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Sentimental/Romanesque
vb : Résurgences [concours]
 Publié le 18/12/17  -  7 commentaires  -  16724 caractères  -  72 lectures    Autres textes du même auteur

Un hommage amer à Alain Souchon et à son "J'ai dix ans".


Résurgences [concours]


Ce texte est une participation au concours n°24 : Dix ans !

(informations sur ce concours).



Les flocons sans bruit s’étalaient par milliers. Poudrés par les frimas, Bénédicte et Claude s’en allaient bras dessus bras dessous, chacun à leurs pensées. Les deux marchaient d’un bel accord, alors que sous leurs pas crissait la neige fraîche et que sous la passerelle s’arquait le fleuve noir comme un mince sourire dans la face d’un clown blanc.

Bénédicte pensait à Georges ; Claude aussi, mais autrement.

Une dame affairée venant à leur encontre eut un sourire furtif. N’étaient-ils pas mignons ?

Leurs idées, pourtant, s'opposaient, comme le noir et le blanc, comme la nuit et la neige.

Bénédicte était à la limite de l’euphorie. C’était idiot, elle n’avait aucune raison de se sentir empressée. Elle releva son col et serra les bras contre son corps, contre le bras de Claude. Claude qui ne semblait pas souffrir du froid. Claude qui n’avait pas été plus heureux que ça de savoir qu’elle était tombée sur Georges, son ami qu’il ne fréquentait plus depuis l’école primaire. Il avait réussi à la convaincre qu’elle se faisait des idées, qu’il était ravi de cette invitation inopinée ; mais elle sentait bien que quelque chose le dérangeait. La jalousie ? Non, Claude n'était pas jaloux.

Le pas décidé malgré le verglas, elle sourit… Un homme sur le trottoir d’en face lui sourit en retour. N’étaient-ils pas mignons ?

Claude n’en menait pas large. Lui, d’ordinaire frileux, ne sentait ni le froid piquant du vent, ni les bourrasques qui rejetaient vers le ciel des myriades de cristaux.

Lorsque Bénédicte lui avait parlé de Georges, il lui dit qu’il se souvenait bien de leurs années d’enfance, de leur bonne amitié, il avait dissimulé son malaise. Avait-elle vu sa gêne ? Maintenant, quand il y repensait, une tension glacée lui parcourait l’échine. Les images de la cour en pente, les jeux de glissade auxquels personne ne jouait plus, sauf les petits, et lui, Claude, sous les risées des autres. Georges n'avait pas ri. Claude avait pris cette absence de moquerie pour un début d’amitié.

Il sentait le corps chaud de Bénédicte par-delà le paletot. Il ne voulait pas la perdre. L’idée de Georges, de sa force, s’insinuait, exclusive, dans les replis de sa cervelle, entre chacun de ses pores. Bénédicte se serrait contre lui. Georges revenait à l’assaut, cette fois au cours de sport, le jour des olympiades, avec ses jambes musclées duvetées de poils sombres. Claude le repoussait et projetait son regard vers la Meuse où se noyaient les flocons, vers le pont des Arches dans la lumière des néons.

« Tu es certain que tu ne vois pas de soucis à ce que j’aie accepté l’invitation de ton ami Georges ? »

Il avait hoché la tête, en signe de dénégation, les épaules relevées pour se protéger du vent.

Bénédicte aurait aimé le sentir plus avenant, au lieu de cela… Est-ce qu’il avait senti son émoi ?…

Georges était attablé au Pistoleï, celui sortie Madeleine à la Gare Centrale, devant un américain sanguinolent qu'il mélangeait avec vigueur à l’œuf cru. Il lui avait souri. Contrite, elle avait balayé une larme de sa joue avant de lui rendre la politesse. Il n’était pas dans ses habitudes de se laisser aborder, mais quand il était venu s’asseoir face à elle avec son plateau et son regard ténébreux inquiet, elle n’avait pas eu le courage de le remballer.

« Rien ne devrait embrumer un aussi beau visage… »

Elle avait souri. Plus parce que l’entrée en matière était lamentable que parce que le jeune homme avait marqué des points, mais ça l’encouragea.


— Est-ce que je peux vous aider ? demanda-t-il en lui tendant une serviette.

— Si vous connaissez le DRH de Metro, le journal…

— Ah ! ça tombe drôlement bien, Nico est un pote d’enfance, on a fait Catho ensemble.

— Vous vous moquez, ce n’est pas très gentil.

— Je vous assure.

— Eh bien donnez-moi des preuves !


