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Poésie libre
Meaban : Les grandes portes de Kiev
 Publié le 14/02/13  -  8 commentaires  -  1124 caractères  -  198 lectures    Autres textes du même auteur

Troisième clarinette.


Les grandes portes de Kiev



Ils s’en viennent perclus des quartiers de la ville, une veste à galons, le regard affairé.
Et sous leurs bras immenses, dandine langoureuse leur boîte à instrument.

Sous les ors de la salle qu’on prête à l’harmonie, c’est chaque vendredi que répètent les hommes
Les chaises y sont anciennes, patinées en cadence sous d’immenses séants

Conducteurs sous le coude, le maître d’harmonie vient serrer quelques mains
Leur paumes sont rugueuses, abîmées par le fer

« Les grandes portes de Kiev »

Un silence soudain
Les paroles s’effacent

Gémissures d’ébène, ombreuses clarinettes
Une nuée d’harmoniques s’étale sous le ciel
Le bulbe des clochers scintille sous la glace.

Leurs vies simples s’embrasent, mirages symphoniques défilant sur la steppe
Ils cheminent en rythme au pas des ouvriers, grappillant ici-bas une onde de bonheur

Et la nuit n’a que cesse de regretter déjà

L’instant vers tout à l’heure où les boîtes d’instruments, comme de petits cercueils, partiront sous le bras des hommes souriant.


 
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   socque   
1/2/2013
 a aimé ce texte 
Bien ↓
Je trouve dommage ce rythme presque systématique de dodécasyllabes parlés cachés dans la prose ; le sujet s'y prête, je ne dis pas, l'harmonie et tout ça, seulement, en ce qui me concerne, il a eu tendance à parasiter ma lecture : je ne voyais plus que ça.

Et c'est dommage, parce qu'avec des mots tout simples, à mon avis, vous savez installer toute une ambiance... Ou alors il faudrait peut-être assumer davantage, couper les vers en dodécasyllabes et hexasyllabes et vogue la galère ; ou, selon moi, oser la rupture de temps en temps, marquant ainsi qu'elle est fragile l'harmonie, éphémère, que l'"onde de bonheur" se brise sur le quotidien. Bien sûr, c'est vous qui voyez.

   LeopoldPartisan   
2/2/2013
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Dès le titre je me retrouve plongé dans le dixième et dernier des tableaux d'une exposition de Modeste Moussorsky. Ma première oeuvre classique que j'ai redécouvert grâce au rock prog-sympho d'Emerson, Lake & Palmer. A l'heure d'aujourd'hui, je ne suis toujours pas parvenu à trancher ma version préférée de cette œuvre magique à savoir l’œuvre pour piano que nous a laissée Moussorsky ou l’œuvre pour orchestre dont la plus célèbre adaptation est de Maurice Ravel.
Le texte ici vu de la 3ième clarinette, pourrait nous nous laisser entendre que l'auteur en serait plutôt pour l’œuvre orchestrée. Je crois que peut importe, ce texte se pose parfaitement sur chacune des versions de ce tableau. C'est un enchantement tant pour les yeux que pour les oreilles. Surtout ne gâcher pas votre plaisir à l'écouter en lisant.http://fr.wikipedia.org/wiki/Tableaux_d%27une_exposition l’œuvre pour piano y est disponible.
Une réussite.
Merci

   Marite   
14/2/2013
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
C'est assez extraordinaire. Dès ma première lecture je me suis retrouvée assise sur l'une de ces chaises patinées, les yeux fixés sur le maître d'harmonie et

" Un silence soudain
Les paroles s’effacent "

Les " nuées d'harmoniques " ont envahi mon espace imaginaire.

J'ai fait une seconde lecture et ... charme et magie ont été identiques. C'est cela je pense la vraie poésie.

EDIT : je modifie ma dernière phrase qui est un peu réductrice. Je voulais dire que c'est ce genre de poésie libre que j'aime.

   Anonyme   
14/2/2013
 a aimé ce texte 
Bien ↓
Voila un texte qui m'a fait penser au film "les virtuoses", où des mineurs sont partagés entre leur amour de la musique et la perspective de perdre leur travail...

