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Poésie libre
Annick : Mets l'ancolie à la fenêtre
 Publié le 11/11/16  -  19 commentaires  -  1832 caractères  -  308 lectures    Autres textes du même auteur

Une ancolie : http://nsa37.casimages.com/img/2016/06/17/160617120905255735.jpg


Mets l'ancolie à la fenêtre



Verdun, le 13 août 1916.


Mets l'ancolie à la fenêtre
Pour me jurer que tu m'attends,
Comme un message entre amoureux,
Un indice, un code, une lettre.

Mets l'ancolie à la fenêtre
Pour que je sache en revenant
Si tu ne m'as pas oublié,
Et que tu ne t'es pas mariée,
Abandonnant ton bien-aimé,
Pour un voleur de cœur fougueux.

Mets l'ancolie à la fenêtre !
Je saurai que tu m'aimes encore,
Malgré la distance et le temps
Qui effacent les sentiments,
Les souvenirs pleins de tendresse,
De doux baisers et de caresses
Où l'on s'enlace tendrement.

Mets l'ancolie à la fenêtre
Pour que la clameur de la guerre,
Les braises du ciel, de la terre,
S'éteignent à mon oreille heurtée.

Mets l'ancolie à la fenêtre
Pour que mes pleurs restent cachés,
Que tu ne saches la laideur,
La cruauté des artilleurs.

Mets l'ancolie à la fenêtre !
Que le canon qui tonne fort
Clame la fin de la terreur
Et des tourments et des douleurs !

Mets l'ancolie à la fenêtre
Pour que l'odeur des rats, des poux,
De l'épaisse boue et des morts,
S'efface et ne me rende fou.

Mets l'ancolie à la fenêtre
Pour rendre hommage aux accusés
Qui ont refusé d'attaquer…
Jugés pour l'exemple. Fusillés !

Mets l'ancolie à la fenêtre,
Fleur qui offre l'apaisement,
Console les âmes troublées
Des soldats, aux amours blessées.

Mélancolie à la fenêtre.
Ma vue se brouille et je suis las.
Ma peau luit d'un éclat d'obus,
De ma gorge s'écoule un flux
De cendres et de sang vermeil.

Mélancolie à la fenêtre… Mon cher amour que je ne reverrai pas.

Adrien


 
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   Ora   
23/10/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Intéressant ce lien entre la fleur et l'état d'âme du poète, sa mélancolie, ses attentes, sa souffrance de soldat. J'ai été touchée par sa tentative d'amener un peu de poésie, d'amour et de nature dans son quotidien guerrier. Mélancolie aussi de celle qui attendra vainement à la fenêtre le retour de son bien aimé. Votre poème apparaît comme une lettre retrouvée sur le front et qui parvient à sa destinataire bien après la fin des combats.

   papipoete   
24/10/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
libre
Une lettre d'amour qu'un poilu écrit du fond de sa tranchée à sa mie qui lui manque tant , si loin d'ici cet enfer où s'envole la vie .
Jusqu'à l'ultime strophe, le soldat rêve d'embrasser enfin sa chérie, quand un obus éclate à côté de lui ...jamais sa lettre ne réchauffera le coeur de son aimée, jamais il ne la reverra ...
NB " mets l'ancolie " est une prière qui devient supplique et malheureusement tragédie ; c'est très beau, et des vers mouillés de larmes !
papipoète

   Anonyme   
11/11/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Je trouve un peu dommage que ce joli titre serve ensuite d'anaphore et lui ôte , à force, un peu de son charme.
Mais cela n'enlève rien à beauté de cette " lettre " mêlant l'amertume et la délicatesse d'expression ; la poésie est omniprésente dans ce texte.

" Pour rendre hommage aux accusés
Qui ont refusé d'attaquer…
Jugés pour l'exemple. Fusillés ! " J'aime cette allusion qui rappelle l'ignominie commise par ceux qui avaient tous pouvoirs sur << la chair à canon >>

   MissNeko   
11/11/2016
 a aimé ce texte 
Passionnément
Que j avais hâte de lire votre poème. J avais vu le titre en espace lecture Mais je n y avais pas accès. Déjà , j aime l idée du jeu de mot mélancolie / mets l'ancolie. Ensuite vient la force des vers avec cette supplique "mets l'ancolie à la fenêtre". Une litanie d amour que l'on sait d'ors et déjà perdu car la mort sera au rendez vous.
En ce 11 novembre, ce poeme résonne d'autant plus.
Bravo. J ai adoré.

   Anonyme   
11/11/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonsoir Annick,

Le titre avait déjà attiré mon attention, et je dois dire que je n'ai pas été déçu par le poème. Je pensais bien sûr à un jeu de mots avec "mélancolie", mais j'ai découvert grâce à vous que "l'ancolie" existe bien et alors tout s'éclaire. Cette fleur est magnifique - peut-être l'une des plus belles qu'il m'est été donné de voir - et s'accorde parfaitement avec l'ambiance du poème.

