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Poésie classique
Donaldo75 : Ceci n'est pas un poème
 Publié le 17/01/19  -  17 commentaires  -  716 caractères  -  297 lectures    Autres textes du même auteur

En 1928, René Magritte peint un tableau intitulé « La trahison des images ». Il représente une pipe, accompagnée de la légende suivante : « Ceci n’est pas une pipe ».


Ceci n'est pas un poème



Je suis un document, un passeur d'écriture,
Où s'assemblent des mots comme des miséreux,
Encadrés par des points, parfois aventureux,
Dressés tels des piquets d'une vaine clôture.

Un œil, ou parfois deux, va tenter l'aventure,
La recherche du sens, commun ou religieux,
Qu'un auteur a donné, sans doute un vaniteux,
À la rime embrassée et propre à la lecture.

Mais ces alexandrins érigés en sonnet,
Tournent indépendants, veulent un tantinet
Rencontrer le public sans leurs douze béquilles.

« C'est la fin du poème », osent ces quelques vers,
La révolte cubiste, un tercet de travers,
Fin de tonalité, trou dans les écoutilles.


 
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   Provencao   
2/1/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
"Un œil, ou parfois deux, va tenter l'aventure,
La recherche du sens, commun ou religieux,
Qu'un auteur a donné, sans doute un vaniteux,
A la rime embrassée et propre à la lecture."


J'ai beaucoup aimé ce quatrain où il semble qu'il n'y ait plus d'esprit en soi qu'il n'y ait de chose en soi, comme si "ceci n'est pas un poeme" est en effet traversé par une contradiction, déformée par une différence.

Je l'ai accueilli et ressenti ce bel écrit ainsi, où le sens devient concept, en lequel chacun rassemble son potentiel de ressenti qui le touche.


"La révolte cubiste, un tercet de travers,
Fin de tonalité, trou dans les écoutilles."

Belle trouvaille!!
Au plaisir de vous lire
Cordialement

   Gemini   
4/1/2019
 a aimé ce texte 
Bien
Je crains que les deux masculines du deuxième quatrain ne posent problème. "Religieux" s'emploie en diérèse, et aucune d'elles ne colle avec la consonne d'appui des masculines du premier quatrain (ni d'ailleurs les deux entre elles).
Mais peut-être est-ce voulu pour confirmer le titre.
J'ai trouvé la construction branlante avec des incises un peu lourdes : un passeur, d'écriture (sans s ?), parfois aventureux, ou parfois deux, commun ou religieux, sans doute un vaniteux, souvent pour la recherche de rime. Le phrasé ne coule pas.
J'ai trouvé "un tantinet" v10 mal à propos dans le sens, et je pense que "osent" v12 sent un peu fort l'obligation prosodique.

Pour le fond j'ai (beaucoup) moins de certitudes. J'ai du mal à saisir où veut en venir l'auteur avec ce parallèle pipe/poème.
Le sujet est-il général (et donc symbolique à la poésie) ou particulier à ce poème ? L'image fait-elle un poème ? Ou plutôt, l'image d'un poème n'en sera-t-elle jamais que l'image ? Peut-on comparer les images et les métaphores d'un poème avec le tableau d'un peintre ? Ce poème n'en est pas un (il n'en est que l'image). La page sur laquelle on écrit son poème en contient-elle l’esprit ?
Cependant que les tercets évoquent, eux, la possibilité d’un passage au libre (sans leurs douze béquilles), où le poème ne serait plus ce qu’il était.
Tout un tas de questions dans lesquelles j'ai bien peur de me perdre, avouant mon peu de connaissances dans le surréalisme.
Mais je gage qu’il existe une réponse, et je trouve très hardi d’avoir abordé le problème par sa face la plus escarpée.

   PIZZICATO   
17/1/2019
 a aimé ce texte 
Bien
Avec cette signature - ceci n'est pas une pipe - Magritte a voulu, comme le précise l'exergue, mettre en évidence << La trahison des images >> et montré aussi que seuls les mots ont une importance.

Pour le fond, il me semble qu'un poème est justement à l'inverse de cette idée. Il est formé de mots, et ce sont eux qui définissent le sens que le poète veut lui donner ; point n'est besoin de représentation visuelle.

