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Poésie libre
Meaban : Je revois la villa sur la route de Portes
 Publié le 21/04/11  -  10 commentaires  -  975 caractères  -  274 lectures    Autres textes du même auteur

Âpretés et douceurs cévenoles

Lumières méridionales et vieux bassins houillers.
Amours infortunées...


Je revois la villa sur la route de Portes



Vers Portes

Je revois la villa sur le chemin de Portes
Galéjant sur les combes, coiffée de tuiles rousses.
Une pinède sombre en déchire les toits

Ses murs étaient de grège, étouffés de cyprès, et plus loin sur la route vers les marnes désertes
S’en venaient les charrois aux ridelles ventrues, les bras chargés d’essarts
Leurs roues cerclées de fer recourbant les épis
Graminées laminaires, toutes ocrées par le sec

Les bâtisses de brique, les pins de soutènement garés en allumettes
L’approche des recettes aux tourelles puissantes, le roulis des molettes, la remonte des hommes.

Je revois la villa sur la route de Portes
Persiennes entrouvertes dans le feu des cigales, et l’agonie d’un jour orangé d’inquiétude.

Plus loin

Dans cette immense chambre, celle où tu m’attendais
Le craquement des planches, une sentence d’été
Le sombre de tes yeux, rêves assassinés.


 
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   Pascal31   
10/4/2011
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Beaucoup d'émotion en si peu de mots, c'est déjà une gageure.
La description de la villa est admirable, des images fortes, très visuelles ("coiffée de tuiles rousses", "étouffés de cyprès", "persiennes entrouvertes dans le feu des cigales", etc.)
La fin du poème est sombre, énigmatique : j'y ai vu une rupture, toujours plus douloureuse dans un cadre enchanteur.
Une "sentence d'été" qui m'a tourneboulé.
Seul reproche : j'aurais aimé en lire plus, même si dans cette quintessence, tout a été dit. Bravo !

   Charivari   
10/4/2011
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Vé, on y est c'est clair. De très belle images pour une description torride. Assurément un texte bien écrit, évocateur

Mes images préférées : Le feu des cigales, étouffés de cyprès, graminées laminaires (j'aime beaucoup ce jeu sur les sonorités), le roulis des molettes.

Par contre, je trouve que d'une part, ce texte en "fait un peu trop" niveau couleur locale (avec expressions provençales à foison), on est trop dans la carte postale ; et d'autre part, ça manque tout de même de vraie émotion. Les mots "étouffés", "feu des cigales" nous délivrent certes une ambiance lourde, mais il y a beaucoup de détails qui n'apportent rien niveau sentiments, et qui empêchent au texte d'acquérir une vraie profondeur. Dommage.

Pour la dernière strophe, je trouve que l'intention est bonne, et la tournure "sentence d'été" excellente, mais c'est une chute trop abrupte. A mon avis, pour obtenir un texte vraiment très fort, il s'agirait de retirer un peu de pittoresque, pour mieux souligner des termes tels que "agonie", "inquiétude", etc ; et aussi de remanier la fin.

   socque   
12/4/2011
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Ah oui ! Toute une ambiance bercée par un rythme d'alexandrins parlés bien agréable. De belles formules, notamment le jour orangé d'inquiétude.
Un bémol sur les rêves assassinés, trop faciles à mon goût.
Mais un poème qui fait voyager.

   pieralun   
21/4/2011
 a aimé ce texte 
Passionnément
J'aime lire ce qu'écrit Méaban, j'aime lire du Méaban, parce qu'il ne raconte presque rien, une vie de tous les jours, un paysage probable, une France d'avant, et qu'il suscite en moi un intérêt sans faille, une dégustation jouissive que je pourrais rapprocher d'une lecture que l'on ne peut lâcher. Son écriture ressemble à ces plus belles affiches de nos années 50-60, celles des "bonbons des vosges", des "cachous Lajaunie...e.t.c. Pourquoi?
Les mots sont simples, le rythme est doux, les images un peu fanées évoquent de vieux pastels; bref, c'est une vraie écriture, une très belle écriture, peut-être à la hauteur des meilleurs écrivains classiques si elle durait le temps d'un roman.
Pourquoi ne pas écrire un roman Méaban? C'est un bonheur de te lire.

