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Fantastique/Merveilleux
YvanDemandeul :  Rencontre fortuite
 Publié le 30/04/17  -  9 commentaires  -  16851 caractères  -  153 lectures    Autres textes du même auteur

Le hasard des rencontres réserve, parfois, des surprises inattendues...


Rencontre fortuite


À l'aube des années cinquante, par un maussade après-midi d'automne, Jacques Roussel cheminait à travers la campagne normande, à environ trois kilomètres de la très sympathique petite auberge, nommée "La Pommeraie", dans laquelle il avait décidé de s'installer pour quelques jours. Les yeux mi-clos, il digérait, voluptueusement, le repas de midi composé de mets locaux : de l'andouille de Vire, un canardeau rôti au sang et sa jardinière de légumes, une bonne part de neufchâtel à la croûte fleurie, accompagnée d'un délicieux pain aux noix et en dessert, des mirlitons, ces fameuses tartelettes garnies de crème, au goût d’amande et de fleur d’oranger. Ce festin avait été copieusement arrosé de cidre et s'était achevé par la lente dégustation, en faisant claquer à maintes reprises la langue sur le palais, d'un remarquable et vieux calvados de vingt ans d'âge, offert par le patron.


Soudain, le souffle du vent, qui se levait, le fit émerger de son agréable torpeur. Un énorme et solide continent de nuages surgit à l'horizon. Des cumulus, d’un noir d’encre, envahirent rapidement le ciel. La menace était expresse et imminente. La pluie finit par tomber, à torrents, pénétrante et glacée. En frissonnant, Roussel cherchait désespérément un abri lorsqu'il aperçut une grande bâtisse, aux murs de briques rouges, surmontée d'un toit d'ardoise. La maison paraissait enveloppée par l'obscurité comme si elle cherchait à se dissimuler sous les vieux arbres tordus, penchés au-dessus d'elle. Il franchit une barrière et traversa un jardin au sol couvert de mauvaises herbes. Une série de coups, donnés sur la porte d'entrée et des appels répétés restèrent sans réponse. Aucun signe d'une présence quelconque ne se manifesta... Tous les volets étaient clos, à l'exception d'un seul. Poussant la fenêtre qui ne résista pas longtemps, il pénétra à l'intérieur d'une vaste pièce et fut saisi par l'odeur fade de moisi des lieux anciens. Dans une pénombre grisâtre, on distinguait un grand poêle cerné par trois chaises en bois sculpté. Le long des murs, se détachaient les silhouettes baroques de quelques commodes et bahuts. Il chercha vainement un interrupteur. Sur un guéridon, il finit par trouver, en tâtonnant quelque peu, un chandelier pourvu de quatre bougies à moitié consumées. Son briquet qui se trouvait, près sa pipe, dans l'une des poches de sa veste permit de les allumer. La pluie redoublait d'intensité. Il s'installa dans un confortable canapé, recouvert de velours nacarat, en attendant des conditions plus clémentes pour sortir. Soudain, probablement à cause d'une violente bourrasque, le volet, qui était resté ouvert, se ferma bruyamment. Surpris par l'événement, Roussel essaya, plusieurs fois, de pousser les vantaux, mais sans succès. Ils étaient, étrangement, définitivement coincés. Les autres volets semblaient scellés, la rouille empêchant tout mouvement des systèmes d'ouverture. Les deux énormes serrures de la lourde porte de chêne, fermées à double tour, bloquaient la sortie.


Alors qu'il cherchait un moyen de s'échapper de cette ratière, de légers bruits de pas lents et traînants se firent entendre à travers le plancher, au premier étage de la maison... "Il y a finalement quelqu'un ici ! Il faut tout de même que je le prévienne de ma présence !" se dit-il. Saisissant fermement le chandelier, Roussel passa par une grande ouverture qui donnait sur un escalier hélicoïdal en bois poli. Il l'emprunta, soulagé de pouvoir enfin rencontrer le propriétaire des lieux.


L'immense grenier qu'il traversa, en essayant de voir aussi loin que le permettait la lueur vacillante des chandelles, semblait s'étendre sur toute la longueur de la construction. La charpente évoquait la forme d'une coque de bateau renversée. Des petites lucarnes poussiéreuses ne laissaient passer que très peu de lumière. Malgré ses recherches, dans un mélange de meubles, de sculptures, de vaisselle, de malles de toutes tailles et de toiles anciennes, il ne trouva aucune âme qui vive. Il fit demi-tour et marcha vers l'escalier lorsqu'il entendit, à nouveau, ces bruits de pas identiques à ceux qu'il avait perçus dans le salon. Il se dirigea, avec appréhension, vers l'endroit d'où venait le son.