Ici, je n'ai pas cerné ce que vous souhaitez transmettre précisément.

   sympa   
17/1/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour Donaldo.
A travers son tableau , René Magritte montre que ce n'est pas une pipe à proprement parler mais me dessin d'une pipe...
Je pense que vous avez voulu peut être nous faire travailler les méninges afin que l'on se pose la question "fatale": pourquoi n'est ce pas un poème?
Bon c est mon imagination qui travaille et si ça se trouve je suis à côté .
Qu'importe, j'ai beaucoup aimé l'originalité de votre poème et c est le pricipal.
Bravo!

   Hananke   
17/1/2019
Bonjour

Dommage, ce texte ne mérite pas la catégorie because la synérèse
à religieux.
Mais ce poème reste malgré tout amusant et agréable à lire.

J'aime bien le Dressés tels des piquets d'une vaine clôture.
Oui, la recherche du sans n'est pas toujours facile à trouver.

Pas d'appréciation, le texte n'étant pas dans sa catégorie.

   Corto   
17/1/2019
 a aimé ce texte 
Bien
Ce poème-qui-n'est-pas-un poème est bien sympathique, un amusement plutôt réussi.
L'utilisation d'alexandrins est une provocation supplémentaire pour ceux qui ne peuvent vivre "sans leurs douze béquilles."
Le jeu continue avec "Un œil, ou parfois deux, va tenter l'aventure,
La recherche du sens, commun ou religieux,"
Il y a de la provocation et tant qu'à faire autant aller jusqu'au bout avec :"Fin de tonalité, trou dans les écoutilles."
Magritte aurait sans doute bien aimé.

   papipoete   
17/1/2019
 a aimé ce texte 
Bien
bonjour Donaldo
Ceci n'est pas un poème, mais une troupe de mots rangés par 12, dont ne dépasse aucune rime de travers !
NB l'auteur me semble bien peu vaniteux...de n'en point vouloir composer un sonnet !
Oui, ceci n'est point un poème, mais comme j'aimerais bien versifier aussi mal !
Si je puis me permettre cher " rimailleur "...au 4e vers, j'aurais écrit " dressés tels / LES / piquets... "
le 6e vers me semble mesurer 13 pieds ?

   BlaseSaintLuc   
17/1/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
c'était bien peint , une pipe ,oui mais même aussi réaliste qu'elle soit cela resté la peinture d'une pipe et non une pipe .
ici , c'est décrit comme un poème et c'est un poème !
décrire ce qu'est un poème dans un poème serait comme de peindre une pipe sur une pipe ...
donc pour la démonstration je ne sais pas trop quoi dire .
mais le poème est malicieux et réussit son affaire , nous intéresser, c'est très bien mené.

« C'est la fin du poème », osent ces quelques vers,
La révolte cubiste, un tercet de travers,

   Castelmore   
17/1/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonsoir Donaldo

Personne n’a fumé ou ne fumera la pipe de Magritte... ce n’en est donc pas une ... et une carte n’est pas le territoire...
Mais suffit-il à un poème classique de se mettre en abîme ... avec une faute de diérèse pour s’abîmer au point de n’être que ... quoi ? Un non- poème ?

En tous cas pas pour moi...!

   hersen   
17/1/2019
 a aimé ce texte 
Passionnément
Nous démontrer le non-poème en choisissant une forme classique est très facétieux, dis-moi, Don !

je ne sais pas encore trop si je vais beaucoup m'étaler en com (des fois, j'écris plus que prévu !) parce que cela remet en cause beaucoup.

Je suis un document, un passeur d'écriture,
Où s'assemblent des mots comme des miséreux,
Encadrés par des points, parfois aventureux,
Dressés tels des piquets d'une vaine clôture.

Non, je ne vais pas m'étaler.

Un grand merci pour cette lecture, Don !

   STEPHANIE90   
17/1/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Ceci n'est pas un poème !?!

Bien, si tel est votre souhait, parfait !!!
Je me suis beaucoup amusé à sa lecture, comme à la lecture d'Eric Orsenna, dans "la grammaire est une chanson douce".
Que veut dire un mot seul, rien, alors qu'associer à d'autres, tout de suite il prend de l'importance : dressés tels des piquets d'une vaine clôture...

