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Poésie classique
LeChevalier : Les coquillages
 Publié le 10/03/26  -  11 commentaires  -  2124 caractères  -  80 lectures    Autres textes du même auteur

Des restes bretons.


Les coquillages



Nouvelle Aphrodite, enfant de l’écume
Que le flot amer d’iode parfume,
Vous marchez devant ;
Quand vos pieds d’albâtre ont quitté le sable,
L’empreinte s’y tient, quoique périssable,
Et résiste au vent.

Prenant coquillage après coquillage,
Vous me les nommez dans notre langage
Ainsi qu’en latin ;
Et moi, je vous suis, ombre admiratrice,
Chargé de porter, aimable supplice,
Ce charmant butin.

Bouclier laiteux, ornement baroque,
Voici la moitié d’une simple coque –
Vous la ramassez ;
Son dos recourbé, plein de cannelures,
Porte en souvenir les pâles morsures
Des étés passés.

Vous faites tourner entre vos doigts prestes
D’un murex perceur les solides restes,
Percés à leur tour ;
Jadis prédateur et briseur de moules,
Il s’est vu brisé par les vagues, saoules
D’un sauvage amour.

Berlingots de mer, lavignons, tellines…
Tout veut se poser dans vos mains divines
Aux ongles nacrés ;
Dès qu’ils ont reçu vos soins et caresses,
Pour mon cœur, entiers ou réduits en pièces,
Les voilà sacrés.

Vous trouvez un charme aux coquilles vides
Où, jadis, logeaient des êtres timides
À la molle chair ;
Or moi, j’étudie une autre science :
Tout instant passé dans votre présence
M’est beaucoup plus cher.

Ils iront chez vous, troupe belle et coite,
Pour être rangés au fond d’une boîte
Et subir l’oubli –
Terme assez commun pour une aventure :
Je sais, grâce à vous, que dans la nature
C’est l’ordre établi.


___________________________________
Texte avec un mot changé avant publication.


 
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Toute copie de ce texte est strictement interdite sans autorisation de l'auteur.
   ANIMAL   
21/2/2026
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
Je trouve à ce poème beaucoup de finesse. Il est charmant, léger, un rien frivole tout en délicatesse.

Je ne sais à quelle époque l'action se déroule mais j'ai l'impression de voir une femme élégante déambuler sur la plage sous une délicate ombrelle, sa longue robe pudiquement relevée sur ses chevilles afin de ne pas en mouiller le bas d'écume et ramassant des coquillages sous l'oeil enamouré de son chevalier servant. Elle ne voit que les coquillages qu'elle collectionne, lui ne voit qu'elle...

Beaucoup de fraîcheur dans ce mini drame d'amour sans espoir. Et en plus mon vocabulaire sur les coquillages s'est enrichi.

La forme est aussi agréable que le fond, je ne suis pas apte à juger rime ou métrique mais cela me plaît.

Bravo à l'auteur.

   Cristale   
25/2/2026
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
Un poème charmant et très bien écrit.
Ces sizains hétérométriques parfaitement construits, rythme, rimes, syntaxe, ne peuvent que me plaire.
L'ensemble est fluide, musical et le chant de l'accompagnant admiratif, sans doute amoureux, des connaissances de la collectionneuse de coquillages, résonne doucement sur les dunes bretonnes.
Mais, le sait-elle ? ^^
J'aime beaucoup la poésie évanescente de ces vers.

   Passant75   
27/2/2026
trouve l'écriture
convenable
et
aime un peu
Vénus arrivant sur la plage au sein d’un très grand coquillage, Botticelli nous l’avait peinte et l’auteur paraît s’y référer dès le début de ce poème. S’ensuit un cours donnée par une conchyliologue. Je reconnais ne pas être passionné par cette discipline.

