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Chansons et Slams
Luniknat : Je suis cet adulte parce que j'ai eu cette enfance...
 Publié le 12/07/07  -  5 commentaires  -  5931 caractères  -  15 lectures    Autres textes du même auteur

Je l'ai écrit pour toi, parce que tu m'avais demandé que j'écrive un texte sur ta vie... mais tu ne l'as jamais compris..; ou peut-être que justement... tu l'as trop bien compris...


Je suis cet adulte parce que j'ai eu cette enfance...



J’ai été l’avant-dernier d’une famille de sept enfants
Je n’avais même pas demandé la vie à mes parents
Petit, j’ai vécu des choses qui m’ont marqué
Et qui, aujourd’hui, font que je suis un homme blessé.
Depuis toujours ma vie a été rythmée par la certitude
Que j’étais plein d’amour et je me réveillais et m’endormais seul avec cette solitude.
Je n’ai jamais pu recevoir ce que j’avais tant à donner
Et jamais pu donner ce que je voulais tellement partager.
J’ai vécu terriblement seul alors que j’étais pourtant entouré…
Mais cet amour que j’attendais, personne ne me le donnait.

Je me suis fait une raison, j’ai grandi mais mon cœur s’est noirci
J’avais envie de faire payer l’attitude des adultes et je me suis endurci.
Je ne voulais pas montrer ma fébrilité,
Parce que je savais qu’ils se seraient tous moqués.
Et puis j’ai grandi comme ça, seul, avec ce trop plein d’amour et de haine.
Ma vie, j’ai tenté de la faire mais même heureux c’était toujours la même rengaine,
Je vivais sur des mensonges, en sachant que je blessais les gens autour de moi.
Mais moi aussi j’ai été blessé et qui s’est soucié de mon cas ?
Tout le monde me voyait, me parlait, mais personne ne m’aidait pour autant,
Tout le monde m’aimait mais ne voulait pas forcément voir que je souffrais en dedans.
J’ai tenté de tourner des dizaines de pages, mais le livre sur lequel j’écrivais
Était toujours le même, donc rien ne pouvait vraiment changer.

Puis un jour, j’ai rencontré une fille pour qui je n’éprouvais pas grand-chose
Sinon beaucoup d’amitié et depuis, malgré moi, ma vie est bloquée sur pause.
Elle est devenue plus proche de moi, n’a pas hésité à changer sa vie pour moi
Et elle n’attendait pas grand-chose, juste de l’amour en échange de tout ça.
Je pourrais lui en donner puisque depuis toutes ces années, mon cœur en déborde,
Mais j’ai peur… peur du futur et de perdre mes repères monocordes,
Peur au bout du compte, de ne voir plus qu’elle et de vouloir finir mes jours avec elle
Comme si elle avait ce fameux pouvoir qui enrôle les hommes et les ensorcelle !
J’ai peur de la faire souffrir, parce que je suis aussi quelqu’un qui doute,
Qui n’a pas confiance ni en lui, ni en les autres et qui a peur du temps qui court et de sa foutue route.

