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Poésie contemporaine
Meaban : Les granges des humains
 Publié le 21/03/16  -  18 commentaires  -  1123 caractères  -  281 lectures    Autres textes du même auteur

En boisseaux de grains lourds aux meules du destin.


Les granges des humains



Ne serait qu’une époque où le temps s’assagit, la pluie sur un parking et la villa au fond.

Une sorte d’hacienda perdue dans le décor d’un espace goudronneux, d’odorants anthracites alourdissent l’endroit.

La rumeur soudaine de l’autorail du soir à l’attaque des rampes dévorées de mélèzes ; grondante à l’équilibre au faîte d’un viaduc.


Et moi dans mes pensées assombries de jeunesse.


Ces heures solitaires m’interpellent aujourd’hui ; près du poêle, assemblées, se croyant immortelles dans l’enfeu de ma tête.

Un battement d’illusions qu’on accepte soudain, une steppe d’indolences déroulée sur l’ubac, un tunnel de faîte.


Comme un cheval de trait qui draine les grands socs aux sillages de l’automne sur de longues emblaves ; je vais la tête roide aux vapeurs du matin entrevoyant la faux d’un soleil cinglant.

Abrité d’oripeaux de millions de merveilles.

Mûriront des récoltes en rouges crépuscules, les granges des humains les entassent soudain :

En boisseaux de grains lourds aux meules du destin.


 
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   StayinOliv   
27/2/2016
 a aimé ce texte 
Vraiment pas
Bonjour,

je n'ai malheureusement pas compris votre texte ( qui d'ailleurs devrait se situer en prose et non en poésie contemporaine ). Il est compliqué à lire, et ne saisi pas de quoi il traite. Les granges des humains sont une métaphore certes, mais laquelle ?

   Mauron   
8/3/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Beau texte, écrit en versets et non en prose, dans ces versets que St-John Perse affectionnait. Vos alexandrins blancs s'entendent, comme on entend l'autorail et la scansion de ses roues sur les rails. Texte méditatif et puissant, comme les évocations qu'il porte. L'automne bave aux emblavures.

   Anonyme   
4/3/2016
 a aimé ce texte 
Passionnément
Je commente en aveugle, et pourtant j'ai bien lu!
Je trouve votre texte sublime et ne tenterai pas de m'en expliquer, au risque de perdre ces sentiments qui me sont venus en vous lisant. C'est fort, doux, fragile, et d'une poésie à clouer le bec!
Bravo!

   Pimpette   
21/3/2016
 a aimé ce texte 
Passionnément
Il arrive de sentir tres fort un texte qu'on serait incapable de comprendre ou d'expliquer vraiment...
A la lecture haute la poésie et la musique emporte tout...

"la pluie sur un parking et la villa au fond..."ça n'a l'air de rien pourtant mais c'est le genre d'écriture qui me bouleverse!

je note en aveugle clairvoyante...

   Lulu   
21/3/2016
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour Meaban,

Le titre de votre poème ne m'éclaire pas tout à fait sur ce que vous relatez, évoquez, mais j'ai aimé me promener au travers de vos mots qui ont la puissance d'évocation que j'aime en poésie, celle de faire naître des images singulières. Sans doute, celles que vous aviez en tête sont-elles différentes des miennes, mais le jeu est là : de fortes impressions poétiques éprouvées et rendues sur la page.

Mes encouragements.

   Anonyme   
21/3/2016
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Je vous avoue que quand est publié un de vos poèmes je suis aux aguets…depuis « la soie des mobylettes »…
Ici, vous nous parlez de la mémoire, il me semble que ces granges servent à engranger les souvenirs, comme un dépôt de moments vécus, de pensées anciennes.

Le thème est fort, mais certaines expressions ne me plaisent pas trop ainsi :
l’enfeu de ma tête, déroulée sur l’ubac, tunnel de faite, et d’autres…
Il s’ensuit, pour moi, une certaine lourdeur de l’expression.
C’est comme si la nostalgie – de la jeunesse – le constat des illusions perdues…pesait des tonnes (de grain). Alors que dans cette grange ont trouvent aussi des graines – j’imagine – qui une fois plantées pourraient pousser en fleurs à offrir en bouquets, ou en épis aptes à faire des pains nourrissants pour demain, pour d’autres que vous (où même le narrateur) peut-être…

En conclusion, il me semble que ce poème est un constat nostalgique et un peu amer, ou désabusé, qui sur le fond comme sur la forme me laisse un peu sur ma faim…
De quoi donc ? De clarté peut-être, d'espérance un peu, de fluidité surtout,

À vous relire.

