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Poésie néo-classique
Lebarde : Touffeur complice
 Publié le 01/12/19  -  13 commentaires  -  685 caractères  -  201 lectures    Autres textes du même auteur

Dans la moiteur d’un après-midi d’été.


Touffeur complice



Une mouche dans l’air anime la chaleur
Sans troubler un rayon où danse la poussière,
Projetant sur son corps un faisceau de lumière
Qui de ses seins brûlants souligne la pâleur.

Un bourdon égaré en quête d’une fleur
Abuse le silence en tapant la verrière.
La déesse gémit, soulève la paupière
Et s’étire lascive oubliant la pudeur.

Soudain un souffle chaud fait bouger le voilage,
Respirer la pénombre et onduler l’image
De cheveux décoiffés sur un drap chiffonné.

Dans un léger frisson ses rêves s’érotisent
Que des doigts délicats nonchalamment attisent,
Suscitant un soupir à peine bâillonné.


 
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   papipoete   
21/11/2019
 a aimé ce texte 
Passionnément
classique
il fait si chaud, je devrais dormir après nos épuisants ébats... je te regarde alors que ton corps nu m'offre ce tableau de maître. Alors que ton esprit est ailleurs, tes formes ondulent sans pudeur, mes doigts n'en pouvant plus se font maraudeurs...
NB la déesse du héros repose alanguie et l'auteur, d'une plume coquine nous promène sur cette silhouette, que seul un souffle léger caresse langoureusement.
Avec le bourdon égaré, on se fait épieur sans malice et l'on soupire " que c'est beau la vie... "
je ne sais choisir une ligne en particulier, chacune luit et chaque mot est si tendre !
un poème dont le classique des alexandrins, pourrait laisser croire que cette forme est si facile !
unique bémol au 5e vers : " égaré/en "......me semble faire hiatus ?
papipoète

   Cristale   
21/11/2019
 a aimé ce texte 
Bien ↓
Bonjour,

Pour le classique c'est encore cette conjonction infernale "et", au dixième vers, qui joue les trouble-fête avec sa liaison impossible ainsi que le hiatus à l'hémistiche du vers cinq.

Un sonnet sympathique mais j'aurais aimé plus d'envolée poétique et de sensualité. J'ai l'impression que la plume a retenu son élan ou n'a pas su le prendre.

"Une mouche" en premier mot ne rend pas une belle image pour inviter le lecteur dans une scène légèrement érotique, je pense que les fragrances des lieux sont plus fleuries que nauséabondes :)
"un phalène" (papillon) aurait été plus romantique.

L'inversion au vers quatre est un peu biscornue, une virgule après "qui" et après "brûlants" aurait donné plus de compréhension, reformuler ce vers est peut-être la meilleure solution.

"la verrière" "la paupière" "la pudeur"
Autant de "la" sur les finales de trois vers consécutifs alourdissent le propos. Je verrais bien : 'une paupière' 'sa pudeur'.
Au vers onze "De cheveux décoiffés", j'aurais peut-être écrit "Des cheveux décoiffés"

Nonobstant les petites failles prosodiques, les deux tercets relèvent ce tableau dont on se demande où se trouve le peintre :)
Une toile de Gustave Courbet serait-elle l'inspiratrice de ce poème ?

Cristale
en E.L

   Corto   
1/12/2019
 a aimé ce texte 
Bien
Un duel malheureux entre le principal et le secondaire: c'est ainsi que je perçois la formulation de ce poème.
En effet les deux premières strophes posent en premier plan une mouche puis un bourdon, ce qui ne fait guère rêver.
On comprend bien que l'auteur veuille planter le décor, créer une ambiance. Mais le ressenti est (pour moi) peu agréable.

Enfin, dirai-je, en seconde strophe on entre dans le principal avec
"La déesse gémit, soulève la paupière".
Dès lors l'auteur nous entraîne dans une jolie scène, juste un peu érotique. Les expressions sont bien évocatrices. Le lecteur accepte volontiers de devenir "complice".

Merci à l'auteur pour cette "chaleur" qui sait se faire accepter...

   Alfin   
1/12/2019
 a aimé ce texte 
Passionnément
Cher Lebarde
La sensualité n'est pas un conte de fée, elle se traduit aussi dans la réalité avec poésie. J'aime beaucoup votre approche organique et poétique des faits.

Je ne verrais personne dire de Cartier Bresson qu'il n'y a pas une grande poésie dans ses clichés. Or, c'est une photographie réaliste qui sait retirer de la réalité la quintessence. Il me fait vibrer avec chacun de ses instantanés. La photographie de David Hamilton est beaucoup plus respectueuse des codes de la poésie et pourtant au plus loin que je m'en souvienne j'ai toujours détesté ses photos, et cela en dehors de tout ce qu'il représente aujourd'hui, que j'exècre aussi.

