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Poésie classique
inconnu1 : Crépuscule sur une abbaye en ruine
 Publié le 26/12/21  -  22 commentaires  -  1052 caractères  -  493 lectures    Autres textes du même auteur

Petite réflexion après les visites des abbayes de Saint-Mathieu, de Beauport ou de Mortemer.


Crépuscule sur une abbaye en ruine



N'avez-vous jamais vu sur les pentes pierreuses,
À l'heure où le soleil brasille entre deux eaux,
Tout près du marécage alourdi de roseaux,
S'étirer longuement ses ruines ombreuses ?

Il vous faudra gravir des chemins escarpés
Pour goûter au décor que sa sombre carcasse
Inflige en clair-obscur sur le jour qui s’efface
En marouflant le ciel de fins bandeaux jaspés.

Si jamais le crachin se mêle à la poussière,
Sur les piliers mouillés, laissez courir vos mains.
Voyez vos doigts s'encrer, comme des parchemins,
Par les pleurs et le sang qui suintent sur la pierre.

Et quand le vent mauvais vrille sous les claveaux,
Observez le nordet jouer avec l'ogive,
Ricocher par moments sur la brume lascive
Pour s'enrouler autour des arcs médiévaux.

Mais si votre raison condescend aux mystères,
Peut-être entendrez-vous dans le cycle des vents
La longue psalmodie et les chants émouvants
Qu'égrènent chaque soir les anciens monastères.


 
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   Queribus   
14/12/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour,

Que dire devant une telle perfection d'écriture classique sans la moindre faute de prosodie; de plus, le texte est clair, on comprend tout de suite sans avoir à relire plusieurs fois; j'ai pensé tout de suite à Victor Hugo.

Bravo l'artiste; on attend d'autres écrits de ce tonneau-là (et je suis certain que vous en avez beaucoup en réserve)

Bien à vous.

   Lebarde   
18/12/2021
 a aimé ce texte 
Passionnément ↓
Joli poème classique, de superbes descriptions, des images originales et magnifiques de poésie, une écriture subtile, fluide et délicate, de belles rimes. Quoi demander de plus, c’est parfait.
Tout ce que j’aime.
Un tout petit reproche concernant les deux derniers vers du troisième quatrain « … Par les pleurs et le sang…. » sur lesquels j’ai légèrement coincé. Mais bof, rien d’autre qu’une « perception » de ma part que je ne saurais même pas definir.

Bravo du beau travail d’un poète au sommet de son art!

En EL
Lebarde

   socque   
19/12/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Réaction immédiate à la lecture : vain diou que c'est beau ! Alexandrins fluides et amples, vocabulaire de belle tenue, quelques termes mystérieux (pour moi) qui ajoutent à la noblesse de l'ensemble, trajectoire assurée du propos ancré dans le réel qui débouche à la fin sur une envolée lyrique sans mièvrerie (j'aime qu'on me parle de marécage alourdi de roseaux, de carcasse, d'arcs médiévaux, de psalmodies !), bref un des classicismes que j'aime, ancré dans la tradition et dénué de banalité malgré un sujet pas neuf. Mon bémol viendrait peut-être des rimes que je trouve un peu ternes, par exemple poussière/pierre et pierreuses/ombreuses qui marie deux adjectifs de même construction. Cela dit, ogive/lascive j'adore ; ce quatrain est du reste mon préféré. La brume lascive constitue à mes yeux une association vraiment parlante, et c'est balèze d'éviter le cliché en parlant de la brume !

Bref, voilà un poème qui m'emporte et me renforce dans ma conviction : il y a toujours moyen de renouveler l'expression, y compris dans une forme et sur un sujet ancestraux.

   GiL   
19/12/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Ce poème m’a beaucoup plus impressionné par la forme que par le fond.

Les alexandrins sont parfaits, le vocabulaire soutenu comme il convient dans ce registre, les rimes riches et bien choisies, les images saisissantes… Alors ?
Alors désolé, mais je ne me suis pas laissé émouvoir par cette atmosphère pourtant bien rendue, je suis resté extérieur, j’ai eu un peu l’impression d’assister à un spectacle.

Ce qui m’a fait décrocher tient beaucoup, je pense, à une incohérence dès les deux premières strophes dans la localisation de l’abbaye : le premier quatrain nous dépeint des ruines dans un environnement de marécages, puis le deuxième nous fait gravir « des chemins escarpés /Pour goûter au décor que sa sombre carcasse... ». L’exergue précise qu’il s’agit d’une réflexion après les visites de plusieurs abbayes, d’où probablement cette imprécision qui m’a gêné ; et que je retrouve d’ailleurs dans la dernière strophe relative aux « anciens monastères » en général. J’aurais préféré un singulier comme « cet ancien monastère » ou, pour associer le général au particulier, « chaque ancien monastère ».

Quelques termes m’ont un peu troublé comme « brasille entre deux eaux » (pour moi, le soleil brasille sur les eaux) et la « brume lascive » (je saisis l’intention mais le terme me choque dans le contexte).

