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Poésie classique
Davide : L’être inhumain
 Publié le 01/06/19  -  17 commentaires  -  1136 caractères  -  360 lectures    Autres textes du même auteur

Sonnet.


L’être inhumain



Je suis né, comme toi, de l’oracle de Po¹,
Une page d’histoire amarrée à mon île,
Robinson Crusoé d’une jungle sénile,
Mon courage a brûlé dans des restes de peau.

De féroces loups gris dévorent le troupeau,
S’aimer soi-même² est-il notre talon d’Achille ?
Que de drames jouant sur le talent d’Eschyle³,
Pour chaque crime, l’homme agite son drapeau.

Téléphone portable ou crise occidentale,
Des enfants du Congo déterrent le tantale,
Mines d’argent, mines de plomb, mines de sel,

Des abois d’inhumains, des guerres de conquête,
J’ai clamé l’innocence au rêve universel,
La guillotine cède et me coupe la tête.



______________________________

¹ Dans le taoïsme, Po désigne les forces vitales, symboles de bêtise et de cruauté lorsqu’elles ne sont pas conjuguées aux forces spirituelles (Hun).
² Titre d’un livre de Robert Harold Schuller, cette maxime est à l’honneur aujourd’hui dans le développement personnel.
³ Eschyle (on prononce échile) est un grand dramaturge de l’Antiquité grecque.


 
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   Mokhtar   
6/5/2019
 a aimé ce texte 
Bien
Sur le plan technique, rien ne parait contrevenir au classement de ce poème en classique, sinon peut-être la rime Po-peau (si je peux m’exprimer ainsi). Il me semble que les virgules du premier vers gênent un peu la fluidité. Et que surtout celle du vers 8 après un « e » prononcé doit être éliminée.

Mon inculture m’empêche d’apprécier comme je le voudrais le sens de ce texte. Je sens bien une dénonciation du matérialisme cupide, et des mœurs cruelles. Et que l’homme est l’ennemi de l’homme.

Mais dans : « restes de peau », « clamé l’innocence au rêve universel », « la guillotine cède », j’ai du mal à trouver un sens évident.

Que l’auteur me pardonne, mais je ne peux m’empêcher de relever un peu de dandysme intellectuel dans ce qu’il propose : les références culturelles (Taoïsme, Schüller, l’antiquité), l’holorime « talon d’Achille, talent d’Eschyle », le trimètre affecté bâti sur une énumération…

Sans doute des lecteurs plus éminents que moi débusqueront-ils ce que je n’ai pas été capable d apprécier. Chez un auteur dont la maîtrise et le niveau d’écriture sont indiscutables.

Mokhtar, en EL

   Miguel   
10/5/2019
 a aimé ce texte 
Pas
Il y a bien quelques vers mélodieux, mais j'avoue n'avoir pas tout compris, la clarté n'étant pas la qualité première de ce texte (si tant est que la clarté soit une qualité en poésie, ce que d'aucuns contestent). Je crois que cela veut dénoncer ce qui ne va pas bien sur terre, thème un peu rebattu. Rappelons à l'auteur que la guillotine n'est plus guère employée, même sur ceux qui clament la vérité (Guy Béart est mort). Et pourquoi cède-t-elle ? Et que peut-elle faire d'autre que de couper la tête ? Décidément, ce n'est pas ma tasse de thé. Une autre fois, peut-être.

   Gabrielle   
12/5/2019
 a aimé ce texte 
Bien
Beaucoup de talent pour dénoncer l'innomable.

L'auteur(e) nous renvoie sur l'homme et sa cruauté ainsi que la hache de guerre.

Un débat qui s'annonce animé pour traiter de ce sujet.

Merci à l'auteur(e) pour son talent et message dont dont avons bien besoin.

   Donaldo75   
12/5/2019
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour,

Ce que j’ai aimé dans ce poème, c’est sa tonalité. Quant aux images, je les ai trouvées très réussies, entre modernité et classicisme. Le fond n’est pas en reste, convaincu, engagé par moments, en phase avec une actualité qui ne cesse de durer.

