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Réalisme/Historique
Vilmon : Médecine blanche [concours]
 Publié le 07/02/22  -  8 commentaires  -  17078 caractères  -  66 lectures    Autres textes du même auteur

Nikki, chasseur cri, va au poste de traite durant une tempête hivernale pour s'y procurer un remède pour guérir son fils malade.


Médecine blanche [concours]


Ce texte est une participation au concours n°31 : Elle, lui, eux et... l'hiver !

(informations sur ce concours).



Note de l'auteur : les dialogues en italique sont en langue crie (langue algonquine).


– Allez, Mika ! Chou, chou, Émi, Paul, Mei ! Allez, allez ! Chou, chou !


Nikki crie pour encourager ses chiens à avancer dans la neige. Il court aux côtés de son toboggan et parfois le pousse. Son bagage est lourd de peaux tannées, principalement des peaux de castor et quelques belles peaux de renard blanc. La glace de la Baie-James est recouverte par une mince couche de la lourde neige qui tombe. La course n’est pas facile, et bien que le parcours sur la glace soit un trajet plus long, il est préférable à l’épaisse neige des sous-bois. Il n’a pas le choix, il doit faire vite. C’est une question de quelques jours et il ne peut pas retarder cette course après la tempête de neige. Son fils a besoin de la médecine blanche. La maladie s’est aggravée. Le chaman a tout tenté, mais les pustules sur le visage de son garçon ont continué à augmenter.


Le vent froid souffle en bourrasque sur lui et son attelage. Il soulève la neige en grand voile blanc de poudrerie, lui piquant les yeux et le visage. Cette poudre blanche avale et cache son entourage, lui faisant perdre ses repères pendant parfois quelques minutes. Lorsqu’il les retrouve, il doit souvent corriger la direction des chiens. Ils connaissent la course aussi bien que lui, mais cette poudrerie les désoriente un peu. Voilà une nuit et une matinée qu’il court avec ses chiens, ne limitant les pauses qu’à quelques minutes pour prendre une bouchée de pemmican. Chaque bouchée lui rappelle ceux que lui préparait sa mère lorsqu'il était petit. Il raffole de ce mélange de gras, de caribou séché et de cassis sauvage, surtout le goût du cassis. C'est pourquoi on l'appelle Nikikomin, cassis sauvage. Nikki pour sa famille et ses amis.


Il devrait bientôt rejoindre l’embouchure de la rivière Waskaganish. Il doit porter attention, la glace est fragile à l’embouchure. Il doit tourner vers la rive pour l’éviter. Mais les chiens ralentissent puis s’arrêtent. Ils geignent et quelques-uns, dont Mika, se tournent vers lui. Nikki quitte son toboggan et s’approche avec précaution, la glace est peut-être fragile à cet endroit.


– Qu’est-ce qu’il y a, Mika ? Qu’est-ce qu’il y a, mon beau ?


Il s’approche du chien alors que celui-ci baisse le museau vers la glace. Il s’accroupit à ses côtés, tend la main au-devant et dégage la neige couvrant la glace. La neige est lourde et la glace est trempée. Une nappe d’eau recouvre la glace sous la couverture de neige. La Waskaganish n’est pas très loin. Il est temps de changer de cap.


Nikki se redresse et regarde vers l’est, vers où se trouverait le rivage de la baie. La tempête lui cache la forêt qu’il devrait y distinguer.


– Atihk, esprit du caribou, esprit de la forêt, montre-moi le chemin, murmure Nikki lorsqu'un voile blanc de poudrerie l'aveugle à nouveau pour un moment.


Puis, dans une bourrasque contraire, il y sent une odeur de fumée. Le village n’est pas loin. Il retourne à son toboggan et le tourne vers ce qu’il croit être la rive. Il prend une longe et se rend près de Mika.


– Allez, Mika ! Par ici, suis-moi. Émi, Paul, Mei ! Allez, allez ! Par ici ! Par ici !


