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Poésie libre
myndie : Ombre avec vue
 Publié le 19/01/19  -  21 commentaires  -  1459 caractères  -  466 lectures    Autres textes du même auteur

Cette lumineuse obscurité qui éclate à mi-cris, ce passage entre deux mondes et deux temporalités, c’est comme regarder un Turner.


Ombre avec vue



Des éclats de garance au soleil dérobés
Fardent le firmament de rousse incandescence.
Le ciel indifférent que le brasier disloque
Glisse subtilement du côté des mystères.
Par-delà les talus nappés d'encre de Chine,
Hautain comme un gibus au crâne d'un dandy,
Le tracé charbonné du beffroi qui domine
Semble guetter le vent sur les toits qu'on devine.
Dans le jour déjà mort et ses embruns sauvages,
Le bois fuligineux est un mur oppressant.
Feuilles closes d’effroi, les arbrisseaux bruissent…

Quand rien ne sera plus du royal incendie,
Quand la lune discrète ouvrira les regards,
J’attendrai résignée le détour de minuit,
Sur le versant muet où l’aube est un soupçon.
Ma mémoire investie par les cris de lumière
Me distille à l’envi des tristesses fugaces.
Dans cette ombre avec vue sur l’horizon de bronze,
Voir se dilapider le sang cuivré des heures…


 
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   Stephane   
3/1/2019
 a aimé ce texte 
Passionnément
Bonjour,

Un poème tout en couleurs avec ces "éclats de garance", cette "rousse incandescence", ce ciel que le "brasier" disloque ; "royal incendie" ; "sang cuivré des heures..." Des tournures de toute beauté pour décrire un ciel qui oscille entre ombre et lumière ; contraste fascinant avec ces "talus nappés d'encre de chine", "le tracé charbonné du beffroi", "cette ombre avec vue sur l'horizon de bronze"...

On devine aisément les multiples colorations d'un soleil qui s'efface lentement pour laisser place à la lune, ce "passage entre deux temporalités", comme vous le soulignez en exergue, entre le jour et la nuit.

Un grand bravo !

Stéphane

   Eki   
9/1/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Un poème pictural sans être descriptif pour savourer toute la poésie de cette ombre avec vue...

Avec les deux premiers vers très imagés, on entre dans le vif du sujet.

"Des éclats de garance au soleil dérobés
Fardent le firmament de rousse incandescence".

L'incendie de la chambre des Lords...évidemment !

"Quand rien ne sera plus du royal incendie"

J'aime la palette des tons qui s'ébauche et le raffinement de votre plume qui dépeint avec délicatesse ce tableau de William Turner.

Puis, dans la deuxième strophe, le regard dévie et glisse dans l'âme de l'auteur...
comme le peintre, il faut de la patience et de la persévérance pour que se révèle cette lumière à la toile.

Il y a dans votre poème une abstraction un peu mystérieuse représentative de l'art de ce peintre...

La fin du poème nous baigne dans cette belle atmosphère...

"Dans cette ombre avec vue sur l’horizon de bronze,
Voir se dilapider le sang cuivré des heures…"

Eki barbouilleuse

   Vincente   
9/1/2019
 a aimé ce texte 
Passionnément
C'est très beau, la scansion est douce, agréable. Après une lecture savoureuse, je remonte à contre-courant pour débusquer le sens qui affleure délicatement.
Le vocabulaire riche (garance / tracé charbonné / bois fuligineux), les images insipirés (Hautain comme un gibus au crâne d'un dandy / Le bois fuligineux est un mur oppressant / Feuilles closes d’effroi / ...) m'aident sans sourciller pour apprécier l'advenue.

La première strophe comme un tableau reste un paysage au temps en suspend. La deuxième strophe se fait humaine par les yeux de l'auteur-spectateur et le temps entre par lui en scène dévoilant sa prégnance et ses révélations.

Une élégante réussite.

   Robot   
19/1/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Un récit visuel très coloré. Imagé comme un tableau impressionniste, tout en touche fluide.

Le lecture de cette fin de jour est un véritable plaisir.

   sympa   
19/1/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour,
Je commente très rarement les poésies libres , preférant les formes plus "classiques".
Je ne regrette pas d'avoir lu votre poème dont les images, la régularité des vers et la métrique apportent fluidité et beauté .
Le manque de rimes ne me dérange aucunement.

