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Poésie néo-classique
Curwwod : Journal intime
 Publié le 17/07/15  -  23 commentaires  -  1227 caractères  -  414 lectures    Autres textes du même auteur

Un texte inspiré par la découverte au fond d'une bibliothèque des "livres de raison" de deux jeunes filles qui, ombres, n'existent plus que par quelques lignes naïves.


Journal intime



« Avez-vous vu, Maman, le livre de raison
Que vous m'avez donné pour mon anniversaire ?
Au grenier, au jardin, jusque dans la resserre
Je l'ai cherché partout à travers la maison ! »

Il y a si longtemps ! – Maintes saisons volages
Ont gravé leur empreinte au pourtour de mes yeux ! –
Je lui livrais alors les élans impérieux
Qui tourmentent l'esprit des filles de cet âge…

Au milieu des feuillets s'étiolaient les bluets
Timidement offerts d'une main vertueuse,
De candides aveux d'amitié amoureuse
Dont me faisaient pleurer les jolis mots désuets,

Le conseil avisé d'un oncle de province,
Le récit d'un voyage au cœur du Limousin
Et le portrait jauni de l'aimable cousin
Prêtant son bras galant à une fille mince.

De fou rire en chagrin, de toujours en jamais
De dessin maladroit en poésie naïve,
Mon vieux cœur s'est salé d'une larme furtive :
Une vie tout entière a passé désormais.

Voici venus les jours de morne fenaison
Qui faucheront le pré des souvenirs d'école !
« Si nous jouions à chat ? C'est Claire qui s'y colle ! »…
« Maman, avez-vous vu mon livre de raison ? »


 
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   bipol   
20/6/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
« Avez-vous vu, Maman, le livre de raison
Que vous m'avez donné pour mon anniversaire ?
Au grenier, au jardin, jusque dans la resserre
Je l'ai cherché partout à travers la maison ! »

le livre de raison était le livre de comptes

dans lequel on pouvait mentionner

tout ce qui paressait important

aux yeux de son propriétaire

au cours de sa vie

donc son journal intime

ici le narrateur nous indique

qu'il y était mentionné des poèmes naïfs, des dessins

votre texte est bien construit et bien écrit

avec un ton désuet qui m'enchante

j'ai beaucoup aimé

   troupi   
21/6/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Délicieuse nostalgie d'une époque probablement révolue, cette poésie néo-classique est bien agréable à lire et même à réciter.
Je n'ai de préférence pour aucun quatrain tant ils me paraissent tous bien écrits et équilibrés.
Un petit plus tout de même pour :
"Voici venus les jours de morne fenaison
Qui faucheront le pré des souvenirs d'école !"

   papipoete   
24/6/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup
aujourd'hui, le journal intime s'appelle facebook et tout y est anoté, le pire et le meilleur! Mais ce livre n'a plus de secret, car il s'ouvre chaque jour à des yeux curieux, gourmands!
Le vôtre me regretter de n'en pas avoir tenu un, et je voudrais remonter à mon jeune âge, pour y noter chaque soir ce que ma tête n'a pas su retenir!
Ces bonheurs tels " ces candides aveux d'amitié amoureuse " émeuvent vos pensées; mais pourquoi ne l'avez-vous pas conservé comme une relique, ce livre de raison? Maintenant, toute une vie a passé, et une larme furtive vient de mouiller votre coeur.
Chaque souvenir est tendrement évoqué, et je lis avec plaisir chaque note illustrant vos alexandrins!
le 12e vers mesure 13 pieds

   Anonyme   
17/7/2015
Bonjour Curwwod

Dans votre excellent "Poudrier" le narrateur découvrait un camée vieux d'un siècle.
Ici, c'est une narratrice qui retrouve le journal intime de ses jeunes années.
Dans les quatre premiers vers et dans les deux derniers, vous en citez deux extraits .
L'appellation "livre de raison" est aussi délicieuse que surannée.

Les souvenirs de la vieille dame constituent le corps du poème.
Elle a profité de la vie
"– Maintes saisons volages
Ont gravé leur empreinte au pourtour de mes yeux ! –"

et ses souvenirs sont plaisants :

"Le conseil avisé d'un oncle de province,
Le récit d'un voyage au cœur du Limousin
Et le portrait jauni de l'aimable cousin
Prêtant son bras galant à une fille mince"

Elle ressent une forte bouffée de nostalgie, mais c'est une belle personne et elle sait l'exprimer avec élégance.