J’ai malgré tout passé un excellent moment à étudier et commenter votre poème.
GiL en EL

   Donaldo75   
20/12/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour,

J’ai beaucoup aimé ce poème que j’ai trouvé très réussi. Il rend bien honneur au titre dont la promesse semblait picturale. Les quatrains sont composés avec bonheur – je veux dire par là que le travail mis en œuvre je suppose a payé auprès du lecteur, du moins dans mon cas, sans donner l’impression d’un résultat laborieux, au contraire – et ils s’enchainent bien les uns les autres comme dans un tableau figuratif de la fin du dix-neuvième siècle. L’usage de la seconde personne du pluriel m’embarque moi lecteur dans le paysage, me rendant acteur sans me forcer la main, parce que des précautions rhétoriques telles que l’usage du futur dans le premier vers du second quatrain évitent cet écueil. C’est vraiment une réussite et ce sur beaucoup de points tels que l’usage de la rime qui complète le crépuscule, la métrique qui polit le tableau et le champ lexical qui le rend encore plus visuel.

Bravo !

   Marite   
26/12/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Si agréable de suivre ce crépuscule au fil des alexandrins qui se succèdent avec tant de simplicité (apparente) et de clarté. Le rythme guide notre respiration et les rimes accompagnent la découverte du site sans heurt. Le dernier quatrain, mon préféré, clos cette visite de façon bien apaisante.

   papipoete   
26/12/2021
 a aimé ce texte 
Passionnément
bonjour inconnu ( de plus en plus connu ! )
Qui sait regarder autre chose que les vitrines de super-marché, peut en promenade poser les yeux sur cette ancienne splendeur en ruines, que bientôt ronces et futaie recouvriront pour l'éternité.
En outre, il faudra crapahuter pour vous en approcher ; oui, on ne construisait ni château ni abbaye au plat d'une plaine... mais une fois sur les lieux, fermez les yeux et imaginez...
NB tous les endroits ressemblant à ce lieu saint, se méritent, au dépens d'un peu de marche sur des sentiers, que seules les mules bâtées arpentaient sans rechigner ! mais une fois arrivé là, le pèlerin même complétement athée, louera le Ciel de tant de majesté ; j'en fais partie et m'imagine derrière le héros, à la traîne... mes guiboles font la gueule !
le crachin n'est pas là pour mouiller, mais pour le décor qu'un Hamilton repenti, put photographier en état de grâce...
bien sûr, que telle visite ne peut se faire smartphone en alerte, mais loin de tout SMS intempestif, et être branché à l'époque des laudes et complies...
Chaque strophe est remarquable, mais les deux dernières l'emportent ! et le 8e vers !
un classique parfait dont les alexandrins, me font penser à des moines debout par douze dans la nef ancestrale...

   Hananke   
26/12/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour

Un très beau texte poétique et descriptif dont j'aime encore mieux
le quatrain final qui nous plonge dans une réflexion mystérieuse
et bien venue pour clore le poème.
Rien à dire de plus, c'est bien joliment écrit.

   Corto   
26/12/2021
 a aimé ce texte 
Bien ↓
Je suis étonné par ce poème. Le titre comme l'exergue nous parlent d'abbayes en ruine, on pourrait donc en attendre des évocations d'un passé religieux et quelques élévations d'âme quoi qu'on en pense.
Or il s'agit principalement d'une balade-rêverie dans des paysages pierreux avec crachin, poussière et piliers mouillés etc.
Il faut attendre longtemps -trop- pour voir apparaître les claveaux, les ogives, les arcs médiévaux évocateurs de constructions monastiques disparues.
Le dernier quatrain tend à combler ce décalage, pour lier "le cycle des vents" à "La longue psalmodie et les chants émouvants Qu'égrènent chaque soir les anciens monastères."

J'ai comme l'impression d'une occasion manquée de nous faire ressentir la puissance mystique des lieux qui ont servi de base à ce poème.

Moi qui suis profane j'aurais aimé entendre des mots m'appelant vers le sacré.

Merci pour ce partage difficile. Il semble que les contraintes du classicisme n'aient pas aidé l'auteur à donner sa véritable valeur au thème qu'il avait choisi.

   ferrandeix   
26/12/2021
 a aimé ce texte 
Passionnément
Poème d'inspiration romantique empreint d'une grande noblesse. Vocabulaire riche, niveau de langue très élevé, syntaxe parfaite, prosodie non moins parfaite avec mise en évidence de la rime très réussie. Fluidité quasi maximale et euphonie d'un très bon niveau.

Sur ce derniers point, quelques remarques mineures:

alourdi de (di de)
faudra gravir (dra gra)
décor que (kor ke)
mêle à la (la la)
.............

Le dernier paragraphe conclut bien le poème en introduisant la dimension mystique par l'intermédiaire des chants religieux, ce qui prolonge le poème.

Au final, c'est quasiment un chef-d'œuvre de congruence sémantique, syntaxique et phonique (presque pour ce dernier point) dans lequel (presque) rien ne heurte l'esprit ni l'oreille.

