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Poésie libre
Azedien : Deux minutes de silence
 Publié le 06/03/18  -  14 commentaires  -  648 caractères  -  273 lectures    Autres textes du même auteur

Avant que le ciel ne frappe le sol.


Deux minutes de silence



:58
Je me souviens, c’est en ce moment même ;
nos bouches forment des syllabes-silence et nos effleurements de bout des doigts fabriquent des vagues feu et incarnat —



:59
Tes rires tes soupirs se font sucreries,
je goûte à demain et après-demain dans tes yeux-dragées teintés d'aurores —



:00
Le jour se lève.
J’inspire.
Près de mon flanc mon souffle n’a pas d’écho.


J’ouvre les yeux.



Il fait noir.


 
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   Fowltus   
23/2/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
'Je me souviens, c’est en ce moment même;' efficiente entame.
Il fait noir quand le narrateur ouvre les yeux alors que les couleurs étaient présentes (feu et incarnat, teintés d'aurores) quand il les avait de fermés.
Je suis plutôt amateur de ces bascules d'écriture.
Bref et original.
Fowltus en EL

   sympa   
6/3/2018
 a aimé ce texte 
Vraiment pas
Je suis désolé mais je ne vois rien de positif dans votre poème......ou bien je n'ai rien compris....
Cordialement

   Pouet   
6/3/2018
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bjr,

J'aime vraiment bien le début, le ":58"

Le ":59" m’apparaît un peu trop sucré, sirupeux, romantico-médie, mais bon pour une fin du monde, on pardonnera cet excès de glucose et puis on était prévenu, des "sucrerires" (humour) nous attendaient. D'autant que je ne suis pas en reste car dans ma "nouvelle" L'endroit sur la falaise je bats tous les records de diabète... :)

Bien aimé aussi :"mon souffle n'a pas d'écho."

Un joli jeu sur le clair-obscur. Jour/nuit comme dirait Jacouille...

Assez efficace ai-je trouvé.

   Donaldo75   
6/3/2018
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour Azedien,

A :58 puis à :59, je me suis dit qu'il y avait un peu trop d'artificiel dans les formules (syllabes-silence, yeux-dragées).

A partir de :00, la sobriété reprend le dessus. La poésie est bien mise en avant. Et j'ai aimé.

   hersen   
6/3/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
j'aime le minimalisme, je suis donc servie ici.

Pour expliquer ma lecture : j'ai vraiment été scotchée par la fin; avant, j'ai eu un peu trop de mots tiroir et un peu trop de sucre. mais c'est tout à fait subjectif, le sucré pour moi ne passe jamais très bien en poésie;
par contre, en considérant l'ensemble, c'est tout à fait bien mené et bien vu.

A te relire,
hersen

   Luz   
6/3/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour Azedien,

Des contrastes spatio-temporels (mais pas que) si j'ai bien compris, et si je n'ai pas compris ce n'est pas un problème puisque la belle poésie est là à chaque vers.
L'incipit aussi me plait beaucoup.
Merci.

Luz

   Melusine   
6/3/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
les strophes 58 et 59 sont tout à fait splendides et m'emmènent comme un souffle direct dans la stratosphère.

et le 00 suivi d'une fin très brutale, me fait l'effet d'un trou d'air.

Attention à l'atterrissage !!!

J'ai évidement moins aimé la fin mais elle a le mérite de la surprise.

   Eki   
7/3/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
De belle illumination !
Sur le fil fragile de l'équilibre, deux minutes d silence qui vontà l'essentiel de la poésie.
Eki se tait et savoure

   Louis   
7/3/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Un compte à rebours avant l’éveil égrène les instants, avant l’aurore d’un jour nouveau.

Deux minutes :
La deuxième constitue un souvenir rendu présent : « Je me souviens, c’est en ce moment même ».
Un souvenir heureux, un moment d’effusion des corps, celui du locuteur et de l’être aimé :
« Nos bouches forment des syllabes-silences »
Un parole silencieuse se dessine et se forme, parole aimante dans un langage du corps fait « de nos effleurements de bouts des doigts » ; parole délicate et muette du bout des lèvres, du bout des doigts.

Intensités des paroles -caresses, elles : « fabriquent des vagues feu et incarnat ». Intensités frissonnantes. Chairs parcourues d’ondes fébriles. Incandescences. La chair silencieuse chante sous les doigts, en mots sensibles d’une émotion.

Une minute avant l’éveil, dans un temps suspendu :

Présence sucrée de l’être aimé : « Tes rires tes soupirs se font sucreries ».
Douceurs du moment. Friandises pour satisfaire une gourmandise des corps. Aucune amertume.
Pure douceur d’un matin non éclos, d’avant l’heure.
Ses « yeux-dragées » sont la promesse exquise des jours prochains, annonciateurs d’un avenir délectable, des journées à la saveur douce et sucrée, des friandises de la vie.
Ces yeux « teintés d’aurore » annoncent le jour qui va se lever, un jour délicieux.
Non seulement le lendemain chantera, mais il se délectera dans une vie en fête.
L’être aimé réunit les trois dimensions du temps : avant l’éveil, il est le passé dans le souvenir, le présent, et l’avenir dans la promesse.

Enfin « Le jour se lève » chargé de tant d’espérances.
Et quelle déception : « mon souffle n’a pas d’écho » !
« Près de mon flanc », il n’y a personne. Personne pour répondre à la présence. Pour répondre et justifier de sa vie. Pas de double aimé en écho de sa vie.