   Francis   
19/1/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Hier encore, le nez collé au velux, je contemplais un coucher de soleil qui incendiait l'horizon, les dernières heures d'un jour fuyant. Mon mirador s'ouvrait sur un tableau de Turner dont les couleurs, les ombres évoluaient à chaque instant. Votre poème me rappelle joliment la scène et les sentiments qu'elle fait naître dans le cœur de celui qui l'observe. Merci pour ce partage.

   deep   
19/1/2019
 a aimé ce texte 
Passionnément
Magnifique description Myndie
Ce contraste des cris de lumière à la rousse incandescence dans la nuit imperturbable qui nappe les talus d’encre de Chine
Plus d’émotion à la lecture de vos mots que face au tableau de Turner
Merci pour ce frisson de liberté
Surtout ne changer pas de catégorie !

   TheDreamer   
19/1/2019
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Un remerciement pour l'incipit qui évoque le précurseur de l'impressionnisme : Joseph-Mallord William Turner.

Un poème sans forme précise qui évoque le crépuscule ("quand la lune discrète ouvrira les regards").

J'aime particulièrement :

"Par-delà les talus nappés d'encre de Chine,
Hautain comme un gibus au crâne d'un dandy,
Le tracé charbonné du beffroi qui domine
Semble guetter le vent sur les toits qu'on devine".

"Feuilles closes d'effroi, les arbrisseaux bruissent".

"Voir se dilapider le sang cuivré des heures...".

Merci.

   papipoete   
19/1/2019
 a aimé ce texte 
Passionnément
bonjour myndie
aujourd'hui pas de rêve libertin, mais une vision plein les yeux du Roi Soleil s'apprêtant à gagner son lit, derrière l'horizon...
Et l'auteure nous dit tout en délicates nuances, ce que le ciel lui inspire, et les mats dressés tel ce beffroi " qui semble guetter le vent sur les toits qu'on devine " ; la lune bientôt tirera à elle la couverture de la nuit, " dilapidant le sang cuivré des heures "...
NB j'aime la poésie classique, avec de beaux alexandrins alignés comme à la parade ; mais quand le vers se rend libre de chaînes et étale une telle richesse d'écriture, je dis " bravo mes chers ! "
La première strophe rutile à mon goût, plus que sa soeur avec ces lignes du " hautain comme un gibus ... qu'on devine " !
Et j'enrichis une fois de plus mon savoir avec " fuligineux " .
Chère poétesse, point ici d'érotisme mais ma peau frissonne devant un si joli tableau !

   PIZZICATO   
19/1/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Un libre avec des alexandrins superbes ; en prime une diérèse au vers 11...
" Des éclats de garance au soleil dérobés
Fardent le firmament de rousse incandescence "
La première strophe nous offre un tableau digne du << Peintre de la lumièe >> avec de fort belles images.

Puis le regard et le ressenti de l'auteur, clos par cette chute que je trouve somptueuse
" Dans cette ombre avec vue sur l’horizon de bronze,
Voir se dilapider le sang cuivré des heures…"

   Castelmore   
19/1/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Ne sachant être suffisamment lui-même, Paul Morand se désolait un jour devant son père : « Devant le soleil à son déclin mes couchants sont ceux de Turner, mes nuages des ciels de Courbet..toutes mes femmes ont le ventre de Rodin... où suis je moi là dedans ?

Jusqu’à ma lecture, comme lui j’étais prisonnier de Turner... et me voilà de plus pénétré de vos mots !! qui m’ouvrent des chemins encore plus profonds !

« Sur le versant muet où l’aube est un soupçon » j’attends le retour du grand soleil pour me délivrer de vos charmes !

   domi   
19/1/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Un poème qui m'a demandé un effort et plusieurs relectures.
Penser au tableau aide, au début.
L'absence de rimes permet la recherche du mot juste et très recherché, ce qui fait un poème très riche et dense, aussi il me semble que les vers auraient peut-ètre gagné à être plus aérés...
Après cet effort j'ai été récompensée, c'est une magnifique poésie.

