez parvenu à conférer un réel aspect dramatique à cette situation. Rien de tout celà. Vous accumulez les clichés grossiers sur les soins en psychiatrie, et le déroulement des pensées de la narratrice sonne complètement faux. On ne peut pas être malade mentale et tenir de tels raisonnements. Il aurait fallu être beaucoup plus subtil ou s'y connaître un tant soit peu. Et visiblement vous n'y connaissez pas grand chose pour affubler de la maladie d'Alzheimer une jeune femme de 25 ans. Ou bien son trouble vient des viols de son enfance mais alors c'est très confus.

   Mistinguette   
20/8/2017
 a aimé ce texte 
Bien ↓
Un texte fluide et très bien écrit mais, à la lumière de la chute, peut-être trop bien écrit.

Pour avoir côtoyé des personnes touchées par Alzheimer, j’ai du mal à imaginer un malade employant des mots comme concupiscence ou des métaphores comme : dont le simple regard me faisait rougir comme un tisonnier plongé dans des braises ardentes.

En première lecture, j’ai pensé assez vite à la maladie d’Alzheimer mais les pensées du narrateur étant trop claires, trop précises, j’ai laissé tomber l’idée.

En résumé une histoire agréable à lire mais au final peu crédible à mon goût.

Merci pour cette lecture. Bonne continuation.

   Louison   
17/9/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour,

J'ai bien aimé ce texte traité comme une lettre à l'aimé. Je pense que cela montre davantage une schizophrénie que le maladie d'alzheimer puisque cette femme que je crois âgée s'imagine encore jeune et sans enfants, (enfants qu'elle ne reconnaît pas certes). La crainte d'être empoisonnée et retenue contre son gré ressemble plus à de la schizo, me semble t-il. Cependant le thème du concours semble respecté puisque le narrateur nous présente une femme pour qui l'enfer, c'est les autres, en l’occurrence ce monde médical cruel.
J'ai un peu de mal avec les souvenirs de ce père violeur qui semblent assez nets dans les souvenirs de cette malade.
Malgré quelques maladresses, le texte m'a captivée jusqu'à la fin.

   Thimul   
17/9/2017
 a aimé ce texte 
Un peu
Un vocabulaire et une pensée trop structurée pour une malade atteinte d'Alzheimer et manifestement en pleine plongée rétrograde.
À de stade de la maladie, certains se retrouvent plongés dans leur passé et interprêtent tout ce qui se passe autour d'eux dans un temps qui n'est pas le leur. Mais alors, la pensée est beaucoup moins construite et le vocabulaire est plus restreint. Tout ceci enlève de la crédibilité au récit.

   hersen   
17/9/2017
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
Tout en lisant, je n'ai pas un seul instant pensé à la maladie d'Alzheimer, sauf peut-être un effleurement quand elle ne reconnaît pas ses enfants et petits enfants.
Trop de détails contredisent dans le texte cette maladie.
Je reste donc assez perplexe sur le § final, car au fond, il dessert plutôt le texte. Rester dans une maladie mentale sans la nommer aurait pour moi mieux fonctionné.

En ce qui concerne le concours, le thème "l'enfer c'est les autres" est pour le coup tout à fait bien interprété.

   Conrad   
17/9/2017
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
Bonjour,

Avant tout je tiens à souligner que le thème du concours me semble ici respecté. Cependant, je m'accorde avec certains commentaires pour dire que de fait, la maladie d'écrite dès les premières lignes relève plus de la schizophrénie paranoïde que réellement d’Alzheimer (en raison notamment du discours trop structuré)
Pour autant, l'intrigue est originale même si un approfondissement aurait peut-être été souhaitable.

Bonne continuation,
Conrad

   plumette   
17/9/2017
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
Côté concours, j'ai bien aimé le traitement du thème"l'enfer c'est les autres" Celui qui subit l'oppression de l'enfermement sans en connaître les raisons a une perception des autres forcément hostile.
Je suis cependant réservée sur l'histoire pour 2 raisons: Le récit reste très cohérent et il me semble que cela ne colle pas trop avec ce que je connais de la maladie d'Alzheimer.
Le deuxième raison tient au choix d'avoir fait de cette femme une victime d'inceste. Il m'a semblé qu'il y avait là comme une facilité dans le scénario et d'ailleurs je n'ai pas aimé le passage où la femme évoque l'examen médical ( gynéco?) qu'elle interprète à sa façon dans son esprit dérangé.

Rien à redire sur l'écriture, mais au final, une certaine déception.

   vb   
18/9/2017
 a aimé ce texte 
Pas
Bonjour,
Autant le dire tout de suite : je n'ai pas aimé.
D'abord, il y a quelque phrases qui auraient pu être écrites de manière plus compactes et donc plus percutantes. Par exemple "J'ai intérêt à faire semblant de dormir" peut être remplacé par "Je fais semblant de dormir".
Il me manque de virgules autour de certains groupes nominaux comme par exemple "Que fais-tu(,) mon bien aimé mari?", "J'espère que(,) de ton côté,", "Elle me dit que tu es mort(,) Robert,".
Tout ca pour dire que l'écriture ne m'a pas semblé bien fluide et que j'ai souvent trébuché.
Ensuite, l'analyse psychologique de la maladie d'Alzheimer m'a semblé fort caricaturale. Le monde dans lequel vit la narratrice me semble beaucoup trop cohérent. Elle s'enferme complètement dans son monde imaginaire sans que le monde réel n'y interfère du tout. On a parfois l'impression d'entendre le personnage joué par Jack Nicholson dans Vol au-dessus d'un nid de coucou, c'est-à-dire quelqu'un de sain qui simule la maladie. Cela est, à mon avis, dû à une écriture sans relief qui semble être celle d'un sain d'esprit simulant la maladie.
J'ai connu plusieurs personnes atteintes de cette maladie : je n'en ai jamais vu cohérentes avec elles-mêmes. Cette maladie ressemble à mon avis à un voile brumeux qui s'étend peu à peu sur l'esprit mais qui, de temps à autre, laisse transparaître des lumières de vérité. La représentation de la maladie que nous fournit Still Alice me semble beaucoup plus juste que cette version-ci qui m'apparaît comme une litanie de lieux communs qui ne m'ont pas du tout touché.


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