Elle le fixa d’un air de bravade, comme ça tout de front, dans ses yeux ténébreux, dans ses yeux un peu ronds. Il hésita puis se reprit, la blague aux dents. Il aimait ça.


— On était un groupe de quatre mecs. Il compta sur ses longs doigts : Georges Pakolakis, votre humble serviteur, Nicolas Dubois, aujourd’hui DRH chez Metrotime, Alexandre Vermeer, qui pointe au chômage depuis bien cinq ans, Jonathan Lefèvre, qui tient une friterie belge à New York, et Claude Verneuil, dont je n’ai plus aucune nouvelle depuis longtemps.

— Claude Verneuil ? Mon… fiancé s’appelle comme ça.


Georges avait ri à gorge déployée d’un rire gras qui la mit mal à l’aise. Comme il refusait de la croire, elle avait fini par lui sortir son portefeuille et montrer des photos.

La vie est tellement imprévisible.

Ils avaient passé un long moment à discuter, Georges était volubile, très expansif. Il lui parla de son travail de relations publiques chez Metro – où son ami Nico l’avait propulsé –, des soirées caviar qu’il organisait entre politiciens et starlettes en quête de publicité. Évidemment, il ne lui dit pas tout, ni qu’il l’avait vue quitter en rage le bureau de Nico, ni qu’il s’était dépêché de prendre sa pause en l’entendant parler à Claude au téléphone. « Les femmes aiment le mystère », telle était sa devise.

Il était si différent de Claude que Bénédicte avait du mal à croire qu’ils eussent pu être amis. Cependant, quand Georges en parlait, il le décrivait à la perfection avec ses boucles châtains, son sourire gêné. Il racontait la cour de récréation en pente, Mlle Sauvette, l’institutrice, tous ces souvenirs dont Claude avait si souvent, déjà, parlé avec émotion.

Bénédicte, elle aussi, s’était épanchée, avait narré son histoire, que depuis les romanes elle pagayait beaucoup et que, cet emploi de critique littéraire, c’était juste ce qu’il lui fallait. Elle avait remarqué que Georges plissait les paupières, écoutait attentivement. Elle avait trouvé agréable de se sentir comprise, de s’entendre aussi bien avec l’ami de son amoureux.

Et puis, de fil en aiguille, Georges lui avait proposé de venir dîner en compagnie de Claude. Lui et Ève – son épouse – venaient d’acheter un appartement sur les quais en bord de Meuse. Ils pourraient profiter de la soirée pour appeler Nicolas, lui faire revoir sa décision. Georges en était convaincu : on allait donner suite à sa candidature.


La journée avait mal commencé, mais Bénédicte était rentrée extatique, survoltée. Qui aurait pu croire à midi – à voir le ciel blanc lait – que le soir il neigerait ?

Maintenant, elle doutait, avait peur de ce rendez-vous, peur d’elle-même. Devant la porte de cette grande maison aux linteaux de pierres bleues et aux belles lignes de tuf, Claude se tétanisait, ne trouvait pas Pakolakis parmi les sonnettes. Tremblait-il ? Le trouvait-elle ridicule ? Bénédicte, elle, pensa aux beaux alexandrins qu'il lui avait écrits et, bousculant son fiancé, appuya elle-même sur le bouton.

Ève ouvrit. Les cheveux coupés au bol, une robe noire évasée sur un col Claudine blanc. Ses yeux charbon brillaient d’une étincelle. Bénédicte pensa : « Salope ! » et se reprit en lui donnant la bise. Elle avait une voix douce, était très accueillante.

Les civilités furent brèves. Georges avait un bagou, une bonne humeur, un rire si communicatif que les craintes de Bénédicte et l'anxiété de Claude s'évaporèrent comme un rêve au matin, telle la neige du paletot dans la chaleur de l'appartement.

Les lasagnes, Georges les avait faites lui-même ; ce qu’il soulignait d’un rire gras : que n’aurait-il pas fait pour son bon ami Claude ? Il roulait des yeux et écartait les coudes pour brandir devant lui, de ses grosses paluches gauches, le plat bouillant où fumait le gratin. On écartait les verres, lui faisait de la place et surtout on riait de son air maladroit. Dans le regard d’Ève, Bénédicte lisait : « Ah ! Les hommes » et elle lui répondait d’un sourire amusé. Claude s’efforçait de paraître avenant. Son visage se crispait et le rictus en résultant prenait l’apparence d’une franche bonne humeur.

Ève était assez surprise de trouver l’ami de Georges et sa compagne agréables.