Et ça, ce n’est que ce dont j’arrive à m’avouer et dont j’ai conscience…
Parce qu’il y a pire que ça au fond de mon âme qui ronge ma patience.
Je détiens un secret tellement bien gardé,
Que parfois, je me demande si c’est moi qui en ai la clé pour m’en délivrer !
C’est une chose terrible qui m’empêche d’avancer,
Quelque chose qui fait que je suis irrespectueux et un véritable danger
Pour quelqu’un qui cherche à m’approcher et qui cherche à me connaître mieux.
Et forcément, c’est dans mon cœur qu’est allé se loger ce douloureux pieu.
Je n’arrive pas à m’en défaire, je n’arrive pas à l’arracher de mon corps
Je ne peux pas en parler et parfois, je m’étonne encore,
Que tant de gens daignent vouloir me regarder, voire même m’aider !
Je suis comme cette chose m’a fait : méchant et laid.
Oui, c’est cette chose qui m’a élevé, cette chose qui fait qu’aujourd’hui,
Je souffre encore de ne pouvoir construire ma vie.
Elle n’a pas de nom, ce n’est qu’une souffrance endurante et persistante
Qui dure depuis toutes ces années et qui me hante…
C’est un coup du sort que je ne sais pas comment déjouer
C’est une haine que je ne peux plus faire reculer.
Je sais au fond de moi qu’il faut que j’en parle à quelqu’un,
Que c’est la meilleure façon pour que je guérisse de cette emprise néfaste, c’est certain.
Mais qui pourrait comprendre ? Qui saurait entendre ? Qui après ça, aimerait la bête que je suis ?
Comment parler de ce que l’on n'accepte pas, de ce qu’on rejette ou de ce qu’on a banni ?
Pourquoi se refaire souffrir à nouveau en redonnant vie à ce mal par des mots,
Alors qu’il dort silencieusement depuis longtemps dans mes maux ?
Qui ne me jugerait pas après ça ?
Et qui ne me fuirait pas ?
Qui prétendrait m’aimer une fois que cette chose sera anéantie ?
Tout le monde me tournerait le dos et me regarderait d’un air ahuri.
Je suis un monstre, je n’intéresse personne et je fais du mal à tout le monde,
Je n’ai aucune confiance en moi et je ne suis qu’un être immonde.
C’est ce que je me répète souvent, en sachant que je ne suis pas très loin de la vérité.
Si seulement elle savait…. Mais si je lui en parle, je sais que je la perdrai,
Si j’arrivais à prononcer ces mots que je me suis promis d’oublier,
Elle ne voudrait plus de moi parce que comme moi, elle aurait peur de mon reflet.
Qui aimerait vivre avec le diable,
En tentant de le faire devenir ange ? C’est inimaginable !
Je blesse la chair de ma chair, je la blesse et je me blesse aussi.
Ne rien dire jusqu’à présent n’a pas arrangé le cours de ma vie.
Elle a l’air réceptive, gentille et compatissante,
L’oreille que me tend cette fille. Elle n’a jamais été blessante.
Peut-être a-t-elle raison ? Et si pour une fois j’essayais une autre voie ?
Celle du dialogue pour enfin plaider coupable de ce mal qui a pris possession de moi ?
Qui sait ? De toutes façons qu’est-ce qui est pire ?
La perdre en me disant qu’elle ne saura jamais pourquoi je cherche à la fuir ?
Ou la garder encore un peu, en sachant qu’elle partage jusqu’à mon intime secret ?
La balle est dans mon camp, elle m’aime et je ne pense pas qu’elle réagira comme je l’ai souvent fait….

Telle est la vie d’un Ghetto Youth : blessures, ruptures, conflits,
Tous les ingrédients, qui réunis, font que je suis un être maudit.


 
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   fatou95   
19/7/2007
 a aimé ce texte 
Bien ↓
Très beau texte!!! Dès que j'ai commencé, je ne pouvais plus m'arrêter. J'ai bien aimé le début, l'accent mis sur la souffrance et tout...
Il y a juste une chose que je n'ai pas compris. c'est ce vers:
"Qui prétendrait m'aimer une fois que cette chose sera anéantie ?"
La chose, c'est son secret ? Si elle est anénatie, tant mieux nan ? Lol. A moins que tu voulais dire découverte ? *-)
Ou alors, il ne s'agit pas de son secret... dans ce cas là, faudrait que tu éclaires ma lanterne. Mdr! Parce que je ne vois pas ce dont tu veux parler :s

   Luniknat   
20/7/2007
Bonjour et merci..

Il s'agit bien de son secret. S'il avait été découvert ça aurait été bien pour lui puisqu'il aurait eu ce poids en moins, mais moins bien pour moi parce que ça a tout détruit...

   TITEFEE   
9/8/2007
émotion venant du plus profond d'un néant ... l'enfance saccagée !

voilà cadeau pour toi
je l'ai enregistrée

http://www.archive-host2.com/membres/up/1086141494/laviedunGhettoYouth.mp3

   fugace   
19/11/2012
 a aimé ce texte 
Beaucoup
"on ne guérit pas de son enfance"...
Quant elle a été saccagée, douloureuse, son fardeau comme un sac à dos bien arrimé reste sur nos épaules, les scie tout au longe de la vie.
Comment oser parler du plus sombre de nous-même qui bloque l'ouverture aux autres? Comment montrer ces cicatrices sans faire fuir ceux qui osent les regarder?
Que de vérité, de pudeur, de sensibilité et de détresse !

   Anonyme   
8/2/2016
 a aimé ce texte 
Un peu
Ecrit qui n'a rien d'un slam, ni d'une chanson, il n'est pas poétique non plus, il est le récit d'un état d'âme, très personnel. Il y a de nombreuses longueurs, qui n'apportent rien de constructif, et ce "je veux dire mais je ne peux pas dire", cela n'est en rien très convaincant. C'est certain que l'on peut constater un malaise profond, l'écriture n'est utile que si elle s'accompagne d'une autre démarche pour trouver une solution à cette difficulté intérieure persistante. Cela vous donnerez peut-être un futur plus confortable, et vos relations avec autrui, ne s'en porteraient que mieux.


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