Brusquement, des griffes agrippèrent ses cheveux ! Il se débattit énergiquement et finit par repousser la chose qui l'avait agressé. À une courte distance, il distingua alors une paire d'yeux phosphorescents qui le regardait fixement tandis qu'un cri sinistre se faisait entendre. Heureusement, il ne s'agissait que d'un rapace nocturne, vraisemblablement un hibou, qui avait trouvé refuge en ces lieux. L'oiseau prit son envol, monta vers les hauteurs et disparut dans les ténèbres. Roussel qui, par chance, n'était pas blessé, se remit rapidement de ses émotions et regagna le rez-de-chaussée.


Son sang ne fit qu'un tour lorsqu'il entendit, à l'autre bout du grand salon, le long grincement d'une porte s'ouvrant lentement. Une grande dame vêtue de blanc, au visage à moitié voilé, se présenta alors devant lui.


– Que cherchez-vous ici, monsieur ? Qui vous a permis d'entrer dans ma demeure ? lui dit-elle, d'une douce et douloureuse voix.

– Je... je vous prie de bien vouloir me pardonner cette intrusion ! J'ai frappé à votre porte car je... je cherchais à m'abriter de la pluie. Mais n'entendant personne et commençant à grelotter, je suis tout de même entré car j'avais vraiment très froid !

– Je comprends... Il ne s'agit donc pas d'un cambriolage ! Puis-je savoir qui vous êtes ?

– Je me nomme Jacques Roussel. J'exerce le métier de marchand de tableaux et possède ma propre galerie d'art à Paris. J'ai fait l'acquisition, hier, d'une série de toiles d'artistes de Rouen et de sa région. Je désire rester encore une journée dans ce magnifique pays de Caux afin d'admirer, avant de regagner la capitale, les remarquables paysages de la vallée de la Seine qui ont inspiré tant de peintres impressionnistes.

– Il est vrai que cet endroit est superbe. Votre profession doit être fort intéressante ! De plus, vous semblez être un honnête homme ! Je suis la marquise Edmée de Fransac. Vous voici désormais, à cause de ces fâcheuses circonstances météorologiques, mon hôte ! Vous allez allumer, si vous le voulez bien, ce poêle à bois qui vous permettra de vous sécher et de vous réchauffer. Il y a quelques bûches à votre disposition juste à côté. Vous trouverez, dans l'armoire proche, des bougies et des chandeliers que vous aurez l'obligeance de disposer à divers endroits de cette salle qui manque de clarté. Prendrez-vous un thé ?

– Volontiers ! Merci infiniment, madame !

– Je vais en profiter pour me changer afin d'être plus présentable car les vêtements de nuit que je porte sont un peu succincts et ne conviennent pas du tout aux circonstances. C'est vous qui m'avez tirée de mon profond sommeil de belle au bois dormant ! Installez-vous sur le canapé rouge. Je me rends dans ma chambre avant de préparer le thé moi-même car je n'ai plus de camériste ni de cuisinière. À bientôt !


Grâce aux petits fagots de brindilles sèches qu'il trouva à côté des bûches, Roussel n'eut aucun mal à faire partir le feu. Au bout de quelques minutes, la température de la pièce commença à devenir agréable et il se sentit revigoré. Tout allait pour le mieux ! Il s'affala sur le sofa et attendit avec impatience le retour de la marquise. Il se réjouit, en même temps, de la chance qu'il avait d'avoir rencontré une personne aussi accueillante. Cependant, un petit détail le gênait : en raison de la faible luminosité, le visage de cette créature longiligne, à la démarche souple et parfaitement silencieuse, lui était encore inconnu.


