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Sentimental/Romanesque
toc-art : Moments d'absences [concours]
 Publié le 20/11/13  -  22 commentaires  -  9183 caractères  -  200 lectures    Autres textes du même auteur

Un mélange d'orange et de miel.


Moments d'absences [concours]


Ce texte est une participation au concours n°16 : Haïbun à thème (informations sur ce concours).




Ton regard lointain

a-t-il gardé notre enfance

dans son iris noir ?


J’ai un souvenir très précis de ce moment. De ces moments, devrais-je dire. Quand j’étais petit, les soirs où elle allait mieux, ma mère venait nous dire bonne nuit. Je partageais ma chambre avec mon frère, Ronan, d’un an plus âgé. Elle commençait par lui, lui prenait son livre ou sa bande dessinée des mains malgré ses protestations, le posait sur le chevet blanc au tiroir orné d’un gros bouton en plastique orange, remontait machinalement le couvre-lit, un édredon matelassé vert émeraude qui moutonnait jusqu’au parquet. J’entendais le bruit des lèvres sur la joue. Je fermais alors les yeux, savourant déjà l’instant d’après. Le corps tendu d’impatience, je guettais le grincement des lattes tandis qu’elle approchait de mon lit. Chaque fois, je faisais semblant de dormir, je sentais l’odeur de ses cheveux quand elle se penchait vers moi. Un mélange d’orange et de miel. Je plissais le nez pour m’empêcher d’éternuer. Elle tapotait mon dessus-de-lit, le même que celui de mon frère, mais d’un bleu nuit éclatant. Arrête de faire des grimaces, grondait-elle à voix basse, s’il y a un coup de vent, tu vas rester comme ça ! Je savais qu’elle allait dire ça, mais je souriais quand même, les yeux toujours fermés. Son souffle chatouillait mon oreille, ses lèvres effleuraient ma joue. Je me recroquevillais sous les draps pour l’obliger à se pencher encore, à enfouir son visage dans mon cou. Déjà, elle se relevait. Dormez bien, les garçons.


J’attendais encore un peu, immobile, tout réchauffé par son parfum, et puis, n’y tenant plus, j’ouvrais malgré moi les yeux juste avant qu’elle n’éteigne la lumière. Je surprenais presque chaque fois avec le même sentiment douloureux et un peu effrayé son regard tourné vers nous mais qui, pourtant, ne semblait pas nous voir. Vide, comme égaré. Après quelques secondes suspendues, elle s’éveillait à nouveau, ses doigts trouvaient l’interrupteur, sa silhouette se découpait un instant dans le contre-jour du couloir. Avant de se retourner et de disparaître jusqu’au lendemain ou pour plus longtemps, ma mère nous soufflait alors un baiser d’un geste furtif de la main, un geste enfantin, maladroit, presque imperceptible dans l’obscurité nouvelle de la pièce mais que je devinais quand même et que j’emportais dans ma nuit, rassuré, tandis qu’ailleurs dans la maison, la voix de mon père grondait comme un orage lointain.


J’ai fermé les yeux,

couru sans me retourner.

Tu es resté là.


L’orage encore, ce soir où mon frère quitta la maison. Il avait dix-huit ans. Nous n’étions plus si proches. Le lycée, des amis et des centres d’intérêt différents, une rage en lui, explosive, dangereuse, qu’il ne maîtrisait pas mais que je lui enviais, moi qui pourtant m’évertuais déjà à ne rien laisser paraître. Nous n’étions que trois à table. Mon père commentait les nouvelles du journal télévisé, prenant à témoin ma mère qui hochait la tête sans conviction, absorbée dans je ne sais quelle rêverie personnelle. La porte d’entrée claqua au bout du couloir, un bruit de cavalcade s’ensuivit et deux secondes plus tard, un Ronan conquérant surgissait en riant dans la cuisine, précédant un garçon que je ne connaissais pas.


— Maman, Thierry peut rester dîner avec nous ?


Ma mère leva la tête mais n’eut pas le temps de répondre.


— C’est à cette heure que tu arrives ? Et sans t’excuser en plus !


Mon frère haussa les épaules. Je ne pouvais m’empêcher d’admirer son aisance.


— Désolé, 'Pa, on n’a pas vu le temps passer, fit-il d’un ton désinvolte. Il s’affala sur la chaise en face de moi en me décochant une grimace ponctuée d’un clin d’œil.


— Salut frangin, ça roule ?


Sans attendre ma réponse, il se tourna vers le jeune homme resté debout, quelques pas en arrière, manifestement embarrassé :


— Viens Thierry, ne fais pas ton timide, assieds-toi là.


Le garçon ne bougeait pas, ne sachant trop à quoi s’en tenir.


— Allons, dépêche ! insista Ronan en l’agrippant par la manche. T’en fais pas, il ne va pas te manger, ajouta-t-il en désignant notre père d’un mouvement de tête. En tout cas, pas tant qu’il ne saura pas qu’on couche ensemble !


