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Poésie en prose
Alcirion : Métal symphonique
 Publié le 01/08/16  -  8 commentaires  -  4398 caractères  -  110 lectures    Autres textes du même auteur

De la lumière de la Vierge noire
Aux lisières de la chair septique.


Métal symphonique



Succédant brutalement aux cordes de l'ouverture légère, Melpomène hystérique, hideuse tornade hérissée de rage, éclair de haine aux reflets affligeants, fracasse les éthers délités de ses dissonances malfaisantes. Ses mâchoires dégouttant de sang salissent les étoiles, dévoilent sa jubilation odieuse, elle a obtenu des Dieux ton renvoi, ton image dans le miroir de l'infini ne la rendra plus jalouse.

Les derniers nécromants ont déserté les lieux, les anges regardent leurs ailes comme on regarde ses pieds, les demi-nymphes malhabiles pensent qu'il y a une place à prendre.

Même pas un enchanteur pour te venir en aide, refaire les prophéties, proposer son âme, calmer les espaces, différer le jugement, demander ton maintien en poste. Seuls tes plus chers soutiens, les nuages éventrés, lamentent les cieux de leur douleur d'avoir à t'oublier bientôt, pleurent leur colère de n'avoir plus de reine, déversent leur chagrin noir de la perte de tes chants.

Une cymbale acérée dissout un sulfureux larsen, le glas qui sonnait au loin trouve son agonie, le silence s'en vient annoncer l'heure de ton jugement.

plus un cri, non, plus un bruit…

avant le grand déferlement…

les stridences des Walkyries, les drakkars enflammés, trois orchestres symphoniques qui arpègent de noires mélopées électriques dans un crépuscule affligé d'avoir à fournir l'ambiance de ta condamnation…

et la cour qui investit la place, les juges qui viennent se découper en rasoirs d'apocalypse, dentelles effrayantes, sinistres apparitions, dans un palais de justice géométriquement absurde, le glapissement des greffiers, le silence demandé et la nuit profonde qui hésite, qui recule…

puis se jette à genoux, réclame pitié pour toi, s'offre à ta place…

Tu parais en robe blanche, en robe pourpre, en robe de défi, l'angoisse glace ton esprit, fait frissonner tes épaules, tu avances impavide, hébétée par les cris de la foule, hagarde de tant de lumière, tu reçois la sentence sans défaillir, la douleur promise ne t'arrachera pas de larmes et oh ! tu tombes, tu tombes tout à coup, les espaces s'effacent sous tes pas, tu n'en finis plus de tomber, de crever la nuée, de crever les cœurs, un hurlement sans nom déforme tes lèvres, tes lèvres parfaites, carmin délicat, et puis les ombres enchanteresses, le regret des nuits affreuses, les restes de tes amants, tout disparaît, sombre dans l'abîme, tu tombes, tu tombes, tu n'en finis plus de tomber, et moi qui gémis, qui me tords les mains, je ne sais que faire pour arrêter ta chute, ta chute terrible, ta chute considérable…

Noir total…

Ceux qui ont des ailes te saluent l'une des leurs,
Ceux qui rampent au sol te crient leur malheur…

de voir disparaître, dans cette cellule à supplices où les sombres sbires des cieux te traînent enchaînée pour vingt et trois siècles, si loin de mes sens fragiles…

l'éternité de tes grâces, les secrets de tes charmes, les mensonges de ton âme, le vice de ton esprit, et cette peau si blanche (mon Dieu !), pour elle, on brûlerait des saints, on se vautrerait dans la fange, on oublierait toute morale, les doux conseils des amis, la camaraderie des chiens, on tuerait père et mère (non, quand même…), on vendrait ses enfants (oui, c'est mieux !), on maudirait sa patrie, on renierait ses dieux.

Tu pourras toujours te blottir dans la tendresse de la nuit choyée, te souvenir du velours amical des nuages désolés, ne crains plus rien désormais, je demanderai des parloirs, je panserai tes tourments, je réparerai tes ailes cassées, tu reprendras tes forces, tu reprendras ta lumière, et l'espoir de la vengeance, douce vengeance, pense à elle au cœur des plus noires saisons, va-t'en donner tes talents à meilleurs maîtres, va-t'en frapper à la porte du Diable, je travaille d'ores et déjà sur les formules maudites.




 
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   Robot   
1/8/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Ce texte m'a fait penser aux chœurs antiques, quand les récitants déclamaient sur les tableaux de la tragédie.
Un texte qui ne se révèle pas à la première lecture et que j'ai relu pour m'en imprégner. Et c'est en ayant l'idée de le lire à haute voix (ce n'est pas naturel d'y penser en prose) que j'ai ressenti toute la force de cette image d'opéra sur laquelle on superpose inconsciemment des grondements orchestraux.