Un quart d'heure plus tard, le thé n'étant pas encore servi, Roussel, trouvant le temps long, franchit discrètement la porte par laquelle la dame était passée. Il parcourut un couloir qui menait sans doute aux chambres de la maison. Sur l'un des murs, un tableau captiva immédiatement son attention. Il représentait une jeune femme, à la tournure très svelte, vêtue d'une magnifique robe bleue. Son visage, dont la beauté évoquait celle des déesses des temps antiques, était d'une forme parfaite. Ses cheveux blonds coulaient sur ses tempes comme deux cascades dorées. L'exceptionnelle vivacité de son regard, aux prunelles vert de mer qui semblaient animées, donnait l'impression qu'elle était vivante. La grande pièce, baignée de lumière, dans laquelle elle se tenait, s'ouvrait sur un magnifique jardin multicolore, abondamment fleuri, comme dans les toiles de Pierre Bonnard. Alors qu'il admirait ce qu'il considérait comme un chef-d'œuvre, un bref et violent courant d'air froid éteignit les bougies qu'il tenait. Désorienté, il fit quelques pas vers l'avant en palpant les murs. Il sentit alors un frôlement derrière lui mais ne s'alarma pas. Alors qu'il tâtonnait fébrilement le fond de ses poches, à la recherche de son briquet, un autre mouvement, presque indistinct, lui fit passer un singulier petit frisson désagréable sur la peau. Il sursauta lorsqu'il entendit un éclat de rire, poussé près son épaule. En rallumant les chandelles, il aperçut, derrière lui, la marquise qui l'observait avec attention. Il voyait, pour la première fois, l'intégralité de ses superbes traits. La femme à la robe bleue du tableau, c'était elle ! Et cette robe azur qu'elle portait ! Exactement la même !


– Vous n'avez pas eu la patience de m'attendre ? Il est vrai que j'ai été un peu longue à m'apprêter, mais je l'ai fait pour vous honorer, mon prince !

– Mon prince ! Vous me flattez, madame ! Je ne suis qu'un simple commerçant, gagnant bien sa vie, certes, mais sans aucun titre de noblesse !

– Voulez-vous bien vous donner la peine de retourner au salon ? Je vais vous préparer le thé promis ! dit-elle aimablement, en s'évanouissant dans l'obscurité du couloir qui menait sans doute à la cuisine.


Quelques minutes plus tard, il admira, en connaisseur, le magnifique service du dix-huitième siècle, en faïence rouennaise, que madame de Fransac avait disposé sur un plateau d'argent. Elle le plaça sur une table basse et versa soigneusement le thé dans les tasses. Les délicats parfums de la cardamome, du girofle et de la rose, émanant du liquide doré, flattaient l'odorat de l'homme qui ne dissimulait guère son extase. La marquise s'installa dans un confortable fauteuil, face à lui.


– Vous arrivez à point nommé, monsieur ! Je dois vous avouer que je suis encore célibataire ! Vous m'avez l'air d'être un beau parti ! Vous siérait-il de me prendre pour épouse ? demanda-t-elle avec un petit sourire charmant.

– J'avoue, madame, que... je ne m'attendais pas du tout à ce genre de proposition de votre part et... je crains fort, madame, de... de ne pas pouvoir satisfaire votre demande. Je... je suis, hélas... pour vous, déjà marié ! déclara Jacques en avalant son thé de travers.

– Je vais maintenant vous narrer mon histoire, dit-elle alors que son magnifique regard se voilait de tristesse. Ne m'interrompez point, je vous en conjure, avant que je l'aie terminée ! J'ai connu un homme qui avait fait le serment de m'épouser et dont j'étais éperdument éprise. Il m'a offert les bijoux les plus précieux, des toilettes aux étoffes somptueuses, conviée à de multiples spectacles, fait découvrir les meilleures tables et accompagnée dans d'exotiques voyages. Après un an d'une félicité surhumaine et d'une passion inapaisée, j'ai appris par hasard qu'il était marié et père de trois enfants ! Rongée par la douleur et ne supportant pas cet odieux mensonge, je n'ai pas hésité à mettre fin à mes jours, ici, chez moi. Voilà cinquante-cinq années que je suis morte, monsieur ! Mais lorsque je perçois la chaleur d'une présence masculine et s'il n'y a personne pour me surprendre, je sors du cadre de mon portrait que vous avez pu admirer sur le mur du couloir et je renais miraculeusement à la vie pour quelques temps. Est-ce une grâce divine ? Je l'ignore moi-même ! Profitons-en tous les deux ! Restez-ici avec moi, je vous en supplie, avant que je ne disparaisse encore ! Laissez-moi croire que nous allons pouvoir nous aimer ! Saisissez cette occasion unique ! À moi votre corps ! À moi votre âme ! Jacques, vous m'appartenez désormais ! Tant que le sang coulera dans vos veines ! De toute façon, vous ne pourrez plus me quitter, mon cher Jacques, vous savez parfaitement que toutes les issues sont bloquées !