La pièce se vida soudain de la moindre parcelle d’oxygène. Je respirais mal. Un coup de poing à l’estomac n’eût pas été plus efficace. J’avais déjà été témoin de l’insolence et des provocations de mon frère, mais je ne parvenais pas à croire ce que je venais d’entendre. La scène semblait totalement irréaliste. À l’évidence, mon père était sous le choc. Il restait pétrifié, la fourchette enroulée de spaghettis à quelques centimètres de sa bouche entrouverte. Avant qu’il ait pu se ressaisir, ma mère prit la parole d’une voix dont le timbre enjoué nous fit tous sursauter :


— Ah ben, ça fait plaisir de rencontrer un ami de Ronan, c’est tellement rare ! À croire qu’on lui fait honte, c’est fou ça, non ? poursuivit-elle avec un petit rire. Vous savez qu’enfant, il prétendait que je faisais peur à ses camarades ? Je ne vous fais pas peur à vous, quand même, n’est-ce pas ? Ce serait trop bête, mon garçon, vous m’avez l’air bien sympathi… quoi ? Qu’est-ce que j’ai dit encore ? Arrête, Jean, tu me fais mal !


Avait-elle seulement entendu les paroles de Ronan ? Mon père avait posé sa main sur la sienne et la serrait convulsivement. J’observai avec fascination les jointures de ses phalanges devenir d’une blancheur de marbre. Son visage avait pris un teint terreux. Son regard ne quittait pas celui de Ronan.


— Je veux que tu t’en ailles, commença-t-il d’une voix atone, tu m’entends ? Je veux que tu quittes cette maison aujourd’hui même et ne t’avise pas d’y revenir. Je ne veux plus jamais te voir et je ne veux plus jamais entendre prononcer ton prénom ici. À partir de cet instant, ajouta-t-il après un silence en posant sa main sur mon épaule, je n’ai plus qu’un fils.


Ma mère ressemblait à un papillon aveuglé par une lumière trop vive. Elle s’agitait sur son siège, désemparée par la violente tension qui avait envahi la pièce sans qu’elle en comprît la raison.


— Mais… mais, que se passe-t-il, voyons, Jean ? Va-t-on m’expliquer ?


Elle nous regardait tour à tour, affolée. J’évitais son regard. La poigne de mon père pesait sur mon épaule du poids d’une bête morte, je me sentais incapable de m’en affranchir. D’un mouvement brusque, ma mère se libéra de l’emprise de son mari, elle s’accrocha à mon frère qui se levait.


— Allons, Ronan, qu’y a-t-il ? Ne fais pas cette tête, ça va s’arranger, hein, ça ne peut pas être si grave ?


Mon frère la prit dans ses bras d’un geste très tendre. Les yeux toujours rivés à ceux de mon père, il lui murmura à l’oreille des mots inintelligibles d’une voix apaisante en la berçant doucement. Tu es bête ! fit-elle quand il eut terminé, riant à travers ses larmes. Avec un sourire triste, il l’embrassa dans les cheveux, la garda encore un instant contre lui, puis, après avoir profondément respiré son parfum, avec une grande délicatesse, il la repoussa. Elle resta là, debout, chancelante, les mains vides, les yeux flous, tandis qu’il rejoignait son ami resté en retrait. Je les vis longer le couloir qui menait à la porte d’entrée. Retourne-toi, priai-je silencieusement, retourne-toi…


Je suis retourné

là où nous vivions avant.

Il ne restait rien.


Mon frère Ronan est mort voilà dix ans. Mon père l’a suivi quelques années plus tard. Il paraît qu’il s’est laissé mourir de chagrin. Je n’en sais rien. Je l’ai enterré sans jamais le connaître. Ma mère s’est absentée bien avant tout cela, d’abord pour quelques semaines, puis quelques mois qui se sont mués en années au fil du temps. Quand elle était encore là, je lui ai demandé plus d’une fois si elle se souvenait de ces moments. Elle m’a toujours regardé avec étonnement, sans paraître comprendre de quoi je voulais parler. J’ai cessé de la questionner depuis longtemps. Quand je vais la voir, de moins en moins souvent, je suis un inconnu. Je reste jusqu’à l’heure de la sieste, je descends le volet, l’aide à se coucher, remonte le drap jusqu’à son menton. Vous me faites mal ! s’agace-t-elle. Ne fais pas de grimaces, maman, tu vas rester comme ça s’il y a un coup de vent. Elle hausse les épaules en maugréant. Penché contre elle, je sens pourtant son corps qui se contracte à ces mots, elle hésite un bref instant, sa main agrippe mon bras, ses lèvres réduites à une blessure esquissent un semblant de sourire, je me recule un peu pour mieux la regarder et je crois saisir tout au fond de ses yeux quelque chose qui brille. Troublé, je caresse légèrement ses cheveux, je résiste à l’envie de la serrer contre moi, d’enfouir mon visage dans son cou, je me contente de déposer un baiser sur son front avant de regagner la porte. La main sur l’interrupteur, presque malgré moi, je me retourne. Déjà, son regard n’est plus qu’un mur.


