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Poésie contemporaine
Ithaque : Zazen [Sélection GL]
 Publié le 04/09/18  -  10 commentaires  -  1555 caractères  -  101 lectures    Autres textes du même auteur

En souvenir d'aurores japonaises en zazen (1), au dojo de Mishima Sensei (2).


Zazen [Sélection GL]



Shizuoka. La brume envoie
Sur la ville un voile de poudre
Que le soleil voudrait découdre :
Comme moi, il cherche Sa voie !

La crête du FujiYama,
Cheveux blanc bleuté, s’ennuage,
Un cerisier, rose, en feuillage,
Bruit... et se tait, quand Mishima

Tinte le bol, dit Hajime(3) !...

Avant d’entrer en vigilance
Dans mon clair-obscur de silence
Sous mes yeux à demi fermés

J’enclos, dans un dernier regard,
Les lignes du Mont, sa droiture,
La dignité de sa posture
Et je m’incline avec égards

Devant l’icône vénérée
Symbolisant tous les mérites
De la pureté, de ses rites...
Et lui dédie, à voix feutrée,

Les matines du méditant :
« Puisse mon corps, en son assise,
Refléter l’attitude exquise
De ton ancrage dans l’instant,

Puisse le feu de mon esprit
S’apaiser, comme tes entrailles,
Réconciliées en tes murailles
Donnant au calme tout son prix ! »

********

Baigné d'effluves de benjoin

Le Bouddha, dieu lare du temple,

Fait un mudrā(4) que je contemple,

Puis, cils baissés, je le rejoins.




(1) Zazen : Posture de méditation assise (bouddhisme zen)
(2) Sensei : Maître
(3) Hajime ! : Commencez !
(4) Mudrā : Position des mains ou des doigts (bouddhisme)


 
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   Anje   
17/8/2018
 a aimé ce texte 
Bien
Je ne fréquente pas les dojos, ne suis jamais allé au Japon, n'entends rien au bouddhisme ni à la versification libre mais votre texte exhale bien-être et plénitude. Peut-être l'effet du benjoin.
Ma préférence va aux deux premières strophes, au "voile de poudre que lesoleil voudrait découdre", au "cerisier... bruit... et se tait".
Merci de ce partage, de cet appel à la zénitude.

   Eclaircie   
18/8/2018
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour,

Votre présentation évoque le "souvenir". Je pénètre donc cet univers que je ne connais pas du tout.
Il me manque cependant quelques clés pour aborder le poème :
Shizuoka : est-ce bien la ville ?
Mishima, ce nom évoque-i-il une personne précisément ?

Passés ces deux écueils, j'ai parcouru ce poème aux vers courts, au rythme régulier en phase avec le sujet.
Petit détail : je n'ai pas trouvé que le benjoin soit originaire du Japon.

Globalement, un beau moment de "zénitude".

Merci du partage,
Éclaircie

   Vanessa   
18/8/2018
 a aimé ce texte 
Passionnément
Bonjour,
Vous nous offrez une magnifique séance de méditation.
Tout dans vos mots et vos tournures de phrase évoque la sérénité, la grâce et l'ancrage à l'instant.
Personnellement, je supprimerais tous les points d'exclamation car ils ne sont pas nécessaire à la puissance de l'expression. Je pense même qu'ils sont de trop.
Un très beau poème tout en sensation visuel et physique.
Bravo.

   izabouille   
18/8/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Je viens de lire ... du silence! et c'était très beau, très méditatif, très zen. Ce n'est pas une poésie à méditer mais pour méditer. On baigne dans la sérénité. La première lecture est malgré tout gênée par les astérisques, à la seconde on flotte un peu mieux! Merci pour ce moment de zénitude

   MonsieurF   
19/8/2018
 a aimé ce texte 
Un peu ↓
D'un point de vue stylistique c'est plutôt bien, assez rythmé. Je ne comprends pas bien le découpage de la dernière strophe et les "..." me heurtent après bruit. "Entrer en vigilance" c'est assez laid comme phrase.

Pour le fond j'avoue que je n'ai pas retrouvé du tout ce que je ressens quand je pratique zazen. Il me manque la force de ce moment si particulier, le silence, le corps esprit, bref tout ce qui fait l'essence du zazen. Mais je reconnais volontiers que c'est tellement particulier qu'il est difficile de le retranscrire.

"l’icône vénérée" il n'y a aucune vénération dans le zen. Du respect c'est tout.

"dieu lare du temple," bouddha n'est pas un dieu!

   papipoete   
4/9/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
bonjour Ithaque
Assis en position du lotus, l'orant regarde une dernière fois l'horizon que la brume voile, le FujiYama sorte de ligne de mire, invite le mortel à la méditation .
NB beaucoup de teintes douces dans ce tableau, alors que le bol tinte, alors que les matines volent vers l'icône vénérée .
La première strophe est ma préférée, parmi toutes celles aux agréables assonances !
L'avant-dernier vers avec " fait/un mudra ", put trouver plus jolie tournure ?
Je vous envie de pouvoir libérer votre esprit, en chassant " cils baissés " les mauvaises ondes !

   PIZZICATO   
4/9/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Je pense qu'il est difficile de retranscrire un état de méditation.
Toutefois, ce poème reflète assez bien la sérénité du moment.

" La crête du FujiYama,
Cheveux blanc bleuté, s’ennuage,
Un cerisier, rose, en feuillage,
Bruit... et se tait, quand Mishima tinte le bol " fort beau passage à mon goût.

Une lecture.. zen.

   JcJaZz   
4/9/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Un poème comme une succession d'haïkus
Des moments cueillis, de contemplation intense baignés dans une "musique" discrète et qui reflètent tout à fait la quête de l'instant
L'ensemble reste sobre et humble donc en phase avec le message
Merci
(effectivement les points d'exclamation sont contreproductifs)

   LenineBosquet   
4/9/2018
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour,
J'ai trouvé ici un fond en harmonie avec la forme, un texte très agréable en somme. Je n'ai pas compris le "s" majuscule à Sa voie, je l'aurais mis à Voie. Mais bon, c'est juste pour chercher la petite bête quoi...
Un texte convaincant.

   hersen   
4/9/2018
 a aimé ce texte 
Bien ↑
J'ai pris plaisir à lire ce poème, plein de paix, de quiétude.

Un seul petit reproche (et encore, c'est juste mon avis) : peut-être un peu trop développé. C'est vraiment un sujet qui appelle l'épure, qui alors le renforcerait.
Mais il est vrai que la progression est bien gérée.

merci de cette lecture.


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