   Nescience   
21/4/2011
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Bonjour,

Le rythme est effectivement très facile à prendre, avec une rupture bienvenue juste avant la chute.

J’ai beaucoup aimé cette approche, ce lent resserrement du cadre, de la ville à l’intime… Des images très évocatrices et agréables : « coiffée de tuiles rousses », « étouffés de cyprès », « graminées laminaires »… Et j’ai apprécié aussi ces « charrois aux ridelles ventrues », ce vocabulaire un peu désuet qui apporte un certain charme.

La fin (le tout dernier vers), par contre, ne me semble pas à la hauteur du reste et j’en ai été un peu déçue.

   Coline-Dé   
22/4/2011
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Qu'y a-t-il dans cette écriture, qui fait qu'on l'identifie instantanément ?
Je sais que je viens de lire du Meaban quand un bonheur feutré m'envahit au bout de deux phrases !
Le rythme alexandrin sans rigidité, une tendresse aux êtres, une attention aux couleurs, un choix de mots précis accordant la préférence aux vocables oubliés, aux termes les plus pointus - ceux qui donnent relief -, et plus encore qu'un style : une personnalité !

   Lunar-K   
22/4/2011
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Un vocabulaire pointu pour peindre un instant de vie avec une précision exemplaire. Un texte visuel, très. Rythmé aussi, avec cette coupure et ce changement de décor à la dernière strophe qui nous sort subtilement de la monotonie et de l'ennui qui risquait d'arriver à la longue.
Car, c'est là peut-être le seul reproche que j'ai à formuler, ce texte est un peu trop plat, trop froid. Certes, il s'agit d'une description : difficile d'être subjectif dans ce cas. Et pourtant, la dernière strophe l'annonce très explicitement, cette description n'est pas innocente, cette villa, ce paysage, cette chambre,... tout cela est chargé de souvenir.
Je regrette un peu que l'auteur n'ait pas davantage mis l'accent là-dessus, joué sur le plan de la subjectivité et de l'émotivité. Cela m'aurait plus touché, je crois, que cette image, magnifique peut-être, mais terriblement froide et distante ; distance qui ne s'atténue qu'au sein du tercet final.
Un très beau texte néanmoins, ce reproche tenant davantage à ma sensibilité propre qu'au poème en lui-même. Mais quand même, je trouve qu'il manque d'un certain relief, que pourrait peut-être lui apporter un peu plus de vie.

   Anonyme   
22/4/2011
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bravo Meaban ! De la bien bel ouvrage, comme d'habitude devrais-je ajouter... On s'y croirait dans la garrigue à quelques encablures de Porte-lès-Valence ( si je ne me trompe pas ).
J'apprécie ce texte comme les précédents par la précision du détail grâce au choix des mots qui sonnent toujours juste...
Un vrai régal cette ballade ( et balade) au coeur du Midi !

   Raoul   
23/4/2011
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Le ton est inimitable.
Il y a un sens des images…
Mais des odeurs aussi, quand je lis, je les ai dans la narine, la pinède, les graminées grillés…
Les sons : le grincement des essieux, le frottement des cigales…
Et puis le souvenir bref, "assassiné", final. Tout cela joue admirablement avec les enchevêtrements et les réminiscences.
Une très beau texte qui ne peut que parler aux souvenirs de tout lecteur.

   Douve   
2/5/2011
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Très joli poème que voilà!

Une vraie musicalité, du rythme, de belles images ; c'est fluide, évocateur, tout ce que j'aime.

Le texte dégage une atmosphère des plus agréables.

Rien ou presque à relever, hormis ces quelques expressions que j'ai trouvé moins pertinentes que le reste :

"l'agonie d'un jour orangé d'inquiétude"
"toutes ocrées par le sec"
"le sombre de tes yeux, rêves assassinés".

Mais dans l'ensemble c'est très bon, merci !


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