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Poésie contemporaine
Charivari : Couleurs andalouses
 Publié le 16/09/11  -  21 commentaires  -  2688 caractères  -  389 lectures    Autres textes du même auteur

Vert Lorca, bleu Picasso, noir Alberti.
À réciter sur un fond de guitare flamenca (fandango si possible).


Couleurs andalouses






Jaune, le râle du vent,
les relents du soleil,
le seigle et le chiendent
dans les champs qui sommeillent.

Jaune, la moiteur du lit
d'un torrent qui s'assèche
sous le ciel de midi,
l'herbe rebelle et rêche

Où j'allongeais ton corps,
dénouais les rubans
luisants d'aurore et d'or
qui ceignaient tes seins blancs.


Blanc, le pain sans levain,
les cimes d' El Mulhacen,
la vierge et la putain,
la chaux vive et l'arène.

Blanc, l'éclat du couteau,
la folie de la lune
sur le fil de ta peau,
le ressac et l'écume ;

La médina tordue
la taverne et l'église
la candide vertu
de ton nu qui me grise.


Grise, la mule fourbue,
la fève et le pois chiche,
l'olivier biscornu,
la bouffée du haschich

À tes lèvres moroses.
Roses, les soirs enivrés,
quand la chaleur arrose
ta gorge déployée ;

Le clin d'œil et l'œillet
sur le pli de ta frange,
les fleurs et les reflets
aux effluves d'orange.


Orange, les alcazars,
la terre gorgée de feu,
le galop des guitares
chargées de notes bleues.

Bleu, le fil des collines,
les ombres du patio,
la tristesse enfantine
des premiers Picasso.

Le miroir de l'Afrique
divaguant sur la mer,
l'appel des Amériques
dans les cieux découverts.


Vert, l'odeur de la menthe,
les chants de l'Alhambra,
les yeux de mon amante
et les vers de Lorca ;

La fleur qui cherche à naître
sous le voile de l'Islam,
les barreaux aux fenêtres
où se cachent les femmes.

Vert, les prés en hiver
sous le crachin furtif,
constellés d'éphémères
coquelicots rouge vif.


Rouge, pareil à la fleur,
sauvageonne, écarlate,
ton cœur s'embrase et meurt
dès que l'averse éclate.

Rouge, mon âme jalouse,
la douleur et l'ombrage,
mes couleurs andalouses
sous les feux de l'orage.

Rouge le soleil blessé,
dérouté chaque soir,
qui cherche à déchirer
des lambeaux de nuit noire.


Noir, l'amère procession,
les pénitents qui portent
les macabres passions,
les vieilles aux pas des portes ;

Les rêves exilés
les anges d'Alberti
le taureau terrassé
ta photo qui jaunit.





 
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   Arielle   
5/9/2011
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Voilà des couleurs qui éclatent et nous parlent à la fois un langage de peintre et de musicien.
J'aime beaucoup la reprise du dernier mot de chaque groupe de quatrains pour entamer le suivant.
Dommage pour rose mais à la lecture on ne l'entend pas et je crois que c'est un poème essentiellement sonore.

J'ai apprécié plus particulièrement :

"Verts, l'odeur de la menthe,
les chants de l'Alhambra,
les yeux de mon amante
et les vers de Lorca ;"

"Bleu, le fil des collines,
les ombres du patio,
la tristesse enfantine
des premiers Picasso."

"Rouge le soleil blessé,
dérouté chaque soir,
qui cherche à déchirer
des lambeaux de nuit noire."

   Damy   
11/9/2011
 a aimé ce texte 
Bien
J'ai aimé cette évocation colorée de l'Andalousie, étrange mélange, charnellement désirée et que seule une vieille photo suggère au souvenir.
J'ai bien aimé aussi la "savante" façon d'enchaîner les couleurs.
Je vois cependant un petit hiatus grammatical qui n'enlève rien au plaisir de lecture: les couleurs me paraissent ici des adjectifs qualificatifs chacun de groupes nominaux et devraient donc s'accorder au pluriel, comme "verts, l'odeur..." ou "roses, les soirs...", mais cela ne disqualifie en rien, à mon sens, la couleur de ce poème.

