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| Passant75
1/3/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime bien
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Que faire quand on s’ennuie et qu’il pleut, sinon regarder à la fenêtre le décor de ciel gris et les gouttes de pluie dessiner des figures sur le verre.
Courbes naturelles, ovales, points et ronds, triangle et losange, mais le tout disparaît quand l’eau s’écoule et glisse sur la vitre. Dès lors, l’ennui reprend le dessus et les images déconstruites ne peuvent plus être racontées par quelque mot que ce soit. L’exergue, très explicite, m’a lancé dans cette interprétation toute personnelle dans laquelle des figures de peinture abstraite semblent être aussi au rendez-vous. Que m’importe d’avoir eu raison ou bien tort, j’ai trouvé du plaisir à, moi aussi, écarter le rideau, et flâner à la fenêtre. |
| GiL
4/3/2026
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
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Voilà un poème que je ne suis pas près d’oublier ! Je l’aborde avec méfiance : « Cubisterie » : hein, quoi ? ça ressemble à « cuistrerie » ou pire, à « fumisterie » ! A la lecture je suis dérouté, puis intrigué, intéressé, séduit, enfin émerveillé. J’aime beaucoup Laforgue et j’ai l’impression d’en retrouver le style, mais actualisé et comme condensé.
Les deux premiers vers m’ont évidemment rappelé le début de « Sérénade triste » d’Emile Nelligan : « Comme des larmes d'or qui de mon coeur s'égouttent,/ Feuilles de mes bonheurs, vous tombez toutes, toutes. » ; Nelligan, lui aussi, a des accents laforguiens : « Quand les grands vents d'automne ont sonné l'olifant. » L’association incongrue entre les oiseaux et un parapluie me fascine, c’est poétique mais je ne saurais pas expliquer pourquoi… Tiens ! Un mot rare et inconnu de moi : « un manteau/ rapiécé de mandorles d’eau » ; le fait qu’il soit chargé de connotations religieuses est-il volontaire ? La strophe suivante est, comme les autres, un distique, mais fragmenté en vers de deux syllabes qui figurent la pluie. Descriptif jusqu’ici, le poème s’attache alors à l’émotion ressentie par l’auteur qui se traduit par une incapacité soudaine à s’exprimer, dans un dernier vers isolé, sans rime, abrupt. J’aime. Bravo et merci. GiL en EL |
| ANIMAL
6/3/2026
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
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Portrait d'un jour de spleen, sans doute, et c'est très beau. J'admire la légèreté du ton alors que le propos ne l'est pas.
Le mot encrâné m'a un peu sortie de cette ambiance douce autant que géométrique, pleine de courbes, de damiers, de losanges, de points, de ronds et de triangles. J'ai néanmoins ressenti ces vers comme un toucher délicat d'artiste jetant de petits éclats de peinture sur la toile de la nature observée de sa fenêtre. Si l'ennui engendre de si beaux poèmes, alors il faut s'ennuyer plus souvent. |
| Provencao
17/3/2026
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
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Bonjour EtienneNorvins,
Plus éternel et plus intense que les minutes qui s'écoulent, j'y ai lu un soudain de l'existence....pouvant s'étendre et s'étendre... à l'infini. Merci infiniment de ce cadeau. Au plaisir de vous lire, Cordialement |
| LeChevalier
17/3/2026
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime bien
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Un petit poème très focalisé et très bien travaillé, chaque millimètre carré, pour ainsi dire, a été bien pensé. Cela me rappelle bien le précédent poème de cet auteur, qui se faisait remarquer par son panneau de « slogan ». Je pense que je peux dire à peu près les mêmes choses ici, même si la catégorie est différente.
