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Poésie en prose
Charivari : Fou… Ouf, je respire
 Publié le 27/02/21  -  10 commentaires  -  5046 caractères  -  74 lectures    Autres textes du même auteur

Bipolaire mais dans le sens contraire de la folie ordinaire.


Fou… Ouf, je respire



Ce monde est fou.
Déjà pour commencer il est bipolaire
Comme moi, à ce qu’on m’a dit
Mais apparemment
Mon mal est différent de la folie des gens
Moi je suis bipolaire, mais dans le sens contraire
De la folie ordinaire et binaire.

Et dans ces quelques vers
Où j’atteins la déraison,
Je tiens là des raisons
De croire que les fous,
C’est aussi moi que vous.
Cherchez donc de vous-mêmes
Dans ce poème
À l’endroit, à l’envers,
Où se loge la thèse, l’antithèse
Et la foutaise…

Toi et moi grillés, perdus dans la grisaille. Il a fallu que tu t’en ailles et tu emportes avec toi tout le mâle que j’ai fait. Moi je n’ai gardé que la vengeance, la violence, la déchéance… J’ai comme envie d’amertume, de déchirer la lune, de me foutre en l’air, de réverbère en verre de bière. Je veux faire la fête, à m’en faire péter la tête, tout est permis, plus on est de fous et plus on rit.

On me refoule, mais moi je déboule et je me défoule devant la foule, et je roule ma boule en battant le pavé où vous vous traînez, un boulet aux pieds, moi je ne pense pas avec mes pieds et je suis déchaîné. Je n’ai qu’un seul désir, c’est celui d’être heureux, qu’un seul moyen d’y parvenir, c’est qu’on soit au moins deux. Avec des fleurs pour attaquer, mais mes fleurs sont fanées, un canon pour riposter, mais sa gueule a cramé.

Je clame des poèmes, que je chante fébrile en errant dans la ville, sans rime j’y bave des mots de haine, je ne vois que trop bien vos grimaces et vos gênes. Vous m’avez déçu, vous m’avez exclu… Les gens, les gens, les gens, vous n’êtes pas très intelligents, vous n’avez de cesse de chercher un ailleurs, un ailleurs que par ailleurs vous détruisez au fur et à mesure de votre recherche… Et quand j’écris mes chansons, où je vous traite de cons, vous vous demandez : « Ça, c’est quoi ? De l’art ou du cochon ? »

Fou !
Jusqu’à la mort fuite en avant,
Rumeurs dehors remords dedans,
Le mors aux dents vomir mes peurs,
Cracher mon trop-plein de pudeurs.

Fou !
J’ai dans ma tête une idée folle,
Appelle maman qu’elle me console,
Lui dire je t’aime, me pisser d’ssus,
J’veux rester moche fragile et nu.

Je mets des mots durs sur mes blessures, sans autocensure, car là est la cause de tous mes mots. Devrais-je donc rester sans mot dire, tout accepter sans rien maudire ? Fou ? Ouf ! Je respire.

J’ai renoncé à la morale, à la normale, c’est à l’extrême de moi-même, au plus radical de mon âme animale que je suis génial. Le talent sans travail n’est qu’une sale mégalomanie, mais moi j’ai la magie, le malin génie, pour faire grouiller mes idées et m’en débrouiller… Ça me suffit. Je préfère être incompris.

Je suis juste coupable, sur ma trop petite planète d’avoir fait pousser des baobabs qui ont envahi ma tête. Leurs racines infiltrent mon crâne, leurs branches en poussant me trépanent. Je n’ai pas de place, je n’ai pas d’espace, cette piaule exiguë me cafarde, j’ai besoin d’air pur, je deviens marteau pour casser les murs et c’est ma tête qui se lézarde.

Ouragan chez les saturniens,
Tourner l’écrou, plonger dans rien,
Ce trou béant moi je m’en fous,
Je suis siphonné je suis si fou,
Folie furieuse, folie heureuse,
Songer serein,
Songer à tout,
Songer à rien,
Singer les fous,
Je suis fou à lier,
Ma démence est ma seule alliée.

Je suis cinglé,
Taré, zinzin, tagada sinoque,
Ni petit ni gros-boutien,
J’ai retourné l’œuf à la coque
Et je répands mes idées molles
Sur le sol.

Dans ma colère j’ai tout aboli, le travail, la famille, les amis, le cul, les vices et les vertus, tout est superflu, je ne quitterai plus cette piaule exiguë, il n’y aura plus de jour, plus de nuit, plus d’obligations et plus d’interdit… Je fais cramer mes habits, et à travers les flammes, prostré sur mon lit je m’écrie : « Tout à l’envers, tout à l’enfer, Satan, dieu de lumière ! »

À refuser les concessions
J’ai fini par tourner pas rond
Refusant d’arrondir mes angles
Ils m’ont serré dans ce rectangle.