Elle aimait son mari, c’était une évidence… mais il n’avait pas pour habitude de lui ramener des gens avec lesquels elle se sentait à l’aise. Dernièrement on avait eu un Ouzbek excentrique aux bijoux indécents qui, sous le manteau, commercialisait le caviar à prix « démocratique ». Et puis son mari lui avait dit tellement d’horreurs à propos de Claude, qu’elle avait eu peur de ne pas oser le regarder de la soirée. Au final, elle s’en sortait assez bien. Elle l’entendait encore lui dire : « Tu sais, ce con était tellement pédé qu’il tripotait les gamins pendant qu’on jouait au foot, il nous mettait la main au cul "sans faire exprès", il tombait dans nos bras, une vraie gonzesse… ». Elle souriait au souvenir de la tête que Georges avait tirée quand elle lui avait demandé s'il aimait encore Claude. « Moi sûrement pas, avait-il répliqué ; mais, lui, je te parie qu'il est encore pâmé d'amour pour moi. Tu n'auras qu'à bien l'observer à table. Il va certainement me faire du pied. » Ève voyait bien que Claude n'était pas dans son assiette, qu'il évitait de poser les yeux sur son cher Georges. Il semblait avoir chaud, manquer d'air, déboutonnait son col, ouvrait grand la fermeture éclair de son pull. Elle tentait d’imaginer à quoi pouvait ressembler leur vie commune à Bénédicte et lui. S’ils baisaient. Si elle aimait ça… Elle aurait voulu pouvoir lui poser la question, à brûle-pourpoint. Juste pour comparer.

Il était beau son Georges, son Grec… mais, au lit, il était pire que tout. Pas une variété, pas une velléité d'innovation. Un parfait petit missionnaire ! Mariez-vous vierges, qu’ils disaient ! Ils avaient l’air heureux, eux. Ève se resservit un verre, puis deux… Il était temps que le dîner s’anime un peu.

Bénédicte, nerveuse, laissait Georges se pavaner et attendait le moment opportun pour aborder le sujet de sa candidature au Metro ; mais Georges visiblement ne se souciait guère des discrètes allusions dont elle émaillait la conversation : il détaillait les ingrédients du plat quand sans transition il demanda si Claude faisait encore du théâtre. « Oui », bredouilla ce dernier, le cœur battant. Il en faisait, encore, sur une petite scène, pour amateurs… Ce que… Georges avala son verre cul-sec et plongea ses yeux dans ceux de Bénédicte :


— Claude avait monté une petite troupe à l’école. C’était bien ? Non ? Hein ! Claude ?


Ses yeux ronds roulaient maintenant en direction de Claude qui bégaya :


— Je t’avais donné le premier rôle, celui de…

— Claude voulait que je joue un genre d’Othello. Moi, barbouillé de noir ! continua-t-il en gonflant sa poitrine athlétique, la gouaille à la lèvre, qui par ailleurs était rougie de bolognaise.


Ève, à qui la blague s’adressait d’évidence, en riait très à cœur :


— Était-ce au moins un bon acteur ?

— Attention à ce que tu vas dire !

— Excellent ! Excellent ! Mais la pièce n’a pas eu lieu…


Claude luttait contre le vertige, se tamponnait les lèvres du bout de la serviette.


— Ah oui ? dit Bénédicte en se tournant vers lui, pourquoi ?

— J’ai changé d’école.

— Tu as déménagé ?

— Ah ! Si on raconte cette histoire, alors moi je veux bien ; mais avec du faste, de l'emphase, que diable !


Georges se leva, théâtral, faisant grincer la chaise sur le parquet de chêne.


— Ève, dis-moi, tu as bien quelque part du Souchon, un « best of » ou quelque chose du genre…

— Oui, bien sûr, la pochette…


Elle n’avait pas fini sa phrase que Georges, sans avoir à chercher, avait trouvé le LP voulu et que déjà il tournait, et que déjà l’aiguille glissait dans son sillon. Georges faisait – du plat de la main – signe de se taire et comme par enchantement s’entendaient les grésillements du diamant sur le vinyle, la ligne de basse, le pouce du musicien, ses glissements très discrets sur la corde la plus grosse. Quand la batterie eut son roulement, un sourire nostalgique passa sur les lèvres des auditeurs. À l’exception de Claude, qui allait bientôt vomir ; mais à qui cela importait-il ? On entendait le carillon des doigts en roue libre sur le la.