La partie « verticale », par sa répétitivité et sa rapidité, traduit bien le bruit des gouttes qui tombent sur le dalles carrées. Je trouve, quand même, que ce qui suit la figuration de la pluie est moins heureux, moins bien fait. Pourquoi un losange ? Pour faire écho à la mandorle ? Pourquoi avoir laissé un ligne orpheline à la fin ? Pour figurer le manque de mots ? Cela peut se concevoir. En réalité, le seul vrai défaut que je trouve à ce texte, c'est sa brièveté. Certains pourraient la valoriser, y trouver une vertu ; pour moi, la brièveté c'est surtout éviter un risque, fuir une difficulté, celle de la cohérence. Voilà pourquoi mon ressenti est « aime bien ». |
| papipoete
17/3/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime bien
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Bonjour EtienneNorvins
Hier, on parlait de Munsh ce peintre oh combien admiré ; ce jour, il est question de cubisme avec Césane, Picasso...je vais finir par devenir calé en matière picturale ! Points, carrés, ronds correspondant à autant de touches de pinceau, posés de couteaux ( qui gouttent, morceaux de gris, damier, mandorles ( je tâcherai de le placer dans un texte ) , triangles, losanges, lobes, se distinguent en synonymes subtils pour peindre l'environnement. Un genre de nature morte, pleine de vie que - le pommier qui goutte - les traits de mousse - manteau rapiécé de mandorles etc... NB papipoète ne sait pas écrire ces choses là, mais je trouve votre tableau original, et parfaitement lisible. Lorsque vos lobes encrânés ne trouvaient plus les mots, vous pûtes dessiner ce que vos oreilles entendaient ? Il y a beaucoup à faire ; tout comme les senteurs ( les jacinthes présentement... ) j'ai un faible pour la 4e strophe, et vos assonances |
| Robot
17/3/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime beaucoup
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Sympathique et jolie observation d'un temps de pluie.
Le goute à goutte s'épanche dans les vers de deux pieds. Comme ses petits bonshommes en giclure que font lever les grosses gouttes dans les flaques. où plein de points de points de pluie en ronds en ronds sans fin s’enfuient |
| Mangrove
17/3/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime bien
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J'aime vraiment bien ce poème. Malgré son titre il relève plutôt pour moi d'une sorte de pointillisme cinématographique. Le premier distique est en particulier très bon. J'aime moins le deuxième vers du deuxième distique dans lequel la transition au pur nominal me semble abrupte. La fin aussi me semble moins inspirée que le reste du poème.
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| Myndie
17/3/2026
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
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Bonjour EtienneNorvins
Si ton intention était de nous faire croire à quelque impuissance créatrice, je ne te croirais pas. Parce ce que poème en mouvement, très visuel, plein d'angles, de lignes et de lumières, nous fait partager une belle expérience sensorielle. Et nous offre, avec sa calligraphie qui n'en est pas une, sa fluidité géométrique, ses métaphores surprenantes, et ses néologismes originaux, des images frappantes. J'aime beaucoup le paragraphe central, vertical et sonore, qui évoque les « écoulures » de la pluie et leurs distorsions. Je trouve également beaucoup d'inspiration dadaïste à cette « cubisterie » qui nous fait appréhender la réalité sous plusieurs dimensions. Il me semble que la somme de tous ces vers sur le fameux « losange blanc de papier » n'est pas l'imitation de la réalité mais la création d'une nouvelle réalité, la tienne. Et j'aime beaucoup. |
| tome15545
17/3/2026
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Poème composite fait de belles images et de choses intelligentes.
Toute la représentation qui déconsidère la perspective est fine, intelligente, mais m'ennuie un peu à côté des gouttes d'eau qui dansent en cercle. Je crois préférer quand vous vous étonnez des mots à votre écriture méticuleuse et verticale. C'est court, avec quelques très belles façons. J'ai apprécié la peinture du pommier, du parapluie plumé, et puis ces gouttes ! ah, les petites obsédantes ! Merci. |
| Lariviere
18/3/2026
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
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Bonjour EtienneNorvins.