Ils avancent lentement sur la glace couverte de neige. Par deux fois, il change à nouveau de direction lorsque ses bottes rencontrent la neige trempée sur la glace. Il s’est éloigné de la rive d’un peu plus qu’il ne l’a cru. Après plusieurs minutes, il distingue la silhouette floue de conifères. Rassuré, il reprend le pas de course et encourage ses chiens. Les conifères se précisent et il rejoint la rive de la baie. Il la longe jusqu’à ce qu’il trouve un accès parmi les conifères serrés. Ils peinent dans le sous-bois. Dans la neige, il tire le toboggan avec ses chiens. La course est plus lente, mais son ardeur est revigorée. Le poste de traite de l’Hudson Bay n’est plus loin. Sa destination est toute proche.


L’odeur de feu de bois est de plus en plus persistante, ce qui le convainc qu’il est sur la bonne voie. Les conifères s’amenuisent, faisant place à une terre en fardoches. Il aperçoit la silhouette basse de quelques bâtiments, le village de Waskaganish. Il est arrivé.


Il dépasse les quelques cabanes en clin de bois ou en bardeau, emmitouflées dans un manteau de neige. Ses chiens jappent en réponse aux chiens du village. Il ne croise personne d’autre pour l’accueillir. Tous sont au chaud, près d’un feu. Il arrive près du poste de traite et arrête ses chiens. Il les attache au poteau du télégraphe, porte la main à sa taille, fouille dans un sac orné de perles colorées et leur lance quelques morceaux de pemmican à grignoter. Ils le méritent bien, se dit-il. Il retourne au toboggan, y détache son bagage de peaux et le porte à son épaule. Les marches du poste sont couvertes de neige et il s’agrippe à la rampe pour les gravir avec son lourd fardeau. Bien qu’il s’agisse du bâtiment le plus imposant du village, le poste de l’Hudson Bay n’est qu’une plus grosse cabane que les autres. Elle est construite en clin de bois avec une grande galerie en devanture, une large porte solide et une grande fenêtre à carreaux de chaque côté de celle-ci. Sur le tympan, une longue enseigne indiquée Hudson Bay Company lui confère toute son importance dans ce coin de forêt.


Nikki s’avance à la porte, joue avec son verrou de bois et l’ouvre. Une réconfortante chaleur lui frappe le visage. Il entre prestement et referme derrière lui. Il se retourne, se secoue pour se défaire de la neige sur son caban et s’approche du comptoir.


– Eh bien, voilà pas, Nikki-touche-pas-à-mes-affaires ? Qu’est-ce qui te fait sortir par un temps pareil ? lui demande l’homme derrière le comptoir.


Sans rien dire, souffrant du surnom que les Blancs lui ont donné, Nikki dépose son fardeau sur le comptoir.


– Je veux natawihowin, dit-il.

– Je ne comprends pas, qu’est-ce que tu veux dire ?

– Fils être âhkosiwin. Besoin natawihowin blanc.

– Ton fils est malade, c'est ça ?

– Oui, être malade.

– Tu veux un remède, de la médecine blanche ?

– Oui, médecine blanche.

– Mais Nikki, ce n’est pas si simple… Ça dépend de la maladie. De quoi ton fils est malade ? Il a des picots sur la figure ?

– Oui, picots, misi-omikîwin, malade. Chaman jeune, chaman faible, pas guérir. Besoin médecine blanche.

– La petite vérole, ah misère… Je ne sais pas si je peux t’aider. Ça va te coûter cher.

– Regarde, Harald Thomson, takahkiwayan, belles peaux.


Nikki défait son bagage et lui montre ses peaux de castor.


– C’est bien des belles peaux. Combien en as-tu ?

– Regarde, Harald Thomson, mahkesisiwayan, peau renard blanc.

– Oui, oui, c’est bien, dit l’autre négligemment.


Mais Nikki a remarqué la manière dont la main de Thomson s’est lentement glissée sur les quatre peaux de renard. Les flattant et les caressant d’une façon précieuse.


– Dis-moi, Harald Thomson, combien médecine blanche.

– Eh bien, avec tes onze peaux de castor, ce n’est pas suffisant. Désolé, la médecine des Blancs, ça coûte cher.

– Et peaux renard ? Bonnes peaux, belles peaux.

– Oui, oui, elles sont belles, mais ici, ce qui nous intéresse, ce sont les peaux de castor.