Toi qui me regardes

sauras-tu où je me cache

absente à moi-même ?


 
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   Jano   
1/11/2013
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Un bon texte, bien écrit, et qui soulève des sujets douloureux : la maladie mentale (je suppose que la mère souffre d'une forme de psychose) et les dégats qu'une homosexualité déclarée peut faire dans une famille.
C'est peut-être l'attitude du frère qui manque quelque peu de réalisme, cette façon d'affronter directement le père, sans précaution. On n'y croit pas trop, c'est trop rapide, trop brutal. Plus de finesse aurait été bienvenu.
Le thème "retourner" est fort bien traité, qui apparait plusieurs fois et toujours à bon escient.
Les haïkus sont de qualité mis à part le dernier, plutôt ambigu et pour tout dire énigmatique. Est-ce la mère qui a cette pensée ?

   Acratopege   
5/11/2013
 a aimé ce texte 
Bien
Votre retour en arrière sur des souvenirs familiaux plutôt lourd, réels ou imaginaires, est assez réussi. Le début m'a fait penser aux premières pages de la Recherche du Temps Perdu, mais sans le style envoûtant de Proust. Le vôtre est plus haché, avec un rythme un peu rude qui à mon avis profiterait d'être adouci dans un texte comme celui-ci. Le récit de coming out peut paraître bien banal et rebattu, mais vous l'amenez joliment et décrivez finement la décomposition des liens dans la famille par la suite.
Quant aux haïkus, ils introduisent un peu de lyrisme dans ce récit plutôt réaliste, mais me paraissent à la lecture coupés du reste, peut-être. Difficile, cette combinaison de prose et de vers!

   Anonyme   
15/11/2013
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour
Il m'a fallut plusieurs lectures pour appréhender ce texte. Il ne se laisse pas apprivoiser facilement. Bourré de non dits et de silences qui laissent la part belle au lecteur.
Un sujet difficile, une écriture aisée.
Des personnages étrangement décalés dans leurs réactions et c'est sans doute cela qui m'a perturbé et le pourquoi de ces lectures successives.

   Pimpette   
20/11/2013
 a aimé ce texte 
Bien
Bonne lecture!
le coucher des garçons est superbe!
On devine peu à peu ce qui est'absent' chez la mère et qui donnera la fin de la nouvelle de façon très adroite;

Mais je ne digère pas la phrase du frère aîné assommant sa famille de la nouvelle de son homosexualité avec une brutalité incroyable qui ne correspond pas du tout avec les autres membres de la famille....ce n'est même pas une provoc! On n'y croit pas....et on reste mal à l'aise!
Il y avait bcp de manière de traiter ça, même sans nuances, mais autrement!

   Pascal31   
20/11/2013
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Un récit bien écrit et qui trouve en moi certaines résonances.
Je suis d'accord avec les commentaires précédents : la "révélation" du grand frère est peu crédible, amenée comme ça. Pas que ce soit impossible, j'imagine que son caractère (sa "rage explosive, dangereuse") pourrait conduire à ce genre de comportement. Mais là, en plein milieu du repas, accompagné de son petit ami ? A part vouloir mettre son père en rogne, son compagnon dans l'embarras et faire souffrir sa mère, je ne vois pas trop quel était le but recherché...
C'est pour moi le point faible du texte.
Sinon, j'ai aimé que le récit soit raconté par le petit frère, j'ai été ému par certains passages (le coucher des enfants, notamment, ou encore la façon dont est abordé l’Alzheimer de la maman). Même si l'accumulation de malheurs pourrait flirter avec le pathos, tu as su raconter le tout avec suffisamment de retenue pour éviter de (trop) tirer sur la corde sensible du lecteur.
Un texte que j'ai pris plaisir à lire et qui m'a touché.

   Anonyme   
20/11/2013
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
C'est très joli. C'est un récit sans y toucher, sans en faire trop, c'est une écriture tremblante, fragile, une écriture de papillon. Tout est très bien tenu, on ne voit pas les coutures entre les haïku et la prose. Tout va ensemble.

J'aime ce récit dans lequel le narrateur reste en dehors alors que toute son émotion est dans le texte, pourtant, il la dit à peine, elle n'en ressort que plus forte.

Très beau.

