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Poésie libre
Aconcagua : Les gueux
 Publié le 31/01/19  -  11 commentaires  -  1870 caractères  -  162 lectures    Autres textes du même auteur

Une image poétique des Gilets Jaunes.


Les gueux



Le ciel faisait ses gammes chromatiques
dans des glissements de magma généreux
il se penchait avec tendresse
sur les clameurs de Paris
qui affichait sa révolte
Les voitures s’embrasaient
comme des boutons d’or
dans l’herbe noire des ruelles
Les clameurs flottaient en bouquets de désespoir
portées à bras le cœur
par les gueux
les méprisés
les invendus
par les réfractaires
les illettrés
les fainéants
les cyniques
portées par la foule en gilet de lumière
comme un bonheur à la boutonnière
Le roi se cachait dans ses dorures sucrées
le roi répétait sa divine comédie
devant ses vassaux fantômes
Le roi accrochait un rictus de compassion
dans l’épaisseur des maquillages
trop blêmes pour être heureux
Le roi cachait mal sa nudité
sous ses oripeaux de suffisance masquée
et ses menaces pleines de tumeurs assassines
Dehors on jouait à la chasse à courre
La meute des loups noirs
crachait ses venins de gaz
et ses balles qui embrasaient les corps
dans des douleurs de fin du monde
Le tableau était d’une beauté sinistre
dix morts
trois mille blessés
trois mille embastillés
cent cinquante enfants humiliés
Mais partout en France des crocus d’espoir
avaient poussé sous l’ivresse des cabanes
Les gueux portaient haut le jaune
ils fleurissaient les ronds-points
comme les premières jonquilles
ils parlaient à n’en plus dormir
ils avaient le respect perché dans les yeux
ils dessinaient l’avenir
sur le papier blanc des solidarités
effaçant les rides bien mal acquises
dans les gerçures de pauvreté
Les gueux avaient la vie au bout des lèvres
la renaissance comme un bijou
dans le luxe des mots de cœur


 
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   lucilius   
14/1/2019
 a aimé ce texte 
Un peu
Les gilets jaunes étant d'actualité durable, font couler beaucoup d'encre. Ici, c'est donc une jacquerie des croquants actualisée que l'on nous propose. Autant j'aime la version parue dans "Plume de poète", autant celle-ci m'indiffère. Et je trouve très maladroit cette signature permettant l'identification.
Au final, deux textes sur le même sujet avec deux titres différents : "la résistance des gueux" pour le premier et "les gueux" pour le second qui, je le répète, est pour moi de bien moins bonne facture.

   BlaseSaintLuc   
19/1/2019
 a aimé ce texte 
Un peu
c'est bien plus poétique qu'un autre texte lu il y a peu, bien-sur la vérité est toujours entre deux gouttes d'eau, le partis pris est assumé, dommage que le côté lecture à l'aveugle n'est pas respecté (puisque le texte est signé ) .
C'est pratique d'attribuer des morts aux autres, plutôt qu'a sois même, mais laissons les morts en paix, ils ne méritent pas qu'on livre leurs dépouilles à ce genre de manipulation.
Poétiser sur ce problème complexe me parait prématuré .

le tout est plutôt bien écrit c'est vrai.


Ps : il n'y a pas de roi en république, n'oublions pas la démocratie.
Le poète oublis facilement les casseurs dans sa cohorte ,la rue ne porte pas que la révolte , la rue peut porter la tyrannie ,aux urnes citoyens

   chVlu   
31/1/2019
 a aimé ce texte 
Bien
Aucun doute sur la poésie du texte même si elle est d'actualité, même si elle partisane. J'ai apprécié les images, goutté quelques traits d'humour. Les piques façon arroseur arrosé saccadant le rythme renvoient bien l'image des cris revendicatifs.
Je trouve que l'incipit n'apporte rien de plus au texte, je le trouve presque anti-poétique (comme éclairant trop fort le propos).
Sur le fond nous pourrions ouvrir un grand débat je ne sus pas sûr que nous serions dans l'accord parfait mais je trouve ce texte agréable à lire.

Je trouve que l'incipit n'apporte rien de plus au texte, je le trouve presque anti poétique.

   PIZZICATO   
31/1/2019
 a aimé ce texte 
Pas
Sans parti pris aucun, je dois dire que je n'ai jamais perçu de " poésie " dans un mouvement de foule - quel qu'il soit -

"Les voitures s’embrasaient
comme des boutons d’or
dans l’herbe noire des ruelles " Comparer des voitures incendiées à des fleurs me semble assez..surprenant.

" Dehors on jouait à la chasse à courre
La meute des loups noirs
crachait ses venins de gaz " Je trouve celle-ci aussi, étonnante.

Je ne juge pas ce texte sur le fond mais sur sa façon de l'exprimer.
Il ne m'a pas séduit.

A vous lire une prochaine fois.

   senglar   
31/1/2019
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour Aconcagua,

Si cela ça n'est pas un cri du coeur, alors je me demande bien ce qui en est un.
Bon comme je suis de parti pris j'adhère.

Je contesterais cependant les voitures qui s'embrasent comme des "boutons d'or", pas sûr que ce soit l'avis de leurs propriétaires, surtout s'ils sont des "ruelles", éviter de mettre aussi les autres dans la merde ou de les y enfoncer davantage s'ils y sont déjà.