– D’accord, Harald Thomson, moi aller Wapanoutauw, dit Nikki en remballant son bagage.

– Comment ? Tu veux partir de Rupert House et te rendre à Eastmain par ce temps ?

– Oui, médecine blanche.


Nikki reprend son bagage, le porte à son épaule et se dirige vers la porte. Thomson le regarde faire, les sourcils froncés.


– Allons, allons, Nikki. Ne te fâche pas. Reviens ici. Laisse-moi voir un peu plus ces peaux de renard.


Nikki s’arrête sur le pas de la porte, la main sur le verrou. Il reste en place pendant quelques minutes.


– Nikki, ne va pas à Eastmain. Il fait si mauvais dehors. Viens me montrer tes peaux, je crois qu’on peut s’entendre sur quelque chose.


Nikki relâche le verrou, se retourne et revient au comptoir.


– Très bien, alors montre-moi ces peaux encore une fois, lui demande Thomson.


Nikki défait son bagage et laisse Thomson manipuler les peaux.


– Oh, s’exclame Thomson, mais il y a quatre peaux de renard. J’ai cru n'en voir qu'une seule tantôt.

– Oui, quatre renards et onze castors, Harald Thomson. Grande valeur.

– Grande valeur, grande valeur, qu’est-ce que t’en sais, Nikki ? De ces temps, les peaux ont perdu de la valeur à Montréal. Ça vaut moins.

– Oui, mais beaux renards. Quatre, Harald Thomson, grande valeur, insiste Nikki en lui montrant quatre doigts.

– D’accord, d’accord. Alors je t’offre une bouteille de sirop pour guérir ton fils et une couverture quatre points.

– Non, Harald Thomson, beaux renards, médecine blanche, quatre couvertures quatre points et une livre de poudre noire.

– Ah, non, Nikki, tu demandes trop. Elles sont belles ces peaux, mais quand même.

– Oui, oui, belles peaux.


Thomson parcourt à nouveau les peaux de ses mains pendant plusieurs minutes. Le vent siffle au travers des carreaux des fenêtres et le feu crépite dans le poêle à bois. Nikki le regarde manipuler les peaux sans broncher.


– D’accord, Nikki, le sirop et trois couvertures quatre points. Mon offre est finale.

– Plus sîwihtâkan.

– Tu veux du sel en plus ?

– Harald Thomson veut belles peaux ?

– Oui, oui, je veux tes peaux, elles sont belles. D’accord, j’ajoute une poche de sel. C’est bon, tu es d’accord ?

– Oui, prends et donne-moi.


Nikki attache son précieux bagage bien serré sur son toboggan. Ses chiens sont tous couchés au sol, collés l’un sur l’autre. Il les détache du poteau et tourne son toboggan.


– Allez, Mika ! Chou, chou, Émi, Paul, Mei ! On retourne chez nous.


Les chiens se lèvent en aboyant, se mettent en position et sous les encouragements, ils avancent et tirent à nouveau le toboggan, plus léger cette fois-ci. Ils retrouvent leurs traces, un peu cachées par la neige, mais toujours visibles. Ils avancent vers la Baie-James.


Arrivés sur la glace, la neige s’arrête de tomber. La visibilité reste cependant difficile avec le vent et la poudrerie. Ils reprennent leur course sur la glace. Nikki sait que la course est longue et il est fatigué, mais il est ravivé. Il a avec lui la médecine blanche qui va sauver son fils. Et de bonnes couvertures pour faire de nouveaux cabans et protéger sa famille contre le froid. Avec entrain, il court aux côtés de son toboggan et encourage ses chiens.


Sa course prend le reste du jour et Nikki rejoint la rive de son campement au début de la nuit. La forêt est éclairée par le croissant de lune. Le contraste de la neige et des épinettes lui montre le chemin qu’il connaît si bien. Durant sa course, le ciel s’est dégagé et le vent est tombé. La neige est épaisse par endroit. Il arrête ses chiens, leur donne quelques morceaux de pemmican, puis va à son toboggan pour prendre et enfiler ses raquettes. Il prend la longe et va au-devant, avec les chiens. Il les appelle et tire le toboggan avec eux. Tantôt devant, tantôt derrière, il tire et pousse le toboggan à travers la forêt silencieuse. Il s’arrête parfois pour reprendre son souffle et avaler une poignée de neige.