Le brave commerçant, absolument cartésien, ne crut pas un seul mot de l'étrange discours à propos du suicide et du tableau. Il en conclut, promptement, que la pauvre Edmée de Fransac avait définitivement sombré dans la démence, sans doute en raison de ses déboires sentimentaux ! Il tenta, malgré tout, de conserver son flegme et se demanda par quel moyen il lui serait possible de quitter ces lieux, afin de mettre fin à cette situation qui était devenue, subitement, extrêmement désagréable !


Les yeux glauques de la marquise fixaient, maintenant, constamment les siens, tels ceux d'une vipère en chasse. Il essaya de ne pas les voir mais n'avait pas la force de les éviter car ils étaient, semble-t-il, dotés d'un intense pouvoir hypnotique ! À sa grande surprise, toute tentative de mouvement était, désormais, absolument impossible ! Il se sentait pétrifié ! La femme se leva lentement, agrippa de ses doigts glacés les mains de Roussel et posa ses lèvres froides sur les siennes. Puis elle laissa échapper un profond soupir et soudain, son visage se transforma. Ses paupières se fermèrent lentement et ses joues commencèrent à s'affaisser. Sa peau fondit puis coula comme de la peinture fraîche, sur ses épaules, avant d'atterrir sur le parquet ! Ses cheveux suivirent, tombant par touffes. Puis, son crâne apparut et il ne resta de son visage que des prunelles ternes et creuses qui le dévisageaient ! Roussel eut du mal à retrouver son souffle tant il avait la gorge serrée par l'effroi !


L'infortuné prisonnier réussit, difficilement, à détourner son regard de ce squelette vivant ! Une puissante odeur de putréfaction flottait, à présent, dans l'air ambiant ! Au prix d'un violent effort, Roussel parvint à se mettre debout et finit par se libérer de cette emprise maléfique. Il prit rapidement de la distance. En passant près d'une cuirasse médiévale, cernée d'armes diverses, il repéra une hache de guerre avec laquelle il entreprit, sans perdre une seule seconde, de défoncer une persienne. Les coups portés furent si efficaces qu'elle ne résista pas longtemps ! Alors que l'être terrifiant se rapprochait inexorablement de lui, tendant ses bras décharnés et visiblement déterminé à le happer, le fugitif bondit, tel un félin traqué, par l'ouverture, traversa prestement le jardin et sauta par-dessus la barrière.


La pluie avait presque cessé et le jour déclinait. En courant le plus vite qu'il put, Roussel regagna l'auberge et se précipita vers sa chambre. Lorsqu'il y pénétra, hors d'haleine et au bord de la crise cardiaque, il ferma la porte à double tour et se barricada avec des meubles. La peur l'étreignant comme un étau, il passa une nuit blanche, sans cesse aux aguets et sursautant pour le moindre bruit. Au petit matin, en réglant sa note, il demanda à l'aubergiste :


– Que savez-vous à propos de la maison isolée située près de la route de Caudebec ?

– La grande baraque en briques rouges ?

– Tout à fait !

– Elle est inhabitée depuis plus de cinquante ans ! Les propriétaires sont les descendants de la famille de Fransac, bien ancrée dans la région depuis des siècles. Ils y ont entreposé de nombreuses œuvres d'art qu'ils vendent, régulièrement, en raison de quelques problèmes financiers ! Cela peut sans doute vous intéresser, vu votre boulot !

– Oh! Non, merci ! J'ai d'ailleurs un stock d'achats récents à ramener chez moi. Au plaisir, cher monsieur !


Roussel grimpa dans sa Peugeot 203 et fonça sur Paris. Lorsqu'il retrouva sa famille, il se garda bien de raconter ce qu'il lui était arrivé. La singularité de son aventure fit qu'il se détermina d'ailleurs à n'en parler, également, à aucun de ses amis, ne pouvant espérer qu'une circonstance aussi étrange obtînt le moindre crédit.