Je ne vais pas reprendre ce qui a déjà été dit par d'autres à travers les différents commentaires, toutefois j'aimerais rajouter une chose : mettre l'ancolie à la fenêtre, c'est comme mettre de l'espoir - au sens littéral - par opposition à mélancolie, qui est une forme de résignation. C'est ce que l'on retrouve dans les neuf premières strophes, même si l'ancolie, dans la 9ème, ne reflète plus vraiment l'espoir mais l'apaisement ("Fleur qui offre l'apaisement", sic dans le texte), tandis qu'à la dixième, il n'est plus question ni d'espoir ni d'apaisement (à mon sens) mais seulement de mélancolie, puisque le soldat mort au combat ne reviendra pas. Ainsi, l'attente se fera interminable et le coeur de celle qui attend ne sera plus que mélancolie ("Mélancolie à la fenêtre… Mon cher amour que je ne reverrai pas").

J'ai bien aimé cette dualité entre ancolie et mélancolie, au-delà de la rime qui est fort belle, au demeurant.

Un poème d'une grande tristesse...

Bien à vous,

Wall-E

   framato   
11/11/2016
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
C'est marrant, en lisant le titre du poème, j'avais déjà en tête ce dont il parlerait. Pour l'auteur, sur le même thème, il faut lire (ou écouter) les lettres de Maxime le forestier.

En dehors de cette remarque, mets l'ancolie / mélancolie, c'est un poil facile, heureusement, je ne me suis pas arrêté là...

J'ai aimé votre texte qui glisse en douceur des regrets charnels à l'horreur de la guerre (en thermes à mon avis bien trop châtier)...

Personnellement, je n'aurais EN AUCUN CAS traduit le jeu de mot anaphorique, dans la mesure ou cela ne change RIEN au sens de lecture mais au contraire appauvri les sens possibles. Et ça, c'est vraiment dommage, vraiment !

Ps : le dernier vers est totalement dispensable !

Un texte que j'aurais adoré aimer !

   Sodapop   
11/11/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Un magnifique poème, une litanie qui martelle "Mets l'ancolie à la fenêtre", que c'est beau, plein de symboles. C'est une supplique sous forme de lettre, le soldat partit en guerre et pensant à sa bien aimée, c'est un thème très bien choisit. Publié en plus, le 11 Novembre. J'adore le jeu de mot qui fait référence à la mélancolie au travers de la symbolique d'une fleur. Tout est bien pensé, ficelé et magnifiquement bien écrit. Vous m'avez touché Annick, merci.

   Vincendix   
11/11/2016
Bonsoir Annick
Sur le fond, je ne peux qu’apprécier, mis à part la strophe concernant ceux qui ont refusé de monter au combat, c’était peut-être un réflexe de survie qui peut se comprendre mais c’était au détriment de leurs camarades. Je ne veux pas m’étendre sur ce grave sujet, l’un de mes grands-pères était sous-officier à Verdun, dans ce secteur me disait-il, les réfractaires n’ont pas été nombreux sauf quelques cas individuels qui relevaient surtout de la psychiatrie et avérés comme tels.

Un rapport concernant le front de Verdun. Le dimanche 13 aout 1916
Sur le front de Verdun, pilonnage important de l’ennemi sur les premières lignes, principalement dans les secteurs de Chattancourt et de Fleury.*
Un avion ennemi a été abattu par un pilote de l'escadrille américaine, il est tombé dans nos lignes au sud de Douaumont ne provoquant que deux blessés légers.

*D’après mon grand-père, dès les premières bordées d’obus, les fantassins se repliaient en utilisant les boyaux et parfois la première ligne était inoccupée, surtout à partir de 1916, quand les avions de reconnaissance pouvaient signaler les mouvements de troupe au sol.

Sur la forme, n’étant pas adepte de la poésie dite libre, je suis circonspect, la répétition du premier vers donne peut-être plus de force mais je ne suis pas convaincu et je trouve le jeu de mot un peu malvenu dans ce grave contexte.

   Robot   
11/11/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup
C'est assez rare, mais l'anaphore qui forme le titre me plait beaucoup dans ce contexte. Mélancolie de celui qui dans ces circonstances écrit ou rêve à sa fiancée. Il voit cette fleur qui signale son absence et attend son retour. Mets l'ancolie, pose la fleur à la fenêtre, dépose mon espoir finalement.
Un beau texte libre qui souligne avec des mots très simple la tragédie vécue par ces hommes courageux, ce soldat qui du fond du désespoir dans lequel l'absurdité des hommes de pouvoir l'a placé pense à ces camarades fusillés. Et se demande pourquoi, pour qui il meurt.