C’est au milieu de la nuit qu’il arrive à son campement. Laissant ses chiens et son toboggan à l’abandon devant son tipi englouti sous la neige, il y pénètre sans attendre pour y retrouver son fils malade, la médecine blanche à la main. À l’intérieur, près de la couche de son fils, sa femme et sa sœur lui chantent son chant doucement et tendrement. Surprises de son arrivée, elles se tournent vers lui et le regardent, les yeux inquiets et puis soulagées.


– Enfin, te voilà, lui dit sa femme dans un soupir.

– Où étais-tu ? lui demande sa sœur avec reproche.


Nikki s'approche de sa femme, s'agenouille près d'elle et l'enlace tendrement. Sa sœur lui serre affectueusement l'épaule d'une main.


– Inaya, mon amour, je suis allé à Waskaganish.

– Tu es allé si loin dans cette tempête, tu es fou, Nikki, lui reproche sa sœur.


Nikki relâche son étreinte et se tourne vers sa sœur.


– Siwisiwin, petite sœur, un fou qui veut sauver son fils, lui répond tendrement Nikki.

– Mais comment aller à Waskaganish peut-il aider ton fils ? lui demande Siwisiwin.

– J'ai trouvé de la médecine blanche pour guérir notre fils, lui répond Nikki leur montrant fièrement la petite bouteille.

– De la médecine blanche, murmure Inaya stupéfaite.

– La médecine blanche et leur croix de bois ne sont que des mensonges du filou Wisakejak, lui explique Siwisiwin.

– Mais non, Siwisiwin, j'ai vu des hommes guérir avec la médecine blanche à Waskaganish et à Wapanoutauw. Ce n'est pas une tricherie de Wisakejak.

– Nous n’avons pas besoin de médecine blanche, lui dit fermement Inaya. Il nous faut le chaman, pas la médecine blanche.

– Ce sont les Blancs qui ont rendu ton fils malade, lui dit Siwisiwin. Comment est-ce que la médecine blanche peut alors guérir ton fils.

– Femmes ! leur dit Nikki. Je dois guérir mon fils ! Il ne doit pas mourir.


Il s'écarte d'Inaya et s’approche de la couche de son fils avec la petite bouteille à la main. Inaya s’interpose.


– Mari, tu ne dois pas offenser les chants et les rêves de notre chaman, lui dit-elle en saisissant son bras portant la bouteille.

– Je n’ai que faire de ce chaman, lui dit Nikki en se dégageant le bras de son emprise. Il est trop jeune. Il n’a pas de pouvoir, il est faible.


Nikki ouvre la petite bouteille. Il voit le visage de son fils couvert de pustules horribles qui le défigurent. Où se trouve son fils ? se demande-t-il en le voyant. Est-il encore là sous ces horreurs ?


– Ce chaman n’est pas aussi vénérable que l’était notre père, Nikki, lui dit sa sœur pendant qu’il hésite aux côtés de la couche du garçon. Mais il est notre chaman et lui seul peut montrer le chemin de guérison à ton fils. Lui montrer la voie des rêves pour qu’il revienne vers nous en santé.


Nikki ferme les yeux et doucement il soulève la tête de son fils.


– Mari, poursuit Inaya le suppliant en le voyant agir, tu ne dois pas lui donner de la médecine blanche, je t’en prie…


En soulevant sa tête, la bouche du garçon s’ouvre. Décidé, Nikki ouvre les yeux et, les sourcils froncés, lui verse un fin filet du sirop visqueux dans la bouche. Par réflexe, le garçon l’avale sous les regards inquiets et horrifiés des deux femmes. Nikki dépose lentement la tête de son fils. Et l’observe avec ardeur, espérant que ce visage déformé disparaisse pour revoir celui de son fils.


Après quelque temps, les paupières du garçon papillonnent. Puis il ouvre d’un fin fil les yeux. Nikki lui serre la main. Les deux femmes inspirent et s’approchent.


– Père, dit d’une voix faible le garçon.

– Fils, ne dis rien, lui dit Nikki. Garde tes forces pour guérir.