« J’ai dix ans,

Je sais que c’est pas vrai,

Mais j’ai dix ans

Laissez-moi rêver

Que j’ai dix ans »

Quand le petit accord de septième s’enclencha et que la voix lancinante de Souchon allongea les syllabes du troisième « j’ai dix ans », lorsque Ève et Bénédicte commencèrent à dodeliner du chef, Georges interrompit la chanson. Il se redressa, posément, magistral. Il était grand ; la mâchoire, bien carrée. Les reliefs du repas dans l’estomac de Claude se gorgeaient de sucs gastriques ; mais, à nouveau, qui s’en souciait ?

« Vous voyez la scène. Une scène brinquebalante. Une salle de fête en déglingue. Au premier rang, les parents. Ceux de Claude. Les miens, non. L’institutrice tout juste sortie de son école normale. Le regard pétillant. Une fierté sans pareil. »


— Elle nous avait laissé champ libre, dit-il sur un ton d’aparté. On avait bazardé Othello et choisi « J’ai dix ans » de Souchon. Le chanteur, c’était Claude…


Georges se retourna vers le pick-up pour remettre le disque.


— Tu sais chanter, toi ? demanda Bénédicte.


Claude hocha la tête pour faire un petit non.


— C’était un play-back, poursuivit Georges qui se courbait sur la hi-fi pour abaisser l’aiguille. Il était marrant, Claude avec sa perruque à la Michael Jackson. Hein dis que t’étais marrant ! C’était un comique, dans sa jeunesse, un vrai boute-en-train !


Claude ne bougeait plus, son visage se pétrifiait, alors qu’il revoyait aussi clairement que s’ils avaient été dans le salon avec eux, les coulisses de la salle de fête, le barda du matériel scolaire. Il percevait à nouveau l'odeur de la poussière, sentait les mains des autres, de Nico qui lui maintenait les bras, de Jonathan qui lui brisait les jambes.

« Ça fait bientôt quinze ans

Que j'ai dix ans

Ça paraît bizarre mais… »

Il voyait Bénédicte et Ève rêveuses, nostalgiques. Lui, sa lèvre tremblotait, mais qui s’y intéressait ?


— On avait mis de longs shorts, des bérets, le style Guerre des boutons ; et pendant que Claude chantait et grattait la guitare, on se bastonnait ferme en arrière-plan.

— Et votre institutrice, Mlle…

— Oh ! Elle, Mlle Sauvette, elle était aux anges. Enfin au début, quand on y allait mollo…


Georges racontait, racontait, n’en finissait pas de raconter. Il disait les phylactères chargés de grossièretés que les enfants déployaient dans le dos du chanteur, le visage de l’institutrice qui s’allongeait. Les parents dépités eux non plus ne riaient plus.

Mais tout cela n’accédait plus au conscient de Claude, lui restait étranger. Ève observait chez Claude le mouvement saccadé du larynx, la contraction des pommettes, la saillie nerveuse du menton. Jamais cependant elle n’aurait pu déceler la douleur que Claude revivait au sein de ses entrailles, dans les flashes refoulés que lui renvoyait sa mémoire.

« Si tu m'crois pas hé », disait Souchon ; et Georges, droit, sûr de lui, béat :


— Comme on a ri quand Claude a pris cinq tartes à la crème en plein la tronche devant le public. C’était l’apothéose. C’est pas pour vous dire, mais on s’est bien marré. C’était le bon temps, hein, Claude, pas vrai ? Hé, quoi ? Tu dis rien ?


« Tart'ta gueule à la récré » résonnait dans l’occiput de Claude où se cristallisait un entrelacs de douleurs et de peines, « Tart'ta gueule à la récré », ses parents les larmes aux yeux, « Tart'ta gueule à la récré », le ridicule de leur fils, « Tart'ta gueule à la récré », le sanglant écho de la sodomie, quelques heures auparavant, le sanglant écho du godemichet que lui affligeait Georges sous les huées de Nico, Alex et Jonathan bavant les restes de leurs bières dans le calme et la crasse de l'arrière-scène.

« J’ai dix ans

Des billes plein les poches

J’ai dix ans

Les filles c’est des cloches »

Claude vomit les lasagnes, mêlées d’une bile glauque. Ce fut un puissant jet en forme de parabole qui creva en une belle flaque sur le visage d’Ève, en face.

La soirée fut de fait écourtée. On ne téléphona pas à Nico. Bénédicte ne serait pas critique littéraire au Metrotime. La neige qui fondait s'amassait en glacis anthracite, aux pieds des platanes, livides dans la lumière électrique. Une pluie encore lourde inondait les visages. À un bras de distance, Bénédicte et Claude, les mains dans les poches, marchaient vers la passerelle.