Bravo !

   Hananke   
1/6/2019
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour

Un sonnet néo qui dénonce toutes les "qualités" de l'être humain.
Un loup pour lui-même, exploitation des plus pauvres et j'en passe
et des meilleurs.
Faut-il combattre ou se faire une raison ? Après + de 50 années
de regard sur mes contemporains, la question reste posée.

Texte, peut-être un peu confus par endroit, notamment la fin
avec cette histoire de guillotine et l'ensemble du dernier tercet.

J'aime bien le Robinson Crusoé d'une jungle sénile et les enfants
du Congo qui meurent pour que nous puissions communiquer
ou demain, rouler en voiture électrique.

Un sonnet de dénonciation comme je les aime mais qui demeure
quelque peu abscons par endroit.

   sympa   
4/6/2019
Bonjour,
Si votre maîtrise de la prosodie classque est évidente, s'il est une chose qui m'agace, c'est bien de " tourner autour du pot " quand à la compréhension de votre sonnet.
J'ai bien compris quelques bricoles ( enfin je pense ) :
Dénonciation de crimes, de guerres inhumaines mais c'est tout de même bien flou...surtout le dernier tercet...
Dommage pour cette fois.

   Anje   
1/6/2019
 a aimé ce texte 
Bien
Le fond m'exclut immédiatement, je ne suis pas né de l'oracle de Po et suis totalement ignorant du développement personnel. Je me sens donc un peu comme un intrus dans un texte un peu abstrus. Aussi, j'oublie le fond à regrets, sans bien comprendre le message de l'auteur. Pourtant, c'est joli "Robinson Cruso d'une jungle sénile". Alors, çà ne doit venir que de moi, pas de guillotine pour l'auteur.
Je vois bien par contre que l'auteur maîtrise la forme. Mais je vais me permettre. J'ai un peu de mal avec "féroces loups gris" où gris ne me semble qu'une cheville colorée. Ce n'est que mon idée, et peut-être que chaque mot choisi a son importance, mais sans dénaturer le sens n'aurait-on pas pu écrire sanguinaires loups ou féroces chacals ? Et puis le vers 8 où je ne parvients pas à placer la césure me perturbe.
Moi, j'ai des parents nés à Pau et j'ai bien aimé lire et chipoter (pardon) sur ce texte qui a dû quand-même nécessiter un peu de travail même si l'on connait le talent de son auteur.

   Provencao   
1/6/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
"Des abois d’inhumains, des guerres de conquête,
J’ai clamé l’innocence au rêve universel,
La guillotine cède et me coupe la tête."

J'ai beaucoup aimé le versant choisi de ce sonnet, où vous nous montrez à mots couverts à quel point le langage, les mots dits et écrits peuvent, en situation, civiliser la vie quand l'innomable, la cruauté sans nom, quand les destins ne tiennent qu'à un fil ...

Un écrit, à mon sens porteur d'une réflexion, d'un message qui nous invite à nous faire dire ou penser que l’homme est encore homme quand il s’autorise à dévoiler, à dire, à dénoncer l'insuportable. .

Moi je l'ai lu et compris en ce sens.

Au plaisir de vous lire
Cordialement

   papipoete   
1/6/2019
 a aimé ce texte 
Bien ↓
bonjour Davide
Je vous avoue ne pas suivre le fil de votre poème ; je crois comprendre que l'imbécilité de l'homme peut mener ici, pour satisfaire le consommateur branché, à puiser dans le coeur de la Terre, via l'enfant du tiers-monde, ce robot qui ne fait qu'obéir, creuser la mine d'argent de plomb de sel...
NB certes, ce texte demande aux neurones de fumer, ce que je suis prêt à faire de grand matin, mais mon " décodeur crânien " refuse de m'aider !
je me permet face à la forme classique ; " po" rime-t-il avec " peau " ?
( les règles de cette forme sont tellement strictes ! )

   TheDreamer   
1/6/2019
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
Selon moi, ce sonnet Peletier est néo-classique : à la fois par la rime "Po/peau" dont le final est différent, mais aussi par le mot "mines" sur le 3e vers du 1er tercet tombant sur la césure.