   Anonyme   
19/1/2019
 a aimé ce texte 
Passionnément
Bonjour Myndie,

Il y a dans votre poésie mille feux embrumés de Turner. Il y a un crépuscule ouvert aux visiteurs, l’échéance des jours, une nature urgente qui retarde ses indiscrétions, le temps que minuit l’éteigne… Il y a un néant, plus grand que le ciel au-dessus des toits, il y a une femme et ses aubes muettes, sa mémoire qui crie dans le temps qui passe. Il y a la solitude, la peur, il y a le désarroi de l’amour suspendu dans le vide.

Il est intéressant de confronter les points de vue poétiques. Personnellement je n’aime pas trop les pâtés de vers. J’aurais fait un 44344, le tercet créant le passage du pictural vers sa correspondance émotive, la femme prenant le relais de sa vision. D’un autre côté, votre choix de versification confronte la forme à une nature foisonnante autant qu’impressionniste. C’est vrai qu’on n’a pas forcément envie de la disloquer. Je trouve que votre poème pose une vraie et intéressante question de forme.
De beaux alexandrins, aussi libres que votre ciel est indifférent, avec chine/domine/devine comme trois rafales de vent traversant le beffroi.

J’ai adoré la narration. Pour avoir lu d’autres textes de vous, j’ai compris qu’une femme allait apparaître tôt ou tard. Car moi je ne veux rien y voir d'autre et je n'ai pas cherché à me cacher derrière un quelconque tableau de Turner. Il le fallait pour que la nature joue son rôle à plein. La nature a horreur du vide, disait Aristote. Jamais aphorisme n’a été aussi vrai :) Et quel portrait de femme, dans cette ombre avec vue !

Le sublime à portée de main, c’est quand même chouette.

FrenchKiss
Qui regarde un ciel pourri depuis sa terrasse

   leni   
19/1/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
myndie bonsoir
Vous nous offrez un poème tableau Très coloré en touches
contrastées Je revois ..;un coucher de soleil c'était hier Une
meule de foin flambait... merci de ce joli partage Salut cordial Leni

   Cristale   
22/1/2019
 a aimé ce texte 
Passionnément
Quand je découvre "du Myndie", je me méfie et je fais plusieurs lectures pour savoir ce que cachent ses vers...en vrai je trouve encore ici quelques sens détournés habilement mais je vais en rester au premier degré pour ne pas m'écarter du droit chemin..
Déjà, ça démarre bien :
"Des éclats de garance au soleil dérobés
Fardent le firmament de rousse incandescence.
Le ciel indifférent que le brasier disloque
Glisse subtilement du côté des mystères."

et ça continue :
"Par-delà les talus nappés d'encre de Chine,
Hautain comme un gibus au crâne d'un dandy,"

encore et encore :
"Quand rien ne sera plus du royal incendie,
Quand la lune discrète ouvrira les regards,
J’attendrai résignée le détour de minuit,
Sur le versant muet où l’aube est un soupçon."

Je n'en peux plus et m'en vais implorer Zeus pour quelques averses bien fraîches.
Myndie n'a pas besoin de jumelles si sophistiquées soient-elles car ses yeux remplacent toutes les loupes, tous les pinceaux, tous les appareils photos et même les musiciens les plus grands n'ont jamais égalé sa musique interstellaire.

Je me serais bien fait un plaisir de décortiquer la versification mais nous sommes en contemporain en vers libérés...le vers libéré ne l'est que des rimes et répond à une cadence régulière, je ne le confond pas avec le vers libre par essence beaucoup plus libre.

Ce poème sans rimes en dodécasyllabes...et alexandrins quand les césures et les élisions sont respectées a chatoyé mes sens et pour cela je ne te remercie pas Myndie...mais je te fais une standing-ovation. Pour ta peine, je te mets la plus mauvaise note pour t'aider à progresser. :)

Cristale

PS : en revenant sur la page je constate que le poème est dans la catégorie poésie libre....je n'y comprendrai décidément jamais rien...puisque c'est ça je retourne à mes classiques :)
EDIT : suite à l'observation attentive de FrenchKiss il y a effectivement un doublon : "et encore et encore/et toujours" avec la reprise de quelques vers à l'identique, erreur de "copier" dans le texte de Myndie visiblement, mais je relis rarement mes commentaires, donc je m'en viens corriger.