Merci pour ces charmants vers et au plaisir de vous relire,

StéphaNIe

   Francis   
18/1/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Un premier quatrain qui m'interpelle et dont les images sont venues à ma rencontre par delà les " piquets d'une vaine clôture". Musicalité des alexandrins, des rimes embrassées , l'originalité du titre, des mots: passeur d"écriture, vaine clôture et la construction du dernier tercet font de l'ensemble un beau sonnet. L'auteur ne s'est pas cassé la pipe comme certains vaniteux auraient pu le faire.

   jfmoods   
19/1/2019
J' aurais plutôt mis 2 points à la fin du vers 5. Au vers 4, l'article défini (les) semble plus pertinent que l'indéfini (des), mais on y perdrait en clarté pour l'oreille. J'aurais encadré de tirets le second hémistiche du vers 7. Je ne comprends pas la virgule à la fin du vers 9.

Par la mise en abyme qu'il propose ("Je suis un document, un passeur d'écriture", "s'assemblent des mots [...] / Encadrés par des points", "la rime embrassée et propre à la lecture", "ces alexandrins érigés en sonnet", "leurs douze béquilles", "C'est la fin du poème"), le texte se présente comme un clin d'oeil à Tristan Corbière.

Ce dernier, en présentant son poème sous la forme d'une recette (titre : "Sonnet (Avec la manière de s'en servir)"), invitait le lecteur à réfléchir sur l'exigence du travail d'écriture.

La négation même de la démarche (titre : "Ceci n'est pas un poème") travaille ici au même constat. Faute d'une discipline de fer, le poème est voué à un amer échouage ("La révolte cubiste, un tercet de travers, / Fin de tonalité, trou dans les écoutilles").

Dans cet impitoyable carcan formel, tout un univers intérieur doit se donner à voir ("Un œil, ou parfois deux, va tenter l'aventure, / La recherche du sens [...] / Qu'un auteur a donné", "Tournent indépendants, veulent un tantinet / Rencontrer le public").

Merci pour ce partage !

   Gouelan   
21/1/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Fin de tonalité /trou dans les écoutilles / indépendants / et / sans leurs douze béquilles.

J'entends comme un air de liberté d'images, hors du carcan de la ponctuation, de la rime calculée.

Et si on enlevait les barbelés... si on peignait les mots évadés du tableau, loin de la règle implacable qui tape sur les pieds.

Enfin je le vois comme cela ce malicieux poème, avec mon œil en chemin de traverse.

   Ioledane   
22/1/2019
 a aimé ce texte 
Bien ↓
J’aime bien l’idée et l’humour de ce non-poème.
Quelques maladresses de style – j’aurais mis :
- « tels LES piquets d’une vaine clôture »
- « Un œil, PEUT-ETRE deux, VONT tenter l’aventure »
Certaines images me plaisent particulièrement :
- « Dressés tels (les) piquets d’une vaine clôture »
- « Rencontrer le public sans leurs douze béquilles »
- « un tercet de travers ».
D’autres me paraissent moins gracieuses ou me parlent moins :
- Le second quatrain dans son ensemble
- Pourquoi « un tantinet » ? pour la rime ?
- Pourquoi la « révolte cubiste » ?
- Pourquoi « trou dans les écoutilles ? »

   Robot   
24/1/2019
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour Don,

Je passe un peu tardivement poser ce commentaire, mais bien qu'ayant lu le poème, j'avais du mal à définir pourquoi il ne me satisfaisait pas pleinement. Aprés réflexion, voici ce que je peux exprimer:

Si j'ai apprécié positivement la rédaction je suis moins emballé par le traitement du thème. J'ai de la difficulté à entrer dans cette comparaison entre le tableau de Magritte et le poème. Car Magritte nous parle de "l'image" de son tableau qui n'est pas…, pas du tableau lui même, alors qu'à l'inverse, tu veux nous démontrer que c'est l'ensemble du poème qui n'en est pas un, et non son contenu. C'est là ou se trouve pour moi la limite de la comparaison.

J'ai plutôt lu une sorte de contestation ou de volonté bien exprimée d'ailleurs, de ne pas s'inscrire dans les règles rigides de certaines formes poétiques. Peut-être pour nous rappeler que le seul respect des règles n'est pas garant de la qualité poétique.

Je ne suis pas sûr d'avoir été trés clair sur l'expression de mon ressenti.

   Amandine-L   
18/2/2019
 a aimé ce texte 
Bien
J’aime cet humour ! Ce poème aux formes classiques qui ne peut pas être « poème ». La référence à Magritte dans la présentation du poème est bienvenue. Pour moi, ce poème aborde le thème des formes poétiques et leurs évolutions avec en toile de fond le tableau de Magritte. La forme et le fond se sont bien unis pour exploiter le sujet.
Merci pour ce poème bien agréable à lire.
Cordialement
Amandine-L


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