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Poésie libre
jude-anne : Et de l'être au néant...
 Publié le 10/10/18  -  6 commentaires  -  1566 caractères  -  124 lectures    Autres textes du même auteur

Réflexions existentielles.


Et de l'être au néant...



Pourquoi tant s’entêter à vouloir approcher
L’inaccessible étoile
Brûlante de lumière ?
Voyons-nous seulement, nous, êtres de la terre
Venir à nos oreilles
L’écho de son décès ?

À quoi bon, nom de Dieu, rechercher l’éternel ?
Puisque les infinis qui traversent le ciel
Resteront métaphores
Dans nos petits esprits.

Et de l’être toujours émane le néant
Tandis que du néant, à jamais, l’être naît.

Nous voulons au carré un monde fait de courbes
Et d’incompréhension,
Hurlons à l’univers,
L’angle droit de nos pédants calculs à l’envers
Qui dans la sourde matière noire s’embourbe.

Et de l’être toujours émane le néant
Tandis que du néant à jamais l’être naît.

Sur la funeste frise
Des vaines utopies,
Chaque histoire, l’histoire à jamais reconstruit.
Comme une aile blessée s’acharnant à voler
Se heurte toujours au gré de la gravité.

Dans la quête obstinée du plus que l’essentiel,
Les civilisations finissent par sombrer
En ruines sur ce monde au goût d’inachevé.

Et de l’être toujours émane le néant
Tandis que du néant à jamais l’être naît.

Le temps n’existe pas,
Nous courons après lui
Vu qu’il nous est compté et qu’il rythme nos vies.
Si dans l’espace-temps,
Rien n’est éternité,
Nos vies n’y resteront, même pas en pointillé.
Saurons-nous l’accepter pour jouir un instant
Du bonheur qu’il est d’être avant d’être néant ?


 
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   izabouille   
23/9/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
J'aime beaucoup, je trouve que tout est dit de manière juste. Tout cela donne à réfléchir, c'est une poésie philosophique, métaphysique ou autre... peu importe pourvu qu'on continue de se poser des questions.

Il y a juste deux trucs qui, pour moi, clochent un peu:

"Voyons-nous seulement, nous, êtres de la terre
Venir à nos oreilles
L’écho de son décès?"
Voir venir à ses oreilles, c'est un peu bizarre, entendre arriver serait, selon moi, plus approprié.

"Du bonheur qu'il est d'être avant d'être néant?" La répétition de "être" choque à la lecture.

Merci, j'ai passé un bon moment de lecture et de réflexion

   Robot   
10/10/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Des strophes bien soutenu par le leitmotiv pour nous communiquer un avis bien net et bien tranché sur la difficulté des hommes (et des femmes) à appréhender le monde; et surtout à accepter de ne pas tout comprendre de cet univers.
Un appel à s'imprégner de l'idée que trouver des réponses apportent souvent encore plus de questions. Et que de temps à autre vivre l'instant présent serait de savoir renoncer à satisfaire l'insatiable curiosité.
Voilà ce que m'inspire ce texte libre bien construit et qui dans ses questionnements n'a pas abandonné en route la poésie.

Les deux derniers vers m'ont enchanté surtout le choc de ces deux "être" qui se percutent pour donner de la force à la conclusion.

   bipol   
10/10/2018
 a aimé ce texte 
Passionnément
bonjour Anne,

si je ne m'abuse cette réflexion très intelligente

prend ses sources dans les pensées de Sartre

et dans la mécanique quantique

bien sûr si on a la foi l'instant de la mort devient infini

j'ai beaucoup aimé ta poésie qui pourrait

à mon avis devenir un slam

un grand bravo pour ce voyage intellectuel

   Hiraeth   
10/10/2018
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
Un poème métaphysique qui n'est pas sans mérites, pas dénué de fulgurances poétiques, mais qui reste trop abstrait et maladroit à mon goût.

Les points positifs :

- Le rythme, faussement libre, car constitué d'alternances entre l'alexandrin et l'hexasyllabe pour un résultat intéressant, qui évoque un déséquilibre dans notre approche du monde en faisant contraster complexité et simplicité, ou désir de simplification.

- Une ou deux belles intuitions poétiques ("les infinis qui traversent le ciel / resteront métaphores dans nos petits esprits", l'aile blessée)

- La quatrième strophe, en rimes embrassées intercalée d'un mot qui ne rime avec rien, et tant mieux car ce mot est "incompréhension".

- Le distique de fin, pas très original mais simple et efficace dans sa perfection formelle.

Les points négatifs :

- J'aurais aimé un schéma de rimes plus consistant

- Une faute de prosodie à "même pas en pointillé", 7 syllabes

- Quelques maladresses d'expression comme "voyons-nous seulement / L'écho" (voir un écho, bof, et si c'est une synesthésie volontaire je ne vois pas ce qui la justifie), "nom de Dieu" dont le registre familier jure avec le reste, ou "vu qu'il nous est compté", bof bof là encore (de manière générale, évitons les connecteurs logiques en poésie)

- Le refrain, un peu lourd à cause du "tandis que", alors qu'il y avait quelque chose d'intéressant à faire -- dans un style biblique peut-être, avec une anaphore en "et" ?

- Des propos trop abstraits dans l'ensemble, surtout à la fin. Un poème n'est pas un texte de philosophie, ses idées doivent s'exprimer par des images plutôt que par des concepts -- et l'auteur le fait pourtant bien à certains endroits, donc c'est un peu dommage...

   MFAYARD   
10/10/2018
 a aimé ce texte 
Bien
Sur le plan formel, j’ai apprécié le rythme et la langue. Raison pour laquelle j’ai indiqué que j’aimais « bien »
Sur le fond, et si nous envisageons l’aspect épistémologique de la chose, la critique - voire le rejet - de l’acquis scientifique contemporain semble être à la base de ce texte (nous mettrons sur le compte de la licence poétique « la brûlante lumière… venant à nos oreilles » et « l’écho du décès » qui, pour une étoile, se traduit justement… par le fait qu’on ne la voit plus).
Sur le plan ontologique, le rapprochement – sans doute voulu – avec l’essai de Sartre ne paraît pas pertinent sauf à considérer que la liberté de « l’être pour soi » consiste justement à s’affranchir des données scientifiques établies qui règlent aussi bien son existence que celle des « êtres en soi ».
J’ajouterais, pour terminer, que les théories cosmologiques les plus actuellement débattues sont plus proches, sous les deux aspects ontologique et épistémologique, de la Monadologie de Leibniz que de l’existentialisme Sartrien.

   papipoete   
11/10/2018
 a aimé ce texte 
Bien ↑
bonjour jude-anne
le temps nous est compté, mais nous ne pouvons nous empêcher, de vouloir l'allonger, sans même prendre le temps, d'apprécier le bon temps !
Rêver aux étoiles lointaines, dont la brillance attire télescopes, comme périscopes au-dessus d'une mer dévastée ; et ne pas se rappeler que la Terre fut elle aussi une étoile, pour le peuple des galaxies !
NB comme avant toute vie, il y eut le néant, d'où germa peu à peu la vie ; mais comme la poussière un jour retourne à la poussière, savourons le bonheur avant que notre planète ne retourne au néant !
la 7e strophe est celle que je préfère


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