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Poésie classique
Famineur : Décor aquitain
 Publié le 13/03/26  -  10 commentaires  -  709 caractères  -  134 lectures    Autres textes du même auteur


Décor aquitain



Un javelot perdu perce mes ailes d’ange
Et j’ignore où je tombe, abandonné des cieux.
Une odeur de pinède enveloppe les lieux
Et le vent fait tinter les tuiles d’une grange.

Tandis que mon épaule accueille une mésange
Et que mon pas réveille un chemin rocailleux,
Les grappes d’une vigne exposent à mes yeux
Des grains lourds de soleil et dignes de vendange.

Le jus sort du pressoir comme un sang, de mon cœur,
Comme un cri, de ma plaie ou comme une liqueur,
De l’âme sous-jacente à ma paupière close.

Tandis que sommeiller me change de saison
Et qu’en rêve je fais ce que personne n’ose,
Ce décor aquitain demeure une prison.


 
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   LeChevalier   
25/2/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime bien
J'ai vraiment beaucoup apprécié les quatrains, où les images s'accumulent dans une construction logique à partir des éléments du corps de l'ange (ailes, épaule, pas, yeux). C'est très intelligent et efficace comme approche de la description.

Les tercets, par contre, me paraissent moins réussis. Déjà, on se retrouve brusquement au pressoir, alors qu'à la fin du deuxième quatrain je pensais être parmi les vignes (« grappes [...] dignes de vendange », donc non encore cueillies). Pour le deuxième tercet, je décroche tout à fait : la phrase commence avec deux longues propositions circonstancielles (« tandis que [...] ce que personne n'ose ») pour aboutir à cette « prison » dont le sens symbolique m'échappe.

Commentaire avant publication.

   Passant75   
27/2/2026
trouve l'écriture
convenable
et
aime un peu
Qui se rêve un ange en dormant voit (les rêves ne sont pas toujours heureux) ses ailes percées par un javelot lancé d’on ne sait où, lancé par on ne sait qui. Perdant sa liberté, privé d’élan vital, au moins tombe-t-il dans des lieux odorants et sonores. Il tombe dans la région bordelaise, la région des vignes et du vin.

Son corps fait alors fusion avec le décor aquitain. Jus de raisin de la région, sang qui s’écoule de sa plaie, ce sont des images assez classiques, ne dit-on pas que le vin est le sang de la vigne ? Tout se mêle, tout se confond, mais certaines rimes paraissent forcées. Malgré la présence incongrue de cette mésange dont j'ai la faiblesse de penser qu'elle n'est là que pour rimer avec vendange, jusqu'ici cela pouvait, tout de même, paraître encore assez clair.

Mais le dernier tercet ajoute de la confusion à ces images. Bien sûr, tout cela n’était que rêve, mais, si passer du réel au songe permet de fantasmer à volonté et d'avoir de grands pouvoirs, notamment celui de changer de temps, peut-on vivre en étant prisonnier de son rêve ?

   Lebarde   
2/3/2026
trouve l'écriture
convenable
et
aime bien
L'auteur aux "ailes d'ange", touché en vol par " Un javelot perdu" dont l'explication m'échappe (?) aurait pu plus mal tomber que dans "Ce décor aquitain" où il restera semble -t'il prisonnier.

Les pins odorants, les tuiles, les chemins rocailleux, les grappes d'une vigne aux "grains lourds de soleil" donnant "un jus. . comme un sang" qu'un "sommelier" saura vendre et faire aimer.

Ce sonnet semble respecter la prosodie classique, le ton est agréable même si quelques lourdeurs dans l'expression dérangent un peu la poésie qui garde son mystère, mais en est affecté.
De même les puristes pourront être gênés par le nombre important de e à l’hémistiche qui même correctement élidés n’en sont pas moins regrettables.

Dommage mais un travail néanmoins soigné que j'apprécie.

En EL

Lebarde

   Provencao   
13/3/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime bien
Bonjour Famineur,

N’est-ce pas le songe seul qui infuse l'ombre des choses et livre la rconscience mourir d'impression?

Ses articulations sont comme le murmure de la beauté réelle qui s’anéantie à la quête de la beauté invisible du rêve.

Au plaisir de vous lire,
Cordialement

   Mangrove   
13/3/2026
trouve l'écriture
perfectible
et
aime un peu
De belles choses, mais le sonnet est totalement déséquilibré du fait que le premier tercet est dans le pur prolongement des quatrains et que la coupure n'intervient que dans le deuxième tercet. Je trouve aussi le "tandis que" assez lourd.

   Robot   
13/3/2026
trouve l'écriture
convenable
et
aime bien
Le fond porte bien la poésie.
On peut regretter une composition qui nuit à la clarté du récit et à son équilibre.
D'où mon appréciation mitigée entre rédaction et lecture poétique.

   papipoete   
13/3/2026
trouve l'écriture
très perfectible
et
aime un peu
bonjour Famineur
Un ange qui passait par là, reçoit un javelot égaré au-dessus de vignes prêtes à vendanger ; bientôt, on presse le raisin qui jaillit rouge comme le sang de mon coeur...
NB je ne voudrais pas être désobligeant ( ce n'est pas mon caractère ) mais je ne vois pas de cheminement logique, au long de votre texte ? et circonspect, je vois des lignes comme tombées là, sans âme ni intérêt.
NB que l'auteur me pardonne, mais l'un de ceux de la maison, déclara récemment qu'il ne fallait pas chercher de sens à un texte ?
Lorsqu'il s'agit d'une oeuvre abstraite oui, mais ici le décor est on ne peut plus concret !
Techniquement, les alexandrins ne commettent aucune faute, mais le sonnet lui-même me déstabilise.