   emilia   
19/1/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Vos mots donnent vie à la toile mystérieuse du couchant qui se profile dans une « indifférence hautaine » jusqu’à restituer l’invisible vent qui se devine avec un sentiment « oppressant » de feuilles bruissantes aux murmures envahissants, puis la narratrice se projette au futur de « l’attente résignée » dont la mémoire perçoit encore avec force « les cris de lumières » avant le basculement vers la mort du jour et le soupçon de l’aube, avec cet art du clair-obscur si cher à ce grand peintre de formation romantique, évoquant avec pudeur et une tristesse passagère l’intime sensibilité entre crainte et espoir à travers cette si belle métaphore finale sur le temps qui passe et le terme « dilapider » traduisant la perte inutile d’un temps précieux orienté vers la beauté du monde et de la vie… ; une façon peut-être pour l’auteure de reprendre à son compte la signature de Cristale : « peindre non la chose, mais l’effet de la chose… », bravo à vous pour votre talent !…

   Cat   
20/1/2019
 a aimé ce texte 
Passionnément
Bonjour Myndie,

Pour avoir eu le privilège d'admirer le tableau, je peux dire que ton poème lui rend un hommage vibrant, mieux, il l'accompagne et l'exalte. Des '' éclats de garance au soleil dérobé'' jusqu'aux ''tristesses fugaces qu'il distille à l'envi'', tout, j'y retrouve tout, y compris des sensibilités exacerbées, la tienne, bien sûr, connue depuis des lustres maintenant, et la sienne que je devine te ressembler comme deux gouttes d'eau.

La magie de ton écriture magnifie au centuple sa beauté. Je crois n'avoir jamais aussi bien lu un tableau qu'en te lisant.

Après t'avoir écoutée et regardée, ma journée se nimbe d'une belle douceur, un peu triste dans ses ombres...

Merci à N. et merci à toi de nous faire partager autant d'émotion.


Cat

   jfmoods   
20/1/2019
L'entête ("c’est comme regarder un Turner") signale d'emblée l'aspect éminemment pictural que prendra le poème ("Des éclats de garance au soleil dérobés", "les talus nappés d'encre de Chine", "Le tracé charbonné"). Les éléments du décor ("le brasier disloque", "beffroi qui domine", "les toits qu'on devine") accrochent le souvenir d'une toile célèbre du peintre anglais intitulée "L'Incendie de la Chambre des Lords et des Communes".

Aux yeux de la spectatrice, le tableau se pare d'une dimension fantastique (complément de lieu : "Glisse subtilement du côté des mystères"). Avec la silhouette de Lord Byron qui s'esquisse ("Hautain comme un gibus au crâne d'un dandy"), la violence et la peur gagnent insensiblement le décor ("ses embruns sauvages", "un mur oppressant", "Feuilles closes d’effroi").

Fasciné par les ravages de la destruction, le regard se perd dans la contemplation morbide du feu (métaphores : "les cris de lumière", "l’horizon de bronze", "Voir se dilapider le sang cuivré des heures", image de l'alambic : "Me distille à l’envi des tristesses fugaces"), anticipant déjà le fruit d'une combustion (futurs : "Quand rien ne sera plus du royal incendie / Quand la lune discrète ouvrira les regards / J’attendrai résignée le détour de minuit, / Sur le versant muet où l’aube est un soupçon").

Le titre du poème ("Ombre avec vue"), paradoxal, postule l'incommensurable richesse que peut présenter une toile pour celle qui s'y plonge corps et âme.

Merci pour ce partage !

   pieralun   
22/1/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Un poème où la beauté des mots, leurs enchaînements, le rythme, la fluidité se suffisent à eux même.
De la musique avant toute chose disait Verlaine, et il avait raison.
L’evocation de la rêverie devant ce tableau est parfaite et comme j’adore Turner........

   myndie   
22/1/2019

   Ithaque   
24/1/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour myndie,

Votre description me plaît. On imagine l'auteure assise et contemplative, telle un canal nous transmettant une lumière venue d'ailleurs.
Toutefois, mon attention de musicien s'est immédiatement portée sur "le potentiel de slam" de ce texte.
Il pourrait être dit, d'abord, dans le sens de votre rédaction initiale (vertical descendant), puis, immédiatement, dans le sens "vertical ascendant" afin de lui donner un "effet-miroir", un "effet loop"dégageant d'autres images encore !..


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