À l’HP, je vous y foutrai la paix. Selon vos étiquettes et votre éthique, je suis fou, cas clinique. J’ai fait péter mes tabous et j’irai jusqu’au bout. Mais je ne suis pas fou, tout juste je suis jusqu’au bout ma logique. Je me suis et toi, tais-toi ! J’ai un arbre dans la tête, peut-être, mais toi regarde un peu ta poutre et va te faire foutre. Ma route est longue, elle blesse, mais ma folie mène à la sagesse. Fou… Ouf, je respire… Enfin… Mais jamais rien n’est fini. Mais vous, vous qui savez rester de glace, tout seuls vous faites-vous des grimaces, devant la glace loin de la foule… Osez m’avouer : ça vous chatouille ? Ça vous grattouille ?

Fou… Ouf, je respire.

R.E.V.E.R
À l’endroit comme à l’envers
Ça fait toujours rêver…


 
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   Gemini   
13/2/2021
 a aimé ce texte 
Bien ↓
Entre le sujet et la longueur, on se demande si ce ne sera pas compliqué de commenter un tel texte.
Pour moi, ça l'a été. J'ai eu l'impression de lire un exutoire, un écrit (un cri ?), un ouf de soulagement. Quelque chose qui devait sortir. Un sac à vider.

Je manque un peu de références pour savoir si les bipolaires ont ce genre de verve ou d’exubérance, dans quelles sphères de la raison (et de la lucidité) ils voguent, et surtout, s'ils parlent tous autant d'eux-mêmes.

Dans ce magma de pensées, il est difficile de discerner dans quelle mesure le narrateur est atteint. Mis à part son narcissisme évident.
Le lecteur, lui, déclaré fou : "les fous c’est aussi moi que vous", puis sain d’esprit : "selon votre éthique je suis fou", est pris à témoin pour découvrir les arcanes de la vie de ce "bipolaire dans le sens contraire de la folie ordinaire" (chose délicate à s’imaginer).

Tout semble être parti d’une rupture : "il a fallu que tu t’en ailles", pour arriver, rapidement, au statut de victime : "on me refoule", "vous m’avez exclu".

La description du trouble d’humeur(s) est truffée de jeux de mots, souvent très bons et dans le sens, mais souvent aussi hors propos, là comme pour essorer la pensée jusqu’au bout, jusqu’à la lie. L’exercice est-il maladif ? Difficile à juger.

Il y a d’excellents passages, notamment celui des "baobabs" (excellente emphase) qu’on retrouve plus loin en symbole de la paille dans l’œil pour opposer à la poutre des autres.

Je n’ai pas vraiment deviné si la forme avec ces strophes alternées de prose avait un rôle. Peut-être pour illustrer la bipolarité comme une chose binaire ? Et j’ai eu du mal à suivre l’idée principale dans le déroulé qui devait conduire (d’après ma compréhension) le "fou" au "ouf" :
Jusqu’à l’avant-dernière strophe, je lis encore comme une acceptation de la folie, et la délivrance n’apparaît que dans la partie finale, durant l’internement : "ma folie mène à la sagesse. Fou. Ouf, je respire...".
J’ai trouvé que cet accès à la sagesse arrivait un peu comme un cheveu sur la soupe. Sans avoir prévenu. Un effet des médocs ?

Enfin, le palindrome final vient peut-être renforcer l’effet miroir du fou (le ouf en verlan) qui dit ouf.

Texte riche d’idées explosives, de pensées parfois rangées, parfois confuses. Mais j'ai trouvé le ton très égal, assez loin des sautes d'humeur que je m'imaginais chez un cyclothymique.
En avouant encore mon inexpérience.

   Dugenou   
15/2/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour,

Je ne suis pas sûr de la catégorie dans laquelle le texte est proposé : un mélange de contemporain et de prose. Mais suffisamment foutraque pour qu'on s'y intéresse... la forme et le fond collent parfaitement ! C'est du joli travail, reflétant bien un état d'esprit bipolaire.

Attention : c'est plus souvent entre quatre murs qu'on devient zinzin. Plutot qu'en liberté... ici, le narrateur est piégé dans son quatre mètres carrés, dans lequel il délire sans garde fou. Très bipolaire, donc avec, pour reprendre le langage des psys, 'des hauts et des bas très marqués'...

"Fou!
J’ai dans ma tête une idée folle,
Appelle-maman qu’elle me console,
Lui dire je t’aime, me pisser d’ssus,
J’veux rester moche fragile et nu"

Cette strophe représente à elle seule le véritable intérêt du texte ! Bravo !

   bipol   
27/2/2021
Modéré : Commentaire hors-charte (confusion entre auteur et narrateur).

   Queribus   
27/2/2021
 a aimé ce texte 
Un peu
Bonjour,

J'avoue que je suis assez déconcerté par votre écrit qui appelle, de ma part, plusieurs remarques:

-votre texte n'est pas très gai et, dans cette période, vous rajoutez un couche au pessimisme actuel mais c'est votre choix et ce n'est pas une faute.
-votre écrit m'apparait bien trop long pour une poème et nécessite donc plusieurs lectures pour en saisir toutes les subtilités.
-l'écriture est déconcertante avec ce mélange de poésie"libérée" et de prose; le tout m'apparait plutôt décousu mais je pense qu'il a quand même nécessité un gros travail; il mérite donc au moins le respect. Certains apprécieront ce style d'écriture et c'est tout à fait leur droit.

