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Poésie contemporaine
HubertClosLus : L'enfant autiste pendu
 Publié le 11/10/18  -  16 commentaires  -  2880 caractères  -  155 lectures    Autres textes du même auteur


L'enfant autiste pendu



Les vanneaux à l’automne

Se posent dans les champs.

Ailes noires ailes blanches

Repartent au printemps.



Ciel gris ciel blanc

Ô les songes d’enfant



Tu n’étais pas un homme

Tu n’étais qu’un oiseau

De passage seulement

Petit vanneau souffrant



Ciel gris ciel blanc

Avec tes songes d’enfant



Dans un rectorat mort, un niais dans un bureau

– Moi – reçoit un appel, vilain cri de corbeau,

Pendaison à Gisors, il n’avait pas douze ans

Veuillez-notifi-er-un-message-aux-parents



Ciel gris, ciel blanc

À quoi songeais-tu, enfant ?



Des songes de loriot

Des songes de passant

Des rêves de sanglots

De tes onze printemps



Cieux gris cieux blancs

Tu plongeas, enfant



Toi qui volais si haut, vanneau virevoltant

Toi qui aux nues planais, malheureux, qu’as-tu fait ?

Au pied d’un escalier, tu as tué tes parents.



Ailes grises ailes blanches

Ont emporté l’enfant



À l’école pas bien, l’école mauvais sires

Tous les jours, les choucas venaient pour te détruire



Ciel noir ciel blanc, tes songes graduellement

S’obscurcirent.



Tu parlas aux parents, tu voulus le leur dire.

Avec tes pauvres mains, le langage des cygnes.

Mais eux ne pouvaient rien, ils voulaient qu’on t’enseigne

À devenir comme eux : normal et même pire



Ciel gris ciel blanc

La mort à onze ans

Ciel gris ciel blanc

Tu songeas au néant



Ciel brun ciel noir

Apparut le freux

De la Mort un soir



Ainsi s’en va l’autiste, triste sansonnet,

Un soir qu’il réalise qu’il n’était pas fait

Pour un monde d’humains, lui, le vanneau fugueur,

Il lui faut succomber à l’appel des hauteurs.



Ciel gris, ciel blanc

Accueille l’enfant





Alors, l’hiver venant,

Quand je vois, tout là-haut

Au carreau de mon bureau,

Passer les vanneaux



Allant revenant

De passage seulement

Comme toi, enfant



Je sais que les grands oiseaux du Nord au vol lent

Reconnaissent leur frère mort au champ dolent,

L’infirme qui était rossignol au-dedans,

Qu’ils signalent entre eux, qu’ils saluent en volant

La tombe de l’ami, passereau chancelant.


 
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   izabouille   
21/9/2018
 a aimé ce texte 
Passionnément
C'est très émouvant... J'ai vraiment bien aimé. La répétition des "ciel noir, ciel blanc" n'est pas dérangeante, au contraire, on dirait des paliers de décompression entre les scènes un peu lourdes émotionnellement. Le tutoiement est délicat, c'est vraiment bien écrit.
J'ai bien aimé "le langage des cygnes", cette référence constante aux oiseaux.
Bravo et merci pour le partage.

   Gemini   
27/9/2018
 a aimé ce texte 
Bien ↑
La catégorie sera sans doute revue.
Je trouve le titre de style journalistique. Un peu à sensation. Il fait trop choc comparé à la poésie du texte. C’est sans doute voulu, mais je ne pense pas que c‘était utile. Point de vue personnel.
On a ici un beau texte sur un sujet grave. Les mots sont simples, bien posés : il y a cette métaphore filée des oiseaux de tout poil, il y a les champs, le ciel en refrain qui suggère une rengaine lancinante, les enfants, et il y a, je trouve, cette mise en opposition permanente du terrestre et du céleste où l’on voit que tout ce qui se passe sur terre (dans les champs) se traduit dans des cieux aux tons changeants, brun, gris, noir, blanc selon l’ambiance, et avec des oiseaux gais, doux, mauvais ou sinistres selon les situations (bon choix d'oiseaux).
Le récit direct : dans un rectorat mort, un niais dans un bureau…. Tu parlas aux parents… est habilement inséré dans la pâte poétique. Je trouve dans le final comme un symbolisme religieux avec cette idée d’ange monté au ciel, salué par les siens.
Pour finir, je me suis demandé s’il ne s’agissait pas d’une histoire réelle, car le texte aurait été tout aussi prenant si l’enfant n’avait été infirme. En tout cas, j’aurais été tout autant ému s’il ne l’avait pas été.
Poignant.