Environ un an plus tard, sa femme, qui exerçait la même profession que lui, fit l'acquisition, au cours d'une vente aux enchères, dans la région de Rouen, d'une série de portraits anciens. Elle les rangea soigneusement dans le grenier de sa villa avec l'espoir de les négocier, à un prix intéressant, dès que le marché des peintres du dix-neuvième siècle se montrerait un peu plus favorable. Elle était tombée sous le charme d'une pièce parfaitement conservée : une toile qui représentait une jolie jeune femme vêtue d'une robe bleue. L'exceptionnelle vivacité de son regard, aux prunelles vert de mer qui semblaient animées, donnait l'impression qu'elle était vivante...


 
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   Anonyme   
3/4/2017
 a aimé ce texte 
Bien
Une histoire originale, deux tons d'écriture pour le marchand d'art et le fantôme et une chute aux p'tits oignions dirais-je. J'ai bien apprécié ma lecture. Quant à la forme je pense qu'elle aurait besoin d'être allégée, que beaucoup de virgules pourraient être supprimées ainsi que quelques que "que", "qui.
Je vous donne quelques exemples : "une grande bâtisse, aux murs de briques rouges, surmontée d'un toit d'ardoise." je n'aurais pas mis de virgules.
-"Une série de coups, donnés sur la porte d'entrée et des appels répétés restèrent sans réponse." Il faut faire plus court, c'est lourd, "les coups donnés sur la porte d'entrée et les appels répétés" me semble plus léger. Idem pour "Aucun signe d'une présence quelconque ne se manifesta", ne se manifesta est en trop "A présent dans l'air ambiant," c'est en trop aussi.
J'espère que mes remarques vous intéresseront.
Merci pour ce moment de lecture.

   Tadiou   
30/4/2017
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
(Lu et commenté en EL)

Quelle belle écriture, succulente, sentant bon, fleurant bon, haute en couleurs, avec canardeau, Neufchâtel à la croûte fleurie, vieux calvados de vingt ans, magnifique service du dix-huitième siècle en faïence rouennaise, délicats parfums de la cardamome, du girofle et de la rose….

Tous nos sens sont mis en éveil !!!! Y compris négativement avec « Une puissante odeur de putréfaction »

Le narrateur nous fait passer avec habileté et délicatesse du merveilleux à l’effroi, avec le squelette vivant, l’être terrifiant aux bras décharnés. La magie du passage de la Marquise à la dame du tableau est séduisante et charmante.

Le lecteur apprécie le changement d’ambiance avec le retour dans le « réel », c’est-à-dire à l’extérieur du château puis à l’auberge.

La fin est délicieuse avec la découverte d’une « toile qui représentait une jolie jeune femme vêtue d'une robe bleue. » : la boucle est bouclée.

Et on retombe dans l’entre-deux : vivant/mort : " L'exceptionnelle vivacité de son regard, aux prunelles vert de mer qui semblaient animées, donnait l'impression qu'elle était vivante... "

Les paysages, la pluie, le vent… ne sont pas oubliés.

MAGNIFIQUE !!!

   socque   
9/4/2017
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Une histoire de fantôme parfaitement classique, qui annonce d'ailleurs d'emblée la couleur, avec un ton un peu archaïque à mon goût (le parler de Roussel ne fait pas très vingtième siècle, je trouve), mais aussi des détails sympas comme la transformation de la belle en squelette genre Poe ou tout l'environnement normand qui, lui, fleure son Maupassant... À la fin, comme il se doit, on boucle avec le retour discret (et quelque peu artificiel pour moi) de la menace.

Bref, j'ai passé un bon moment surtout grâce à l'écriture affirmée ; un peu trop sage pour moi (je pense à la description du portrait qui manque à mes yeux de twist et se montre chargée en adjectifs pour évoquer le merveilleux), mais soignée.

   Solal   
30/4/2017
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour Yvan.

Un texte de fantôme classique mais efficace.
J'apprécie le ton, légèrement suranné, que vous utilisez dans ce récit.
Il donne une patine à l"histoire ce qui favorise l'immersion.
Après, concernant le fond, on retrouve, le gentil commerçant innocent et malchanceux, le portrait étrangement vivant, la vieille femme éconduite et amère, le squelette terrifiant et nauséabond...
Rien ne manque, les codes sont bien (trop) respectés. Il manque peu être un brin de folie, un petit quelque chose qui sublimerait le genre.

Bien à vous.
Solal

   hersen   
30/4/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Incontestablement, ce texte a la saveur d'un siècle passé.

j'ai apprécié l'écriture, même si quelquefois un peu trop appesantie dans la description. Mais l'ambiance est bien posée.

par contre, il est vrai que l'on oublie d'avoir peur, ou d'être soi-même imprégné de l'horreur de cette rencontre car, finalement, il n'y a, pour mon goût, pas assez, non pas de modernité, mais de surprise; j'ai lu, au fil du texte, plus ou moins ce que j'en attendais.