– Retrouve le chemin dans tes rêves, le supplie Inaya.

– Reviens à nous, ajoute Siwisiwin.


Le jeune garçon referme à nouveau les yeux et se rendort. Sa respiration est moins difficile et son visage semble plus paisible, moins crispé par la douleur. Nikki y voit un bon signe et se rassure. Il laisse son fils dormir et va près du brasier de la hutte. Il ravive le feu pour augmenter la chaleur et entame un chant. Inaya et Siwisiwin retournent près du garçon et reprennent aussi leur chant. Nikki ajoute des herbes au feu comme il a vu son père faire lors des cérémonies. Et bien qu’il ne soit pas un chaman comme l’a été son père, il a appris de lui en l’observant. Il espère ainsi que celui-ci pourrait se détourner de la chasse divine et venir l’aider à sauver la vie de son fils.


Le lever du jour est accompagné par les pleurs des deux femmes. Le jeune garçon n’a pas survécu à la nuit. Son souffle s’est éteint tôt, tout juste avant l’aurore. À l’extérieur de son tipi, Nikki regarde le soleil se pointer au travers des épinettes. Les larmes aux yeux, sans aucune honte de les laisser couler sur ses joues, il regarde la lente course du soleil au-dessus de la forêt.


– J’ai échoué à sauver la vie de mon fils, murmure-t-il. Ou je l’ai tué avec la médecine blanche. J'ai été berné par Wisakejak, le filou.


Après plusieurs minutes à observer la course du soleil, il se secoue. Il rapatrie son équipement, enfile ses raquettes. Puis sans dire un mot à quiconque, il laisse dernière lui le campement et s’enfonce dans la forêt pour s’y perdre à jamais. Ce jour-là, le campement perdit un fils très aimé et un vaillant chasseur.



 
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   socque   
7/1/2022
 a aimé ce texte 
Bien ↑
J'ai trouvé l'histoire prenante même si, sans vouloir faire une astuce facile, la fin révélant l'inefficacité du remède était écrite : une bouteille de sirop n'a jamais soigné la variole. En tout cas, l'ambiance m'a paru fort bien rendue, les personnages crédibles, l'ensemble dégage pour moi un parfum d'authenticité sauf peut-être le suicide de Nikki à la fin ; j'ai le sentiment (ce n'est que cela, un sentiment) que, dans une société rude comme celle des Indiens au Canada durant le dix-neuvième siècle (c'est bien l'époque du récit ?), la mort prématurée représente quelque chose de moins exceptionnel que dans nos sociétés occidentales, et qu'en conséquence elle est mieux gérée socialement, justement pour prévenir les suicides de membres indispensables. D'un autre côté, la présence délétère des Blancs induit un déséquilibre, peut-être un début de désagrégation sociale… Bref, je ne sais pas ; peut-être évoquer cet aspect précis à la fin ?

Une mention pour la scène révoltante au comptoir de peaux du village !

   Marite   
7/1/2022
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Une très belle histoire qui tient en haleine tout au long du périple d'un père pour trouver la "médecine blanche" censée guérir son fils. A chaque traversée sur la glace, j'ai craint qu'un drame se produise et que, soit Nikki se perde dans le brouillard glacé, soit le chariot avec son chargement de peaux ou quelques chiens tombent sous la glace. La conclusion est tout à l'honneur du vaillant chasseur qui se sent seul coupable et ne peut se résoudre à affronter son épouse et sa soeur après le décès de son fils.

   Donaldo75   
20/1/2022
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Une histoire comme j'en lisais quand j'étais enfant dans la plume de James Oliver Curwood, voici ma première impression de lecture. Le thème est bien traité et toutes les contraintes du concours semblent respectées. La narration est dans l'esprit de ces romans sur le Grand Nord et le décor est très bien planté. L'histoire en elle-même est intéressante entre culture native et médecine blanche, entre les croyances ancestrales et l'arrivée de la civilisation européenne. Les dialogues tiennent la route, surtout sur la fin, j'ai eu l'impression de voir le film. Oui, c'est une nouvelle réellement prenante et j'ai eu du mal pour le père car j'aurais voulu que son enfant guérisse, preuve que je suis rentré à fond dans l'histoire et que les personnages ont été suffisamment incarnés pour provoquer mon empathie de lecteur.

