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Chansons et Slams
Charivari : Run and run and jump and fuck you Donald Trump
 Publié le 08/10/16  -  20 commentaires  -  3059 caractères  -  268 lectures    Autres textes du même auteur

Ceci est une modeste contribution au concours "En 13 secondes, tout bascula", mais dans la partie "off" du concours. Le record du 110 mètres haies est de 12 secondes 80, détenu par le Nord-Américain Aries Merritt en 2012.

http://www.oniris.be/forum/concours-n-21-et-en-13-secondes-tout-bascula-t22209s0.html


Run and run and jump and fuck you Donald Trump



Enchaîner trois foulées,
S’élancer,
Rebondir, et lever
Bien le pied.
Galoper puis sauter,
Recommencer encore
Dix fois d’affilée
Jusqu’au bout de l’effort
Vers la ligne d’arrivée

Hey toi le petit Blanc, allume ta télé
Et viens donc admirer le fabuleux spectacle
D’un destin qui se joue dans une course d’obstacles,
La finale des juniors du 110 mètres haies.

En juste 13 secondes ma vie va basculer,
Si je gagne la course
J’ai le droit à ma bourse
Pour l’université,
Dans 4 ans les JO…
Si j’arrive en dernier,
Je retourne au ghetto.

Hey toi le petit Blanc, pourquoi tu m’applaudis
Alors que t’es raciste ?
Parce qu’on vient tous les deux de Richmond, Virginie ?
Je ne suis plus négro quand je suis sur la piste,
Je deviens un espoir de médaille aux JO,
Une étoile filante qu’on accroche au drapeau.

Mais je sais ce qu’il y a sous ta tignasse blonde,
Mon examen à moi ne dure que 13 secondes,
Pour les autres matières
Les Négros sont des nuls…
On est bien trop stupides
Pour l’anglais, le calcul,
Nous, on est juste bons
À éclater des pierres,
À cueillir du coton,
À vous servir de mule
Et pour les plus rapides
À faire les canassons.

Le 110 mètres haies, c’est le refrain d’un rap
Qui trace en dix étapes les barrières à franchir
Pour briser ses entraves.
C’est une capoeira, la danse d’un esclave
Qui cherche à s’affranchir.
S’il va vite il s’échappe,
S’il tombe on le rattrape…

Mais voilà, petit Blanc, que la course commence :
Écoute un peu mon beat
Entre dans la cadence
Ça vole haut, ça va vite,
C’est l’histoire d’un Négro
Qui s’enfuit du ghetto…
Gentlemen… Ready… Go !

Mon tout premier obstacle est tatoué sur ma peau… Hurdle* one.
Je suis noir, je suis pauvre, du fin fond du Dixie… Hurdle two.
Ma mère fumait du crack et mon père est parti… Hurdle three.
À l’école… Quelle école ? L’instit’ est en congé, Hurdle four.
À part un mobil home, où c’est qu’on peut loger ? Hurdle five.
Mon frère est mort un jour au cours d’une fusillade… Hurdle six.
Des cops l’ont acculé devant une palissade… Hurdle seven.
Mon frère avait un gun… Les flics en étaient sûrs… Hurdle eight.
120 morts en un an, ils appellent ça bavures… Hurdle nine.
Moi j’ai des flingues aux pieds et de la poudre au cœur… Hurdle ten.
Je plonge à l’arrivée…. Et je suis le vainqueur.

Petit Blanc tu exultes et tu me cries bravo,
Mais surtout blondinet, abandonne tout espoir
De me voir brandissant ton putain de drapeau.
Je suis le négatif du rêve américain,
Je ne suis pas cheval, moi, je suis panthère noire,
Tout en haut du podium, je lèverai mon poing.

Run and run and jump, and fuck you Donald Trump.


(Hurdle : une haie, en anglais.)