L’auteur, lui-même, semble s’intéresser moins à ce cours qu’à la spécialiste qui le dispense, il encense ses « mains divines aux ongles nacrés », dit chérir tout instant passé auprès d’elle et semble regretter que les caresses de la dame ne soient données qu’à ces petites coquilles qui, de toute façon, tomberont dans l’oubli.

J’ai trouvé la forme intéressante, mais n’ai guère été vraiment accroché par le fond. Que l’auteur soit déçu qu’une dame paraisse lui préférer des « berlingots de mers », des « lavignons » et des « tellines » est tout à fait compréhensible, mais rares sont les coquillages qui s’ouvrent sur une Vénus dénudée.

   Polza   
10/3/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime bien
Il faut lire et relire et encore lire et se coucher en déclamant ses propres vers et se réveiller en faisant de même jusqu’à ce qu’au bout de mille et une lectures, on s’aperçoive d’une coquille qui vient gâcher la fête !

« Ils deviennent sacrés. » je vous laisse recompter, mais si nous étions aux chiffres et aux lettres, le compte ne serait pas bon…après, rien de grave, vous pourrez facilement modifier cela après publication.

Le titre, sans ses crustacés, m’a tout de même fait penser à « La Madrague » !

Si la forme est plutôt bien respectée (mais du coup pas classique), le fond, s’il m’a fait sourire et que je l’ai trouvé assez bien écrit, m’a plus fait penser à un exercice imposé sur le thème des coquillages qu’à une poésie naturelle, ressenti strictement personnel (c’est le propre du ressenti).

« Tout instant passé dans votre présence » vous avez voulu éviter le hiatus, mais ça se voit je trouve. « en votre présence » est beaucoup plus naturel à mon avis, je modifierais ce passage si j’étais l’auteur de ce poème (mais je ne le suis pas, j’en conviens).

J’ai finalement passé un plutôt très agréable moment de lecture, même s’il me manque un peu de profondeur poétique…

Édition

Vous avez changé un mot, vous avez eu chaud :-)

2 petites réflexions supplémentaires à mon commentaire :

« Vous faites tourner entre vos doigts prestes
D’un murex perceur les solides restes,
Percés à leur tour ;
Jadis prédateur et briseur de moules,
Il s’est vu brisé par les vagues, saoules
D’un sauvage amour. »

Une répétition serait sûrement passée inaperçue dans ce passage, mais deux, ça se voit un peu je trouve.

« perceur/Percés » briseur/brisé »

et la deuxième petite réflexion :

« Jadis prédateur et briseur de moules,/Où, jadis, logeaient des êtres timides »

Hier prédateur et briseur de moules » aurait eu pour effet d’enlever la répétition « jadis » et aurait renforcé l’allitération en R qui allait plutôt bien avec le fait de briser, comme s’il s’agissait d’un marteau piqueur…


   Ramana   
10/3/2026
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
"Comme un coquillage dont la coquille est sans âge, Salomon ignorait d'autres rivages", chante Gérard Manset, dont le thème du coquillage revient souvent dans les textes. Cet objet a toujours été présent depuis l'antiquité, réputé pour apporter bonheur et protection, et même fécondité. Sans parler de la coquille Saint-Jacques associée à Compostelle et ses pèlerins...
Le pèlerinage du narrateur est moins ouvertement spirituel, mais son évocation nous fait néanmoins entrevoir un septième ciel, s'il ne commet d'ici-là une coquille venant briser le charme !
La prosodie est parfaite, et le rythme donné par la métrique 10 - 5, crée une dynamique intéressante.

   Provencao   
10/3/2026
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
Bonjour LeChevalier,

"Vous trouvez un charme aux coquilles vides
Où, jadis, logeaient des êtres timides
À la molle chair ;
Or moi, j’étudie une autre science :
Tout instant passé dans votre présence
M’est beaucoup plus cher."

J'ai beaucoup aimé dans ce passage, cette intime consonance entre ces coquilles vides et cet apparat naturel qui l'environne.