S'éloigner des lieux commun donne toute la force à cette volupté.

Votre poème me donne l'impression d'y être, de vivre ce moment suspendu dont nous ne sauront rien car nous n'y sommes pas convié. Vous dévoilez un tableau, puis vous fermer la porte car le reste vous appartient.

Merci pour ce partage

   Hananke   
1/12/2019
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour

Pas facile de passer derrière le commentaire de Cristale que je partage
complètement.
Un ensemble qui se lit avec plaisir même si les hiatus (permis en néo)
accrochent et déstabilisent la prosodie et, même comme elle le dit
si bien, quelques lourdeurs de vocabulaire pèsent sur l'ensemble.

Je préfère les deux tercets, plus légèrement érotiques.

   Provencao   
1/12/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
"Soudain un souffle chaud fait bouger le voilage,
Respirer la pénombre et onduler l’image
De cheveux décoiffés sur un drap chiffonné."

J'ai beaucoup aimé ce souffle chaud qui trouve réponse, avec ces cheveux decoiffés pris dans le chiasme où la penombre ondule l'image.

Au plaisir de vous lire
Cordialement

   apierre   
1/12/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Lebarde,

Des instants "chauds" joliment évoqués.On est dans la chambre sans tout partager quand même ...J' ai bien aimé cette ambiance particulière habilement décrite.Et il n' y a qu' une seule mouche heureusement !

   jfmoods   
1/12/2019
Ce sonnet en alexandrins est à rimes embrassées et suivies, suffisantes et riches, majoritairement féminines et consonantiques.

Le titre ("Touffeur complice") et l'entête ("Dans la moiteur d’un après-midi d’été") fixent le cadre saisonnier d'une évocation torride à la mise en scène cinématographique.

Au fil du premier quatrain, entre bruit (vers 1 : "anime la chaleur") et silence (vers 2 : "danse la poussière"), s'ébauchent les contours vagues d'un décor. Le regard du lecteur procède du haut (vers 1 : "Une mouche dans l’air") vers le bas, fixant la focale d'une illumination (vers 3 : "Projetant sur son corps un faisceau de lumière"). Dans un temps arrêté, comme en apesanteur (vers 2 : "Sans troubler un rayon"), un fruit défendu se révèle dans toute sa plénitude sensuelle, dans toute sa fascinante clarté (vers 4 : "Qui de ses seins brûlants souligne la pâleur").

À l'entame du second quatrain, un écho sonore répond à la mouche (vers 5-6 : "Un bourdon égaré [...] / Abuse le silence en tapant la verrière"), préparant le butinage charnel à venir (vers 5 : "en quête d’une fleur"). La femme apparaît alors au centre du sonnet, image tutélaire sublime (vers 7 : "La déesse") émergeant doucement d'un sommeil gorgé de rêves voluptueux (vers 7-8 : "gémit, soulève la paupière / Et s’étire lascive oubliant la pudeur").

Le premier tercet révèle la présence d'un homme (le poète ?) sans doute émoustillé par le spectacle enivrant de cette beauté sensuelle allongée sur un lit et tirée des limbes du sommeil (métonymie qui s'étale sur les vers 9-10-11 : "Soudain un souffle chaud fait bouger le voilage, / Respirer la pénombre et onduler l’image / De cheveux décoiffés sur un drap chiffonné").

Le dernier tercet va donner une forme tout à fait concrète à la fantasmatique féminine que le songe avait cristallisée (vers 12 : "Dans un léger frisson ses rêves s’érotisent"). L'homme, qui peut-être attendait son heure près du lit, dans l'atmosphère lourde de l'après-midi, s'approche pour libérer toute la charge érotique de l'instant (vers 13-14 : "Que des doigts délicats nonchalamment attisent, / Suscitant un soupir à peine bâillonné").

Il existe bel et bien ici une complicité tacite entre la femme qui rêve, l'homme que le désir harponne, et l'atmosphère torride de la saison.

Merci pour ce partage !

   phoebus   
1/12/2019
 a aimé ce texte 
Bien ↓
La réalité du corps fournit la substance d'une écriture mais aussi puissante soit-elle, la présence charnelle le cède dans ce poème à la volonté de stylisation et paradoxalement cette poésie se situe quelque part entre l'organique et le désir.
Le poème consent au désir comme à une nécessité partielle sans y déférer complètement. Car il suggère le déploiement alangui de la vie à travers le désir d'une présence, sans en préciser la nature, ni aucune particularité.