— Ça va mieux ton ventre ?

— Ça gargouille encore un peu, mais ça va.


Bénédicte et Claude pensaient à Georges, chacun à leur façon. Le souffle de la bise les glaçait aux frissons.



 
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   SQUEEN   
2/12/2017
 a aimé ce texte 
Pas
Tout d’abord un peu trop de fioritures à mon goût, trop de décoration dans le style.
Des maladresses ou des intentions incomprises : « Une dame affairée venant à leur encontre eut un sourire furtif. N’étaient-ils pas mignons ? » « Un homme sur le trottoir d’en face lui sourit en retour. N’étaient-ils pas mignons ? »
Je ne comprends pas l’intérêt de cette répétition à deux lignes d’intervalle, si c’est un choix narratif il est mal amené, n’apporte rien ni au récit ni à l’ambiance.
« On était un groupe de 4 mecs. Il compta sur ses longs doigts : George Pakolakis, votre humble serviteur, Nicolas Dubois, aujourd’hui DRH chez Metrotime, Alexandre Vermeer, qui pointe au chômage depuis bien cinq ans, Jonathan Lefèvre, qui tient une friterie belge à New York, et Claude Verneuil, dont je n’ai plus aucune nouvelle depuis longtemps. » J’ai l’impression qu’ils sont plutôt Cinq !
Bénédicte pensa : « Salope ! » Cette phrase est très surprenante et incongrue d’autant plus qu’on ne comprend pas ce qui peut la motiver : la jalousie, je ne vois que ça mais pourquoi ? Ici non plus rien ne l’amène.
La psychologie des personnages est limitée à la description d’un homme réservé et anxieux et l’autre sûr de lui et costaud, cela me semble très simpliste et pas du tout subtil.
Le plus important c’est que l’histoire n’est pas du tout crédible, un homme s’étant fait rudoyé, sodomisé, dans son enfance accepte d’aller dîner avec son bourreau pour essayer de faire engager sa copine… Cette démarche le faisant tellement souffrir, lui étant tellement insupportable qu’il en vomit à table. Avant ça déjà on croit moyen à l’espèce de fausse rencontre fortuite et de sa série de coïncidences très invraisemblables. Quelque fausse piste aussi pour le moins étrange : nous laissant imaginer une histoire d’homosexualité, intention que je n’ai pas comprise. Bref le lecteur est dans la confusion et l’incrédulité. Je suis donc passé très loin de votre histoire.
SQUEEN

   plumette   
6/12/2017
 a aimé ce texte 
Un peu
A la fin de ma lecture, je me suis posée pas mal de questions sur l'histoire:

Qu'est-ce qui motive Georges? Est-ce un authentique sadique? Il a identifié Bénédicte comme étant la compagne de Claude. Mais comment? et il s'arrange pour l'aborder et l'inviter avec Claude Pour le soir même?

Ce dîner a-t-il été organisé uniquement pour évoquer cette scène de l'enfance ou de l'adolescence? J'aurais aimé avoir une idée plus précise de l'âge des protagonistes au moment des faits. Il est question d'une institutrice, donc c'est en primaire? Et je trouve que cela ne cadre pas vraiment avec la sodomie et les bières!! mais sans doute suis-je une grande naïve! on peut avoir dix ans et se livrer à un viol collectif...

le texte n'est pas dénué d'intérêt pourtant. j'ai bien aimé le début avec quelques images comme "le fleuve noir comme un mince sourire dans la face d’un clown blanc". Bénédicte est prête à se laisser berner par ce Georges qui a l'air d'être un imposteur.Le décalage entre elle et Claude est saisissant.

Je trouve que le description du malaise grandissant de Claude est plutôt bien vue.

Mais voilà! Je pense que si le lecteur se pose trop de question de cohérences, c'est qu'il y a un hic...

Plumette

   Tadiou   
6/12/2017
 a aimé ce texte 
Un peu ↓
(Lu et commenté en EL)

Le style, l’écriture, globalement maladroits m’ont empêché de prendre plaisir à la lecture de cette nouvelle qui relate de cruels et sordides événements passés.