Un bémol toutefois pour "Et la nuit n’a que cesse de regretter déjà", je voyais plutôt "Et la nuit n’a de cesse de regretter déjà" idem pour "L’instant vers tout à l’heure " ...

Et surtout pourquoi ces boîtes d’instruments deviennent "comme de petits cercueils", alors qu'elles sont en fait "l'écrin du bonheur" si je comprends votre texte.

   brabant   
15/2/2013
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour Meaban,


"Troisième clarinette" et "Les grandes portes de Kiev", j'ai appris quelque chose (avec l'aide efficace/enthousiaste - sinon je risquais fort de me planter - de LeopoldPartisan), cette porte de Kiev avec un porche en forme de casque, et des coupoles en bulbes tout autour, imaginée par l'architecte Hartmann pour commémorer l'échec de l'attentat contre Alexandre II, qui n'exista qu'en lavis, reprise alors en offrande par l'ami Mussorgsky le compagnon de bimboche (mais je renvoie à Léopold pour plus de détails), c'est cela la vraie culture. Merci !

LeonKloeck a pensé au film "Les virtuoses", c'est une très bonne idée. Moi c'est au film "Le concert" avec la talentueuse Mélanie Laurent et le superbe comédien russe Guskov que j'ai immédiatement pensé. Preuves que ce poème en jette. Ah ! Le communisme sous le massif, le monolithique, le glacial, l'impitoyable Brejnev ! ça jetait beaucoup aussi mais d'une autre façon malheureusement. La musique symphonique était cependant, heureusement, là pour s'évader. J'aime bien dans ce poème le contraste des lourds et rudes travailleurs aux paumes rugueuses avec les harmoniques qui font scintiller le bulbe des clochers tout autant que la glace [;-)], ces gens simples qui accèdent ainsi au bonheur sous les gémissures d'ébène, vous avez dit ''contraste'' ? Et au bout de la nuit les instruments regagneront leurs "petits cercueils... sous le bras des hommes souriants" car ces cercueils-là sont une alternative imparable au goulag, à tous les goulags, de l'esprit comme du corps. Le ''paradis" existe sous les pires dictatures, on ne tue pas la musique s'il est possible de tuer les poètes comme le fit Staline.

- j'ai aimé l'emploi primesautier de "dandine" appliqué à une boîte (/écrin)
- j'ai adoré les "immenses séants" qui vont pratiquer l'art de l'envol

Voilà les ouvriers stakhanovistes redevenus cosaques, la Sainte Russie est sauve et éternelle, rien jamais ni nulle part ne peut tuer le rêve.

Oui ! Ce poème en jette et je souscris !

Merci

:))))))))))))

   Raoul   
19/2/2013
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Qualité et simplicité des images, avec un soucis du détail qui va jusqu'à l'humour, jusqu'au microscopique. Beau jeu d'échelles.
Je perçois l'idée du collectif qui œuvre (au moins le temps d'une concorde) pour un même idéal, ici musical.
Sensible à la rythmique, au balancement classique qui construit et maintient, on n'en est pas encore au sacrilège, au Sacre du Printemps.
On joue avec sérieux, avec la satisfaction (toujours ce "personnel" qui pointe sous le collectif) du travail bien fait.
Beau texte à lire sous plusieurs angles ou avec plusieurs lentilles.
Du bel ouvrage.

   David   
25/2/2013
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour Meaban,

Un rythme qui emporte la mélancolie des propos, un thème assez originale, j'ai trouvé, l'orchestre se dessine à la façon d'une aube ou d'une crépuscule dans les vers, un dernier mot assez intense au poème aussi.

J'ai pu également découvrir le morceau qui correspond au titre :

http://www.oniris.be/forum/les-grandes-portes-de-kiev-a-mes-chaleureux-commentateurs-t16656s0.html#forumpost221486

Les deux vont bien de paire.

   tchouang   
5/3/2013
 a aimé ce texte 
Un peu
bonjour. c'est quasiment tout du long du vers mesuré ... pourquoi pas ? cela coule joliment et donne peut être un sentiment de solennité, mais je trouve ça un peu convenu pour de la poésie "libre" ... ici on est plutot dans le domaine de la chanson.

   Anonyme   
27/4/2013
Commentaire modéré


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