Je saisis le thème traité par l'auteur, mais, le sens en maints endroits du poème m'échappe. Je n'arrive pas à relier entre eux les différents passages. Un instant je saisis le sens, l'instant d'après il m'échappe.

Ce que je comprends du poème c'est la fatalité d'un être humain sans âme et sans courage dénoncée par l'auteur l'accusant de céder sans combattre suffisamment face à ceux qui détruisent la vie.

Merci.

   poldutor   
1/6/2019
Bonjour Davide,
bien sûr comme mes camarades je comprends qu'il s'agit de dénoncer les abus des peuples forts et nantis, mais cela est dit d'une manière tellement précieuse, que j'ai du mal à saisir le sens de certaines expressions notamment les deux quatrains.
Je préfère les deux tercets qui font de ce poème un sonnet parfait.

Je suis désolé de dénigrer ton travail, qui techniquement est irréprochable je crois, mais pour la compréhension du poème, j'ai des difficultés, aussi je m'abstiendrai d'en donner un appréciation.

Cordialement.

   PIZZICATO   
1/6/2019
 a aimé ce texte 
Bien
Je n'adhère pas beaucoup à ce style quelque peu ampoulé pour définir des grands travers de l'humain.
" Je suis né, comme toi, de l’oracle de Po "
" S’aimer soi-même² est-il notre talon d’Achille ?
Que de drames jouant sur le talent d’Eschyle "

" De féroces loups gris dévorent le troupeau," laissons les loups de côté et appelons un chat un chat. << Selon que vous serez puissants ou miérables >> à mettre au goût du jour bien entendu.

" Des enfants du Congo déterrent le tantale ". Oui, le coltan !
Les composants électroniques, l'aéronautique ; on s'appitoie sur ces enfants mais on se fait une gloire d'arborer le dernier portable à la mode.
Et les grands groupes concernés qui financent l'armement pour masquer la vraie raison de ces guerres dites ethniques...

" J’ai clamé l’innocence au rêve universel,
La guillotine cède et me coupe la tête." Mais non, cela aussi ne tue plus !

** Mes amis se foutent de ma gueule quand ils me voient utiliser mon vieux portable à touches ; hihi quelle horreur !!!

   Vincente   
1/6/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
J'aime le style d'écriture de ce poème, dans le cadre conventionnel du sonnet, avec passion il manifeste une liberté de vue et d'expression très habitées.
J'ai été étonné de ne pas être agacé par son approche pessimiste, mode souvent requis par les chantres du passéisme. En fait, ce qui rend digeste, je dirais même assez purifiante, sa déclamation, c'est la force de (sur)vie que sous-tendent sans réserve les mots ; comme une façon de dire : "cet être inhumain qu'est l'homme dans sa civilisation d'aujourd'hui n'en garde pas moins le potentiel d'individus utopiques, rêveurs, et pleins de capacités pour combattre le mal induit..."

Oui, je reste étonné que ce texte exprime par le creux de la malignité, l'espoir qui point, une sorte de foi en l'homme. Il me semble que les deux derniers vers inspirés font oeuvre en ce sens :
"J’ai clamé l’innocence au rêve universel,
La guillotine cède et me coupe la tête.

Peut-être une façon de dire comme Jean-Pierre Siméon, poète directeur du printemps des poètes : "La poésie sauvera le monde".

   senglar   
1/6/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour Davide,


Que peut un lanceur d'alerte face à "L'être inhumain", la guerre a déserté l'Europe du Marché Commun mais ne sommes-nous pas devenus de "féroces loups gris" (très sévèrement connotés hein qui eurent à voir avec l'armée allemande de la Seconde Guerre Mondiale - une grosse méchante, pas vraiment mieux que les SS, contrairement à ce que l'on a voulu nous croire - et ont à voir aujourd'hui avec les fascistes turcs. Faut les assumer ces loups gris s'pas !) vis-à-vis de... Ben l'Afrique, toujours l'Afrique... et de certains peuples proches et moyens orientaux, nous volons leurs métaux - rares (téléphone oblige)et les autres aussi -, nous vendons des armes pour asservir des minorités. Comment font-ils pour être en paix avec leur conscience ceux qui travaillent dans des usines d'armement (en France et ailleurs) ?

