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| LeChevalier
23/9/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime beaucoup
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Ma foi, je trouve que c'est bien écrit et, surtout, par quelqu'un qui connaît bien les définitions des catégories oniriennes : pour un seul mot (« autrefois »), on se retrouve en néo-classique alors que l'essentiel, à savoir le rythme des vers, est parfaitement classique. Les phrases se développent harmonieusement, dans le sens où leurs articulations syntaxiques épousent les articulations métriques des strophes. Par exemple, entre le premier et le deuxième vers il y a une frontière syntaxique, le quatrième vers est une comparaison dans son premier hémistiche etc., etc. Cela fait qu'on peut lire et prendre du plaisir à la seule lecture, sans même faire vraiment attention au sens produit. Quand on se tourne quand même vers le sens, on voit une méditation personnelle sur un phénomène émotionnel, le jeu de la séduction, de l'indécision, du regret et toutes ces choses qu'on aime se remémorer, qu'on aime imaginer autrement... c'est un peu l'intérêt d'un gros pan de la poésie, de réaliser les phantasmes. A ce titre, la partie du texte que j'aime le mieux est la deuxième moitié du deuxième quatrain (je rectifie la ponctuation) :
Avouant : « Me voici, car je suis fille d'Eve ; Dis-moi ce que tu veux, afin que cela soit. » Je trouve très réussi ce discours direct qui commence au milieu de l'hémistiche, plutôt que de remplir le vers entier. Je repère pas mal de consonnes labiales assez glissantes (m, v, f). Je pense que cela participe à l'effet feutré que produit l'ensemble. |
| Mokhtar
2/10/2026
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
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Ce poème crée avec délicatesse l’atmosphère d’un amour courtois où le désir fragile, par crainte d’échec, se liquéfie au moment crucial : cet instant bleu (« ténu et vaporeux »), moment suspendu de tous les espoirs, quand les yeux invitent comme pour esquisser un consentement. Mais le timide se refoule et sclérose les approches. De l’instant bleu, inexploité, ne subsisteront que des bleus à l’âme.
Ce poème, d’une grande finesse suggestive, sera sans doute, pour beaucoup, évocateur de souvenirs et de regrets doux amers. Il réveillera en chacun ces occasions manquées qui hantent sa mémoire dans son petit cimetière des regrets éternels. Occasion d’amour ne dure qu’un moment…regret d’amour dure toute une vie… Étrange consolation : des histoires manquées restent parfois un souvenir plus pur, plus lumineux …que de celles qui se sont consumées et banalisées en chemin. Il faut saluer ici la sensibilité et la justesse avec lesquelles Curwwod saisit cet instant fragile où le destin est en bascule. |
| Cristale
2/10/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime beaucoup
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La catégorie néo assumée ne s'applique pas seulement à une seule non-concordance de rimes, mais aussi au manque d'alternance m/f du quatrain au tercet.
Lisant et relisant, je me demande ce que représente le point d'interrogation qui conclut le premier quatrain. Soit je lis mal, soit cette ponctuation a une raison d'exister qui m'échappe. Je rejoins mes confrères quant aux belles qualités du propos et de la versification. Les romantiques n'ont pas encore tous disparu et c'est un plaisir de lire ces vers d'une grande délicatesse. De la jolie plume de l'auteur, je ne suis en rien étonnée. |
| Passant75
2/10/2026
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
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J’ai été particulièrement intéressé par le paradoxe contenu dans le titre ; un instant c’est quelque chose de très court, mais il peut être cependant d’une très grande densité. Cet instant où deux regards se croisent semble contenir à lui seul tout ce qui aurait pu arriver. Cela m’a fait penser à Cyrano lorsqu’il parle du baiser comme d’un « instant d’infini qui fait un bruit d’abeille », dans les deux cas, un très bref moment peut prendre une dimension presque infinie.
