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Poésie libre
Djabba : Carboxypeptidase 427
 Publié le 15/09/26  -  8 commentaires  -  723 caractères  -  121 lectures    Autres textes du même auteur

La réalité, mais quelle réalité, papa ?


Carboxypeptidase 427



Ma névrose adorée
de peur
reste à mes côtés
tout près tout loin de moi
Souffle ton haleine fétide
sur mes traces d'enfant
Déchire ma raison
de tes cicatrices

Remplace le calme

stérile

par la tempête

féconde

Raconte mes blessures
au crépuscule épais
Tu le sais
quand le jour disparaît
la douleur s’enflamme

CREVURE !

Étouffe-moi de ton étreinte
que je m'écroule
en concubin corrompu
Avant j’étais quidam caquetant
maintenant cacophonie

Ma fêlure
mon éclat de corps
pourquoi
pourquoi le vivant
doit-il périr
de ses propres mains ?


 
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   Pussicat   
2/9/2026
trouve l'écriture
perfectible
et
aime un peu
Une attaque baudelairienne « Sois sage, ô ma Douleur,... »
Majuscules inutiles, peut-être « CREVURE ! »
« Raconte mes blessures / au crépuscule épais » à la fin du texte, le lecteur ne saura rien de cette névrose, de ces blessures.
Quelques maladresses, lourdeurs, pour le style, l’allitération (?) qui empêchent ma lecture : « Ma névrose adorée de peur », « concubin corrompu », « quidam caquetant maintenant cacophonie »

Texte sur la nuit et son cortège d’angoisses (addictions?)
L’atmosphère, renforcée par le titre, semblent un clin d’œil à l’œuvre de Hubert-Félix Thiéfaine et sa chanson « Alligators 427 ».

Maintenant, selon mon moteur de recherche, les carboxypeptidases sont des enzymes impliqués dans la digestion, si j'ai bien compris. Serait-ce une piste à suivre ?

   Donaldo75   
3/9/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime bien
Il y a de la force brute dans ce poème. Il est moderne, libéré des contraintes de formats plus adossés au classique et, ce qui n'est pas évident, il reste poétique. Sa poésie réside beaucoup dans sa violence lexicale, jamais triviale.

Le titre m'a également bluffé.

Bravo !

   Provencao   
15/9/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime bien
Bonjour Djabba,

J'ai bien aimé cette âme des écorchures, et cette puissance exaltée est lourde d’une déchirure silencieuse mais artistiquement symbolisée: dérider la chimère de la fissure, des cicarices et empreintes...À la névrose adulée, vous désaccordez la fougue corrosive de ses désirs froissés.

J'ai apprécié ce Carboxypeptidase 427 sur ce terrain artistique, très original.

Au plaisir de vous lire,
Cordialement

   Passant75   
15/9/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime bien
Dire que le titre m’a questionné serait un charmant euphémisme, j’y ai vu plus une réaction chimique dans le corps qu’une souffrance psychique. D’aucuns pourraient me rétorquer que les deux peuvent être liées, mais peu importe, ce n'est pas lici ce qui m'a le plus intéressé.

J’ai apprécié l’idée de ce lien intime entre l’auteur et sa névrose. On pourrait penser qu’il la subit alors qu’elle lui est nécessaire, comme si toute création avait pour origine la douleur. Par ailleurs, la névrose est ici personnifiée jusqu’à devenir la compagne de l’auteur et le corrompre. La névrose serait alors autant ce qui nourrit le sujet que ce qui le condamne.

C’est un poème intéressant, la névrose oscille entre compagne et force dévastatrice, jusqu'à la question finale sur l'autodestruction du vivant. Question ouverte qui demeure sans réponse !

   BlaseSaintLuc   
15/9/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime bien
Pancréatite aiguë, je sais l'odeur, et la névrose toujours, de son noir parchemin.
Pourquoi le texte n'est pas aussi bavard que l'alligator de Thiéfaine ?
On attend toujours la racine du mal, je sais, il ne faut pas chercher très loin, mais quand même.
Texte dont j'entends la trop courte musique,
Et dont j'apprécie le spleen destructeur.

   Eskisse   
15/9/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime beaucoup
Bonjour Djabba

Le texte commence fort "ma névrose adorée", un oxymore et part d'un paradoxe: le locuteur réclame la compagnie d'une entité abstraite à laquelle il s'adresse.

Second paradoxe, la névrose est présentée de façon organique "ton haleine" , "tes cicatrices" .

Cela dit combien le locuteur est lucide sur la durée de cette compagnie.

L'écriture est pleine de violence et elle est moderne.

   LeChevalier   
17/9/2026
Comme d'autres, j'ai été intrigué par le titre : c'est à la fois scientifique et en même temps on sait que cela touche à l'humain, ce n'est pas une molécule qu'on trouve parmi les roches mortes de la Lune. Le texte lui-même, par contre, m'a paru moins puissant, moins évocateur. J'y lis beaucoup de douleur, certes, mais je n'y trouve pas cette retenue solennelle que le titre semblait me promettre.

Après, ce n'est qu'un avis, vous savez.

   Lariviere   
19/9/2026
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
Bonjour Djabba,

J'ai été surpris par ce poème, car j'ai lu en espace lecture votre nouvelle grossophobie (que je commenterais tantôt, le temps de remonter le fil des publications) qui est assez classique dans l'expression et donc, je ne m'attendais pas à ce style chez vous en poésie.

Bon, j'ai beaucoup aimé ce poème.

Il est impactant par la violence et la férocité du ton et des images, par le propos aussi, assez profond. Il est réussi selon moi dans sa construction, dans son rythme, dans la façon dont il provoque un ressenti assez fort, bouscule notre désir de tranquillité, notre confort mental.

L'entame oxymorique de "ma névrose adorée" est bien trouvé. Elle interpelle, surprend, donne envie de lire la suite et sur la suite, personnellement, je ne suis pas déçu.

Un texte fort donc, servi par une poésie minimaliste qui possède un aspect très incisif, très percutant. Une découpe qui donne un tempo haché, des relances rythmiques qui font mouche et qui servent très bien le propos, sur le ton et sur la "démonstration". Bref, j'aime beaucoup !

Merci pour cette lecture et bonne continuation !

PS : le titre, avec cette enzyme digestive (je me suis renseigné, car j'ai des connaissances du langage lexical biochimique qui m'ont permis d'interpréter approximativement mais je ne connaissais pas précisément ) est bien trouvé et il interroge d'emblée le lecteur en suggérant de surcroit un traitement plutôt moderne et décalé... Bravo aussi pour ça !


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