Bien sûr nous nous aimons nous-mêmes dans nos îles prospères. L'Europe sera bientôt une grande île... militaire ?

De temps à autre un prophète (laïc. Ben oui !) ou quelque fou s'élève et dénonce et rappelle. Dans le Canard de cette semaine "La Boîte aux Images" Sorj Chalandon rappelle que le 04.06 ARTE diffusera "Liu Xiaobo, l'homme qui a défié Pékin" : "Je préfère payer le prix élevé du danger que vivre dans le mensonge et renier ma propre conscience", persécuté à vie et emprisonné jusqu'à sa mort le 13 juillet 2017.

"J'ai clamé l'innocence au rêve universel,
La guillotine cède et me coupe la tête."

Si les quatrains demandent qu'on y revienne pour bien saisir le sens, conceptualiser, les tercets aveuglent par leur efficacité immédiate dont les deux vers sont lumineusement sublimes qui mettent K.O.

Belle leçon d'humanité !


Un autre poète Onirien déjà il n'y a pas si longtemps :
"Qu'est-ce que vivre si c'est toujours vivre à genoux ?"


Senglar

   Davide   
1/6/2019

   Cristale   
1/6/2019
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour Davide,

Commençons tout de suite parce qui pourrait étonner en catégorie classique : la rime "Po-peau-troupeau-drapeau"
La règle dit : les monosyllabes riment avec les polysyllabes si elles ont la même consonance, (c'est le cas) et si les mots s'écrivent de façon différente mais possèdent la même prononciation, la rime est admise sans contestation, (c'est le cas) je rajouterais : à condition de respecter les équivalences admises pour les mots terminés par des consonnes.

Visuellement l'effet n'est pas des plus homogènes, surtout pour un sonnet, mais la règle l'admet.
Ne dit-on pas qu'il faut essayer de surprendre le lecteur ? Voilà, Davide surprend :)

"Mines d’argent, mines de plomb, mines de sel,"

...que voilà un joli trimètre, qui fait un pied de nez aux alexandrins,
et composé ainsi "Mines d'argent / mines de plomb, / mines de sel,"

C'est bien Davide !

...et encore ceci " talon d'Achille" "talent d'Eschylle" qui dénote un esprit jongleur de mots que j'apprécie d'autant plus dans un texte qui me semble assez grave.

Un regard désabusé sur le monde moderne où la finance et la technologie s'apparentent à une meute de loups sanguinaires qui réduit ses propres enfants en esclavage pour encore, et encore plus de profits. La tête ne se la coupe-t-on pas soi-même en restant spectateur et acteur à la fois ? La planète aiguise sa guillotine...

J'ai aperçu le fil ouvert en forum et je vais m'empresser d'aller découvrir quelques explications car j'avoue rester un peu en retrait du récit.


Cristale

   Queribus   
2/6/2019
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour,

J'ai beaucoup apprécié la rigueur de votre écriture même si les rimes Po et peau ne me semblent pas admises, de même que la césure après:mi-nes de plomb.;dans ce cas, votre sonnet pourrait être classé en néo-classique mais peu importe, ce ne sont que deux petits détails très mineurs.

Ce qui le gêne plus et je trouve que c'est dommage, c'est son côté à la limite de la préciosité et avec ces références à l'Antiquité (Hérédia et Leconte de Lisle ne sont plus de ce monde) qui brouillent un peu le sens final qui aurait pu gagner en simplicité et faire moins "élitiste".

Votre travail, en tout cas, me semble mériter, de façon globale, un beau coup de chapeau.


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