Il réconcilie également l'animal (mouche, bourdon), le minéral ( poussière) et le végétal ( fleur ) en s'émancipant, en cela, de l'apparence soumise aux règles du beau avec une volupté aussi importante que dans un nu classique.

En fait, la scène décrite est imprégnée de présences diffuses, toujours liées aux forces de la nature : chaleur, lumière, torpeur, souffle chaud... suggérant le sommeil, l'amour.

   BlaseSaintLuc   
1/12/2019
 a aimé ce texte 
Bien ↓
Dommage , le texte se casse en deux, soucis de décors, soucis d’atmosphère, les pistes sont bonnes, mais n'ont pas trouvé leur croisée.
Cœur croisé donc, comme une lingerie pesante dans la touffeur de la nuit, les mots, les idées, le talent sont là, mais le fil à fait des nœuds , la parabolique de l'histoire, c'est...Dommage .

   Vincente   
1/12/2019
 a aimé ce texte 
Bien
Le titre espérait que l'évocation du poème allait écarter toute lourdeur dans le choix lexical. Car imaginant ce qui pouvait se dissimuler dans ces deux mots, "Touffeur complice", je dois avouer m'être un peu "inquiété"… de cette prise de position de l'auteur, convoquant un champ lexical très en lisière de l'intime qui semblait se proposer.

Par la forme du récit s'affichant dans l'élégance d'un sonnet, j'étais un brin "rassuré", mais vint comme premier mot cette "mouche" qui "anime la chaleur"… et puis ""la poussière" qui "danse dans un rayon"… ensuite "un bourdon" qui "tape la verrière". Une mouche, de la poussière et un bourdon pour placer le décor d'une scène intime dont les deux tercets finalement "érotisent" avec une belle, originale, délicate et pudique l'advenue charmante.

Retour sur images. Je me demande si cette installation du poème, avec ces "rugosités" à contretemps, n'est pas un choix un peu ironique, une orientation qui enveloppe dans une ambiance sereine mais aussi dans une "immaîtrise" assumée, pour laisser place à l'improbabilité des tercets.
Je pourrais le comprendre mais pour moi, ça gâche un peu l'ensemble, un titre puis trois termes "à-côté" dans un sonnet, ça fait un peu beaucoup pour introduire la plaisante scène.
Pour l'insolite du propos et les beaux tercets, j'ai aimé ce poème, mais… !

   Eclaircie   
2/12/2019
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour Lebarde,

Un poème à l'érotisme de bon goût.
La mouche est évocatrice, me rappelant ce petit "grain de beauté" que les belles plaçait auprès de leur bouche pour attiser les regards.
Le bourdon en quête de fleur, bien sûr aussi et se rapproche de l'objet du désir.
Le poème est donc finement composé pour mener le lecteur au dernier tercet.
Seuls bémols :
" sans troubler un rayon où" pas très musical et harmonieux.
"ses rêves s'érotisent", je trouve dommage cet "érotise" si explicite.

Merci du partage,
Éclaircie

   Davide   
3/12/2019
 a aimé ce texte 
Bien ↓
Bonjour Lebarde,

Je n'aime pas le mot "Touffeur" dans le titre. Pour rester dans le thème, je lui aurais préféré les mots "Chaleur" ou "Sueur".

Le décor qui se révèle petit à petit dérange la scène sensuelle en premier plan, qu'exploiteront avec plus de fluidité les tercets.
"Une mouche" ? La "poussière" ? Un "bourdon (...) tapant la verrière" ? Tout cela participe d'un registre humoristique au milieu de (et par opposition à) l'érotisme qui se joue : "Qui de ses seins brûlants souligne la pâleur", "La déesse gémit" etc.

Et puis, comme par miracle, les insectes disparaissent et les époux s'en donnent à cœur joie dans les tercets, où s'invitent de belles images : "Respirer la pénombre et onduler l’image / De cheveux décoiffés", "ses rêves s’érotisent" jusqu'au "soupir à peine bâillonné", très suggestif.

De ce poème, je ne garderai que les tercets et réinventerai un prélude à leur ivresse qui soit davantage "dans le ton". Tous les éléments du tableau qui se dessine doivent être en harmonie, aucun élément ne doit jurer : pourquoi le bourdon amoureux ne trouverait-il pas une fleur à butiner ? Pourquoi la poussière ne serait-elle pas diaprée d'or ?

Je note "assez bien" pour la belle écriture d'ensemble, les tercets, très beaux tous les deux, et le superbe vers final.


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