   Bidis   
20/11/2013
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Jusqu’à « la voix de mon père grondait comme un orage lointain. », je me suis laissée embarquer dans l’atmosphère extrêmement bien rendue de cette scène familiale. Quel dommage d’avoir laissé ce très bon début en plan au profit d’une histoire que j’ai trouvé prématuré de raconter à ce stade là du texte.
Je crois que pour qu’une histoire de famille intéresse vraiment, il faut d’abord rendre le narrateur suffisamment attachant et ce début, très bon certes, aurait dû à mon sens être étoffé autour dudit personnage. Autre chose eût été si l’on avait parlé d’un crime ou de quelque chose qui interpelle. Mais un conflit familial n’est pour moi intéressant que si j’en connais un tant soit peu les protagonistes.
Or ici, on sort d’une atmosphère où l’on se plaisait pour devoir tout de suite faire connaissance de la mère, du père, du frère et d’un ami du frère, tout cela à la suite sans pouvoir s’appesantir sur aucun. Comment dans ce cas s’intéresser à ce qui se passe entre eux ? Je suis désolée mais, personnellement, je n’ai pas pu.
Mon « bien + » s’applique au style qui, au service d’une histoire plus attachante, aurait fait bénéficier le texte d’une bien meilleure évaluation de ma part.

   widjet   
20/11/2013
 a aimé ce texte 
Bien
L’auteur prend son temps pour décrire une ambiance, donner de la force et enraciner le souvenir, il le fait en disséquant les objets (couleur de la couverture, description et évolution de la lumière, spaghettis enroulés dans la fourchette, bref, tout est fait pour montrer la vivacité du souvenir et de la scène qui se joue), les gestes, les regards, bref tout ce langage intériorisé et non verbal qui en dit souvent plus long que les mots. Mis à part quelques rajouts/superlatifs/adverbes peut-être dispensables (« blancheur de marbre », « très tendre »…tendre suffisait, « profondément respirer son parfum » ), c’est un texte qui a la bonne idée d’être et surtout de rester sobre et délicat jusqu’au bout sur un sujet qui n’a nul besoin de fioriture et dont la dramaturgie et les dommages collatéraux qu’il génère se suffit à eux-mêmes. La partie haikun, sans être hors-sujet, j'avoue que ça me passe au dessus, le texte s'en passerait aisément si ce n'était pas une figure imposée. Le titre, assez banal, ne fait pas franchement honneur à l'ensemble, mais bon. J'aime aussi l'autre sujet (quand les enfants deviennent les parents de leurs parents) qui est présenté en filigrane et qui mérite à lui seul, une nouvelle.

En résumé, c’est terrible et calme (mais d'une violence sourde et destrutrice), digne et douloureux. J’aime. J'en demande pas plus.

Toc-art publie peu, et ce texte relativement court – mais suffisant – est tout ce qu’il me fallait pour me replonger dans la lecture Onirienne.

Widjet

PS : Petite erreur sur le « — Désolé, 'Pa, on n’a pas vu le temps passer » car c’est la mère qui interroge le fiston et non le paternel.

   Robot   
20/11/2013
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Je suis resté accroché à ce texte dont j'ai apprécié le réalisme des descriptions et des scènes. La scène de l'annonce du frère est d'une crédibilité étonnante justement parce qu'elle sort du banal "j'hésite à le dire." C'est ce qui lui donne cet aspect véridique qui semble se moquer par avance des conséquences prévisibles. Deux belles scènes d'adieux à la mère, au paragraphe du repas et à la fin du texte.
Par contre, à l'exception du dernier, les haïku m'apparaissent convenus et répétitifs.

   Pepito   
20/11/2013
Forme : une belle écriture.
"bleu nuit éclatant" j'ai un peu de mal à imaginer la nuance
"La pièce se vida soudain de la moindre parcelle d’oxygène" ? il ne restait pas la "moindre" peut-être ? Se vider de "toute"...
"Déjà, son regard n’est plus qu’un mur." je n'ai pas saisi l'image, comment un regard peut être un mur ? Un mur "devant" ses yeux peut-être...

Fond : belle histoire de "comming out", fort bien racontée. Outre le rapport mère enfant pour le baiser du soir, j'ai adoré Ronan prenant sa mère dans les bras. Très beau, très sensible.

Merci pour cette lecture.

Pepito

   Marite   
21/11/2013
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Finalement, cette histoire ne comportant que deux souvenirs, l'un empli de douceur, relatif à l'enfance et l'autre, en fin d'adolescence (17 ans), à la maison lors d'un repas familial, suffisent à révéler une profonde fracture affective. Ce sont, semble-t-il, les deux moments qui ont marqué le narrateur et se retrouvent au premier plan de ses souvenirs.
Je n'ai pas de référence ou plutôt de connaissance suffisantes pour juger de la qualité des haïkus. Ne sont-ils pas trop simplement construits (dans le fond) : une seule phrase scindée en trois parties ?
J'ai apprécié l'écriture et en particulier "l'orage" servant de liaison entre les souvenirs d'enfance et d'adolescence. Il (l'orage) assure la continuité dans le ressenti affectif du narrateur.

   Perle-Hingaud   
21/11/2013
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Je ne regrette qu’une chose : quand on sait à ce point embarquer le lecteur, quand on a cette maîtrise des mots et du style, on devrait songer à corser la difficulté…
Au premier haïku, un texte m’est revenu en mémoire, « Les cernes de ma mère ». Ici, l’histoire brode un double motif, je me suis laissée emporter sans accroc.