   Anonyme   
21/3/2016
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour MEABAN
Ce n'est pas une poésie, seulement des mots, des mots qui donnent une ambiance et aussi qui me chantent en rythme. Cela ne s'explique pas. Mais peut-être est-ce une idée de chanson ?

   PIZZICATO   
21/3/2016
 a aimé ce texte 
Bien
" Les granges des humains " métaphore de la mémoire où les souvenirs s'entassent ?
J'ai trouvé cette poésie inégale dans son cheminement.
Certaines images m'ont séduit " Et moi dans mes pensées assombries de jeunesse "
" Ces heures solitaires m’interpellent aujourd’hui ; près du poêle, assemblées "...
D'autres par contre, que j'ai trouvées emphatiques :
" La rumeur soudaine de l’autorail du soir à l’attaque des rampes dévorées de mélèzes "
" Comme un cheval de trait qui draine les grands socs aux sillages de l’automne sur de longues emblaves " ouf !

   Pouet   
21/3/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Souvenirs de jeunesse, je comprends cela au début.
Un lieu, comme une "hacienda perdue" où l'auteur passait ses vacances peut-être?...

Puis je vois plutôt un lieu de travail où l'Homme est une bête de somme. J'ai pensé aux moissons.
La "grange des humains", j'y vois comme une métaphore du travail harassant et de la promiscuité.

Sinon l'écriture est toujours belle et imagée comme très souvent chez l'auteur.

Petit regret pour la répétition de "faîte" mais c'est bien tout.

Au plaisir.

   daphlanote   
21/3/2016
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
J'avais gardé un excellent souvenir de ta production... Et je n'ai pourtant, je crois, commenté qu'un seul texte il y a... pfiou. 5 ans ?

Bref.
Je retrouve ce souffle. Le style est très différent. Je me souvenais de vers forts et fluides mais mètrés (quelles qu'en soient les accents).
Aujourd'hui, la métrique est loin de ce que j'attendais. Et pourtant, tout fonctionne !

J'aime l'ouverture, le paysage. Peut-être aurais-je aimé un decors plus compact, plus complexe dans le texte (et moins dans mon imaginaire).
J'aime l'évocation simple (mais signifiante, qu'on ne s'y trompe pas) de ces jeunesses sombres. Je ne saisis pas encore ici de quelles ombres il s'agit, mais mon imaginaire tourne à plein régime.
J'aime, moi lecteur, être assuré, orienté dans ma compréhension par les vers qui suivent. Explicatifs, clair, puissants et très images. Efficaces sans lourdeur.

J'ai aimé la mise en perspective. Le déroulement et la montée significative du texte.

J'ai aimé compter les silences, laisser les mots rebondir et s'articuler sous la langue. J'ai aimé ne regretter aucune image, aucun rythme. J'ai aimé me lancer à corps perdu et prendre ces images à bras-le-corps, sans jamais perdre mon souffle.


C'est une poésie forte et libre. (J'ose). Pas de paragraphe et un texte au sens large, moi je m'y sens à ma place :).
Bref. Merci pour ça. C'est une surprise et un très bon moment. J'ai adoré et dieu sait que ça ne m'était pas arrivé depuis un sacré long moment. (Je copie-colle celui-là en direct dans le panthéon daphien).

   Vincendix   
21/3/2016
 a aimé ce texte 
Un peu
Il faut faire un effort pour séparer le bon grain de l’ivraie dans ce texte qui s’apparente plutôt à une prose qu’à un poème, même contemporain.
Pourquoi ne pas avoir fait des renvois de ligne après chaque phrase.
Et puis, d’accord pour le faîte du viaduc, mais pas pour le faîte du tunnel !
Le verbe « drainer » me semble mal adapté pour tirer des grands socs.
LA grange des humains plutôt que LES ?

   lala   
21/3/2016
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour Meaban,
Je trouve des accents poétiques à votre prose.
Des images simples, sobres, sensuelles alternent avec des constructions un peu lourdes. Ainsi, la tournure d'entrée, « ne serait qu’une époque » gâche la grâce de « la pluie sur un parking et la villa au fond ».
Ensuite, une hacienda est banalisée par « une sorte » et un sol goudronneux par « le décor d’un espace ».
Caser deux fois « faîte » dans ce court texte globalement délicat est aussi très dommage, ainsi que trois « soudain ».
Le vocabulaire soutenu voire spécialisé est là encore écorché par des adjectifs trop ordinaires « grands, longues, lourds ».
Le rythme est souvent ternaire, calqué sur une métrique poétique, mais on perd cette fluidité en lisant « entrevoyant la faux d’un soleil cinglant ». A titre personnel, je sors alors du texte.
En conclusion j’ai lu une excellente ébauche, déçue qu’elle n’ait pas été ciselée.