   Sodome   
1/8/2016
 a aimé ce texte 
Pas
Ce n'est pas couvrant les belles choses de noir, de sang et de boue qu'on les rend poétique ; une auréole tombée dans la fange, ça n'existe pas, c'est juste de la fange avec l'idée d'une auréole, et ça n'a pas de sens.

Poème païen vulgaire, inspiré par les trucs bien laids dont tu parles.

   MissNeko   
1/8/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
J ai adoré la puissance du texte, la suggestion d images sombres et sanglantes. Ce texte donne vie à une symphonie par les mots.
Les vers sont longs et lourds reflétant ainsi le tragique de la situation.
Le petit trait d humour vers la fin : on tuerait père et mère (non, quand même…), on vendrait ses enfants (oui, c'est mieux!)
Un bon moment de lecture. Merci.

   Vincente   
2/8/2016
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
Bonsoir Alcirion,

Dans la première lecture, je me suis noyé dans l'écriture emphatique du récit. La surenchère d'images et de formulations, le séquençage concentré, plutôt aggloméré, rend l'assimilation du propos difficile. En même temps cette abondance apporte une puissance à l'évocation, que l'on sent de mieux en mieux dans les lectures suivantes. Ainsi apparaît la tourmente exacerbée du sujet, avec la mise en évidence du ciselé des scènes à la façon des peintures de Géricault. C'est alors que l'on appréciera la qualité du regard et la volonté appuyée de l'expression.

Mais le phrasé n'est pas très agréable, la scansion est hachée alors qu'on l'imaginerait lyrique vu le romantisme "noir" qui lui sert d'expression. Il est plutôt extrusif, déclamatoire, avec des phrases à rallonge, allant jusqu'à environ quatre-vingt mots dans les deux derniers paragraphes...!

Si bien qu'il m'a semblé que la plastique exacerbée de l'expression était pratiquement votre exclusive intention dans ce texte. Désolé de n'avoir pas pu entrer suffisamment dans votre poème.

   funambule   
2/8/2016
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Texte qui m'évoque (surtout) la musique du même nom avec son imagerie païenne, un certain esthétisme révolté et même un peu paumé... et du coup une bien jolie nostalgie attachée à quelques acteurs de ma vie qui se réfugient toujours là en espérant être moins abimés par la vie.

   Johannes   
2/8/2016
 a aimé ce texte 
Un peu
J’ai du mal avec la présentation qui ne m’aide pas vraiment pour la compréhension du texte. Que faut-il entendre par « la lumière de la vierge noire », ou « les lisières de la chair septique » ? Je ne saisis pas le lien avec le poème.
Par ailleurs, la lecture de cette œuvre « symphonique » m’a fait penser à mes traités d’orchestration dans lesquels les compositeurs sont constamment mis en garde contre une utilisation abusive des tutti.
Gustav Mahler, un des plus brillants orchestrateurs de l’histoire et qui a pour habitude d’écrire pour des ensembles gigantesques, n’utilise en fait que rarement les tutti orchestraux. La grande variété des instruments qu’il met en œuvre lui sert essentiellement à créer des musiques à géométrie variable, aux coloris chatoyants et où l’écriture s’apparente parfois même à de la musique de chambre. Par contraste, les tutti qu’il utilise avec parcimonie en sont d’autant plus saisissants.
Or, dans le texte qui nous est soumis, il n’est question de rien moins que de « trois orchestres symphoniques qui arpègent de noires mélopées électriques dans un crépuscule affligé… » ! Et, à la lecture du poème, j’ai effectivement l’impression que trois orchestres jouent ensemble sempre fortissimo du début jusqu’à la fin. C’en est trop ! Je ressors de cette lecture essoufflé, éreinté.

   Alcirion   
2/8/2016

   Zoe-Pivers   
2/8/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup
L'arrivée cacophonique de la muse défigurée par la jalousie, ça commence fort !

Les images m'ont emportée dans un univers Fantasy dès l'intro.

La mise en scène, les effets spéciaux, les personnages, les cordes, les cuivres, cet ange que l'on chasse comme un démon, le narrateur qui lui parle comme s'il existait entre eux une proximité, un vrai fan, et ces petits traits d'humour qui viennent taquiner le décor...
Et puis ce petit air qui m'est venu à la fin : knock knock knockin' on heaven's door :)

J'ai beaucoup aimé, tout simplement.
Merci


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