   Francois   
11/10/2018
 a aimé ce texte 
Passionnément
Je trouve ce poème très beau et très émouvant. Il évoque avec pudeur et sensibilité un drame familial, la disparation (volontaire) d'un enfant atteint d'un handicap...
L'auteur use habilement des répétitions, comme un refrain , avec les mots "ciel", "enfant", des couleurs pauvres (noir, blanc, gris).
La dernière strophe est magnifique.
Peut-être faudrait-il un autre titre, plus poétique, "Oiseau de Passage", par exemple ?
Bravo encore.

   bipol   
11/10/2018
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
bonjour

exceptionnel, votre poème

cette répétition comme un jeu d'enfant

à l'horizon du drame

c'est le poème le plus beau de toutes mes lectures

ça musique nous reste et son petit cœur s'éteint

et qu'elle mise en scène de la douleur de ce petit être handicapé

les images sont magnifiques

il existe et il meurt tout est là

bravo

   plumette   
11/10/2018
 a aimé ce texte 
Bien ↑
J'ai aimé ce texte à la fois direct, poignant et et pudique;
la référence aux oiseaux , la coloration des ailes et du ciel qui vont du noir au blanc en passant par le gris donnent à ce poème une ambiance particulière qui n'est pas morbide malgré son sujet.

je regrette simplement le titre et la désignation "autiste"à la fin du poème dans " Ainsi s'en va l'autiste, triste sansonnet ". J'aurais du mal à vous dire ce qui m'a gênée, ce terme est un diagnostic , il enferme et réduit cet enfant souffrant à sa maladie. C'est très subjectif! et n'entame en rien la délicatesse de ce texte fort.

Plumette

   papipoete   
11/10/2018
 a aimé ce texte 
Bien
bonjour HubertCloslus
Un angelot s'est envolé ... après avoir brisé ses ailes, après qu'on lui brisa le coeur ! Aujourd'hui, ce sont ces parents qui sont " morts " de peine, et se demandent pourquoi ils ne comprirent pas le mal-être de leur enfant !
NB je sors de chez un ami souffrant du syndrome de " Little ", qui ne connut rien de la joie de vivre d'être enfant, et connut même le placement en centre spécialisé pour déficients mentaux ; heureusement, quelqu'un se rendit compte de son intellect extraordinaire et il put rejoindre l'école " normale ", et briller, briller jusqu'à maintenant ...Il fut lui aussi un " ange " de 11 ans, mais c'est plus tard qu'il songea à brûler ses ailes, quand il vit que nulle ne " brûlait " pour lui . Aujourd'hui il vit, mais il faut lui sourire ...
Votre récit est bien sûr poignant, et ne peut que susciter de la tendresse ;
J'aime bien les stances entre strophes, qui soulignent la couleur du ciel qui colorait l'intérieur du petit ;
Mon bémol va aux oiseaux de mauvais augure, qu'on clouait à l'entrée des granges , corbeaux et freux ces maudits pour l'éternité, comme le sont les serpents ! ( je connais un onirien qui écrivit un fameux poème sur cet animal honnis et pourtant ... )

   Castelmore   
12/10/2018
 a aimé ce texte 
Passionnément
Modéré : commentaire trop peu argumenté.
J'avais écrit

Que dire ?
Bravo

Commentaire modéré donc ...

J'argumente
Le titre journalistique.... pour attirer le chaland ? NON Pour montrer ce monde tel qu'il est ... l'information froide ... qui s'oppose à l'horreur des situations... illustrées de façon subtile dans un texte léger, plein d'allégories de métaphores, avec une sorte de refrain enfantin...en rapport avec l'âge de ce gamin...

Ah oui ce sujet !
J'entends les pleureuses... quoi se servir d'un malheur larmoyant pour s'attirer facilement les louanges... Victor Hugo a fait mieux avec la mort de sa fille oui et ... où est Victor Hugo sur ce site?
Est il interdit de dire avec des mots tendres un drame horrible parce que l'émotion empêcherait l'esprit des lecteurs d'être vigilants ? Non je ne crois pas ... et quand bien même ... l'émotion n'est elle pas l'un des plaisirs à lire un poème


Pas un mot de trop
Pas un mot à rajouter
Pas un soupir à rallonger ou atténuer

Dans un premier élan j'avais noté bien+.... je corrige

   Mokhtar   
11/10/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Très touchant et très intelligent poème, tout en survol, qui dit tout.
Le destin du petit être n'était que de passer rapidement...
Destin...faut voir. A-t-il eu toutes ses chances ? Un ange passe.

   Louison   
11/10/2018
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Le titre m'a un peu bloquée, trop cru et j'ai failli ne pas lire, puis, j'ai plongé dans le texte, et ce parallèle constant avec les oiseaux m'a séduite.

Autiste ou pas, le problème de la difficulté de la communication est pointé, la différence de ce petit vanneau moqué est bien décrit.

Un joli texte que j'ai apprécié.

   PIZZICATO   
11/10/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
J'ai trouvé un peu dommage que le titre soit trop explicite ; il nous previent du dénouement.

Mais la lecture nous offre un texte émouvant, sans pathos, avec cet enfant qui semble évoluer au milieu du monde des oiseaux.