Je trouve que tu as particulièrement veillé à un point que j’ai toujours considéré comme important : l’observation, l’ancrage dans les détails qui soutiennent la crédibilité de l’ensemble. La couleur du couvre-lit, l’enfant qui se recroqueville sous les draps, les jointures blanchies des phalanges (belle musicalité, au passage !)… tu es allé plus loin que dans d’autres textes dans la visualisation, le détail qui implique. Les sentiments en jeu n’en ressortent que mieux. Ce que j’aime également, c’est le non-dit qui passe, justement, par le mouvement des corps, les regards, les silences.

Tu flirtes encore parfois, à mon avis, avec le trop sucré : « riant à travers ses larmes » : pour moi, c’est une expression « collante » et trop lue, dommage. Au contraire de ce passage : « Mon frère Ronan est mort voilà dix ans… Je l’ai enterré sans jamais le connaître. » : tout est dit, sans un mot de trop, et l’émotion en est plus forte, à mon sens.
Le mouvement du texte est net, les transitions fluides (les reprises de l’orage, le cadet qui prie pour que Ronan se retourne avec le haïku suivant). Je ne me prononce pas sur les haïkus, je n’y connais rien : le sens du second me parait moins clair (Ronan ? mais s’adresse-t-il à son jeune frère ? rien n’annonce ces mots dans la situation décrite, dans laquelle Ronan se préoccupe davantage de sa mère, dont il peut cependant supposer qu’elle va rester « absente » au conflit).

Pour ce qui est de la crédibilité de la déclaration du frère, voilà bien longtemps que ce genre de débat me passe au dessus, du moment que l’acte est cohérent avec la personnalité. Or, combien de fois ai-je vu des hommes casser, détruire, dans un mélange de provocation, de fierté, mais surtout de peur de souffrir ou de décevoir, tout simplement ? Détruire pour anticiper ce qui, dans leur tête (!), ne peut finalement qu’arriver : le pire. Donc, compte tenu du caractère de ce frère, pourquoi pas ? Peut-être, cela dit, le personnage est-il ici trop succinctement brossé pour qu’on comprenne cet éclat ? C’est déjà un exploit d’avoir mêlé deux thèmes complexes (les absences de la mère et l’explosion familiale suite au coming-out) sur un texte aussi court et à contraintes, peut-être est-ce là la limite de l’exercice ?

Une très belle lecture, merci.

   stony   
24/11/2013
 a aimé ce texte 
Bien
PREMIERE PARTIE

J’ai bien failli abandonner votre récit dès le deuxième mot, en réalité le premier verbe (je ne compte pas le premier haïku). Le dictionnaire me semble assez riche pour pouvoir trouver facilement des substituts aux verbes être et avoir. A la troisième phrase, lorsque j’ai lu le mot « Quand » plutôt que le mot « Lorsque », je me suis dit qu’il devait s’agir d’un parti pris de style et j’ai poursuivi, en essayant d’oublier l’inversion (devrais-je) de la phrase précédente, d’un style en rupture avec ce qui l’entoure. La situation décrite a su ensuite prendre le pas sur cette première impression et j’ai pu me lancer dans le récit. Je crois comprendre que vous avez au final voulu trouver un juste milieu entre un style trop soutenu et un style trop familier, en quelque sorte un style simple, plus ou moins neutre, s’effaçant derrière les situations décrites, mais, bien que cela ne soit sur l’ensemble pas si grave que je le craignais, il me reste tout de même cette petite impression dommageable d’hétérogénéité de styles.
Je ne suis pas friand des descriptions visuelles et ils ont tendance à rapidement m’agacer, sauf s’ils sont portés par des figures de style et/ou si elles sont justifiées par la situation. D’ordinaire, je n’en aurais rien à cirer que le chevet soit blanc, qu’il soit orné d’un gros bouton en plastique orange, qu’un édredon soit vert émeraude et l’autre d’un bleu nuit éclatant si tout cela est évoqué d’une manière si platement factuelle, l’émeraude et l’éclatant ne me paraissant alors qu’une dérisoire tentative pour relever l’ordinaire d’un vert et d’un bleu. Pourtant, ici, il me semble que cela participe du calme et de la tendresse de l’ensemble et j’ai pu les avaler sans sourciller. L’émotion a pu être créée par vos mots et c’est bien là l’essentiel. Peu importent les moyens si la fin est atteinte.