   Polza   
13/3/2026
trouve l'écriture
convenable
et
aime un peu
Si je ne suis pas sûr de pouvoir dire des choses pertinentes à propos de votre poème, la forme classique fait qu’elle doit être encouragée selon moi (les autres formes également, je n’ai rien contre, mais j’ai ma préférence pour le classique sans en être un expert toutefois !).

Puisque je parle de forme, je dois dire que j’ai trouvé l’ensemble travaillé, mais au détriment du fond à mon avis.

J’ai tendance à penser (peut-être à tort) qu’en poésie classique, chaque mot doit être là parce qu’il est à sa juste place, ce n’est pas qu’aucun autre ne pourrait le remplacer, mais en tant que lecteur (ce que je n’arrive pas à faire en tant « qu’auteur »), il me faut sentir qu’aucune rime ou expression ou qu’aucun mot ne soit forcé parce que le poète a voulu arriver au bout de son poème.

Je ne vous fais pas là un procès d’intention, mais c’est la sensation que j’ai eue en lisant votre poème, que l’ensemble manquait de cohérence et n’était pas d’une fluidité exempte de tout reproche.

« Un javelot perdu perce mes ailes d’ange
Et j’ignore où je tombe, abandonné des cieux. »

pourquoi pas, l’image est jolie, mais pourquoi un javelot, que représente-t-il, que fait-il là perdu à percer les ailes des anges, qui l’a lancé ?
En tant que lecteur, moi aussi je suis perdu dès les premiers vers lus…

« Des grains lourds de soleil et dignes de vendange.

Le jus sort du pressoir comme un sang, de mon cœur, »

la transition est un peu brutale je trouve, rien ne l’a préparée…
« comme un sang », je trouve que l’on voit l’astuce pour ne pas avoir un vers fautif à 13 pieds, mais ce n’est pas fluide du coup. « comme du sang » est beaucoup plus naturel, mais cela demande à revoir la construction de ce vers…

« Tandis que sommeiller me change de saison »

je ne sais si c’est voulu, mais j’ai plutôt bien aimé « sommeiller » dans ce contexte de vigne et sa paronymie avec « sommelier », je ne sais pas si c’est volontaire ?

« Et qu’en rêve je fais ce que personne n’ose,
Ce décor aquitain demeure une prison. »

ce que personne n’ose m’apparaît plus que flou et ne m’aide pas à comprendre la chute…

Si je résume, un ange tombe du ciel à cause d’un javelot qu’il s’est pris dans les ailes (ça me fait penser à la fête foraine quand j’arrivais à éclater 2 ballons avec une seule balle en plomb !), se retrouve devant des vignes ou le jaja est égal au sang du cœur de cet ange qui rêve d’un truc que personne n’ose (mais on ne saura jamais quoi) et qui se retrouve prisonnier de ce décor aquitain puisqu’il n’a plus d’ailes pour retourner au ciel à cause de ce foutu lanceur de javelot qu’on ne lui avait rien demandé !

Désolé de faire un peu d’humour légèrement provocateur, mais ce n’est pas pour me moquer, c’est pour que vous vous rendiez compte de l’effet de vos mots sur un lecteur (j’espère que les autres auront été ou seront plus sensibles que moi à vos vers sortis tout droit du pressoir pour ne pas faire un vilain jeu de mots !).

Je vous assure que ce commentaire se veut bienveillant, je sais ce que c’est de mettre de soi dans un poème, mais ce poème est à mon goût trop sibyllin, je pense qu’il est à retravailler…

   Luron   
13/3/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime bien
J'ai bien aimé ce poème qui décrit une souffrance intérieure, une perte de repère (vers 2 et 3) dans une nature paisible qui sert de décor. il me fait penser un peu à la souffrance de " Recueillement" de Baudelaire.
Ce poème aurait mérité au dernier tercet deux vers de fin plus ouverts. Le dernier ne fait que reprendre l'idée d'enfermement dans ce mal être des deux quatrains. Dommage, vraiment dommage car l'écriture de ce sonnet a été travaillée.
Mes vers préférés (en supprimant volontairement des virgules) :
Le jus sort du pressoir comme un sang de mon cœur
Comme un cri de ma plaie ou comme une liqueur,

   tome15545   
15/3/2026
Une pièce que je trouve assez exceptionnelle et élevée, évoquant avec finesse le vin de messe, ou Saint Sang, qui dépeint un tableau très dynamique et riche.

Oui, deux tandis font beaucoup, et le tercet final est trop circonstancié à mon goût personnel, mais c'est une sacrée prouesse de mettre peindre autant de violence, de cri et de grâce en quatorze vers.

L'indéfini est lourd de mystère, ainsi le javelot perdu est d'une puissance tyrannique, là où le décor aquitain pose davantage. Mais il y a une espèce de brutalité au réveil, qui tranche.

Mes félicitations et mes remerciements pour ce poème.


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