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Poésie libre
GiL : Petit matin
 Publié le 15/08/26  -  4 commentaires  -  780 caractères  -  102 lectures    Autres textes du même auteur

 


Petit matin



Longue nuit d’insomnie
aux ciels couleur de suie…
Tourbillons de l'angoisse !
Ouragans !
Flots amers !
Clameurs et déraisons !
Naufrages sur des mers sans lune !
Embruns glacés que nulle main n’essuie !

Puis au petit matin,
quand la tempête enfuie sous l’horizon,
loin de la côte et des amers,
abandonne au reflux
des regrets doux-amers comme de noirs espars
qui luisent sous la pluie
et que défile encore
au fond des yeux éteints le cortège angoissant
des futurs incertains,

l’esprit désemparé
s’efforce à reconnaître aux premières lueurs
frémissant au plafond
cette aubade attendue et candide
que font les doigts légers du jour
frappant à ma fenêtre.


 
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   Passant75   
1/8/2026
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
« Longue nuit d’insomnie / aux ciels couleur de suie », ces deux premiers vers sont superbes et annoncent la couleur sombre de la première partie. La tempête marine traduit très bien la tempête sous le crâne. J’y ai même retrouvé les « gouffres amers » si chers à Baudelaire. Puis vient le « petit matin », si la lumière du jour n’efface pas complètement les angoisses de la nuit, elle apporte néanmoins une certaine douceur. Enfin, la dernière image des « doigts légers du jour / frappant à ma fenêtre » apporte une conclusion particulièrement réussie.

Je trouve que ce poème est solidement construit, avec une progression maîtrisée entre la violence de la nuit et l’apaisement du matin. Les images sont originales et cohérentes, et le texte baigne dans la fluidité. J’ai apprécié le contraste entre le tumulte intérieur de la première partie et la délicatesse des derniers vers. J’ai dit que la conclusion était réussie, en fait c’est tout le poème qui est réussi !

   Provencao   
15/8/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime bien
Bonjour GIL,

Une douce et belles lueurs de nos émotions en vos vers qui sont très délicates et étudiées pour tout un chacun et plus encore peut-être pour vous poète, puisqu’elles sont en quelque sorte votre palette d’écriture.

J'ai aimé la sagesse qui se dépose en cet esprit désemparé, qui colore cette réalité.

Au plaisir de vous lire,
Cordialement

   Mokhtar   
15/8/2026
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
Faudrait peut-être manger léger le soir…

La nuit sans sommeil est une aventure intérieure. Les pensées s’y exaltent, s’y amplifient. Se démultiplient les appréhensions et les angoisses jusqu’à déchaîner, comme en métaphore, les éléments naturels. Tout prend une dimension fantasmagorique, où l’esprit est emporté par une tempête imaginaire.

L’aube rassurante dédramatise, éloigne le tumulte. Sa douceur contraste avec l’épopée de la nuit

Belle idée que celle de transformer l’insomnie en bourrasque sous les draps, tempête qui retrouve les calmes au petit matin. Qui n’a pas accueilli avec joie l’émergence de l'aube
qui efface par miracle un insoutenable cauchemar, et ramène à la sérénité ?

Nul besoin d’insister sur l’évidente qualité technique de ce texte, qui déroule la métaphore avec un riche vocabulaire marin, et s’achève par une chute toute en finesse.

Nota : 3 fois le mot « amers »dont un homonyme

   Myndie   
16/8/2026
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
Bonjour Gil,
Quelle traversée saisissante et angoissante) d'une nuit d'insomnie ! L'émotion y est directe, sincère et touche juste : j'y retrouve cette expérience très d'intime que j'ai personnellement – comme beaucoup je pense – bien souvent faite.
Le choix du vocabulaire marin est excellent ; l'accumulation des exclamations rapides et hachées fait de l'angoisse une véritable tempête et la détresse, pourvoyeuse de sensations froides, se ressent dans ce qu'elle a de plus agressif et saccadé :
« Ouragans !
Flots amers ! »
«Embruns glacés que nulle main n’essuie »  
J'aime par dessus tout la personnification finale et ses images d'une poésie folle :
«  cette aubade attendue et candide »
« les doigts légers du jour
frappant à ma fenêtre. ». Elles servent merveilleusement l'impression de douceur discrète et fragile apportée par la lumière de l'aube et de soulagement ténu après le cauchemar de la nuit.
Ma seule petite remarque concerne la dernière phrase : si je ne m'abuse, elle compose entièrement les deux dernières strophes. Un peu trop chargée en subordonnées, elle gagnerait à être ponctuée par des temps de pause et le poème n'en aurait que plus de souffle. Avis tout personnel car nonobstant, votre poème est une grande réussite.


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