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Poésie contemporaine
Eskimo : D'ébène et d'ivoire
 Publié le 29/11/11  -  9 commentaires  -  1130 caractères  -  221 lectures    Autres textes du même auteur

Au pays des Lumières…


D'ébène et d'ivoire



Ils partent de Bordeaux, de Nantes
Ou d’un quai de Saint-Malo.
Ils ont les humeurs peccantes
Ces navires à deux cents tonneaux,
Ces négriers, bateaux-louches
Qui sur nos côtes lorgnent,
Avec leurs cales gobe-mouches,
Les marchands de noires trognes.

Et trente-six de nos vies
Devaient bien valoir un cheval,
Dix pintes de gnôle, huit fusils
Et cent livres de plomb en balle.

L’Afrique, l’Atlantique, les Amériques.
Levant l’ancre pour ce noir passage,
Épinglés comme des poulets en batterie.
Des nefs-poulaillers, drôles de paradis
Aux ronces d’anciennes gares de triage.
Où Jézabel te ferait la nique.

Et nos chairs châtiées par leurs chaînes
Se putréfiant à longueur de champs.
À ne faire le fanfaron ni le fendant
Avec nos peaux en porcelaine.

Et la canne à sucre, le café, le coton,
Les trois grandes plantes esclavagistes,
Nous feront captifs, affranchis ou marrons,
Enfin tranquilles comme Baptiste.

Nous étions d’opulentes opimes
Qu’avant d’être des humains.


 
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   framato   
17/11/2011
 a aimé ce texte 
Pas
Quelques rimes un peu forcées, parfois pauvres aussi, quelques défaut dans le rythme qui accroche plus d'une fois et oscille entre 8 et 7 syllabes. Un dernier vers à la construction bizarre (Avant que d'être humain me semble plus correct), tout cela est vraiment dommage, parce que le sujet est bon mais se doit d'être traité avec force et justesse. Ici ce n'est pas assez souvent le cas et je pense que c'est principalement la construction rimée qui en est la cause.

J'ai cependant aimé la force de certains passages :

"Ces négriers, bateaux-louches
Qui sur nos côtes lorgnent,
Avec leurs cales gobe-mouches,
Les marchands de noires trognes."

"Et trente-six de nos vies
Devaient bien valoir un cheval,
Dix pintes de gnôle, huit fusils
Et cent livres de plomb en balle."

Je regrette la répétition poulet / poulailler

je regrette aussi tranquille comme Baptiste qui affaibli une strophe qui partait pourtant bien.

Je tique aussi sur l'usage d'opime en substantif alors que c'est un adjectif. Opulentes opimes est donc redondant (opime signifiant riche) mais surtout me semble incorrect puisqu'il manque un substantif...

Le thème mériterait un bon retravail de ce texte qui pourrait être très fort. Je reste donc sur une impression générale négative, mais je suis convaincu qu'il y a un gros potentiel dans ce texte.

   Charivari   
19/11/2011
 a aimé ce texte 
Un peu ↓
Bonjour. Je suis dubitatif.
si le sujet me parait extrêmement intéressant, en revanche je trouve le traitement un peu maladroit.

-La première chose c'est que vous employez un style moderne, et des références contemporaines (la gare de triage, par exemple) tout en parlant au présent, et même au futur. Du coup, ça fait vraiment très anachronique, cette poésie. En plus, le ton "explicatif" de certains vers ne passent pas du tout, à mon avis (par exemple : Les trois grandes plantes esclavagistes

-Ensuite, je trouve que l'ensemble est peu fluide. Les vers ne sont pas d'égale longueur, du coup le rythme est hésitant, et il y a des rimes forcée (Enfin tranquilles comme Baptiste) par exemple.

   Anonyme   
29/11/2011
 a aimé ce texte 
Un peu ↓
Bonjour ! Le sujet de l'esclavage est un sujet qui me tient également à cœur, d'où ce commentaire. En traitant ici uniquement des négriers français des siècles passés, vous oubliez tous les autres y compris les potentats africains premiers maillons de la chaîne, mais c'est votre droit. Pour ce qui est de la forme, je ne suis pas emballé et la lecture du poème me laisse de marbre ; je relève deux bizarreries, humeurs peccantes (terme médical que vous appliquez ici aux navires) puis opimes, employé comme substantif alors qu'il n'est grammaticalement qu'adjectif, si j'en crois Larousse.
Je ne suis pas du tout convaincu par la forme de ce poème et vous m'en voyez désolé.

   Marite   
30/11/2011
 a aimé ce texte 
Pas ↓
Le sujet est en effet intéressant et "pèse" lorsqu'on s'en approche. Mais ici, sous cette forme contemporaine, je trouve que les mots ne transmettent pas avec assez de force l'émotion qui devrait normalement nous saisir à la gorge en lisant. Il m'apparaît comme un constat détaché, observateur et froid.