Le silence avant l’éveil était éloquent, il disait la vie douce en promesse de l’union avec l’être aimé, il parlait silencieusement, mais il parlait. La parole d’avant le jour avait ses ferveurs aimantes ; le silence qui suit le jour, le silence d’une absence, bruit de la douleur d’un manque, dit la douleur d’un vide.

Absence de lumière, absence du jour promis, attendu, espéré : « Il fait nuit ».
Un jour sans jour se lève. Un jour hors du temps incarné par l’être aimé.
Deux minutes de silence, et c’était l’éternité.

Merci Azedien

   papipoete   
7/3/2018
 a aimé ce texte 
Bien
bonjour Azedien
il n'y a pas 3 secondes, je voyais plein de choses, je te touchais en pleine lumière ; à l'instant le réveil vient de sonner, mon film est terminé .
NB je songe à l'un de mes poèmes " la nuit d'après ", et espère pour le héros que celle à qui la séance était dédiée, vit toujours ...

   jfmoods   
10/3/2018
Balisons d'abord le poème...

- italiques puis absence d'italiques
- évocation d'une relation amoureuse (pronom personnel : "Je", "J'", adjectifs possessifs : "mon" × 2, "tes" × 3, "nos" × 2)
- passage du rêve à la réalité (titre : "Deux minutes de silence", chiffres en gras du réveil matérialisant l'égrènement du temps : ":58", ":59", ":00", état de conscience : "J’ouvre les yeux")
- temps vécu et temps fantasmé (amorce du souvenir : "Je me souviens", présent : "c’est en ce moment même", images du futur : "demain et après-demain")
- verbes d'action ("forment", "fabriquent")
- sensualité (métonymies : "nos bouches", "mon flanc", "les yeux", vue : "des vagues feu et incarnat", "J’ouvre les yeux", "Il fait noir", ouïe : "bouches", "syllabes-silence", "rires", "soupirs", "inspire", "souffle", "écho", goût : "bouches", "sucreries", "goûte", "dragées", toucher : "nos effleurements de bout des doigts")
- jeu antithétique (clarté et l'obscurité : "feu et incarnat", "teintés d'aurores", "Le jour se lève" / "Il fait noir")
- néologismes soulignant une cristallisation ("syllabes-silence", "yeux-dragées")
- litote ("n'a pas d'écho")

Voyons ensuite comment rendre compte de son contenu...

Conçu par étapes, ce poème met en scène un couple (pronom personnel : "Je", "J'", adjectifs possessifs : "mon" × 2, "tes" × 3, "nos" × 2).

L'évocation, sensuelle (métonymies : "nos bouches", "mon flanc", "les yeux", vue : "des vagues feu et incarnat", "J’ouvre les yeux", "Il fait noir", ouïe : "bouches", "syllabes-silence", "rires", "soupirs", "inspire", "souffle", "écho", goût : "bouches", "sucreries", "goûte", "dragées", toucher : "nos effleurements de bout des doigts"), signale un temps amoureux productif (verbes d'action : "forment", "fabriquent") qui a suscité une cristallisation (néologismes : "syllabes-silence", "yeux-dragées").

Au fil du texte, le locuteur passe du rêve à la réalité (gestion des italiques, titre : "Deux minutes de silence", chiffres en gras du réveil matérialisant l'égrènement du temps : ":58", ":59", ":00", surgissement de l'état de conscience : "J’ouvre les yeux"), de la charge d'utopie à deux (amorce du souvenir : "Je me souviens", présent : "c’est en ce moment même", images d'un futur : "demain et après-demain") à une solitude bien délétère (litote : "n'a pas d'écho", jeu antithétique : "feu et incarnat", "teintés d'aurores", "Le jour se lève" / "Il fait noir", image préparée par l'entête de la foudre qui s'abat : "Avant que le ciel ne frappe le sol").

Merci pour ce partage !

   Anonyme   
13/3/2018
 a aimé ce texte 
Pas
J'ai fait "deux minutes de silence" pour essayer de mieux comprendre votre texte, l'émotion vous est propre, avec ce "je" qui s'impose.
C'est pourquoi, rien ne s'est passé en moi.

Ce qui peut paraître essentiel pour les uns ne l'est pas forcément pour les autres. Je n'arrive pas à vous rejoindre dans votre silence, il vous appartient tellement que j'en suis exclus.

   Azedien   
15/3/2018

   Gabrielle   
6/6/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Ce poème porte sur le thème du rêve allié au souvenir et du réveil avec la notion de temps qui s'écoule comme réalité silencieuse.

Le texte se découpe en deux "temps": le temps du "souvenir" correspondant à deux minutes de silence et le temps du réveil.

On note une opposition entre ces deux temps:
- temps 1 : deux personnes et des instants de bonheur (instant 1: 1er distique et instant 2 : 2nd distique).
- temps 2 : le tercet.
"Le jour se lève" en opposition avec le temps 1 qui se déroule durant la nuit ;
"J'inspire" en opposition avec le temps 1 qui peut être représenté par une expiration en raison de la présence des instants de bonheur ;
"Près de mon flanc, mon souffle n'a pas d'écho." en opposition avec "nos bouches", "Tes rires, tes soupirs".

Puis, "J'ouvre les yeux" symbolise le temps du réveil après le temps du rêve et du souvenir et celui du retour de la conscience .

La chute renvoie à un retour à la nuit mais perçue différemment (opposition entre les deux perceptions : nuit/rêve et nuit/réveil).

Merci à vous pour ce partage.

Cordialement.


G. Michel


Oniris Copyright © 2007-2018