Curwwod, mon cœur balance entre votre poudrier et votre livre de raison. Ils figurent l'un et l'autre dans mon hit perso.

Merci et chapeau bas devant votre talent.

   leni   
22/7/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour Curwood
Le livre de raison était à la fois un livre de comptes et d'histoires familiales J'ai eu la chance (je le crois) d'en découvrir un en Provence C'était savoureux On y trouvait des comptes les dates des lunes et des vérités telles que:"La nigelle se penche le soleil va cogner" "Le ciel est rouge ce soir il fera beau demain" Les résumés des réunions de famille sur un thème donné Un joli dessin de la Dame de onze heures qui s'ouvre à cette heure là Et même des recettes J'ai photocopié le"petit bouquin" et j'ai remis l'original à la Mairie J'ai reçu en remerciements un poisson fossilisé du musée lapidaire VOUS m'avez rajeuni un fameux coup Lifting affectif

J'ai relu plusieurs fois ton texte et je le trouve très serein
Ains dans ton livre des compte qui a une âme c'est fool sentimental....maintes saisons volages...des bleuets ...de candides aveux...le conseil d'un oncle...le portrait d'un cousin


ET ce vers merveilleux:

De fou rire en chagrin, de toujours en jamais

Joli ce livre de raison

J'espère que le lien en était un ?Merci pour cette évasion
Mon Salut très amical
Leni Gaston

   Condremon   
17/7/2015
Bonjour
Du coup j'ai lu vos autres textes.
C'est tout simple. Vous avez du talent il me semble
Et une persistence dans l'inspiration. Bravo

   Lulu   
17/7/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
J'aime beaucoup ce poème à la tonalité douce. Il y court un brin de nostalgie fort agréable à lire.

J'ai bien aimé l'intitulé "livre de raison" pour dénoter le journal intime, car ce dernier n'est rien d'autre, il me semble. Vous voyez juste. C'est peut-être le seul lieu où l'on peut discourir vraiment... sans s'y enfermer pour autant. Il amène à la raison.

J'adore le dernier quatrain, même si je le trouve quelque peu triste. Je le trouve bien tourné, notamment là : "Qui faucheront le pré des souvenirs d'école !" La nostalgie domine cependant avec les souvenirs qui reviennent "« Si nous jouions à chat ? C'est Claire qui s'y colle ! »…"

Vous avez vraiment une belle plume. J'aime beaucoup l'ambiance de vos poèmes. Je ne peux que vous encourager dans vos efforts.

   Cristale   
17/7/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour Curwood,
J'aime tout de votre poème, cette ambiance d'autrefois, votre écriture fluide, la richesse de votre vocabulaire, la limpidité de vos vers...tout.
(vers 12 = 13 syllabes)
Votre écriture me touche en chacun de vos écrits, ce style à l'ancienne est l'un de mes préférés en poésie, votre "Poudrier" a d'ailleurs "laissé des traces" dans ma mémoire et c'est tant mieux.
Merci pour ce plaisir que trouve à lire votre plume élégante.
J'en demande encore.
Bien à vous,
Cristale

   Hananke   
17/7/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour

Après le poudrier, l'auteur nous entraîne vers le livre de raison.
Toutes ces petites choses de l'enfance qui nous accompagnent
et qu'on oublie mais qui resurgissent un jour sans qu'on y prenne garde.
Les beaux vers tout d'abord :

Ont gravé leur empreinte au pourtour de mes yeux
Mon vieux cœur s'est salé d'une larme furtive
Voici venus les jours de morne fenaison
Qui faucheront le pré des souvenirs d'école !

Ce que j'aime moins :

Impérieux en synérèse (même permise).Idem pour s'étiolait.
L'inversion :
Dont me faisaient pleurer les jolis mots désuets
qui fait vraiment rime
Et le hiatus à une fille mince (même permis dans la catégorie).

Malgré ces petits désagréments personnels, ce gentil poème
reste d'un bon niveau et se lit agréablement.

   PIZZICATO   
17/7/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
A mon tour je dirai que ce poème est de la même essence que " Le poudrier ". Ecriture limpide, élégante pour rappeler ces objets d'une certaine époque. Ici des souvenirs de différents passages de la vie.
Un coup de coeur pour l'avant dernier quatrain.

   arigo   
17/7/2015
Au fil de la lecture, on oublie les rimes, on oublie les vers, on oublie les quatrains et on se laisse aller dans cette histoire, ce petit récit d'autrefois.