Dire que Simone Signoret affirmait que la nostalgie n’était plus ce qu’elle était ! J’ai aimé cette idée que l’on puisse passer une vie à se souvenir de quelques secondes. La « main qui se tend mais n’ose pas saisir » traduit très bien cette possibilité qui naît puis disparaît. Avec son rêve, son désir et surtout son regret, le texte baigne dans un romantisme certain. La forme choisie renforce cette impression d’élégance et de nostalgie. Je trouve que le poème touche quelque chose de très humain, ce ne sont pas seulement les moments vécus qui nous marquent, mais c’est aussi ceux que nous avons laissés passer. |
| Polza
2/10/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime un peu
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Ah la fameuse note bleue qui me fait inexorablement penser non pas au blues (que j’aime énormément), mais au jazz (que j’aime encore plus que le blues) et au label Blue Note Records…
Si j’ai bien aimé le premier quatrain, j’ai été quelque peu gêné par le point d’interrogation qui le conclut et ponctue… « Rien n’est dit, rien n’est fait, c’est des yeux qu’on reçoit Comme un consentement, une promesse brève Avouant « me voici, car je suis fille d’Ève, Dis-moi ce que tu veux, afin que cela soit ». C’est l’instant effaré d’un aveu de désir, » Dans « La mort des pauvres », Baudelaire emploie l’auxiliaire être 10 fois conjugué à la troisième personne du présent de l’indicatif sur les 14 vers que font son sonnet. Il l’emploie 6 fois sur 9 vers. Dans le passage que je cite de votre poème, l’auxiliaire est employé 6 fois sur 5 vers dont 3 fois conjugué de la même manière sur un seul vers, je trouve cela légèrement excessif… La formule « c’est des yeux qu’on reçoit » ne m’a pas franchement séduit, j’en suis désolé, je me suis imaginé un psychopathe qui m’enverrait des yeux par la poste pour me faire flipper grave ! « Rien n’est dit, rien n’est fait » ne m’a pas pleinement convaincu non plus, j’ai trouvé la formule assez plate… « C’est l’instant effaré d’un aveu de désir, Une main qui se tend mais n’ose pas saisir Car le doute, soudain, a suspendu le geste. Et l’on renonce alors, conscient de faillir, De n’avoir pas compris… et pour longtemps vous reste Un regret doux amer qui vous vient assaillir. » 4 rimes en « ir » dont 3 verbes, je pense qu’il y avait mieux à faire techniquement parlant… « qui vous vient assaillir » je n’ai pas trop apprécié l’inversion, sur l’ensemble de ce vers, elle ne me plaît que moyennement, mais c’est une affaire de goûts et de couleurs, me direz-vous… Le fait que j’aime un peu ce poème n’est que mon appréciation sur ce poème précis, n’y voyez rien de personnel… |
| jf2
2/10/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime bien
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Moi qui aime le romantisme, j’ai été servi.
J’aime bien ce poème bien construit, la forme en sonnet m’a paru bien adaptée. Les images sont très classiques : l’aube indécise, vaporeux comme un rêve, regret doux amer et la fille d’Ève qui renvoie immédiatement à Balzac mais elles sont bien adaptées au style. Une imperfection, à mon goût, m’empêche d’être pleinement conquis : Le poème explique plus qu’il ne suggère, il y a peu d’images concrètes à part la main qui se tend, ce qui ne permet pas de ressentir pleinement les émotions du personnage. Par exemple, si j’avais voulu mettre sous forme cinématographique ce poème, je n’aurais pas terminé le film avec un sous-titre marqué : un regret doux amer vient nous assaillir. J’aurais plutôt tourné quelques plans montrant les attitudes du personnage qui illustrent ce regret. |
| Marite
2/10/2026
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
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Séduite par le fond et la forme de ce très beau et bel instant poétique. Je rejoins la plupart des commentaires précédents, certains bien détaillés, qui ont été faits. Ce poème me conforte dans l'idée qu'il n'est pas nécessaire de compliquer l'expression poétique en utilisant un vocabulaire qui, parfois, oblige les lecteurs à en rechercher la signification. Ici, dès la première lecture, rien ne heurte le déroulé des vers car tout est clairement exprimé.