 
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   Anonyme   
16/9/2016
 a aimé ce texte 
Passionnément
Bonjour,

Alors que d'habitude je ne suis pas partisan des poésies - ou chansons - engagées, j'avoue avoir été conquis (moi petit blanc) devant cette écriture qui vient des tripes, car le propos est juste. Il est juste, donc, et reste correct - à mon sens. C'est bien rythmé - comme une course de 110 m ou un Slam, et le "Run and run jump, and fuck you Donald Trump" est un cri du coeur auquel j'adhère entièrement, tant ce type est abject. Souvenons-nous d'ailleurs qu'il l'est aussi envers les femmes - soit dit au passage - et que si l'Amérique l'élisait président (ce que je ne crois pas), la majorité des Américains seraient tombés bien bas. Bref, moi qui n'a jamais traité de politique ici - car je pense que ce n'est pas lieu - j'ai poussé ici un coup de gueule (justifié) qui m'a fait le plus grand bien.

Pour revenir au poème, dommage que celui-ci n'ait pu figurer dans le cadre du concours car le thème est respecté, et l'originalité de l'oeuvre ; sa force et sa qualité littéraire, donnent à l'ensemble quelque chose d'unique.

Bien à vous,

Wall-E

   papipoete   
18/9/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup
chanson et slam
La lecture complète du texte montre combien est immense la différence entre un événement de vie, entre noir et blanc aux Etats Unis d'Amérique ( même si elle existe encore de nos jours, je pense que l'action se déroule au temps où le Kukuxclan sévissait sans crainte ) .
Cette course le 110 mètres haies, que le " black " doit absolument remporter en 13 secondes, est comme le fer de la guillotine ; s'il gagne dans ce temps, l'université lui est ouverte comme au blanc ; si non, il retourne dans son ghetto vers la cohorte de ceux qui n'ont rien, ne feront jamais rien !
Il gagne hourra, même les blancs l'acclament, et du haut du podium, " black panter ", il lève le poing au ciel !
Je vois très bien la scène !
Le thème du concours est respecté !
papipoète

   LenineBosquet   
21/9/2016
 a aimé ce texte 
Bien ↑
J'aime bien ce texte et trouve qu'il aurait eu tout à fait sa place dans le concours, le thème est on ne peut plus respecté.
J'aurais voté pour lui, tiens!
Par contre je trouve vraiment dommage la faute de frappe dans le titre, faut faire abstraction, c'est pas évident...
C'est la langue choisie ici que je trouve en totale adéquation avec le fond, c'est cash, franc, un peu de grossièreté, juste ce qu'il faut, ça sort du ghetto quoi. Et puis on est dans l'actualité là, ça colle au ground, j'aime.
Merci!

   Proseuse   
23/9/2016
 a aimé ce texte 
Un peu
Désolée, mais je n' ai pas réussi à "entrer" dans votre texte ...le titre d' abord m' a rébutté ! ensuite une lecture difficile vraisemblablement à cause des anglicismes beaucoup trop nombreux ! Enfin, je comprends la "démarche" du poème en globalité, mais j' ai trop butté dans ma lecture pour l' apprécier !
une autre fois peut-être !

   Anonyme   
8/10/2016
 a aimé ce texte 
Un peu
Bon, c'était quand même un peu couru d'avance.
Quelques haies de clichés, je trouve.
Le problème des textes engagés est que l'on doit suivre le porte-drapeau (l'auteur), ou rester sagement sur le côté. J'ai du mal à m'engager derrière un engagé, mais cela ne tient qu'à moi.
Bref, ça ne m'a pas chaviré plus que ça.

   Bellaeva   
8/10/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
J'ai adoré. Le fond déjà, la cause des noirs aux USA, et "fuck you Donald Trump" même sa moumoute jaune n'a pas été oubliée ;-) !
Réussir dans un poème à faire passer tous les messages clefs d'une cause, c'est assez remarquable. Et cette rage devant l'instrumentalisation des noirs quand ils deviennent utiles en tant que sportifs. Tout est dit. Et puis le poème lui même, le rythme, j'ai couru avec le coureur, j'ai "rappé" avec lui. J'ai cru que le passage plus long allait me lasser ou casser mon rythme, et non, j'ai sauté les haies avec le coureur ! L'anglais était bien vu, donnant cette tonalité outre atlantique dans la bouche d'un noir américain, il me semble. Pourtant, je ne suis pas trop pour le mélange d'habitude.
Bravo !