Belle affinité en délicatesse candide sur ces coquillages, avec une honnêteté du coeur et de l'esprit. J'y ai lu comme une invite à tout un chacun à peindre ou dessiner cet éclat à l'égard de ces coquillages se livrant de lucidité qui s'exhale souvent à notre sentiment.

Au plaisir de vous lire,
Cordialement

   papipoete   
10/3/2026
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
bonjour LeChevalier
" dis, Aphrodite tu me montres tous ces coquillages ? Il y en a tant de sortes, de toutes formes, de toutes couleurs ! Qui, mieux que toi Fille d'un coquillage, peux m'en parler ? "
Comme un enfant marchant dans les pas d'un papi savant en la matière, on avance sur cette plage que toutes ces merveilles émoustillent.
Ce peut être une ballade initiatique, mais rien ne s'y oppose, une promenade aux accents de voix de Brigitte Bardot " coquillages et crustacés... " que nous chantait une amie, au boulot voila bien des lunes.
NB une leçon de choses empreinte d'une poésie tellement délicate, que nous allons de surprise en surprise, quand la science s'habille de vers plus charmants les uns que les autres.
" berlingots de mer...sacrés " est ma strophe préférée, au milieu de cette partition enchanteresse...et portée à mon oreille, pour entendre la mer j'ouïs sa douce mélodie 10/10/5...10/10/5

   Robot   
10/3/2026
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
Une écriture fraiche et délicate pour cet admirateur de la beauté de cette nouvelle Aphrodite dont le charme semble le séduire.
Il la suit dans sa cueillette des coquillages avec cette espoir de se trouver à sa main. Il y a de l'humour et du désir dans le parcours de ce poème aux rythmes singulier qui peut être accompagnent les vaguelettes sous les pieds de la promeneuse marine.

   Luron   
10/3/2026
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
Cette promenade sur la plage aux coquillages diffuse une certaine sensualité et une délicate séduction par l'esthétique de son écriture. Par son ambiance, elle me fait penser à "coquillages et crustacés sur la plage abandonnée...". Mais ce poème mériterait plutôt une allusion à la Vénus de Botticelli qu'à la Madrague de Brigitte Bardot. En le relisant, j'imagine alors une promenade de Boticelli avec Brigitte Bardot sur la plage abandonnée.
Bravo pour la qualité de l'écriture et merci pour ce moment de plaisir.

   Lebarde   
10/3/2026
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
Bonjour LeChevalier

J'avais bien sûr repéré ce poème charmant en EL ...et puis accaparé par mes intenses activités de retraité, entre siestes et somnolences pensives, entrecoupées d'éprouvantes promenades hygiéniques ou imposées par les alertes d'un frigo trop souvent vide... bon je suis passé ... pour autant je me devais de saluer votre magnifique poésie classique sans faille.

J'ai été touché par le sujet et le tableau à la fois tellement réaliste et délicatement esthétique, de ce couple, qu'il m'arrive de repérer sur la plage, intéressé par la découverte des coquillages dont les plus nombreux craquent sous le pied et les plus rares ou tout simplement les plus jolis sont précautionneusement ramassés "Pour être rangés au fond d’une boîte/Et subir l’oubli", avec un commentaire scientifique qui se veut connaisseur et raconte leur possible histoire, pour entretenir la conversation ou masquer l'amorce d'une aventure amoureuse :
"Tout instant passé dans votre présence
M’est beaucoup plus cher."

J'aime beaucoup l'écriture hétérométrique élégante et fluide et le ton délicat et charmant qui se dégage de cette douce poésie aux évanescentes couleurs pastel .

Bravo je suis touché et j'en redemande.

   Boutet   
10/3/2026
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime un peu
C'est superbement écrit mais le sujet ne me passionne pas plus que cela, je rejoins le commentaire
du pseudo Passant75. Pas fan non plus du déca bien qu'il soit parfaitement réalisé.
Par contre j'aime bien la forme souvent employée chez les romantiques même si c'était en général du 12/6.


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