   Raoul   
29/11/2011
 a aimé ce texte 
Bien
J'aime le ton général du poème (froideur d'émotion contenue, roideur même, dignité, pudeur de survivant…), il va bien au thème, n'en fait pas trop, garde une distance malgré ce "nous".
L'emploi d'expressions et d'images volontairement anachroniques n'est pas, pour moi gênant, j'y vois l'image en miroir "des terres lointaines" qu'on employait jadis pour évoquer -entre initiés- les travers de sa propre époque.
Je trouve aussi des recherches de forme (le jeu des [ch] des [f] strophe 4…) réussies, des images très expressives ("cales gobe-mouche / nefs-poulaillers / ronces d'anciennes gares de triage"…) au vocabulaire âpre.
Ce qui me "gêne" plus, ce sont les vers purement didactiques (début de strophe 5, par exemple) qui ne font "que" renseigner , la répétition de "noir" ou la trop grande proximité "poulet / poulailler", le "en" de "peau en porcelaine".
J'ai apprécié cette lecture, ça m'a évoqué quelque voyage et complexité d'un Corto.

   brabant   
2/12/2011
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Bonjour Eskimo,


"Au pays des Lumières..."
Vous faites donc allusion au commerce triangulaire, et vous mettez à mal nos philosophes référents inopinément uniformément encensés. Qu'en est-il du mythe du bon sauvage dans tout ça ? Sais pas moi, hein. Vous demande, c'est tout. Parce que vous avez travaillé là-dessus.

Avec bonheur, à mon avis. Le bonheur du texte, pas de ceux qui l'habitent hélas. Vous dites d'où ça part, où l'on va, ce que l'on fait ; vous parlez de destins brisés, de plantations esclavagistes ; d'exploitation inhumaine. Et tout cela avec précision, en disant juste ce qu'il faut, sans omettre.

J'aime ce texte :
"D'ébène et d'ivoire", beau titre qui me fait penser à une statuaire.
Ces navires, avec leurs gros ventres : "deux cents tonneaux", vous les faites vivre : "bateaux-louches/(qui) lorgnent/gobe-mouches/noires trognes", beau jeu de sonorités glauques, j'ai adoré ce passage très réussi AMHA.
Bien aimé aussi la deuxième strophe, soupesée au "cheval/pintes de gnôle/fusils/Et... livres de plomb" près, marché cacheté.
Puis le voyage se fait "Des nefs-poulaillers" aux "ronces" des gares en partance...
Enfin le labeur et les champs, les chairs qui cuisent et pourrissent...
Et la négation consommée de la dignité humaine.

Oui, cette poésie contemporaine m'a séduit, métaphorique, hymne à la mémoire, dénonciation de la barbarie.

Pour ne pas oublier.


ps:
les "marrons" sont bien les traîtres : de quelle manière ici ?
pourquoi "tranquilles comme Baptiste" ? Je ne vois pas l'image...
le dernier vers n'est pas très habile. Question de métrique ?

Voili voilou la raison du (-)

Au plaisir de vous lire

   andadia   
8/3/2012
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
J'ai beaucoup aimé le thème et l'on suit très bien le déroulement du poème qui nous emmène sur ces routes maritimes.
Les images sont belles, et certaines expressions sont vraiment imagées et collent au sujet (bateaux-louches).
La partie sur le prix d'un esclave est superbe.
Au lieu de gare de triage qui fait appel à des connaissances plus contemporaines j'aurai préféré: quai, rivages ou autres...

L'avant dernier passage sonne comme une explication superflue, et contraste avec les belles images que tu nous donnes précédemment.
"Les trois grandes plantes esclavagistes ... Un côté descriptif.
Je trouve dommage d'avoir employé le mot esclavagiste à la fin, cela transpire par tous les pores de ce poème et je le trouve de trop, surtout que la rime avec Bastiste je ne l'ai pas comprise.

je vois bien une image de pied enchainé par les plantes que tu cites
Nos pieds tels des boulets enchainés
A la ...

Je ne suis pas très sûr que l'on puisse commenter de la sorte et je le fais sans prétention, n'ayant pas de réelle base en poésie.
Je reste malgré ces éléments emballé par ton poème.
Cordialement,

   Pimpette   
18/3/2012
 a aimé ce texte 
Beaucoup
J'avais déjà remarqué dans un autre texte que j'aime la VOIX de cet auteur...je me coule là dedans comme si je connaissais déjà la chanson et que je pourrai la chanter demain matin sous ma douche...le thème est beau...belle attaque:
Ils partent de Bordeaux, de Nantes
Ou d’un quai de Saint-Malo.
Ils ont les humeurs peccantes
Ces navires à deux cents tonneaux,
Ces négriers, bateaux-louches
Qui sur nos côtes lorgnent,
Avec leurs cales gobe-mouches,
Les marchands de noires trognes.

Quand on connait Saint Malo, on est tout de suite dans cette évocation d'un temps passé et d'une histoire dépassée!

   Anonyme   
4/7/2016
 a aimé ce texte 
Pas
Je retrouve dans ce texte, les mêmes défauts que dans le texte précédent, des expressions toutes faites, et puis surtout l'émotion n'est pas au rendez-vous.

Les mots s’entrechoquent entre eux, sans créer une réelle relation. Je suis comme face à un descriptif, qui donne des informations succinctes, cela ne pousse pas à aller plus avant.

Je n'accroche pas à ce genre de lecture, car je trouve qu'il y manque vraiment une touche personnelle, quelque chose qui vous fait vibrer au cours de la lecture, là ce n'est pas le cas. Cela manque d'ampleur.


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