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| Curwwod
17/5/2026
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
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une jolie métaphore " géographique" traitée sous la forme d'un rondel parfaitement construit : deux rimes, répétition des deux vers initiaux à la fin du second quatrain, répétition du premier vers du poème pour former un quintain. c'est une forme ancienne que j'aime beaucoup, que je pratique et qu'on voit trop peu souvent. C'est une forme musicale où les image font réellement poésie (Mes flots d’argent, mes blés dorés, Viens cueillir les fleurs de mes prés ; Entends l’appel des voix lascives De nos continents séparés ; Aux lagons des rus égarés ; Unis sous les saules ombrés, Nous entendrons chanter les grives.) Je ne vois pas ce qui pourrait justifier une autre catégorie que le classique.
PS : vous m'encouragez à proposer à mon tour des rondels bien que les formes anciennes et répétitives ne soient guère appréciées aujourd'hui. Curwwod en EL. |
| Passant75
17/5/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime bien
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Le poème exprime l’amour à distance dans une écriture lyrique et musicale. La répétition de « Viens, mon amour, rejoins mes rives » rythme le poème et traduit l’urgence du désir. Les paysages, « flots d’argent », « blés dorés », « fleurs de mes prés » ou « lagons », idéalisent le cadre amoureux.
Les images sensuelles et lumineuses renforcent la passion et l’attente de l’auteur. Les motifs récurrents accentuent l’obsession amoureuse et créent une unité rythmique. Le texte mêle le rêve, la nostalgie et l’espérance. Au final, malgré une certaine redondance, le poème réussit à capturer la beauté et l’intensité d’un amour séparé, en alliant la musicalité à l’émotion. Et j’ai bien aimé ! |
| BlaseSaintLuc
23/5/2026
trouve l'écriture
très aboutie
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aime beaucoup
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Très joli texte, en a envie de répondre, oui, j'arrive !
Le refrain navigue bien dans le texte , il a sa place, son prétexte. Bon, pour le style, les spécialistes statuerons , moi ça me va bien, c'est chantant, très poétique, le reste est une affaire de règles suivies. c'est très classique dans les trouvailles, mais ça emmène sont monde allons voir si le colchique est dans le pré! |
| Cyrill
27/5/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime bien
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Je trouve ce poème assez chantant, et quelques vers se posent joliment là pour agrémenter plaisamment ma lecture, ils sont éloquents :
« Entends l’appel des voix lascives De nos continents séparés ; », « Nous chercherons les eaux captives ». dommage que le texte soit structuré de ces lieux plus communs qui font refrain, et dans un poème si court ils pèsent un peu. Le jeu de rimes embrassées puis croisées semble être une savante technique d’approche amoureuse, je félicite la locutrice pour cette habileté ! |
| framato
9/6/2026
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aboutie
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aime bien
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Bonjour,
Ce texte est très musical et aurait pu me faire chanter avec lui mais un vers m'en a éjecté un peu brutalement : nous chercherons les eaux captives aux lagons des rus égarés... Il y a eu confusion entre lagune et lagon. Le lagon c'est l'étendue d'eau de mer captive en arrière d'une barrière de corail. Le ru est un petit ruisseau d'eau douce... qui ne peut donc être présent dans un lagon. Du coup la phrase ne veut plus rien dire de cohérent et je me suis trouvé en dehors du texte. Je comprend bien la recherche du beau et de la rime, mais ... pas quand c'est au détriment du sens. Voilà, désolé de ne pas avoir trop aimé cette fois |
| Provencao
8/6/2026
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
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Bonjour Cristale,
Au-delà de votre belle écriture, Cristale, vous avez fort bien su par l'appel de ces voix lascives, révéler la vertu du songe, du mirage, de la mélancolie, de l'illusion et du frisson, l'émoi de l'amour séparé et éloigné. La rive est le symbole de la résistance. Les continents séparés restent volontairement visibles. Ils illustrent comment ce "nous" malgré " Mes flots d’argent, mes blés dorés" désirent reconstruire sa vie. Joli symbole de la résistance. Au plaisir de vous lire, Cordialement |
| Luron
8/6/2026
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très aboutie
et
aime beaucoup
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Bonjour Cristale,
Des mots qui coulent et chantent en octosyllabes comme l’eau vive des rus. J’adore dans cette déclaration d’amour ce côté un peu «vieux jeu» du thème romantique du sentiment amoureux et de la nature dont rêvaient les jeunes filles de Musset : «L’eau, la terre et les vents, tout s’emplit d’harmonies. Un jeune rossignol chante au fond de mon cœur J’entends sous les roseaux murmurer des génies… » Le charme du désuet est bien assumé et servi par une forme classique bien accordée à la fluidité de l’eau. Un enchantement. |
| Boutet
8/6/2026
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aboutie
et
aime bien
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Un rondel ou un rondeau, je ne me souviens jamais de la différence. C'est léger, poétique mais c'est le but.