   Annick   
8/10/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Un rythme enlevé, on est en pleine course.
L'accumulation des "Hurdle* représente chaque obstacle de la vie du héros.
Une vision tranchée entre noir et blanc. pauvre et riche, et pour le coureur, une dualité : Il est une étoile filante qu’on accroche au drapeau mais aussi le négatif du rêve américain.

   Anonyme   
8/10/2016
Commentaire modéré

   Charivari   
8/10/2016

   troupi   
8/10/2016
 a aimé ce texte 
Passionnément
Salut Chari

Ça fait bien longtemps que je n'ai pas lu un texte qui m'accroche autant, par son style percutant, par sa vision si juste, par ses expressions excellentes qui parsèment tout le texte, par son rythme.
Toute la série des "hurdle one, two, etc passe assez mal à la lecture je dirais "tranquille" mais si on essaie d'y mettre un peu de vigueur ça va déjà mieux et je suis convaincu que rappé c'est excellent.
D'où la différence entre un poème et une chanson.
Bravo !
Edit. Je ne suis pas passionné par les concours aussi je ne regrette pas son absence de celui-ci même si je pense qu'il aurait eu sa place, par contre je trouverai vraiment dommage que ce texte ne bénéficie pas d'une mise en musique qui lui apporterait toute la dimension qu'il mérite.

   Vincente   
8/10/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Charivari,

J'ai beaucoup aimé ce rythme appuyé qui s'accorde à votre texte, j'ai beaucoup apprécié le propos et le regard du personnage (cas bien spécifique aux USA) auquel vous prêtez votre plume et enfin cette flamme d'écrivain passionné qui se fond dans ses personnages. C'est un riche transport intellectuel que l'on fait en quelques minutes, auquel on ne pourra éviter de rattacher nos connaissances de cette problématique particulière de l'insertion des minorités (bien qu'aux USA, si la population noire n'est plus vraiment une minorité, elle le demeure dans les classes moyennes et dominantes), d'ailleurs avec ou sans adhésion, là n'est pas la question, dans vos généralisations du "petit blanc" ou du "pauvre noir". Ce serait ce plan qui pourrait freiner la pertinence de l'évocation, mais vous y échappez puisque le contexte historique vous confirme a priori dans votre analyse.
C'est une belle écoute situationnelle que vous nous offrez dans ce slam (je le vois plus comme cela par son phrasé que comme chanson classique). Merci.

   Anonyme   
8/10/2016
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
Bonjour,

Époustouflant. Je n'ai plus de mots pour exprimer mon admiration. Ce n'est pas le thème qui m'interpelle, on sait bien tous que le racisme est un poison et tant de choses ont déjà été écrites à ce sujet, mais c'est votre façon de le dire, de décrire une société américaine hautaine mais malade au plus profond d'elle et qui veut (qui va) imposer sa vision au monde entier. Bravo pour la référence aux Blacks Panthers, et à toutes les références, à vrai dire.
" C’est une capoeira, la danse d’un esclave
Qui cherche à s’affranchir.
S’il va vite il s’échappe,
S’il tombe on le rattrape…" magnifique évidence que l'on oublie si facilement.
Mille Bravos à ce texte emblème, un hymne au refus de cette puérile différence, et de la sotte indifférence.

   Vincendix   
8/10/2016
Habituellement, je ne commente pas les chansons et slams qui ne sont pas accompagnés de leur musique, mais ce texte a une autre dimension.

Un cliché un peu réducteur de la cohabitation, aux USA, des « blancs » et des « noirs ». Ce vaste pays est truffé de contrastes et de paradoxes, physiquement et moralement. Le temps de la ségrégation est dépassé, le KKK n’est plus que du folklore mais subsiste une sorte de racisme de classes, la richesse étant le principal critère mais aussi, dans les couches moyennes, le statut social. Un exemple, avec le policier « de couleur » qui a abattu un « noir ».
La brutalité n’est pas seulement d’un côté, tous les blancs n’ont pas l’âme noire et tous les noirs n’ont pas l’âme blanche comme semble le psalmodier ce rappeur.

Je le rejoins pour déplorer la candidature à la présidence de Trump, ceux qui ont permis une telle aberration devraient avoir honte, quelle lamentable image de l’oncle Sam véhicule cet individu ! Il y a parmi les politiques Français(e)s, quelques exemplaires peu recommandables mais pas à ce point.