J'ai juste achoppé sur:
l"a vierge et la putain,
la chaux vive et l'arène."
d'une part parce que je ne vois pas pas bien à quoi fait référence le 1°: la Macarena et la danseuse de flamenco ? (pas évident pour moi) et d'autre part parce que je m'attendais au second à une antinomie.

J'ai bien sûr en lisant entendu Recuerdos del Al hamra de Francisco Tarega et je me suis vu, nostalgique, sur les rives de l'Oued el Kebir.

   Gerwal   
13/9/2011
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Un très habile imbrication entre deux chants d'amour, pour une région (subtilement décrite par quelques touches impressionnistes) et pour une (la) femme...
Une imbrication qui se manifeste jusque dans la forme où les couleurs se répondent d'une strophe à l'autre, avec subtilité, mais sans tomber dans le procédé systématique qui pourrait lasser par un côté "exercice de style", "voyez comme je maitrise bien..." ("découverts" et "Vert" par exemple, avec quand même comme une petite faiblesse du côté de "coquelicots rouge vif...", mais, bon...), et jusque dans le dernier vers... nostalgique, où la "photo qui jaunit" renvoie au jaune du début et aux "relents du soleil"... un rappel des souvenirs heureux...
L'immersion est totale, complète... amoureuse... à tel point que l'on ne sait plus si c'est l'Andalousie ou l'andalouse qui est la muse de ce chant... ou les deux "imbriquées"... tour à tour rude(s) et tendre(s)

   socque   
16/9/2011
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
D'ordinaire je n'apprécie guère le rythme d'hexasyllabes que je trouve trop saccadé pour que le propos se déploie, mais ici je trouve que cela fonctionne bien. Un poème très visuel, évocateur, avec de superbes images :
"les relents du soleil"
"la folie de la lune
sur le fil de ta peau"
"Le miroir de l'Afrique
divaguant sur la mer"
"Vert, l'odeur de la menthe,
les chants de l'Alhambra,
les yeux de mon amante
et les vers de Lorca ;"
par exemple.

Le mouvement du poème est très soigné, j'aime beaucoup la manière dont vous passez d'une couleur à l'autre. Le dernier quatrain est absolument magnifique, le dernier vers à tomber, et il s'offre le luxe de reboucler sur le jaune ! Du beau boulot, vraiment.

   Anonyme   
16/9/2011
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Charivari ! Même sans l'accompagnement à la guitare flamenca, ce poème est superbe... Un arc en ciel andaloux particulièrement réussi où tout s'enchaine avec force et beauté !
Je suis séduit par ce texte dans son ensemble et plus particulièrement par le quatrain final dont le dernier vers, bien que très simple, est tout à fait génial ! Bravo pour ce joli travail...

   Anonyme   
16/9/2011
C'est vraiment très bon
Avec des mots simples et des images bien choisies, tu as composé un poème très visuel, coloré, solaire.
La transition entre les groupes de strophes par la répétition de la couleur n'est pas nouvelle, mais ici tout à fait pertinente.

A mon gout, ton meilleur texte publié sur ce site.
Un texte qui rend heureux.
Bravo et merci.

   brabant   
16/9/2011
 a aimé ce texte 
Passionnément
Bonjour Charivari,


Bon, ben j'ai trouvé ça fabuleux.

Cette succession de couleurs aurait pu faire penser que l'on aurait une suite de tableaux hachés, juxtaposés. Eh bien non, le liant est là et l'on avance, se coule, se délie dans une continuité d'un tableau à l'autre, ainsi que pour une tapisserie de Lurçat que l'on déroulerait avec toujours la même qualité de trame et de dessin. Magie de l'écriture, peut-être... Magie de cette écriture-ci, de ce poète-ci, sûrement !

Je suis époustouflé !


ps: peut-être à "Orange" me suis-je dit 'Encore !' mais non, c'est reparti et le Bleu est passé au Vert/Vert qui est passé au Rouge/Rouge/Rouge. Quel beau code que celui de la poésie où l'on ne s'arrête pas aux feux.
Et l'on termine enfin sur le Noir, qui n'est pas ici un arrêt mais un 'suspens' : Le 'Suspens'.