Bon, après les problèmes avec ce genre de poème sur seulement 2 rimes, c'est justement qu'il faille les trouver ces rimes sans que cela ne se remarque pas trop ( la recherche). Ici, on voit bien que dans les 2 premiers quatrains, ça passe allègrement mais on sent que le quintil force un peu le jeu. Mais je sais, ce n'est pas facile dans ce genre de forme. |
| LeChevalier
8/6/2026
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Comme, au milieu des grandes chaleur, on prend un plaisir inoui à boire un verre d'eau fraîche, de même je prends, moi aussi, un plaisir inoui à lire ce poème. Cependant, je prends des précautions, je savoure lentement, pour éviter de me retrouver avec un mal de gorge.
Le thème de l'eau nous est annoncé, mais de manière badine, dès la présentation : un petit rond dans l'eau, un petit rond d'eau, un petit rondeau, un rondel. La forme est donc importante pour l'auteur, je vais donc la commenter rapidement. Bien que datant du Moyen-Âge, quand c'était une forme de chanson à danser (ronde...), elle a été remise au goût du jour dès la deuxième moitié du XIXe s., par des auteurs tels que Banville (il publia le recueil Rondels), Mallarmé, Albert Giraud (ses rondels inspirèrent Arnold Schoenberg pour son cycle de mélodies Pierrot lunaire). J'aime beaucoup le recueil de Giraud, il est empreint de mélancolie et fait un usage merveilleux des refrains du rondel. Je disais que la présentation est badine ; en revanche, ce n'est pas le cas du texte lui-même. Si j'y vois beaucoup de qualités, je tiens à n'en souligner qu'une : la fraîcheur du ton. En effet, les images, en elles-mêmes assez classiques (jusqu'aux grives, qu'on trouve chez Verlaine -- « L'automne // faisait voler la grive à travers l'air atone »), sont ici investies d'un souffle de jeunesse. Il est particulièrement sensible dans le tutoiement, dans l'évocations du couple séparé sur deux continents, réalité des générations nouvelles, dans cette audace féminine à inviter (la femme moderne n'est plus un être passif). J'aime donc cette franchise du ton, ces nombreux impératifs et futurs simples, si éloignés de la complexité ténébreuse qu'on peut regretter dans certains poèmes contemporains. Ici, le sens jaillit librement, il nous émerveille, ce qui me paraît une qualité indéniable. Je m'autorise une remarque plus personnelle : les « blés dorés » me font immédiatement penser à l'Ukraine, dans le drapeau de laquelle ils sont figurés par la couleur jaune. Une pensée pour ses couples séparés par une guerre injuste dont nous déplorons tous, je crois, l'atrocité. |
| Myndie
8/6/2026
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très aboutie
et
aime bien
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Bonjour Cristale,
il me semble avoir reconnu un rondel mais n'étant pas spécialiste, j'avoue humblement avoir un peu triché et copié sur mes petits camarades :-D Toujours est-il que le voilà joliment troussé ce poème bucolique, teinté d'une sensualité mélancolique (à moins que ce ne soit l'inverse^^). Je n'ai donc rien à dire sur le jeu des rimes (croisées, embrassées), le rythme et son effet ressac (l'eau toujours) dû aux répétitions, toutes choses que tu maîtrises très bien. Un seul vers : « De nos continents séparés » vient faire dériver l'atmosphère intimiste de cette litanie amoureuse. Passer du ru minuscule aux continents est sans doute un contraste voulu pour exprimer l'immensité de la distance qui sépare les amants ; cette image a valeur d'hyperbole plus que de métaphore. Cristale, je t'applaudis vraiment pour cette finesse, ce talent que tu as de faire oublier complètement la technicité requise par cette forme de poésie, grâce à la sensualité et la musique des vers. |
| Zeste
8/6/2026
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très aboutie
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aime beaucoup
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Toute cette puissance de la parole poétique dans cette image de rus égarés et dont la source est cette eau captive souligant le paradoxe du renouvellement dans la profondeur du lien et l'espérance de vains demains. La rupture n'est que physique, les amants se recherchant toujours!
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| BlaseSaintLuc
8/6/2026
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C'est très beau, pour parler d'une séparation.