"on croit mourir pour la patrie, on meurt pour les industriels"
Anatole France

   Christine   
11/11/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Ce poème m'a touchée par son atmosphère de mélancolie et de résignation, à la fin, créé avec simplicité, sans exagération mal venue, si bien que le chagrin exprimé en devient plus prégnant, plus vrai et, grâce à l'anaphore répétée 8 fois, revêt un aspect obsessionnel. On ne peut manquer de remarquer le changement symbolique et très expressif à la dernière strophe de "Mets l'ancolie" à "Mélancolie.

   Lulu   
12/11/2016
 a aimé ce texte 
Passionnément ↓
Bonjour Annick,

je ne connaissais pas l'ancolie ; vous m'apprenez donc à quoi elle ressemble et j'en suis ravie !

J'ai trouvé ce texte très beau et très touchant. J'étais si septique à la lecture du titre (avant de savoir qu'il s'agissait d'une fleur...) que j'ai été très agréablement surprise à la lecture de votre poème.

Je n'aime pas toujours les anaphores dans les poèmes, mais je trouve ici que cela est juste en équilibre. L'anaphore joue son rôle et renforce notre sentiment à la lecture. Nous partageons d'abord l'enthousiasme du protagoniste et nous nous en réjouissons jusqu'à découvrir avec lui l'horreur de la guerre.

Ce que j'ai particulièrement aimé dans votre poème, c'est sa fluidité. C'est simple, et cela mérite d'être relevé, car cela participe de la beauté de votre texte. Il est clair et sans ambivalence.

Plus je le relis, plus je le trouve chouette et touchant.

Bonne continuation.

   Annick   
12/11/2016

   hersen   
12/11/2016
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
En ce qui me concerne, l'anaphore, au fil du texte, m'a empêché d'apprécier vos vers. je la trouve beaucoup trop présente, j'ai essayé de lire le poème en supprimant certaines fois l'anaphore et alors, j'ai lu un tout autre poème qui m'a beaucoup plu.

De plus, je crois qu'à la dernière strophe, une plus grande mélancolie se serait dégagée des ces vers...sans le mot mélancolie.

Trop d'insistance ont tué pour moi ce qui aurait pu me faire vibrer dans ce poème.

Merci de cette lecture;

hersen

   Cristale   
12/11/2016
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour Annick,

Ce poème est très joli, je l'ai lu ce matin et j'ai trouvé qu' il ressemblait à une ancolie, justement.

Lettre-poème sensible et très touchante, les vers s'enroulent sur un discours tendre à la fois optimiste mais l'incertitude est sous-jacente.

Voici une plume délicate, plaisante à lire pour moi qui ne "travaille" pas la poésie libre et qui ne sais pas toujours l'apprécier à sa juste valeur.

Là, je suis charmée.

Bravo Annick !

   Anonyme   
12/11/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup
C'est très mélodieux, au point que cela me fait penser à certaines chansons de tranchée, comme l'anglaise qui parle de coquelicots et d'alouettes, et derrière de croix et de morts (In Flanders fields the poppies blow...).
L'anaphore donne le ton lancinant et triste qu'il faut. Vraiment une réussite. A vous relire.

   Anonyme   
14/11/2016
 a aimé ce texte 
Bien ↓
Un joli texte, touchant et simple, le jeu de mot est un peu facile par contre.

Une évocation assez originale de la guerre de 14, ça change des traditionnelles paroles de poilus. Malgré un jeu de mot trop facile et un dernier vers inutile, le texte m'a plutôt plu.

Un bon moment de lecture donc.

   VALLOIS   
23/11/2016
 a aimé ce texte 
Passionnément
Bonjour Annick,

Apollinaire aurait très pu écrire ce poème à Lou. C'est une superbe idée d'avoir associé cette fleur à un état d'âme...

à vous relire

   Papillon26   
27/3/2018
 a aimé ce texte 
Un peu
Bonjour Annick,

Tout d'abord, merci pour votre lecture et votre commentaire. Afin de faire connaissance, je viens de lire un de vos texte.

Les trois premiers paragraphes ont été, pour moi, l'image vue souvent dans des séries de films où une femme adultère pose un pot de fleur à sa fenêtre afin d'indiquer à son amant que son époux est parti. Image banale donc et pas très morale, pour l'époque...

La suite aurait été plus touchante si le dernier vers : La mélancolie...
n'avait pas été là.

Je pense sincèrement qu'un homme entrain de mourir ait pu avoir ce trait d'humour.
C'est très dommage.

Je fais chorus avec certains de vos autres lecteurs, pour la répétition de l'anaphore.

A la prochaine.

   LylianR   
14/6/2020
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
Un très beau poème qui nous rappelle l'époque sombre de la grande guerre.
Des précisions historiques qui semblent sorties tout droit d'un carnet de bord d'un poilu. Réalistes et terribles !
Le texte s'articule autour du jeu de mots "Mets l'ancolie/Mélancolie". Astucieux !
La tragédie, bien sûr, réside dans le fait que le héros meurt mais également dans l'idée que son espoir de revoir sa bien aimée est anéanti à jamais.
Une fin poignante et romantique. Une belle écriture.


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