Je donne quelques exemples de formulations qui sont, à mon avis, à reprendre :

« ….chacun à leurs pensées. Les deux marchaient d’un bel accord,… »

« L’idée de Georges, de sa force s’insinuait, exclusive, dans les replis de sa cervelle, entre chacun de ses pores. »

« Tu es certain que tu ne vois pas de soucis à ce que j’aie accepté l’invitation de ton ami Georges ? »

"Ève……en riait très à cœur »

Les personnages me semblent caricaturaux ; je ne sens pas de montée de la tension, car c’est trop descriptif. Je ne ressens pas de pénétration dans l’émotion.

Le fond avec ces réminiscences pourrait être intéressant ; mais, selon moi, il faudrait reprendre l’écriture et s’attacher à rendre les personnages émouvants.

Le lien avec la chanson de Souchon m'apparaît bien artificiel.

En tout état de cause, merci pour cette lecture et à vous relire.

Tadiou

   Solal   
18/12/2017
 a aimé ce texte 
Pas
Bonjour,
le thème de votre nouvelle est intéressant, les traumatismes de l'enfance, car il est fédérateur. (si j'ose dire)
Le problème, il me semble, c'est qu'il est traité avec beaucoup d'emphase, ce qui le rend alambiqué et brouillon.
Vous mélangez descriptions ultra détaillées, scènes grandiloquentes (peu crédibles) et souvenirs hachurés. il en ressort un texte noueux que moi, lecteur, je n'ai pas réussi à démêler.
Par exemple, vous parlez d'enfants de dix ans qui identifient un camarade comme un gros pédé bon pour la sodomie et l'humiliation publique... j'ai beau relire ce passage je n'arrive pas mettre les pièces en place.
Désolé, ce sera peut être pour la prochaine fois.

   hersen   
21/12/2017
 a aimé ce texte 
Bien ↓
Carrément noir mâtiné de glauque !

j'aime bien le sujet mais mais mais...j'ai compris qu'ils sont en primaire au moment des faits, because l'instit. Et là, ça ne va plus.
D'abord, Othello en primaire ??? (dans le texte ? :)))
Ensuite, telle que cette prestation théatrale est décrite, je ne vois pas une instit laissant faire.
Et c'est cela le problème. car ne trouvant pas cela crédible, alors que le reste l'est, je suis en porte-à-faux et je n'aime pas ça.

Par contre, montrer Claude encore victime à l'âge adulte, là, j'y crois. Et le rôle de sa femme aussi, càd voir Georges comme quelqu'un de sympathique capable de lui faire retrouver son travail. Je trouve par contre un peu prématuré le "salope" qu'elle pense en voyant la femme de Georges car si j'ai bien compris, elle n'a rencontré ce copain d'enfance de son mari que le matin même. déjà amoureuse à ce point...!!! Par contre, sous-entendre que Georges a manigancé la rencontre est bien vu.

Pour moi, pas tout à fait abouti mais pourrait vraiment donner du noir de chez noir !

merci de cette lecture,

hersen

   Jean-Claude   
26/12/2017
 a aimé ce texte 
Pas
Bonjour,
Le problème principal est la crédibilité. Je n'arrive pas à y croire.
Un détail : nous étions 4 et 5 noms (j'ai peut-être loup quelque chose).
Bonne chance.

   toc-art   
27/12/2017
Bonjour,

Pour moi, l'intrigue de ce texte est une aberration. À aucun moment, je ne suis parvenu à croire à cette histoire, tant dans les coïncidences des "retrouvailles" que dans les faits rapportés ou dans la psychologie des personnages.
Je ne crois pas une seconde que des gamins de primaire osent en plein spectacle scolaire, sans que personne n'intervienne et supposément devant leurs propres parents (hormis ceux de Georges comme il est précisé ) brandir des pancartes ordurières, balancer des tartes à la crème (comment les auraient ils préparées, emportées. ..?) et avoir pratiqué un viol avec un gode michet quelques heures plus tôt en sirotant des bières . On est où là, sérieux ?
De même, je ne crois pas que la victime du viol, même pour favoriser la carrière professionnelle de sa femme, accepte d'aller dîner chez son tortionnaire.
Mais la cerise sur le gâteau, là où je me dis que l'auteur est complètement à côté de ses pompes, c'est quand le narrateur affirme au moment de la rencontre que le bagou, la bonne humeur et le rire du violeur permettent à l'anxiété (déjà le terme est à côté de la plaque ) de la victime de s'évaporer comme un rêve au matin. Non mais sans rire ???
Voilà pour moi, je suis désolé, mais c'est du grand n'importe quoi question psychologie des personnages.

Vous l'aurez compris, j'ai détesté la désinvolture de ce récit sur un sujet qui méritait mieux.


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