   MissNeko   
21/3/2016
Bonjour

Votre texte m interpelle et me dérange à la fois! Je n ai pas saisi le sens malgré plusieurs lectures. Je suis finalement un peu frustrée car je me retrouve à aimer certains vers que je ne comprends pas !
Vous avez réussi à me "déranger " et me déstabiliser. C est déjà pas mal en soi mais j aimerais des explications !
Merci pour ce partage

   Luz   
21/3/2016
 a aimé ce texte 
Passionnément
C'est beau, c'est tout.
Comme une poésie de René Char (par exemple) il faut relire au moins dix fois (pour moi du moins) avant de sentir ou d'en comprendre un dixième, mais la grande poésie est là.
Bravo.
Luz

   Teneris   
21/3/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Un poème quelque peu déroutant, fragmentaire, presque éthéré tant sa construction étiole chaque bribe de sens qui commence à naître... et pourtant - peut-être en partie grâce à cela - éminemment puissant par les émotions qu'il porte ! Malgré leur apparence, vos vers possèdent chacun un rythme propre, aussi fort que celui de formes plus régulières et peut-être plus vivant, comme si le souffle et la voix miraient dans chaque son la solitude de la pluie.

J'aime particulièrement le troisième pour son caractère abrupt, presque tranchant, comme un soudain retour au « moi » à travers une brume de pensées. Comme une cristallisation de l’atmosphère lourde que les deux premiers esquissent. Comme un nouveau départ aussi, un tournant vers quelque chose de plus mouvant, moins inéluctable.

J'ai un peu moins aimé l'avant-avant-dernier vers, qui me semble couper un peu trop tôt l'élan des précédents, mais peut-être n'ai-je pas su « voir » la bonne manière de les dire qui le rendrait plus naturel.

   Anonyme   
26/3/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Un magnifique poème.
Ça se voit, se sent dès la première lecture qu'il y a quelque chose de fort, dans l'écriture, dans l'émotion.
Le titre en revanche est à mon goût franchement lourd.
"Les" et "des" aussi proches surtout dans un titre, c'est moche.

   jfmoods   
27/3/2016
Les rythmes (de 12, accessoirement de 6), rythmes fondant une cadence propre au poète, nous font ici traverser la fragmentation d'un décor intérieur significatif, la mémoire individuelle, par nature éclatée, présente en chacun d'entre nous et annoncée par le titre (métaphore nourricière de notre relation commune au temps : "Les granges des humains"). Dans ce bal des souvenirs où les sens directeurs sont la vue et l'ouïe, nature et technique constituent des éléments clés qui se côtoient, s'entremêlent, se chevauchent. La présence d'un moyen de transport apparaît comme assez symptomatique de l'auteur : les êtres sont comme de passage, ancrés dans une réalité provisoire, transitoire, happés par les contreforts de l'ailleurs. Est-ce de là, du déracinement obligé, que vient cette impression sourde d'engluement ? La comparaison...

"Comme un cheval de trait qui draine les grands socs aux sillages de l’automne sur de longues emblaves"

.. rappelle immanquablement le vers final du poème "Post-Scriptum" de Char...

"Comme un cheval sans fin dans un labour aigri."

Les métaphores ("l'enfeu de ma tête", "oripeaux de millions de merveilles", "meules du destin") confirment l'aspect à la fois cloisonné, friable et douloureux de cette traversée proposée au lecteur.

Merci pour ce partage !

   Raoul   
11/5/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bien des nostalgies, mais traitées d'une façon qui esquive, non pas les souvenirs marquant - et/ou marqueurs - mais les rengaines courantes et moult complaintes où c'était bien chez Laurette.
Non ce n'était pas mieux avant, la vie, déjà, n'épargnait personne, mais les yeux qui le voyaient étaient autres.
Le beau balancement des rythmes un peu fracassés va très bien aux réminiscences de ces âpretés de l'existence.
J'entends un Jean Bouise "Estragon" dire cette pas tout à fait prose en lambeau, là, sur le trottoir fatigué du supermarché d'une ZI avec vue imprenable (préfiguration de cimetière) sur un maquis, une lande, un terrain vague…
Ce texte remue mon cerveau en plusieurs endroits.


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