J'ai eu un sursaut quand j'ai lu les "crocus d'espoir" trop proches de cocus, ce qui sera à mon avis le sort de nous autres les gueux face aux jeunes dandys, nouveaux incroyables et autres merveilleuses de la farce qui se joue où l'on brûle les bibliothèques, les mémoires, les concentrés d'expérience que sont les vieux. Une civilisation qui ne respecte plus ses anciens - voire les méprise - est une civilisation qui se meurt, qui va disparaître. Ainsi en a-t-il été tout au long de l'Histoire.

Je pourrais faire beaucoup de reproches à ce texte peut-être (euphémisme) trop caricatural, aux images souvent (euphémisme) excessives que leur enthousiasme ne justifie sans doute pas, ni leur jubilation.

Mais je ne le ferai pas.
Je l'ai déjà dit : je suis de parti pris.
Alors envers et contre tout Merci pour ce cri !


Senglar

   domi   
31/1/2019
Tout ne me déplaît pas dans votre poème, mais je pense que dire d'emblée qu'on va "parler poétiquement" de quelque chose me gêne, car alors à quoi bon le soumettre à la critique poétique ?
Les passages que je préfère dans votre poème sont justement les passages "apoétiques", les vers courts, les mots crus :
"par les gueux
les méprisés
les invendus
par les réfractaires
les illettrés
les fainéants
les cyniques"

La métaphore avec les fleurs me parle, j'arrive à voir l'image et je trouve que l'idée est bonne et poétique - les ronds-points qui fleurissent, oui - mais ce qui me gêne vraiment beaucoup c'est le mot "comme" ("comme des boutons d'or","comme des jonquilles").
Il me semble que le travail poétique sur une métaphore consiste à éviter à tout prix de, juste, mettre "comme".

Et puis, par ailleurs, cette métaphore finit par être trop appuyée : "l'herbe des ruelles", "les crocus d'espoir"...

Au final, l'idée était bonne, mais aurait demandé un peu plus de subtilité dans la manière d'amener cette métaphore.

   papipoete   
31/1/2019
bonsoir Aconcagua
Votre poème, sur une sujet brûlant ( pas que des voitures ) nous emmène avec votre pseudo vers des sommets aussi abruptes que glissants ! Et je remarque que votre écriture est élégante, dans ce phrasé délicat mais...comme sur un certain forum qui n'en finit pas, je relève des images qui me choquent quelque peu !
je connais des nantis véritables gueux
je connais des fainéants, pas prêts à reprendre le fournil du boulanger qui alimente riches et pauvres
des réfractaires à qui la hiérarchie donne des boutons
On aura tout dit sur le " roi " ; on n'aura rien dit sur un rouquin ironisant sur Strasbourg !
On aura parlé des balles caoutchouc qui font mal, crèvent des yeux, mais pas imaginé un instant un " bleu " sur le point d'être lynché, qui rentrera vers les siens, cherchera le sommeil avant de rattaquer le lendemain !
On n'aura pas vu ces regards de femmes, d'enfants derrière la vitre sur le point d'éclater...et remercier les " cracheurs de venin au gaz "
Par contre on aura vu ces enfants " humiliés ", à genoux les mains derrière la tête ? Autrefois, on appelait cela " au piquet " ! On parla même d'actes de barbarie à ce sujet alors que le même jour, on put lire qu'un enfant de 18 mois était livré par son père, à des amis pour s'adonner sur lui à des pratiques " barbares " ! cherchez l'intrus !
NB le début et la fin de votre poème sont si bien écrits, que j'essaie d'occulter son développement, mais voici des lignes que le peuple Vénézuelien pourrait lire, et méditer...

   josy   
1/2/2019
moi ce qui me plait c'est la forme de l écrit
qui me parle poétiquement de l actualité_________
"les voitures s 'embrasent comme des boutons d'or"
"partout en France __des crocus d 'espoir"

c est d'une poésie délicate
pour la noirceur de la réalité

j aime beaucoup

   Donaldo75   
2/2/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Aconcagua,

Les convictions, c'est bien de les afficher mais c'est encore mieux quand l'affichage est réussi, avec une forme travaillée, inspirée, digne de ce pourquoi l'auteur est convaincu. C'est cela que j'ai retrouvé dans ce poème. Du coup, le côté actualité, compte-rendu journalistique, ne transparait pas. Ce poème pourrait même dépasser les frontières, même si quelques références l'ancrent bien en France. Le terme de "gueux" est carrément dans l'air du temps, ce petit côté Révolution Française que les journaux mettent en exergue dans leurs reportages, que la loupe Internet grossit quand elle n'a pas de Johnny à se mettre sous la dent.

Bravo !

Donaldo

   Robot   
2/2/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
On ne peut que saluer une trés belle écriture qui soutient de forte manière la conviction exprimée.
Réagir à des évènements actuels sans tomber dans l'article de presse c'est à saluer.

   Eclaircie   
19/7/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Aconcagua,

Je viens de lire de vous "Captive" qui m'a fascinée mais que je n'ai pas su commenté.
Aussi, découvrant "Les gueux" en juillet 2019, je me sens plus à l'aise pour vous dire :
Votre poésie me touche,
votre écriture soignée me plaît.

Cette vision idéaliste d'un conflit de société est bien sûr idéaliste. Ainsi, il peut très bien être lu loin du conflit, reconnu pour ses qualités.
À mes yeux, vous avez très bien su évoquer le sujet sans pathos, sans éléments trop datés, juste avec poésie.
Un bon texte engagé, pour moi.

Merci du partage,
Éclaircie


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