Ceci dit, sur le plan strictement littéraire, ce texte est bien mené, il a du corps et de l’esprit, le message, qu’on le trouve justifié ou non est bien porté !

   MissNeko   
8/10/2016
 a aimé ce texte 
Passionnément
Ouah !!! La claque.
Rien à dire ... j au tout aimé le fond et la forme.
J aime vraiment beaucoup votre plume. Au plaisir de vous relire

   Donaldo75   
8/10/2016
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
Bonjour Charivari,

Tu m'as décoiffé avec ton poème. On dirait la chanson "Rebel without a pause" de Public Enemy en version 2016, à l'aune de cette anomalie locale qui s'appelle Donald Trump.

Je ne parlerai pas du fond, vu que je suis entièrement d'accord, loin des discours où le problème s'est déplacé d'une ségrégation raciale à une lutte des classes. Non, les deux coexistent aux États-Unis, et en France aussi. Seulement, n'en voir qu'un est plus facile.

Ce qui m'a bluffé dans ton poème ? Bonne question, je te remercie de me la poser:
* La musicalité (je ne la jouerai pas en rap, si j'étais musicien, mais à la mode 70 version Sly and the family Stone);
* Le rythme, surtout dans la partie avec les haies;
* La fin, symbolique et violente, comme cette image des sprinters américains aux J.O de Mexico, sur leur podium avec leur gant noir.

Ce poème est long mais se lit d'une traite, se relit encore d'une traite, bref il arrache la tête.

Bravo !

Donald

   Ramana   
8/10/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
C'est un poème dynamique et bondissant, j'ai sauté toutes les haies avec le champion, je suis arrivé second, et j'ai finalement compris son geste sur le podium. Eh ! Oui, le rêve américain, ce n'est pas pour tout le monde, et encore moins pour les noirs. Bravo pour ce 110 mètres d'un maître de l'art.
PS : entre nous, croyez-vous que Hillary Clinton vaut mieux que Donald Trump ?

   JulieM   
9/10/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Perso, je le trouve super ce texte, inspiré, il claque comme l'histoire profonde des USA, celle des contradictions, du racisme ordinaire, de la sacro-sainte liberté d'entreprendre surtout pour ceux qui ont du fric, un nom, ou un don. Un rap qui en d'autres temps aurait pu être un blues : leurs textes racontent tout deux la même souffrance, la même course (vie) d'obstacles, sans pitié, mortelle. Cela me parle beaucoup.

Merci.

   RamblinRose   
10/10/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Très bon angle d'attaque ! L'ensemble du texte se tient de bout en bout (de souffle) et tient compte de la réelle discrimination "positive" existante aux Etats Unis depuis les 4 médailles d'or de Jesse Owens.
J'apprécie également le rythme proposé dans cette course contre les mots.
La classe !

   Pouet   
10/10/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bjr,

J'adhère pleinement au propos, illustré je crois par ce vers: "Je ne suis plus négro quand je suis sur la piste".

En France, c'est un peu pareil hein, Zidane, un héro, Thuram, une légende (de la France bien, sûr). Pas exactement la même quand on a leur tête mais pas leur palmarès...

Bref, très bon, écriture coulante.

Bravo.

   madawaza   
11/10/2016
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
Chapeau l'artiste.
Que dire de plus que ce qui a été écrit précédemment.
Sinon que je suis jaloux de ne pas avoir su écrire cela.
Merci pour ce voyage.

   Rain   
11/10/2016
Commentaire modéré

   Anonyme   
2/11/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Whaouh. C'est le premier mot qui me vient à la lecture de ce magnifique texte. Moi qui n'aime pas trop ce style pourtant, il est ici tellement bien maîtrisé que je ne saurai quoi dire sinon bravo. Le rythme est entraînant, semblable à celui de la course et les émotions du coureur nous sont emmenées avec une justesse et une fluidité étonnante au vu du caractère vif du propos.
C'est un message beau et juste même si je trouve dommage la prise de parti d'un titre en anglais dont le niveau de langage tranche un peu trop je pense avec l'entame du texte même s'il colle parfaitement avec la fin.


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