DEUXIEME PARTIE

Une phrase en trop : « La scène semblait totalement irréaliste. »
C’est une phrase de script égarée dans un texte littéraire, adressée par l’auteur à l’auteur. Ce sont les éléments présentés au lecteur – et du reste, ils sont présents – qui permettent à celui-ci de percevoir ou, mieux, de vivre cet aspect irréaliste. En peu de mots, essentiellement par les dialogues, d’où précisément cet aspect vivant, vous étiez parvenus à me communiquer le choc de la situation. Je me serais volontiers passé de cette phrase qui me ramène à un texte d’amateur.
La phrase suivante est d’une nature semblable : « A l’évidence, mon père était sous le choc ». Ce ne sera jamais la lecture du mot « évidence » qui me rendra l’évidence d’une situation, vous pourriez bien l’écrire cent fois que ça n’y changerait rien. D’ailleurs, vous me privez là du suspense contenu dans cette excellente scène. Vous étiez parvenu en une seule réplique de dialogue à préparer la tension : « C’est à cette heure-ci que tu arrives ? Et sans t’excuser, en plus ! » Il n’en fallait pas plus pour comprendre que le père est plutôt du genre autoritaire, guère enclin à plaisanter, et certainement pas dans la situation que vous avez préparée : le frangin qui, avec une grande désinvolture, ignore parfaitement l’humeur de son père, conteste son autorité en la ridiculisant d’autant plus qu’il reste poli. L’embarras de Thierry ne fait qu’ajouter à la tension. J’en suis à ce stade de tension lorsque je découvre que le frangin fait son coming-out d’une manière particulièrement culottée. Ce n’est plus de la désinvolture, ni même de la contestation, mais de la provocation. Là, je me dis que, vraiment, il ne fait pas bon se trouver dans cette pièce à ce moment-là. Que va-t-il se passer ? Le père va-t-il avoir une réaction violente, verbale ou même physique ? Et là, vous me sortez : « A l’évidence, mon père était sous le choc ». Ben oui, à l’évidence, comme vous dites ! L’atmosphère irrespirable, le coup de poing à l’estomac, oui certes, mais ça je le sais, je n’ai pas besoin que ce soit écrit. Tout ce paragraphe, jusqu’avant la dernière phrase, ne fait que provoquer une baisse de tension alors que nous étions au bord du climax. La dernière phrase de ce paragraphe, en revanche, serait excellente si elle ne débutait pas par « Il restait pétrifié ». Le coup de la fourchette enroulée de spaghettis à quelques centimètres de la bouche entrouverte, voilà qui est excellent, vraiment excellent. J’y suis, je le vis, je vois cette fourchette arrêtée, peut-être quelques spaghettis qui se déroulent dans un silence absolu. J’ai envie de fuir, mais je ne le peux pas, je suis forcé d’assister à la suite. Mais pourquoi diable préciser d’une manière si médiocre que le père est pétrifié alors que la suite de la phrase le fait mille fois mieux ?
Aux réserves près, émises ci-dessus, cette partie est vraiment excellente. Est-ce parce qu’elle me rappelle une scène que je connais que j’aie pu m’y investir à ce point ? Peut-être en partie, mais je suis à peu près certain qu’elle aurait fonctionné tout aussi bien sans cela.
Au sujet de la crédibilité du coming-out : on pourrait évidemment objecter que le frangin est particulièrement gonflé, voire trop, mais je ne suis pas de cet avis. Je ne connais pas personnellement la situation de coming-out, mais de manière plus générale, il peut arriver que la difficulté d’un acte soit exorcisée par une attitude beaucoup plus franche, parfois en opposition totale avec la véritable nature de celui qui le pose, précisément pour masquer cette nature. Il n’est pas rare d’apprendre que tel ou tel comédien, pourtant exubérant en scène, est timide dans la vie, et qu’il serait peut-être moins exubérant s’il n’avait pas à masquer cette faiblesse ou particularité. Ici, l’on sait que Ronan est quelqu’un de franc et ce n’est pas sa nature qu’il a à contrarier, mais en tous cas la difficulté d’une révélation. Je n’ai donc pas trouvé que la situation puisse ne pas être crédible.
Détail : j’ai eu du mal à associer le verbe repousser avec l’adverbe délicatement.

TROISIEME PARTIE

« Je l’ai enterré sans jamais le connaître » : j’aime la brièveté de cette phrase, qui ne s’embarrasse d’aucun artifice superflu.
« Vous me faites mal ! s’agace-t-elle » : c’est vraiment excellent, on comprend tout en quelques mots (en réalité, un seul : vous), on en vient presque à regretter qu’il ait été précisé plut tôt que la narrateur n’est plus qu’un inconnu pour sa mère.


Il y a donc trois scènes distinctes, mais liées entre elles par des éléments communs : les absences de la mère, des schémas répétés même si les rôles des protagonistes sont permutés (le départ de la mère dans le couloir sans qu’elle se retourne malgré l’espoir du narrateur ; le départ de son frère selon le même schéma ; la mère embrassant ses enfants sur les cheveux, Ronan embrassant sa mère de la même façon ; la petite formule « Ne fais pas de grimace sinon tu vas rester comme ça s’il y a un coup de vent », d’abord de la mère au narrateur, ensuite dans un retournement où le narrateur s’occupe de sa mère). Je reste malgré tout avec cette impression de tableau, de triptyque dans lequel les articulations permettent bien entendu de lier les trois panneaux, mais j’aimerais davantage les admirer dans une galerie présentant toute l’œuvre (un roman ?). Quoi qu’il en soit, le fond de chacun des trois panneaux est excellent, la peinture également si l’on en retranche quelques coups de pinceaux maladroits et très franchement dispensables, et même et surtout dommageables. Peut-être aussi est-ce cela un Haïbun ? Je ne sais pas.