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| Robertus
2/10/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime bien
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Pour ma première lecture je cherchais un lien musical à cette note de blues annoncé en exergue mais ne l'ayant pas trouvé j'ai relu le poème pour bien profiter de l'exclusivité donnée à l'émotion d'un souvenir.
J'ai relégué le saxophone à la simple musique d'ambiance sur fond d'hésitation sentimentale. Et ça a bien marché Mes passages préférés : " Le sentiment diffus qu'un possible se lève " quelle belle introduction. C'est le terreau de l'hésitation. J'ai aussi aimé : " Une main qui se tend mais n'ose pas saisir / Car le doute, soudain, a suspendu le geste ". J'ai moins aimé " Un regret doux amer qui vous vient assaillir. " A la première lecture j'ai même inconsciemment lu " qui vient vous assaillir ", à la deuxième j'ai buté dessus. C'est une préférence toute personnelle de préférer dire " zassaillir " que " tassaillir " Merci pour ce beau partage. |
| ka-lee
2/10/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime bien
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bonjour,
félicitation, c'est un tres joli poème il est rempli de douceur, Je changerais peut être les mots : - " souvent" car il vient en contradiction avec le souvenir d'1 fois j'ai loupé le coche - " c'est" des yeux qu'on reçoit - j'ai du mal avec cette fin de phrase merci à toi |
| Pussicat
2/10/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime bien
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Il y a quelque chose de suranné dans votre texte, la forme, le fond, (qui vous vient assaillir.), une élégance aussi comme une trace d'amour courtois, avec en partage ce questionnement sur le souvenir, le consentement et la lecture du regard.
Comme il a été écrit sur le fil, je ne saisis pas le point d'interrogation à la fin du premier quatrain, comme si subsistait une interrogation, un questionnement sur la validité du souvenir, "qu'un possible se lève" / qu'impossible se lève. Était-ce bien cela ? "c'est des yeux qu'on reçoit" me retient, je comprends qu'ils s'accrochent à la "promesse brève" mais cela n'empêche. Avouant « me voici, car je suis fille d'Ève, Dis-moi ce que tu veux, afin que cela soit ». Je ne sais dire exactement comment je lis ces vers (ampoulés), comme on exauce un vœu, qui me font penser à : "Que la lumière soit ! Et la lumière fut.", désolée pour cette référence ;) Dans le dernier tercet, le souvenir ne viendrait-il pas valider un aveu de faiblesse et transformer ce doute en regret ? Comme une réponse à l'interrogation formulée en introduction... Il existe une forme de réflexion sur le consentement et l'interprétation du regard dans le rapport à l'autre. Est-ce une invitation ou l'expression déformée de mon désir ? Un questionnement que vient valider le vers "Car le doute, soudain, a suspendu le geste." J'aime bien l'élégance de l'écriture et la référence à la note bleue comme un instant suspendu dans la mémoire dont on ne saurait quoi faire, où le ranger : dans les regrets, dans les rendez-vous manqués, dans les erreurs possibles évitées... (Mon commentaire premier a disparu alors que je le postais : trop de temps écoulé ! cette fois, je le copie ;)) A bientôt de vous lire Curwwod, |
| Provencao
2/10/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime beaucoup
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Bonjour Curwwod,
"C'est l'instant effaré d'un aveu de désir, Une main qui se tend mais n'ose pas saisir Car le doute, soudain, a suspendu le geste" Belle esthétique reprenant à cet instant effaré le désir, des apparences, comme vie de bonheur. Belle méditation sur ces instants qui unissent incontestablement la tendresse, la délicatesse et la passion à l'instant bleu. Au plaisir de vous lire, Cordialement |