J'ai beaucoup aimé votre poème que je trouve assez jubilatoire. La fantaisie des images et de ces vers singuliers musicalement réussis mais aussi l'aspect surprenant parfois du rythme, avec cette irruption presque chantante de ces vers court apportent des sensations très plaisantes en terme de ressenti. La brièveté de ce poème n'en amoindrit pas l'impact, bien au contraire ! Merci pour cette agréable lecture et bonne continuation ! |
| Eskisse
18/3/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime beaucoup
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Bonjour Etienne,
C'est une gentille et géométrique pluie que voilà ! Pas un déluge angoissant.... Juste une coulure sonore de mots très bien vue et entendue tout en rebondissements. On aime bien se blottir dans les branches du pommier et dans la mousse... Une synesthésie réussie ! |
| Louis
19/3/2026
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
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Un néologisme constitue le titre de ce poème, qui féminise le mot masculin "cubisme".
Le suffixe "erie" permet à des noms de désigner principalement des lieux de production artisanale ( mais aussi de vente), comme "boulangerie", "’épicerie", "crêperie", "fromagerie", etc. Le titre indique donc que le poème se veut une fabrique de cubisme. Il se veut la composition, avec les mots pour matière, la perception et l’imagination pour brosses et pinceaux, d’un tableau à la manière de Braque ou de Picasso. Pourtant, il semble bien que la référence se porte plutôt sur Marcel Duchamp. Comme l’auteur du poème, qui le cite en exergue, Jules Laforgue fascinait Duchamp et lui avait inspiré le fameux tableau : Nu descendant un escalier. Le poème semble reprendre cette inspiration de Spleen dans Le sanglot de la terre. Cubiste et touchant à l’abstraction, comme la toile de Duchamp, le poème se veut plutôt : "nue descendant du ciel". Comme le peintre, il cherche à saisir à la fois la rigidité des formes géométriques dans lesquelles les choses sont décomposées et la dynamique du mouvement. La féminisation, en ‘anima’, signalée dans le titre, semble indiquer un cubisme, dans lequel les formes géométriques, seront plus douces, plus souples, plus fluides et moins portées par les angles droits, aigus et saillants, les formes pleines d’épis et d’arêtes, trop "masculines". La « cubisterie » veut "adoucir les angles" d’un certain cubisme. Et en effet, dans la superbe syntaxe des deux premiers vers du poème, les mots par leur sonorité font entendre la douceur, dans cette prévalence du son « ou » : « courbes », « toutes », « gouttes », même si les terminaisons de « toutes » et « gouttes » sont plus sèches, moins "fluides’", mois "mouillées" et rappellent, pour le dernier item, leur destinée de chute, et de choc brutal. Les formes géométriques s’imposent, qui caractérisent le cubisme, mais ici dominent les « courbes », lignes plus douces que celles droites et raides. Ainsi les branches du pommier perçu par le locuteur sont ramenées à ces lignes-là, à des « courbes ». L’eau, la pluie, les nuées qui tombent du ciel triste, font donc l’objet de la perception créatrice du narrateur, de manière à la fois cubiste et abstraite. Les deux vers suivants disséminent les « eaux » dans les mots, dans « morceaux », dans « oiseaux ». Une dissémination, et la décomposition propre à la façon cubiste : « le ciel est en morceaux de gris » Non seulement le ciel est ainsi décomposé en touches grises, mais aussi le mouvement de chute, dans une différence néanmoins remarquable avec la représentation du mouvement dans le tableau de Duchamp. À contempler l’œuvre de cet artiste hors norme, on est frappé par les formes rigides et aigues de sa décomposition du « nu », mais aussi par le découpage du mouvement de descente en formes fixes, raides, rigides. Le mouvement se réduit à une série d’immobilités, un ensemble de dessins fixes sans animation. Ainsi la nature même du mouvement est perdue. Le poème, au contraire, au sein même de la décomposition, cherche à préserver la continuité du mouvement, le devenir fluide du passage d’un état à un autre. Si les oiseaux sont ramenés à des « parapluies », c’est d’une part en vertu de leur stylisation possible dans les formes géométriques de cet objet, mais aussi en ce qu’ils s’opposent au mouvement descendant de la pluie, soumis à la gravité, alors que les volatiles ont le pouvoir d’effectuer un mouvement ascendant, et qu’un parapluie imaginairement peut aussi voler, comme celui de Mary Poppins. La terrasse aussi est ramenée à des formes géométriques, « un damier », traversée ( « encrassée ») par des « traits » de mousse. Comparée à un manteau d’arlequin, « rapiécé de mandorles d’eau », à un "manteau de pluie", et non contre la pluie, un manteau fluide, en mouvement, la terrasse conserve sa structure géométrique. Toujours cette association entre la rigidité de la géométrie et le mouvement fluide, dans la saisie d’une continuité discontinue, d’une composition d’un décomposé. Le poème ne s’intéresse pas comme le faisait Verlaine à la musique de la pluie, ( Ô bruit doux de la pluie / Par terre et sur les toits ! / Pour un cœur qui s'ennuie, / Ô le chant de la pluie ! ) mais à l’abstraction qu’elle dessine, dans une recomposition du monde perçu. Pour parachever ces nues descendant du ciel, le poème trace, par des vers brefs, des lignes courtes et minces, où domine la verticalité, lignes de pluie décomposée en goutte-lettres de mots. C’est encore le mouvement de la pluie qui est évoqué, mouvement de chute disséqué en « points » verticaux, en « ronds » ; et mouvement de métamorphoses des points en ronds, puis en lignes de fuite. Enfin, le locuteur et peintre se représente dans sa toile , et saisit sa posture dans une composition géométrique : « mains en triangle » à côté d’un « blanc losange de papier » , « lobes encrânés ». Le vers final : « soudain ne trouve plus de mots » désigne un contraste saisissant. Le locuteur se trouve "à sec" face à la surabondance des traits et gouttes d’eau, au sein même plutôt de cette surabondance. Une rareté du verbe, et la stérilité des « lobes » du cerveau en comparaison de l’infinité des gouttes et de la fécondité de l’eau, par son mouvement et ses métamorphoses. Le texte se finit par la finitude de la condition de l’esprit face à la puissance infiniment dynamique du mouvement dans les choses, et cette conscience participe du spleen et de l’ennui dans lequel se meut le locuteur. Son intérêt, dans ce temps de l’ennui, pour une si petite chose, une pluie, un paysage pluvieux, une chose si négligeable, l’entraine pourtant vers un infini, qui accroît le sentiment de sa condition finie, transcendée toutefois par un pouvoir poétique créateur, qui fait de lui un "roseau" poétisant, auteur de la recomposition d’un monde. Merci Etienne |
| Donaldo75
22/3/2026
trouve l'écriture
très aboutie
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aime beaucoup
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Hello EtienneNorvins,
Je vais aller dans le sens des autres commentaires, du moins dans l'appréciation. J'ai adoré lire de poème sur Oniris. Il y a dans ce libre plus de poésie que tout ce que j'ai lu aujourd'hui et pourtant j'ai passé une matinée bien chargée en lecture onirienne. C'est psychédélique en diable. Les images s'enchainent, un peu comme dans un kaléidoscope ou un carrousel, et elles dégagent de la poésie. Ce souffle ne demande pas une analyse au niveau atomique, même si je pense que des spécialistes de l'exercice pourraient voir là un challenge, mais juste de se laisser aller à l'impression de lecture, de la poser sur le papier et ainsi va le commentaire. Même la disposition spatiale des vers sur la surface plane de la page s'est ancrée dans ma lecture. C'est la suite - consciente ou inconsciente - de ces traits picturaux, un peu du Magritte quelque part mais pas que, peut-être du Dali en moins sombre et surchargé. Bref, ça calme. Je pourrais me dire que je vais me laver les neurones avec des alexandrins bien découpés, des rimes travaillées à l'extrême, des images à fond venues du passé, mais non, ce serait quand même dommage de quitter la musique d'Arnold Schonberg pour écouter du Richard Clayderman. Non Non Non Bravo ! |
| EtienneNorvins
20/4/2026
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