Magie du souffle !

   bulle   
16/9/2011
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Ces couleurs-là ne sont pas qu'andalouses, de ce que j'en perçois. Elles semblent refléter aussi des états d'âme.

Une boucle se forme de l'intérieur vers l'extérieur, et inversement. Chaque couleur ayant sa signification particulière, associée à un sentiment, une émotion, une sensation, se mêle à celle de l'état d'esprit de l'instant, ou du regard qui semble dérouler toute une vie.

C'est un double fil. Tous les brins confluent par la forme que j'ai trouvée très musicale, grâce aux rappels des couleurs, mais aussi de sons, ou allitérations :

"les relents du soleil,"
"l'éclat du couteau,"
"et le chiendent (...) dans les champs"
"la folie de la lune"
"pénitents qui portent"
"le taureau terrassé"
"le galop des guitares"
"les fleurs et les reflets ... aux effluves"
...

Les caresses s'entendent, autant que les griffures.

J'ai beaucoup apprécié.


La répétition de "fleur" aurait peut-être pu s'éviter, de même que le 'coquelicot rouge vif' qui, s'il avait été 'à vif', m'aurait davantage parlé. Mais c'est minime, tellement le flot m'a emportée.

   wancyrs   
16/9/2011
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Je vois une boucle qui commence par le jaune et finit jaunie... je salue le travail de forme.
voilà un bel hommage pour la ville qui nous a vu naître. Presque tout est cité, de façon si subtile qu'on aimerait aller sur place voir de quoi il en est, vivre et respirer l'air de ce milieu si brillament décrit.

Blanc, l'éclat du couteau,
la folie de la lune
sur le fil de ta peau,
le ressac et l'écume ;

Très beau texte.

Wan

   Anonyme   
16/9/2011
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Un poème qui retranscrit bien une partie de l'atmosphère andalouse. Une partie seulement car à mon avis il manque la dimension rude et ingrate de cette province. L'Andalousie c'est aussi la fournaise l'été, de la poussière, du vent et des endroits terriblement austères, quasi-désertiques.

Une poésie qui fait donc un peu carte postale mais dont la construction est, sans conteste, un véritable régal.

   Pascal31   
16/9/2011
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Un superbe poème au rythme entraînant (rien d'étonnant, de la part de Charivari !), qui dépeint une Andalousie multicolore.
Quelques (petits) regrets : "qui ceignaient tes seins blancs" sonne d'une manière bizarre à l'oral et passerait mal dans une chanson à cause de la confusion possible "ceignaient / saignaient" (même si ce n'est pas vraiment une chanson, ici). J'ai aussi tiqué sur la rime "patio"/"Picasso", pas des plus heureuses...
Mais ce sont des détails, l'ensemble est vraiment réussi : de ce flot de couleurs naît une ambiance, un tableau assez jouissif et, sincèrement, je déplore que ce ne soit pas des paroles mises en musique, cela pourrait donner une très belle chanson.
Quoi qu'il en soit, un très beau texte, dont la dernière strophe boucle la boucle avec cette photo probablement jaunie par le râle du vent et les relents du soleil...

   Mona79   
23/9/2011
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Un poème superbe dont les murmures éclatent en couleurs d'arc-en-ciel. Tout y est : la chaleur, l'amour, la vie, la mort. j'ai aimé "le galop des guitares/chargées de notes bleues".
La fin est particulièrement réussie.

   David   
4/10/2011
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Charivari,

J'ai beaucoup aimé les couleurs qui lancent les strophes, le pas du chemin de fer/fer à cheval/cheval de course/course à pieds enfin ce refrain de cette comptine-là à ta façon. La rime à "jalouse", même attendue est bienvenue, pas trop tôt dans les vers, c'est pas une carte postale, c'est bien plus joli.

   melancolique   
14/11/2011
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Charivari,

Très jolie poésie tout en couleurs, j'ai adoré la façon dont vous avez donné la meilleure description pour chaque couleur, c'est magnifique.

Je retient particulièrement:
"Orange, les alcazars,
la terre gorgée de feu,
le galop des guitares
chargées de notes bleues."