Je ne connais rien des haïkus, mais je n’ai eu ici que l’impression de petits bouts de phrases extraits du texte en prose et mis par trois parce qu’il le fallait bien. Etant donné qu’il s’agit de l’un des éléments principaux de l’exercice, c’est tout de même un peu embêtant.

   placebo   
26/11/2013
 a aimé ce texte 
Bien
Bonsoir toc-art,

J'avais lu ton texte en EL mais je n'avais rien trouvé à dire ; je l'ai relu aujourd'hui, et il me fait penser à pas mal de choses en fait.

Le coup de la grimace m'a fait sourire, la mienne me disait la même chose quand je louchais, et je l'ai crue jusqu'à très tard…
Je trouve le coup d'éclat du frère certes en accord avec les quelques mots glissés sur le personnage, mais peu réaliste s'il connaissait l'opinion de son père à ce sujet. Il y a très peu d'enfants/jeunes adultes qui pourraient se détacher ainsi de la famille et risquer le tout sur un échange aussi bref.
La fin, avec le regard qui brille quand le narrateur croit être reconnu, m'a rappelé Benjamin Button. En règle générale, j'ai du mal avec le thème des absences (que je ne sais jamais si je peux rattacher à Alzheimer d'ailleurs).

C'est un texte qui se lit facilement, avec ce qu'il faut pour l'émotion, le retournement de situation initiale, mais bon, je suis resté un peu en-dehors.
Bonne continuation,
placebo

Edit : merde, j'ai pas parlé des haïkus. Ils se coulent assez bien dans le texte, presque trop "doux" pour retenir davantage l'attention, à mon humble avis.

   Margone_Muse   
27/11/2013
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
J'ai trouvé plusieurs points forts à ce texte.
Déjà, il touche à la psychologie, à la famille, ce sont des thèmes qui me m'intéressent et que je sais apprécier s'ils sont bien traités, et c'est le cas ici.
L'écriture est pudique, douce, délicate. Elle colle parfaitement au sujet. On sent une douleur qui se dégage, elle est à la fois invisible et envahissante. Les scénettes choisies sont judicieuses : on ne sait pas grand chose de cette famille mais on prend tout de même la mesure du "poison" qui s'est distillée au fil de toutes ses années. Il y a des fractures, des souffrances, que tout le monde garde pour soi.
C'est difficile de faire ressentir tout ça avec subtilité et c'est habillement mené : c'est un texte épuré et paradoxalement, c'est ce qui donne encore plus de poids à l'histoire. Il n'a pas besoin de plus. Ce texte est émotion, simplement.
Les haïkus sont pas mal, sans être toutefois "évocateurs d'image".

Bravo pour cette contribution au concours :)

Margone

   senglar   
29/11/2013
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Bonjour Toc-Art,


Bon texte qui devient sans doute un peu confus vers la fin quand la mère semble atteinte de la maladie d'Alzheimer (j'avais d'abord cru qu'elle était morte). J'ai bien aimé le renversement des rôles où c'est le fils qui devient l'adulte protecteur comme cela doit d'ailleurs se produire bien souvent dans la vie réelle.

Le fils rejeté par le père pour homosexualité ne m'a pas étonné outre mesure ; je m'étonne même que la réaction du père n'ait pas été plus brutale.

Je suis d'accord avec le manque de communication voire de chaleur et de tendresse dans les couples à l'époque.

Et l'image du courant d'air et de la grimace n'a pas été sans me rappeler ma propre enfance.


Belle écriture ; sans doute le texte doit-il être reprécisé quant au temps de l'histoire, d'où le (-). Je n'ai pas marché en ce qui concerne les haïbuns pour ce texte-ci. Ben non quoi ! Lol

:)

Senglar-Brabant

   aldenor   
1/12/2013
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Dans ce drame familial je retiens surtout le rapport privilégié entre le narrateur et sa mère. Le portrait de celle-ci, « l’air égaré », sans dire clairement de quoi elle souffre, comme par pudeur ; le beau passage dans lequel elle passe embrasser les enfants au lit. Et la symétrie inversée de la dernière scène. J’ai aussi beaucoup aimé le premier haïku « Ton regard lointain / a-t-il gardé notre enfance / dans son iris noir ? »

Le "retour" est abordé dans la dernière partie sans ajouter du sens à la nouvelle, sans l’articuler, ce qui ne me semble pas répondre pleinement au thème du concours.

   costic   
1/12/2013
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour,

J’ai beaucoup aimé l’évocation du rituel du soir. On y retrouve bien les sentiments que l’on peut ressentir enfant.
L’écriture est fluide et on se laisse accrocher au récit. La description du coming-out me semble très dépouillée ce qui le rend d’autant plus poignant et fort. La fin éclaire le tout d’une manière assez sombre et donne une dimension un peu mélodramatique qui gâche un peu pour moi, la légèreté, la délicatesse et la sobriété du début.
Par contre je ne trouve pas que les haïkus apportent un plus à l’ensemble. Ils sont un peu posés là, comme une illustration juste stylistique.
Une lecture très évocatrice et sensible. Un bémol pour la fin et les haikus.

   framato   
8/12/2013
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour toc-art,

c'est un très beau texte qui nous a été donné à lire, sensible, pudique, finement écrit, sans trop de pathos, alors que les différents thèmes qui y sont abordés sont "sensibles" et risquaient d'entraîner l'auteur dans la facilité. Piège évité... bravo.