En conclusion, il m'est assez difficile de me prononcer sur votre écrit.

Bien à vous.

   Hec4   
27/2/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup
J'aime les poèmes au rythme changeant, aux variations de forme.

Je regrette toutefois ici que ça ne soit pas plus lié au fond. Il y a de la folie dans tes longs paragraphes comme dans tes courtes strophes. Il y a des prises de conscience égarées également dans les deux. J'aurais aimé des coupures bien plus nettes entre les deux pendants de ce qu'il nomme sa "bipolarité". Car ce terme porte en lui une dualité que j'ai trouvée dans la forme mais finalement peu dans le fond.

J'ai par contre un gros coups de cœur pour les jeux de sens, de mots, de sonorités.
Il y a quelques facilités, quelques "déjà lus", mais malgré tout un joli travail et parfois une originalité bienvenue.
"tout le mâle que j'ai fait" m'a semblé bien plus malheureux (je n'ose pas le mâle heureux^^) que "car là est la cause de tous mes mots" (le mots/maux est usé jusqu'à la corde et pourtant je l'ai vraiment trouvé à sa place ici) par exemple.
J'ai aussi bien accroché à "De réverbère en verre de bière" "la thèse, l'antithèse et la foutaise" "je déboule et je me défoule dans la foule, et je roule ma boule" (ce dernier était à la limite du forcing quand même).. pour les petits délires sonores.

Bref j'ai retrouvé dans ce texte un petit truc de Noir Désir (et pas que "À l'endroit, à l'envers"^^) dont je suis friande et que je retrouve malheureusement rarement sur la toile.

À te relire

   Charivari   
27/2/2021

   papipoete   
27/2/2021
 a aimé ce texte 
Bien
bonjour Charivari
ça en fait du charivari dans votre tête !
Mais seriez-vous bipolaire, dites-vous ( enfin le héros ), or je ne vois que du " pas sympa ", à envoyer tout balader, et l'alternance avec le " tout gentil " ne pas me sauter aux yeux !
NB peut-être que ce " bipolaire là ", n'est en fait que " monopolaire " ?
On est tous un peu fou, mais quand on franchit la porte d'un " HP ", on a qu'une seule envie ( pour mon cas ), c'est de vite se sauver de là, avant de le devenir vraiment...

   Arsinor   
27/2/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup
La bipolarité n'a rien de drôle or le poète semble s'en délecter. Il est plus juste qu'il est fou de croquer la vie à pleines dents, quitte à s'exclure de la société pour cause de malséance. Mais les exemples font défauts : que fait-il concrètement ? Psychotique, non, assoiffé de liberté sans doute, ce qui en est un hors la loi charmant au sens du sortilège. Son texte se développe monothématiquement et sur plusieurs formes comme pour se convaincre lui-même.

Un manifeste.

   Edgard   
1/3/2021
Ce personnage (et donc ce poème) réussissent l’exploit de m’emmerder profondément, tant je me sens à l’opposé du personnage, et de m’y faire rester une bonne heure, à y retourner et à relire des passages. De ce point de vue, cet écrit de jeune homme est gagnant !
On s’attache, on fait des hypothèses. C’est très spontané et très « métal », ça pète le désespoir et la rage. Ça énerve et ça fait mal. Une part d’écriture automatique, qui énerve un peu aussi, mais justement là… Des passages plus élaborés. Une poésie du déséquilibre et une violence très juvénile…pour faire douter les non-fous ! Ce n’est pas ma tasse de thé, mais j’ai gouté…amer, mais au moins ça a du goût.
… je ne suis pas allé voir votre explication avant d’écrite mon commentaire, mais il a confirmé mon sentiment.

   Dolybela   
2/3/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Merci pour la liberté de ce poème. J'ai noté les échos sonores qui parcourent le texte (cul/vertus/exiguës), cette prose est très musicale, les passages en vers rythment aussi le texte. La forme est aussi libre que le fond puisque le je lyrique s'affranchit de la société de fous. Est-ce que finalement l'auteur ne tenterait pas de renouer avec le topos baudelairien du poète rejeté par la société ? Et mélancolique (saturnien)... mais si il ne s'agit pas de la figure du poète dans ces lignes, simplement d'un fou, c'est très beau aussi. J'ai beaucoup l'humour, même simple (de l'art ou du cochon). La métaphore de l'arbre est aussi assez originale, et même exotique, belle trouvaille. Le final est beau aussi. Finalement le je lyrique arrive à dépasser l'antithèse initiale. "Rumeur dehors remord dedans" : très beau jeu musical, je suis restée un moment sur ce verbe qui conjugue une assonance en chiasme ("e" "o" au milieu du vers) et une allitération en parallélisme (rumeur-remord//dehors-dedans) doublé d'un parallélisme grammatical : simple et efficace. Bravo !
(Je n'ai pas encore lu les explications, j'y cours pour savoir le fin mot de l'histoire)


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