"Vert, les prés en hiver
sous le crachin furtif,
constellés d'éphémères
coquelicots rouge vif"

Je vous remercie pour cette lecture. Au plaisir de vous relire.

   rmfl   
26/11/2011
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Je ne sais pas quelle strophe me parle le plus, toutes me parlent, elles ont coulées comme un goutte à goutte dans mes veines...je les ai aspirées comme on respire une bonne haleine chargée d' odeurs humaines, de vie et de nature...

   Lagomys   
29/11/2011
 a aimé ce texte 
Passionnément
Magnifique poème romantique et lancinant, coloré jusqu'au dernier vers de la strophe finale qui s'est bien gardé de réserver sa couleur en l'ultime mot.

Une profusion d'images sublimes : "L'éclat du couteau"/"Le fil de ta peau", "Grise, la mule fourbue"/"La bouffée de haschich", "Le clin d'œil et l'œillet sur le pli de ta frange", "Le galop des guitares", "La fleur qui cherche à naître sous le voile de l'Islam", magnifique ce "Rouge le soleil blessé, dérouté chaque soir, qui cherche à déchirer des lambeaux de nuit noire".

Du coup tu as même le droit de fleurir des coquelicots en hiver tant la strophe qui suit le mérite.

On pardonnera aussi quelques rimes un peu pâlottes : à laisser tel quel de peur de gâcher.

Je garde le + pour l'occasion où tu feras mieux… Ça s'ra pas facile !

   alex2   
30/12/2011
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Un excellent texte que je « remonte » avec plaisir !
J'aime cette évocation particulièrement vivante et picturale, ces couleurs qui défilent, s'enchaînent sur le mode de la kyrielle, façon « Trois ptits chats » (désolé pour la référence, quelque peu triviale). Les images déployées sont puissantes, frappent et me suggèrent avec force un ailleurs exotique et poétique, pittoresque.
Dommage qu'à certaines rares reprises, le rythme de l'hexasyllabe soit agrémenté d'une ou deux syllabes supplémentaires, faute à des -e non-élidés. Cela ne m'a cependant pas gêné outre mesure.

J'adore absolument l'effet de boucle final et le renversement progressif, qui confère au texte une dimension plus mélancolique… et témoigne de la maestria de l'auteur. Superbe, vraiment.

   Anonyme   
3/3/2012
 a aimé ce texte 
Un peu
Un poème qui évoque, puissamment, des lieux où j'ai vécu, des couleurs qui m'ont ému, des parfums que j'ai connus, une femme, des femmes qui...

Je suis très sensible à la légèreté du rythme des hexasyllabes. C'est pourquoi je regrette un peu, ici, l'irruption, que je trouve malencontreuse, d'heptasyllabes (ou plutôt de faux hexasyllabes).

   Anonyme   
22/4/2012
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Très beau. Les mots chantent, éclatent comme des grenades.
J'aime beaucoup. Un véritable tableau !
Bravo.

   aldenor   
19/7/2012
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Au départ, couleurs andalouses, je pensais que ce serait un choix de couleurs spécifiquement andalous et je trouvais qu’il y en avait trop… Finalement ce n’est pas que ces couleurs soient typiquement andalouses, c’est toute la palette des couleurs comme elle se manifeste en Andalousie.
Le titre est peut-être trompeur.
Mais c’est un beau poème, bien conçu et qui coule agréablement ; les correspondances sont souvent inattendues, comme les sauts d’une couleur a l’autre.
Et je préfère quand elles le sont : par exemple, bleu pour « les ombres du patio » plutôt que pour les premiers Picasso, qui sont ainsi catalogués, ou « verts […] les chants de l’Alhambra » plutôt que verts les yeux de l’amante, qui sont platement verts.
Avec le jeu des correspondances, on pense aux touches de piano en couleurs de Scriabin ou aux voyelles de Rimbaud.
Correspondances andalouses au lieu de couleurs andalouses ?

   Youyoub   
20/4/2017
 a aimé ce texte 
Vraiment pas ↓
J'ai lu les 3 premières strophes. C'était lourd, sans réel intérêt, rythme cassé qui n'apporte rien.
Je n'adhère absolument pas.
Je m'attendais à plus que ça, vu sa note...


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