" Ciel gris ciel blanc " je crois comprendre, qu'au moyen de ces mots répétés, l'auteur a voulu mettre l'accent sur l'écholalie, spécifique aux enfants autistes.

Des images fortes comme " Au pied d’un escalier, tu as tué tes parents."

" ils voulaient qu’on t’enseigne

À devenir comme eux : normal et même pire ".

J'ai beaucoup apprécié ce texte.

   Willis   
11/10/2018
 a aimé ce texte 
Pas
Jouer sur la sensibilité du lecteur... Oui, pourquoi pas...
Il reste que je trouve ce texte mal écrit. Mais au vu des éloges, que j'ai pu constater, je dois être "à côté de la plaque", encore une fois.
Ou alors, la compassion du lecteur s'égare, et décèle quelque talent à ceux dont le registre est "sortez vos mouchoirs".

   Hiraeth   
11/10/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Je ne bouderai pas mon plaisir, j'ai beaucoup aimé cette lecture.

J'aurais changé quelques mots ça et là essentiellement pour des questions de rythme, notamment quand l'alexandrin est un peu malmené, mais le texte fonctionne bien dans l'ensemble. J'aime beaucoup l'alternance des mètres, mais je trouve plus euphonique de faire alterner des vers pairs avec des vers pairs, ou des vers impairs avec des vers impairs, comme dans le premier refrain que je trouve fort réussi : "Ciel gris ciel blanc / Ô les songes d'enfant" (4/6). Pour cette raison j'aime moins le refrain suivant : "Ciel gris ciel blanc / Avec tes songes d'enfant" (4/7) ; que diriez-vous de remplacer "Avec" par "Et" ? Pour gagner en légèreté et, je trouve, en musicalité.

Je soulignerai aussi la puissance de certains parallélismes : "Tu n'étais pas un homme / Tu n'étais qu'un oiseau" ou encore "Tu parlas aux parents, tu voulus le leur dire".

J'aime aussi beaucoup le "Au pied d'un escalier, tu as tué tes parents" MAIS contrairement au deux autres vers de la strophe ce n'est pas un alexandrin et ça m'a gêné dans ma lecture : je vous propose donc de passer au passé simple : "Au pied d'un escalier, tu TUAS tes parents".

Ceci étant dit, mes félicitations encore.

   JcJaZz   
12/10/2018
L’omniprésence des oiseaux de "mauvais augure" avec cette répétition lancinante des couleurs blanc, gris, noir pour enfin terminer sur le rossignol : le chant, les couleurs, le printemps, le renouveau
Le vocabulaire dépouillé sans ambages et les tournures de phrases franches, directes et courtes souvent
Les images et allégories subtiles, empruntes de beaucoup de douceur, de pudeur et de retenue
Tout concours au respect de cet enfant, à partager ce deuil sans excès de lamentations et de pleurnicherie. Non un deuil sobre, profond et sincère
De la grande poésie
Merci

   Pouet   
13/10/2018
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bjr,

Très sensibilisé au sujet, travaillant avec des enfants souffrant de troubles du spectre autistique depuis de nombreuses années, j'ai lu avec grand intérêt ce poème.

J'ai globalement apprécié même si j'ai trouvé le texte quelque peu emphatique par endroits. La métaphore de l'oiseau malgré son côté un peu éculé semble toutefois bien coller au thème.

En vous lisant, j'ai l'impression que cet enfant s'est retrouvé "tout seul" en milieu ordinaire ce qui n'est pas le plus courant mais ce qui arrive tout de même aujourd'hui encore, les places en ULIS collège ne suffisant pas toujours à accueillir l'enfant "différent". La France a de grands progrès à faire en ce domaine, l'autisme n'étant pas pris en compte comme il le devrait, l'Education Nationale n'étant pas au niveau en matière de professionnels formés et devant souvent palier au déficit des IME et de leur liste d'attente de plusieurs années.

Il y aurait beaucoup à dire sur le sujet.

Au final un poème touchant bien sûr, triste, empli de désespoir, d'absence d'écoute, de considération.

La poésie sert aussi à cela, à dire, à gueuler, à pleurer.

   Eki   
14/10/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Poème touchant, sensible...
Entre la cage et le ciel, l'enfermement d'un monde et la liberté, vos mots sur les maux sont au bon endroit. Vous avez avec émotion libéré les cris silencieux de l'autisme.
Cet handicap TSA est mieux reconnu, identifié depuis une vingtaine d'années. Bien avant, on considérait les enfants qui en étaient atteints comme des schizophrènes...C'était la double peine !


Eki

   Quidonc   
15/10/2018
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour,

Le titre est parfois le plus difficile à trouver. Il ne faut pas être trop explicite mais suffisamment évocateur pour intrigué le lecteur et le conforter dans la conclusion du poème. Ici on est dans le direct et le titre révèle tout avant la lecture. Ce texte n'est pourtant pas dénué d’intérêt. Les images sont justes et le parallélisme des oiseaux est une belle trouvaille.
Merci de ce partage


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