   wancyrs   
8/2/2022
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Voila un texte comme je les aime : original et réaliste. Vivant au Québec, le paysage m'a paru familier, et je tire mon chapeau a l'auteur qui a su construire l'ambiance algonquine dans ce recit.
Un enfant mort de la petite vérole ; un autre ! La rencontre entre le peuple occidental et indien d'Amerique du Nord a fait des ravages ; lorsque les natifs ne se faisaient pas tuer parce qu'ils protégeaient leurs patrimoines, ils mouraient comme des mouches par ces maladies importées...
La fin du texte est triste, mais représente bien la notion d'honneur chez les peuples indiens d'Amérique.

Quant a l'écriture, elle est belle et fluide ; simple aussi, sans fioritures : on se laisse emporter par cette plume.

Merci pour ce partage.

Wan

   Pepito   
15/2/2022
Une bonne écriture, émaillée d’expressions sympathiques (et locales, je suppose).

« – Allez, Mika ! Chou, chou, Émi, Paul, Mei ! Allez, allez ! Chou, chou ! » … excellent, utiliser les prénoms du concours pour les toutous est une très bonne idée !
« poudrerie »… j’ai tilté, mais je suppose que c’est un terme utilisé là-bas…
« cache son entourage, »… les alentours, non, plutôt ?
"perdre ses repères" "Lorsqu’il les retrouve"… l’impression qu’ils étaient tombé dans la neige.
« prendre une bouchée de pemmican. Chaque bouchée »… ch’tite repet.
Je connaissais pas « Fardoches », là c’est sûr, on est au Canada. ^^

Donner du pemmican à la myrtille à des chiens de traineaux, hmm, hmm… Jack London ne m’avait pas tout dit.
J’ai beaucoup aimé le passage de la traversée de la glace qui commence à fondre. L’angoisse mêlée à l’urgence et les choix qui en découlent. Bien rendu.
J’ai aussi bien aimé que Nikki, garde la tête sur les épaules, malgré son inquiétude, et ne lâche pas si facilement face au gars du comptoir. Même si on comprend qu’au final il s’est fait avoir par Wisakejak.

Les reproches à son retour ne m’ont semblé pas naturel. Quand on a un enfant malade on est prêt à tout. Même à aller à Lourdes, c’est dire. J’imagine que le contraire doit être vrai.
Ajouter à la peine de perdre un enfant, la perte d’un chasseur, ne me semble pas trop crédible. Quand on survit les premières années dans un monde hostile, on ne se laisse pas aller de cette façon face à un (nouveau) coup du sort.
Sinon, j’ai bien aimé ce texte, avec ces multiples aspects de luttes (nature, humain) sur un fond de quête qui nous touche tous. Une bonne lecture.

Bonne chance pour le concours. Là, on est en plein dans le thème.

Pepito

   Luz   
16/2/2022
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour,

Un récit sur l'hiver, au 19ème siècle, j'imagine. On ressent un peu la même atmosphère que dans les romans de Jack London, par exemple.

A la fin, je m'attendais vraiment à ce que le père aille régler son compte au marchand de médecine blanche, le suicide apparaît peu vraisemblable, à mon avis.
Merci pour cette belle lecture du grand froid.

   aldenor   
16/2/2022
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Une légende un peu déroutante. Un homme tente de sauver son fils malade. La médecine indigène échoue : « Le chaman a tout tenté » lit-on. Pourtant en fin de récit sa femme et sa fille semblent faire encore confiance aux pouvoirs du chaman…
Il se tourne vers la « médecine blanche », qui échoue à son tour. Encore que, il soit peut-être tombé sur un filou...
Mais en somme il a donc fait tout son possible. Pourquoi se tient-il pour responsable du drame ?
Bref. L’essentiel reste une richesse de détails et d’informations sur ces peuples du grand nord américain, de belles descriptions, en particulier les périples effrénés dans la neige et une plongée dans la dureté de la vie.

   Vilmon   
30/6/2022
Bonjour,
Pour remerciements et explications :
Clic !
Vilmon


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