La prière (car s'en est une) "Viens, mon amour, rejoins mes rives," on précise l'endroit où rejoindre "Mes flots d’argent, mes blés dorés," et le but, l'objet à rejoindre un rêve que l'on veut partager. Mais l'appel est-il entendu ? Fuit-il cet être, les eaux captives ? Ces eaux égarées, trop d'ombres, où sont donc les chants des grives, égarés ? Maîtrise absolue de la forme, le fond est très parlant, chantant, enjôleur ? ps: je n'ai pas la possibilité de joindre une appréciation . trés AB / Aime beaucoup! |
| Damy
8/6/2026
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très aboutie
et
aime beaucoup
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Que dites-vous de "Mignonne allons voir si la rose", quand on sait que "la rose" est une métaphore ?
Sur vos rives, j'accosterais volontiers, vous m'avez embarqué ! |
| GiL
8/6/2026
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très aboutie
et
aime bien
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Très joli rondel (encore appelé rondeau ancien) léger et délicat, comme il se doit. Le deux quatrains m’ont enthousiasmé, le quintil, légèrement moins. J’ai trouvé « continents » un peu trop massif dans le contexte, j’aurais préféré quelque chose comme « rivages »…
Quoi qu’il en soit, j'ai apprécié ces trois gorgées d’eau fraîche après la canicule. Merci Cristale. PS : le titre est le même que celui d'un très beau poème de Marceline Desbordes-Valmore (écrit dans un esprit tout à fait différent...) |
| Lebarde
9/6/2026
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très aboutie
et
aime beaucoup
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Ces invitations si joliment exprimées ne peuvent se refuser et je viens, avec un peu de retard, "rejoindre vos rives" pour entendre avec vous "chanter les grives ».
Je suis séduit par la légèreté, l’élégance, la fraicheur de l’écriture et les touches de sensualité retenue qui transpirent de ce « rondel » délicatement bucolique d'une très grande poésie. Voilà une forme fixe ancienne que je découvre, comme d’autres semble-t-il, avec une belle émotion. Ainsi donc la poésie classique quand elle est proposée par une maitresse en la matière, a encore des choses inconnues ou ignorées à faire valoir pour le plus grand plaisir des amateurs et j’espère des autres aussi, qui font oublier les cacophonies violentes et belliqueuses que le présent nous impose trop souvent. Merci Cristale pour cette découverte et ce superbe moment de lecture. Bravo. |
| tome15545
9/6/2026
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Et frappe et frappe et frappe.
Il y a des mécanismes de la caresse en tout poème, un long apprentissage des douceurs et de la violence des mots. Vieux rondel pour de jeunes vers : un vieux flacon aux odeurs toutes fraîches : jasmin, rose, mélisse, bois de santal, et les notes poivrées de la mélancolie. L'épanalepse qui structure le poème "Viens, mon amour, rejoins mes rives" n'est pas qu'un simple jeu formel, c'est un jeu contre la mort, contre le manque, contre l'absence. Un jeu sacré. J'y lis du ressac, la matérialisation d'une attente sans cesse itérée, comme s'il fallait revivre au milieu des splendeurs. L'octosyllabe, par sa régularité simple à césure vagabonde, encadre un espace-temps suspendu propice à l'incantation, au supplice, à la formule décisive que l'on devine en contrepoint remonter du poème. Au cœur de cette architecture se déploie filée l'héritière du locus amoenus, sans description de front ; tout s'offre par le prisme d'une géographie intime, laissée à la devinette, abandonnée au sort. Le lecteur a du travail, et des rêves à retrouver. Le poème s'ouvre sur une omniprésence. L'accumulation des déterminants possessifs ("mes rives", "mes flots", "mes blés") délimite un territoire exclusif. Je, le lecteur, pénètre une propriété privée. C'est par effraction qu'on parcourt ce poème, et on ne saurait l'habiter sans une autorisation adéquate, à moins que quelque chose. Oui, mais, le paysage esquissé se trouve en même temps magnifié par quelque isocolon doublé de métaphores chromatiques ("Mes flots d’argent, mes blés dorés") : l'alliage, en quelque sorte, de ces deux métaux confère à cet espace intérieur une inaltérabilité qui évoque une époque mythologique où vivre était de vignes et l'existence cyclique (j'ajoute personnellement qu'il n'en est plus rien, et que nous allons tous mourir, bientôt, collectivement, grâce au génie humain : nous vivons dans l'angoisse ou dans l'ignorance naïve). Ce temps replié sur lui-même était le temps que tout le monde jadis cultivait, et que les agriculteurs savent encore reconnaître à travers