C'est tout en finesse, dans un rythme qui nous aide à voyager dans ces souvenirs volés.

Merci pour le partage.

   Anonyme   
17/7/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonsoir Curwwod... Voilà un journal intime qui ne laisse pas indifférent tant le tout est bien conté... C'est un véritable régal du début au vers final.
Seul bémol, le vers suivant Dont me faisaient pleurer les jolis mots désuets... Une syllabe de trop qui perturbe un peu la lecture mais comment vous en vouloir ?
Je suis vraiment séduit par votre écriture et votre poésie romantique... Encore merci et un grand bravo pour votre style incomparable.

   Anonyme   
18/7/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonsoir Curwwod !

oh la ....carnet intime ! Je me dis que je vais faire du voyeurisme , mais non ,c'est écrit avec beaucoup de délicatesse, presque avec candeur ! un vrai régal ...
J'aime ce vous désuet qui nous transporte dans une autre époque ou ce vous soulignait une marque de déférence!
Merci Jean-Jacques Rousseau qui dépoussière sourire
Je reviens au texte ...TOUT me plait ! on imagine très bien cet enfant , peut-être ado, au cœur de ces instants de vie ....j'ai mis un index à ce livre de raison pour ouvrir une autre page !
merci

   jfmoods   
18/7/2015
J'aurais mis des virgules à la fin des vers 3 et 17.

Six strophes en alexandrins, des rimes embrassées, équitablement masculines et féminines, essentiellement suffisantes, parfois riches.

L'entame et la fin du poème, au discours direct, rendent très palpable, très prégnante, son atmosphère nostalgique. L'écho du premier et du dernier vers signale un refermement de la perspective sur le thème annoncé par le titre (« Journal intime »). Une ponctuation diversifiée (points d'interrogation, points d'exclamation, tirets, deux points, points de suspension) assure l'expressivité maximale du propos. La longue description centrale, qui s'étend en une seule phrase sur les strophes 3 et 4, fait mouche. Cela s'explique, en particulier, par la variété des constructions (trois juxtapositions, une subordonnée relative, une subordonnée participiale, une coordination), par la douce ambiguïté de l'expression « amitié amoureuse » et par les métonymies (« une main vertueuse », « son bras galant ») qui placent les rapports rapports entre homme et femme dans une forme surannée de tendre respect. Un certain nombre de procédés, parmi lesquels...

- l'énumération (« Au grenier, au jardin, jusque dans la resserre »)
- les gradations (« de toujours en jamais / De dessin maladroit en poésie naïve »)
- les hyperboles (« partout », « tout entière »)
- le jeu antithétique des adverbes (« alors » / « désormais »)
- le marqueur d'intensité (« si longtemps »)
- le groupe nominal (« Maintes saisons »)
- la périphrase désignant les rides (« empreinte au pourtour de mes yeux »)
- la métonymie (« Mon vieux coeur »)
- le présentatif (« Voici venus les jours »)
- le recours au mode anticipatoire (futur : « faucheront »)
- le champ lexical de la nature (« jardin », « resserre », « bluets », groupe nominal à visée déceptive : « morne fenaison », métaphore à connotation mortifère : « faucheront le pré des souvenirs d'école »)

…, sont à la manœuvre pour décliner les strates d'un étiolement progressif aussi prévisible qu'inéluctable. L'allitération en « r », assez prégnante, matérialise une certaine dureté. Les assonances en « ou » suggèrent la douleur, tandis que la modulation (« é » / « è ») entretient, au contraire, l'image d'un enchantement de l'avant.

Je suis surpris par les remarques concernant le vers 12... La licence poétique n'autorise-t-elle pas à lire « désuets » en deux syllabes ? Sinon, je propose cette version alternative...

« Dont m'emplissaient de larmes les mots désuets »

Merci pour ce partage !