   Miguel   
26/12/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Un poème d'une forme impeccable, véritablement parnassienne, et tout à fait en accord avec le thème. Bon, quand il y a du crachin il n'y a pas de poussière, mais ce sont mes crampes d'estomac qui me font m'arrêter à cette vétille. La sombre majesté des lieux est évoquée avec beaucoup de profondeur, de gravité, et si la destination spirituelle de ces édifices n'est pas directement évoquée, le sentiment du sacré émane de l'ensemble, et les termes "mystères" et "psalmodie" apportent ce souffle de l'Esprit. Je me suis vu, à la lecture, dans des sites qui me sont familiers. Un vrai bijou de poésie à la fois descriptive et lyrique.
À la lecture des autres commentaires, je me permets de revenir sur les remarques de ferrandeix : il est dans son domaine de compétence sur les cacophonies, et ses remarques me semblent justes ; seulement le "dra-gra" me paraît, à la rigueur, justifié par le souci de sonorités imitatives de l'effort.

   HadrienM   
26/12/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonsoir,

Voici d'intéressantes images gothiques que tu offres au lecteur. Elles sont exigeantes et pourtant fort généreuses : c'est bien ce paradoxe dans ton écriture qui m'intéresse. On enlace ton imaginaire, très visuel du reste, comme l'on pourrait s'éprendre d'une ortie. Il y a quelque chose d'un peu brontesque et hugolien dans ton écriture (admire la filiation que je te prête !) ; c'est loin de nous déplaire.

Bravo donc.

Bien à toi,

   pieralun   
26/12/2021
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
Très très beau !!

Rien à dire, c’est splendide ! Bon…. marouflant peut-être, bof, mais histoire de faire quelqu’histoire quand on reste béat devant un poème.

Monsieur ou Madame, vous avez bien tort de ne pas vous faire connaître car votre texte me laisse pantois…et c’est bien rare.

Mille bravos !!!!!

   Vero   
27/12/2021
 a aimé ce texte 
Passionnément
Bonjour Inconnu1,

Magnifique lecture, un plaisir de découvrir ce crépuscule d'une abbaye en ruine.
La forme classique est parfaite, les alexandrins, fluides et harmonieux, magnifiquement imagés.
Je suis charmée.

Une très belle réussite.

   Cristale   
27/12/2021
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
Merci merci merci à toi Poète d'avoir enchanté mes yeux, mon âme, ma sensibilité avec tes mots et la magie qu'ils ont puisée dans l'encre de la poésie pour m'offrir des images merveilleuses.

Je suis admirative du travail qui se cache derrière ces vers mais je vais me montrer très, très sévère, ne m'en veux pas :

Voilà, j'espère ne pas te faire de peine et serai sans concession en te disant que j'ai adoré les quatrains, les alexandrins, les rimes, oui superbes le jeu de rimes, la fluidité des vers et l'ensemble du récit qui nous raconte et nous invite dans son ambiance feutrée, comme j'aime, en aiguisant tous nos sens.

Nous y sommes, et même très bien...où ? En poésie tout simplement et très bellement.
Pardon pour ma sévérité ^^.


Bravo et merci Inconnu!
Cristale

   Provencao   
27/12/2021
 a aimé ce texte 
Passionnément
J'ai Beaucoup aimé votre liberté poétique en nourrissant le langage d'une aura originale et créatrice.

Votre lien très particulier à l'écriture définit sublimenent votre style, votre attention à la création et votre sensibilité de la pensée .

Merci pour cet enchantement.

Au plaisir de vous lire
Cordialement

   Lariviere   
28/12/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Inconnu1,

De beaux alexandrins qui coulent comme l'eau de source font de ce poème aux rimes embrassées un poème parfait... Les images sont à la fois simples et sophistiqués le quatrain de fin est un regal...

Merci pour ce beau poème romantique et bonne continuation

   Stephane   
28/12/2021
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
Superbe poésie qui m'a transporté dans cette abbaye en ruine.

Une atmosphère mystérieuse, de vent et de lourdeur, m'a soudain envahie.

Une écriture sublime dont je ne me lasse pas de lire.

Bravo pour cette performance exceptionnelle !

   inconnu1   
28/12/2021

   Myo   
28/12/2021
 a aimé ce texte 
Passionnément
Un florilège de couleurs, de sensations, de jeux de lumière, de ressentis, d'émotions...
Une poésie qui nous enlace de toute sa force et élève l'âme ... "à l'heure ou le soleil brasille"

Un grand bravo!

Myo

   Arsinor   
29/12/2021
Je suis venu attiré par les plumes et par le classement. Je ne suis pas déçu, c'est très beau et je pense qu'on vous a déjà tout dit. Le rythme coule très fluidement et le sujet est typiquement poétique.

   Virou64   
29/12/2021
 a aimé ce texte 
Passionnément
Superbe!
On mesure à la lecture de poèmes de cet acabit tout le pouvoir de la forme classique, l'intérêt des règles qui la régissent quand elles sont comme ici parfaitement maîtrisées.
Je me suis laissé porter par le rythme de ce poème, envoûter par son atmosphère , et suis entré quasiment physiquement dans ce tableau d'une belle puissance évocatrice.
Pour finir, le dernier quatrain m'a laissé quelques secondes en apesanteur.
Bravo et merci pour ces belles émotions.


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