Être surprise m'aurait bien plus. Et peut-être utiliser une situation plus en rapport avec notre siècle, je veux dire une situation qui n'aurait pu exister il y a un siècle, comme ces marchands d'art.

mais je reconnais que dans ce registre, l'auteur s'en sort fort bien.

Merci de cette lecture,

hersen

   Pou   
1/5/2017
 a aimé ce texte 
Bien ↓
Je tiens à souligner l'utilisation du vocabulaire travaillé. Elle a grandement fortifié mon appréciation de cette lecture.

Malheureusement, j'ai été lassé par l'utilisation de certains marqueurs de temps tels que "Soudain" et "Brusquement". Leurs emplacements dans la nouvelle ont limité ma surprise des éléments et m'ont contraint à anticiper l'arrivée d'un moment important.

J'ai été interpellé par la noblesse des dialogues. Les personnages croisent des valeurs morales et sombres qui façonnent l'âme.

Je suis curieux de voir ce que vous pourriez faire avec une structure de texte plus aisée. Bravo !

   plumette   
1/5/2017
 a aimé ce texte 
Bien
cette histoire venue d'un autre temps a son charme.

Elle est centrée sur la rencontre entre cet homme , amateur d'art et de bonne chère tout à fait cartésien, et le fantôme de la marquise, surgi d'un tableau et réanimée par une présence masculine.

j'ai bien aimé que le fantôme soit la femme du tableau, j'ai aimé aussi les apparences successives de la marquise.

Alors qu'il y a dans cette nouvelle toutes sortes d'ingrédients destinés à glacer le sang,je n'ai pas eu vraiment peur, tout comme Roussel qui se remet bien vite de ses émotions me semble-t-il ( cf l'épisode du hibou, les frôlements et même de la première apparition de la marquise)

Et puis je n'ai pas vraiment pu accrocher avec les dialogues , pas tant à cause du vocabulaire qui me semble bien en rapport avec l'ambiance, mais plutôt en raison de la longueur des phrases, du manque d'oralité.

Un agréable moment de lecture tout de même,

Plumette

   Anonyme   
2/5/2017
 a aimé ce texte 
Passionnément
Bonsoir,

Bravo pour l'écriture, l'ambiance si bien donnée à voir et ressentir.
Je suis tout de suite rentrée dans l'histoire et j'ai beaucoup apprécié la chute !

Concernant la ponctutation, il me semble qu'il faudrait revoir l'utilisation des virgules, trop nombreuses je pense.

"il finit par se libérer de cette emprise maléfique. Il prit rapidement de la distance." Il me semble qu'il y aurait eu plus de tension, de suspens, si cette idée de se libérer de l'emprise avait fait l'objet non pas du constat " finit par se libérer del'emprise" "prendre de la distance" mais d'un développement du comment il a réussi à s'en libérer et peut-être pas trop facilement avant de s'enfuir.

" Je me nomme Jacques Roussel. J'exerce le métier de marchand de tableaux et possède ma propre galerie d'art à Paris. J'ai fait l'acquisition, hier, d'une série de toiles d'artistes de Rouen et de sa région. Je désire rester encore une journée dans ce magnifique pays de Caux afin d'admirer..." Beaucoup de "je" en début de phrase, "J'ai fait l'acquisition, hier...", peut-être dans cette phrase, placer hier en début de phrase.

C'est une deuxième nouvelle sur Oniris, je sens une plume pour la forme et un univers très personnel sur le fond :BRAVO !

Nadine

   Thimul   
5/5/2017
 a aimé ce texte 
Bien
Une bonne histoire bien construite.
Le personnage fantôme est très bon.
J'ai plus de mal avec les émotions du personnage masculin.
Dans ce genre de récit le personnage devrait ressentir une inquiétude et un malaise progressif qui devrait se terminer par la pure terreur de la décomposition du fantôme.
Personnellement je n'ai pas ressenti les émotions que devraient ressentir Roussel et c'est ce décalage là m'a empêché de me plonger totalement dans l'histoire.
Au total je trouve le résultat plutôt bon même si le côté émotionnel du récit pourrait être amélioré.
Merci en tout cas pour ce texte


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