les saisons. Depuis, sa flèche tue ; nous n'y sommes pas. Ce poème me paraît récit d'une conquête de l'altérité. L'élan initial est régi par la tension du manque. Le mode impératif ("Viens", "rejoins", "Entends") traduit formule d'injonction face à l'atroce, l'inacceptable distance de "continents séparés". Cette dynamique connaît une suspension rhétorique avec le vers "Ce rêve il faut que tu le vives", très oral, coûteux, monstrueusement tendre du temps qu'il s'accorde et accorde. J'y lève thématisation : le syntagme "Ce rêve", placé en tête de phrase et repris par le clitique "le", impose l'idéal amoureux comme un décret. L'enchâssement dans une complétive au subjonctif présent ("vives") maintient cet idéal dans la sphère du virtuel, hélas, tout en tissant un écho sémantique certain avec le "rêve". Il fau…drait. Le texte néanmoins organise le glissement de cette inexistence vers une résolution (tension/résolution, c'est tout l'enjeu de la musique avant Wagner). Le singulier possédant s'efface devant l'ensemble ("nos continents"), et prépare l'avènement, dans le quintil final, du pronom "Nous", absolu, voulu, désiré par tous les pores, frappé des feux de l'anaphore. Le futur ("chercherons", "entendrons") supplante alors l'impératif, acquérant une valeur performative : les mots transforment le monde, au moins le temps d'un rondel qui se répétera sans cesse. Parallèlement, j'observe un resserrement de l'espace, marqué par les compléments du nom enchâssés ("Aux lagons des rus égarés"). — Je précise tout de même, c'est un devoir, qu'il ne s'agit pas nécessairement de lagunes, mais que la nature des atolls diffère, et qu'il est des îles hautes (presqu'atolls) pour lesquelles de l'eau claire peut bien se déverser en les lagons. Nous en avons mille exemples, à La Réunion entre autres. Hypallages : les "voix" se font "lascives", et non les corps ; les "eaux captives" et les "rus égarés" empruntent au lexique des affects pour doter le paysage d'une conscience complice, d'un corps humain, d'une activité spirituelle de la chair. Le presqu'oxymore qui associe la stagnation tropicale des "lagons" à la vivacité continentale des "rus" ne dit pas de géographie tangible certaine : serais-je, lecteur, le rêveur ? Serais-je le monstre ébloui par les infinités du jour ? L'union finale du poème repose sur une orchestration phonétique dont il faut étudier avec attention la composante physiologique. Le texte est dominé par la fricative labio-dentale voisée [v] (viens, rives, voix, lascives), dont la friction continue génère un perpétuel murmure. Ce poème est secret. Son substrat sonore est prolongé par les consonnes liquides [l] et [ʁ] (flots, appel, lagons, amour), qui confèrent au vers une fluidité épousant l'eau, son motif aqueux, tandis que les fricatives post-alvéolaires [ʒ] et [ʃ] (rejoins, chanter, chercherons) rendent un fin bruissement, comme de feutre. La construction vocalique des rimes oppose, quant à elle, deux polarités. La rime féminine mobilise la voyelle haute antérieure non arrondie [i] (rives, vives), dont la tension musculaire et l'étirement suggèrent l'attente. La rime masculine repose sur la voyelle mi-fermée [e] (dorés, prés), dont la projection plus franche éclaire la strophe, comme un soleil. Enfin, les voyelles nasales [ɑ̃] et [ɔ̃] (entends, continents, lagons) sollicitent le voile du palais pour agir en résonateurs de basse fréquence, matérialisant dans la voix l'immensité de la séparation originelle. C'est en dernière instance la syntaxe qui résout cette tension. Au seuil de l'avant-dernier vers, est capital le participe passé "Unis". Placé en apposition frontale, il qualifie le "Nous" avant même l'énonciation du verbe principal : l'union s'accomplit dans la grammaire avant de se déployer dans le récit. (Et les fruits passeront la promesse des fleurs.) Le poème s'achève sur sa délicate note d'hypotypose, où les sens fusionnent sous les "saules ombrés". L'ultime proposition infinitive ("Nous entendrons chanter les grives"), avec son inversion rejetée en fin de vers, m'apparaît comme le point de repos du texte. La syntaxe, apaisée, prépare le terrain au retour inévitable du refrain, et referme de manière définitive la boucle de l'étreinte, avant que tout cela ne recommence, tant qu'il nous reste à vivre. |
| Vasistas
10/6/2026
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
|
Magnifique
Oui je me vois très bien dans ces prés, rejoindre à travers les blés dorés l'ombre des saules ma bien aimée, de retour d'un si lointain voyage. J'aime beaucoup la légèreté et la simplicité apparente de ce subtile appel amoureux. Merci Cristale |





