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Poésie néo-classique
Charivari : L'Odyssée d'un paria
 Publié le 29/07/11  -  10 commentaires  -  769 caractères  -  277 lectures    Autres textes du même auteur

Ulysse navigue encore, dans les eaux troubles du XXIe siècle. Un sonnet dédié aux victimes de la guerre de Libye, et plus généralement, aux tragédies oubliées par Calliope.


L'Odyssée d'un paria



Maudit qui, comme Idriss, de naufrage en naufrage,
Navigua de Libye jusqu'à Lampedusa,
Avant de repartir, de Charybde en Scylla,
Vers Rome, l’éternelle ennemie de Carthage.

Une sirène beugle aux abords du rivage,
Un œil cyclopéen traque sa zattera*,
"Qui es-tu ? D’où tu viens ?" Idriss ne répond pas :
Il se nomme personne et n’est que de passage.

Quand, à Lampedusa, il scrute l’horizon,
Il rêve de s’enfuir de cette île-prison
Et de voguer sans fin vers des mondes nouveaux.

Mais l'Odyssée des gueux n’inspire pas Calliope ;
Idriss, comme le fil tissé par Pénélope,
Demain disparaîtra de l’immense écheveau.



*Zattera : terme italien. Radeau.


 
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   Mona79   
31/7/2011
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Je rectifie :
Ce sonnet mythologique qui fait, à son entrée, penser à Joachim du Bellay, ne manque pas de panache. Belles envolées lyriques. le dernier tercet est très beau et la chute bien enlevée.

   Lunar-K   
19/7/2011
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Un poème d'actualité qui parvient à éviter le piège de la particularité, à rester suffisamment général et "étranger" aux évènements qu'il raconte. Je veux dire que, s'il est dédié aux victimes oubliées de la Libye, il pourrait tout aussi bien s'appliquer à d'autres victimes dans un tout autre contexte, ce qui, bien sûr, est un grand avantage. Pas de date de péremption donc...

De nombreuses références bien réutilisées je trouve, de manière détournée peut-être mais néanmoins explicite. Je trouve que cela donne à votre texte une espèce d'autorité. Bien sûr, l'argument d'autorité ne vaut pas grand chose mais, dans ce cas, les références aux classiques renvoient à une sorte d'ancienne sagesse, d'universalité (on en revient donc à ce que je disais un peu avant)... C'est, là aussi, une très bonne chose car ce genre de texte, engagé, se doit de convaincre, et ces références peuvent clairement aider (de la sophistique, mais ça fonctionne).

Comme souvent dans les (pseudo-) sonnets, le dernier tercet est le plus important car il doit résumer à lui seul, ou presque, l’entièreté du message que porte le poème. Je le trouve ici particulièrement bien réussi avec ce mélange de révolte (le premier vers) et de fatalisme (les deux derniers).

L'écriture est très forte. Elle m'a fait voyager durant tout le premier quatrain avant de me plonger peu à peu dans la solitude du paria, dans l'enfermement et les illusions vaines des victimes qui rêvent de voguer vers des mondes nouveaux. Un contraste vraiment puissant qui parvient à créer une atmosphère assez oppressante je trouve.

Pour chipoter, la répétition du "de" dans la dixième vers, "Il rêve de s'enfuir de cette île-prison", m'a quelque peu accroché. Ce n'est pas grand chose, mais bon...

Au final, un texte véritablement saisissant, un enième sur les horreurs de la guerre peut-être, mais qui parvient à éviter les clichés et qui, tout en s'inscrivant très clairement dans l'actualité la plus proche, pourrait correspondre à de (beaucoup trop, malheureusement) nombreuses autres situations.

J'aime beaucoup !

   Leo   
22/7/2011
 a aimé ce texte 
Bien
Le parallèle entre le parcours des migrants africains et l'odyssée est quand même un peu exagéré, même si la géographie s'y prête, évidemment.

Ceci dit, c'est un bon texte, sur un thème d'actualité, avec des formules qui portent et qui frappent ("il se nomme personne et n'est que de passage", pour n'en relever qu'une), bien mis en vers. seul l'entrée du dernier tercet et la référence à Calliope me semblent un peu forcées.

   Anonyme   
29/7/2011
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour Charivari ! Heureux qui comme Ulysse... Maudit qui comme Idriss... Merci Monsieur Du Bellay ! De belles envolées malgré tout pour décrire un drame ô combien actuel, mais sans pourtant forcer le trait. La référence à l'Odyssée est quand même un peu osée, mais soit !
L'auteur n'aurait-il pas été inspiré par Ulysse from Bagdad, un ouvrage de l'Anglais Eric Schmitt ? On y retrouve en effet, dans le même contexte, un clandestin qui se fait appeler... personne.
Ca reste pour moi une agréable lecture...