En ce qui concerne le concours, je n'ai pas trouvé de haïkus mais des phrases écrites sur un rythme 5/7/5, ce qui ne suffit malheureusement pas à en faire des haïkus.

Il faudrait chercher un peu dans les archives du site : marogne avait fourni un très beau travail explicatif des haïku... cela doit pouvoir encore se trouver quelque part...

Sinon il a fait un site qu'on peut trouver sur le net.

Bref, ici, les pseudos haïku n'apportent pas un plus au texte, et en ce sens, je le trouve raté pour le concours.

Mais si on le lit hors du cadre du concours, c'est un très bon texte.

Ps : les dialogues sont très naturels, ce qui n'est jamais facile.

   Anonyme   
9/5/2014
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Toc-art,
Tout en flanant devant les nombreuses boutiques Oniriennes, je me suis arrêté par hasard devant la vôtre, et je dois vous avouer qu'en y pénétrant, je n'ai pas été déçu. J'y ai même trouvé un vrai petit trésor...

Alors il faut savoir que tout ce qui touche au passé - et plus précisément à l'enfance - me touche forcément. D'ailleurs, je me reproche parfois d'y passer beaucoup trop de temps et de délaisser trop souvent le présent. Mais bon, c'est ainsi.

J'ai tout d'abord beaucoup aimé les 3 phrases marquant les différentes époques de l'histoire. Elles ont ce côté poétique presque intemporel, permettant ainsi au lecteur de passer avec douceur d'un tableau à l'autre. J'ai trouvé cette idée très subtile.

La manière dont vous avez amené la dispute m'a si je peux me permettre, paru en revanche un peu bâclée. Je pense qu'il eût été judicieux de développer cette altercation entre le père furax contre son fils qui pour affirmer son homosexualité auprès de ses géniteurs, n'a rien trouvé de mieux que d'inviter à déjeuner son compagnon. Il est vrai qu'à 18 ans, c'est souvent l'instinct qui domine. La réaction du père m'a déçue car j'aurais aimé ressentir cette scène d'une façon plus émotionnelle. Mais bon, c'est votre nouvelle et vous en êtes le seul maitre. La fin est terriblement triste et l'idée de reprendre les paroles que la maman susurrait à l'oreille de l'enfant qu'il était autrefois est vraiment très touchante.

Merci en tout cas pour le partage !
Olivier

@Widjet - je pense que l'auteur t'aura certainement déjà répondu quand à la soi-disant erreur que tu as soulevé. En fait, il me semble que c'est juste comme il l'a écrit dans le texte. C'est à son père qu'il s'adresse puisque sa mère n'a pas eu le temps de répondre.
"Ma mère leva la tête mais n’eut pas le temps de répondre."

   ladymuse   
29/8/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
J'ai aimé votre texte pour sa finesse et sa sobriété. Les haïkus sont très beaux (le dernier particulièrement poignant). En un texte si court vous avez réussi à tisser des liens familiaux qui sont dès l'ouverture un "départ".

J'ai seulement regretté le dialogue qui détonne un peu dans ce récit essentiellement classique. Je ne pense pas que la violence puisse jaillir ainsi sans prémisses, et le thème de l'homosexualité pouvait peut-être s'annoncer à travers un simple mutisme à table avant de déboucher sur une attaque verbale en bonne et due forme (une simple suggestion bien sûr :D).

Une dernière remarque à propos des prénoms. La façon dont on les introduit m'a toujours paru importante. Leur qualité aussi. Alors "Ronan" oui! "Thierry" definitely not! J'espère ne pas vous choquer. C'est une question que j'ai longtemps méditée. Ce n'est pas un hasard par exemple si Balzac a appelé l'héroïne du Lys Dans La Vallée Madame de Mortsauf. J'ai aussi ma petite idée sur Lady Chatterley mais elle n'engage que moi :)

Au plaisir de vous lire à nouveau

   moschen   
1/9/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
L'évocation des souvenirs au début est sublime. Les phrases coulent, chantent, un bonheur pour l'oreille.

J'ai adoré la mère, sa réaction de papillon aveuglé. Elle perd pied et cela est admirablement rendu.
Le père est trop caricatural.

La provocation arrive prématurément. Il manque l'évocation de quelques disputes entre le fils et le père.
La fin ferme la boucle tout en retenue.


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