   Marite   
18/7/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup
C'est vrai que les vers se font oublier car l'écriture est belle et restitue ces instants d'autrefois sans nostalgie excessive. Juste ce qu'il faut pour en sourire avec tendresse.
" De fou rire en chagrin, de toujours en jamais
De dessin maladroit en poésie naïve,
Mon vieux cœur s'est salé d'une larme furtive :
Une vie tout entière a passé désormais."

   angelina   
18/7/2015
 a aimé ce texte 
Passionnément
Cher Monsieur Curwwod
Je vous ai découvert tardivement et je dois reconnaître que vos textes me touchent profondément .
J'attends toujours avec impatience de vous lire .
Vous êtes vraiment quelqu'un de hors du commun

   Anonyme   
31/8/2015
Bonjour Curwwod

Wouah ! Quel talent, une écriture fluide qui fait oublier les contraintes de l’alexandrin. Néanmoins, un détail m’interroge sur la forme acceptée par le CE.
Votre perle est écrite en néo-classique, il n’existe donc pas de règles précises. En revanche, j’ai remarqué de nombreux poèmes classiques ou néo dont les quatrains ne débutent pas sous la même forme.

Merci pour cet agréable moment.

   Automnale   
19/7/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Quel charme a ce poème au parfum suranné ! L'auteur a l'art et la manière de nous emmener, en quelque sorte, chez un brocanteur qui nous raconterait, avec un incroyable talent poétique, l'histoire d'un objet d'antan. Après le poudrier, voici donc le livre de raison.

Ce texte commence, de façon si vivante, avec une interrogation : "Avez-vous vu, Maman, le livre de raison...?". Comment ne pas être intrigué !

La jeune fille - parce que, en dépit du temps passé, il me semble que c'est encore une jeune fille, au pire une jeune femme - a égaré son livre de raison. Elle le cherche du grenier au jardin, jusque dans la resserre. Croisons les doigts pour qu'elle le retrouve car y sont insérés de si jolis souvenirs : des bluets, le conseil avisé d'un oncle de province, le récit d'un voyage dans le Limousin, le portrait jauni d'un aimable cousin...

J'ai aimé le mot "resserre" (si peu utilisé). J'ai aimé l'idée, tellement juste, d'imaginer dans ce journal intime des "toujours" et des "jamais"... J'ai aimé l'image des jours de morne fenaison qui faucheront le pré des souvenirs d'école.

Je vais me permettre deux petites suggestions :
-Puisqu'il y a longtemps que le livre de raison a été offert, j'écrirais "Que vous m'aviez donné" (et non "m'avez").
- J'ajouterais une virgule après "jamais".

J'ai savouré, comme une friandise préférée, ce poème se terminant, pour le bonheur du lecteur, comme il a commencé : "Maman, avez-vous vu mon livre de raison ?"... Prions le bon Saint-Antoine...

Merci infiniment, Curwwod, pour cette très délicieuse parenthèse.

   Curwwod   
21/7/2015

   Christine   
25/7/2015
 a aimé ce texte 
Passionnément
Une tonalité, une mélancolie de bon aloi, sans excès de larmoiement, un jeu savant sur le temps avec ces deux vers presque similaires qui ouvrent et ferment le poème. L'atmosphère est toute de douceur, de tendresse rétrospective servie par une écriture légère et mélodieuse, des images riches « morne fenaison, mon cœur s'est salé », et ce vers remarquable «  De fou rire en chagrin, de toujours en jamais » qui recouvre tous les moments joyeux ou tragiques d'une vie qui s'achève. J'ai profondément aimé.

   Vincendix   
10/9/2015
 a aimé ce texte 
Passionnément
Quel plaisir de lire de tels quatrains, j'y retrouve des lieux communs.
Rien d'autre à ajouter que mon appréciation.

   StayinOliv   
23/2/2016
 a aimé ce texte 
Passionnément
Bonjour,

Que dire de plus que ce qui a été dit ? Et que rajouter, ou que retirer, à ce poème ? Mon commentaire n'est pas pour autant égal au néant, puisque je sublimerai, comme d''autres, la force et la beauté qui se dégagent de ces mots. La nostalgie et la mélancolie, la jeunesse et l'innocence, des mots justes, pour un thème qui réussi à conjuguer sourire et peine. Chapeau. Je m'en vais parcourir d'autres poèmes sur ce site, d'autres auteurs, et ne manquerait pas de vous relire à coup sûr.

Olivier

   MissNeko   
21/7/2016
 a aimé ce texte 
Passionnément
Un délice que cette perle !
Je me suis sentie transportée dans une autre époque.
Merci.
A vous relire vite


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