   Gerwal   
29/7/2011
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Une synthèse très habile entre tragédies antique et contemporaine (chaque époque a les tragédies qu'elle peut), un mélange de sensibilité et de culture (celle-ci justifiant parfois celle-là)... un texte à la fois lyrique, humaniste et dur comme un constat...

   Charivari   
29/7/2011

   wancyrs   
30/7/2011
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
odyssée, oui. Peut-être pas le retour triomphal d'un soldat après une guerre, mais une fuite à la recherche du bonheur... lorsque ton éternel ennemi devient ton dernier recours...

Ayant quelque fois essayé de confectionner des sonnets, je sais ô combien l'exercice peut être difficile. Ici le pari est quand même tenu et le texte réussi à vieillir la technologie contemporaine pour rentrer dans le moule classique ; je pense à cet oeil cyclopéen qui doit surement s'agir d'un phare de vedette de la garde côtière.

J'aime bien le dernier tercet, il tombe comme un couperet pour trancher ce cri du texte, rappelant que le lendemain on aura vite fait d'oublier ce naufragé du destin.

Il fallait l'écrire ce texte.

Merci.

Wan

   Meleagre   
3/8/2011
 a aimé ce texte 
Beaucoup
A la relecture, j'aime beaucoup ce poème, avec des images très fortes, et des reprises très parlantes de références littéraires.
La reprise du vers de Du Bellay est savoureuse, avec cette transposition d'Ulysse en Idriss, qui, lui est aussi, est un exilé, et qui, lui, ne rentrera peut-être pas "Vivre entre ses parents le reste de son âge".
Toutes les références mythologiques et littéraires sont transposées pour reprendre une nouvelle force dans l'actualité.
- "Rome, l'éternelle ennemie de Carthage" : on pense d'emblée au discours du grand Caton ("delenda Carthago"), mais cela évoque aussi les prises de position assez dures du gouvernement italien, ne voulant pas accueillir seul les vagues de réfugiés tunisiens.
- "une sirène beugle", un "oeil cyclopéen" : ce ne sont plus les obstacles d'Ulysse, le chant des sirènes et le cyclope Polyphème ; c'est ici une vedette de police maritime avec son faisceau lumineux pour traquer les radeaux...
- "Il se nomme personne" : le nom de "Personne" n'est plus une ruse d'Ulysse pour fuir plus facilement le Cyclope ; Idriss est anonyme au milieu de tous ces réfugiés, il n'a plus d'existence propre, personnelle, il "n'est que de passage"...
- "le fil de Pénélope" : s'il disparaît, ce n'est pas à cause d'une ruse de Pénélope ; pour le coup, cela fait plutôt penser aux mythes des trois Parques qui peuvent rompre le fil de la vie d'Idriss.
Donc oui, c'est bien une odyssée, au sens propre, puisque ce récit de voyage reprend les éléments du mythe d'Ulysse, pour les détourner avec une force d'actualité.

Au point de vue du rythme et de la musicalité, j'aime beaucoup le premier quatrain, qui donne bien le contexte avec des vers très puissants. J'aime beaucoup le vers "Il se nomme personne et n'est que de passage". Le vers "Et de voguer sans fin vers des mondes nouveaux" me semble un peu plus banal, un lieu commun, même s'il évoque bien ce désir de reconstruire sa vie dans une nouvelle terre d'accueil.

   Folibri   
11/8/2011
 a aimé ce texte 
Un peu ↓
Le passé simple du 2nd vers ne me semble pas approprié du tout ?
"D'où tu viens ?" pourquoi de l'oral si peu élégant dans un sonnet ?
En fait, je crois que je ne comprends pas ce qu'apporte cette lecture. Ne sont-ce pas encore des mots inutiles qui viennent alourdir la montagne Poésie ? Ne voilà pas des neiges noires qui recouvrent les blancs flocons ?
Je n'accroche pas.

   Anonyme   
2/10/2011
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Un intelligent pastiche de Du Bellay qui marque une grande connaissance des références mythologiques, littéraires et historiques. Un sujet d'actualité qui dénote également un engagement du poète dans les affaires de son siècles, on y retrouve le politique flambant neuf (la révolution Libyenne/ l'émigration clandestine... entre autres); mais aussi une note d'humour amer ( l'Odyssée des Gueux) qui révèle une triste vérité souvent tue.


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