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Poésie libre
myndie : Temporadas inmutables
 Publié le 20/10/15  -  11 commentaires  -  1536 caractères  -  172 lectures    Autres textes du même auteur

Différentes saisons (petites gammes).


Temporadas inmutables



Rêve de feuille un matin de printemps

Vers quels confins vont-ils, les nomades pensifs,
Enveloppés de ciel, cotonnades furtives
Suivant distraitement le cours banal et lisse
De l’Aa, de la Lys ou de l’humble canal ?
Et l’haleine d’avril qui frisotte les brumes
Et coiffe de frissons les feuilles juvéniles
Sait-elle où elle va ? Chaque jour un peu plus
D’invisibles soleils repoussent le crachin
Mais
Tendre spleen de printemps,
Je pense encore aux cendres.


Désert d’été désir déserté

Les blés sont fourbus
messidor bouillu
étouffe chahut
moiteur en latence
coite turbulence
transe et somnolence
friselis fugace
zéphyr qui rêvasse
c’est l’ange qui passe…


Pluie d’automne

Un vent de feuilles valse en volée de bois vert,
Épand l’or, le carmin, trousse les fûts offerts
Puis cavale à vau-l’eau jusqu’au diable vauvert !
Dans le ciel délavé le bleu n’est plus de mise
Mais le plomb de la pluie pourtant n’a pas d’emprise ;
Pourquoi dis-tu toujours que la journée est grise ?


Soir de neige

Soir de neige juste la lune et nous
semelles suspendues aux souffles de l’hiver
le givre de tes yeux désaltère mon front
cœur dessus cœur dessous âme vive âme fauve
les pianos de nos doigts bohèmes sur la peau
restons blottis à l’étouffée
à écouter le chant des heures
pour ne pas effrayer l’aurore.


 
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   papipoete   
5/10/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Vivaldi à la baguette, saurait en musique accorder ces vers, et jouer votre poème dans un tourbillon de cuivres et violons.
Je ne saurais choisir dans votre tableau, la saison la mieux illustrée à mon goût, par Vous, mais l'Automne avec son " vent de feuilles qui valse en volée de bois vert, épand l'or, le carmin, trousse les fûts offerts " m'emporte
encore que
l'Hiver et son " le givre de tes yeux désaltère mon front " est tout aussi remarquable!
Cette toile écrite me plait.

   LeopoldPartisan   
9/10/2015
 a aimé ce texte 
Passionnément
que dire sinon que j'aime vraiment. Là c'est purement subjectif, car l'écriture et l'impression que l'auteur veut faire passer sont vraiment très très proche de ma manière d'écrire.

Oui très cher que je lis à l'aveugle, nous sommes de la même école. Nous pratiquons, sanctifions l'instant de manière que je qualifierai de zen et de la meme vacuité de nos sens profonds.

à vous poète frère, je dis merci et bravo

   ameliamo   
9/10/2015
 a aimé ce texte 
Passionnément
Une poésie charmant ayant des belles images pleines d’originalité. Les saisons sont présentées l’une après l’autre, dans leur diversité chromatique, relevant, métaphorique, leurs caractéristiques principales. Un mélange de sensibilité, talent et d’amour.

   Anonyme   
10/10/2015
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Tout d'abord, j'ai bien aimé la consonnance espagnole du titre.

Rêve de feuille un matin de printemps
Un petit paradoxe, ici. le printemps, le renouveau , suscite traditionnellement le bonheur de sortir de l'hiver. Ici, on pense avec nostalgie aux cendres.

Déserts d'été désir fugace
On sent bien dans ce passage une volonté de jouer avec les sons, mais ce n'est pas le passage qui m'a le plus séduite. Son côté comptine, sûrement, alors que le reste du poème est rédigé.

Pluie d'automne
Ces allitérations : vent, valse, volée, cavale, vau-l'eau, diable vauvert évoquent bien l'idée de mouvement, celui de la fuite, de la valse des feuilles

Soir de neige
Une présence humaine et chaleureuse est introduite ainsi que l'idée d'un cocon douillet : restons blottis à l'étouffée. C'est le passage qui a ma préférence.

Ces tableaux des quatre saisons sont bien décrits. Mais je trouve que le passage sur l'été dénote par son style haché par rapport au reste. Pour autant, je ne le trouve pas inintéressant. Présenté seul, il m"aurait plu.

   emilia   
20/10/2015
Une symphonie très musicale pour ces « quatre saisons immuables » dont la langue espagnole restitue bien le sens et l’intention de l’auteur, qui ont chacune leurs particularités et leur prélude de présentation sur un tempo très orchestré et signifiant, avec, pour chacune d’elles, un jeu d’allitérations et de résonances subtiles dont l’écho accentue l’harmonie de l’ensemble telle que … « le cours banal et lisse / De l’Aa, de la Lys ou de l’humble canal… », comme pour reproduire des pizzicati pétillants sous les doigts des musiciens, réservant à l’été ce vire langue bien choisi ( du désert d’été au désir déserté…), pour s’achever sur des métaphores d’une grande tendresse sensuelle pour illustrer le tableau final d’un duo réceptif à toutes ces vibrations : « blottis à l’étouffée / les pianos de nos doigts bohèmes sur la peau » …

   leni   
20/10/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup
myndie bonsoir
les quatre saisons s'enchainent et Les mots prennent des tonalités différentes c'est subtil et harmonieux

Désert d’été désir déserté

Les blés sont fourbus
messidor bouillu
étouffe chahut
moiteur en latence
coite turbulence
transe et somnolence
friselis fugace
zéphyr qui rêvasse
c’est l’ange qui passe…


ce groupe de vers est une belle trouvaille rédactionnelle

Merci pour cette agréable lecture et Bravo
Salut cordial leni

   Vincendix   
20/10/2015
 a aimé ce texte 
Bien
Le printemps dans le Nord me semble bien tristounet, quant à l'été, je sais qu'il ne faut trop se fatiguer... Heureusement l'automne est coloré, même la pluie devient agréable... L'hiver est conforme à sa renommée, restons blottis au coin du feu.

   Francis   
20/10/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Quatre saisons que les gens du nord vivent des solstices aux équinoxes.
Quatre tableaux, quatre partitions au diapason de nos décors, de nos états d’âme. Ils varient au rythme des saisons: " Des nomades pensifs enveloppés de ciel, cotonnades furtives aux blés fourbus, de la valse des feuilles aux souffles de l'hiver". J'ai aimé les quatre saisons visitées par votre plume.

   Anonyme   
21/10/2015
 a aimé ce texte 
Passionnément
J'adore vos quatres saisons !

Je retiens du printemps la douceur et le froid :
"Tendre spleen de printemps,
Je pense encore aux cendres."

Je passe "l'été", il se suffit à lui-même.

Touche à"l'automne" et à sa "journée grise",

Puis j'approche "l'hiver", magnifique apothéose d'un soir de neige :

"Soir de neige juste la lune et nous
semelles suspendues aux souffles de l’hiver
le givre de tes yeux désaltère mon front
cœur dessus cœur dessous âme vive âme fauve
les pianos de nos doigts bohèmes sur la peau
restons blottis à l’étouffée
à écouter le chant des heures
pour ne pas effrayer l’aurore."

Sublime mélodie en tendresse majeure.

A vous relire dans cette veine

   myndie   
25/10/2015

   Louis   
29/10/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Quatre saisons :

Au printemps, tout est mouvement. Le printemps n’est pas sédentaire, il ne demeure pas. Bohème, il est une traversée de « nomades pensifs », il est passage, il est envolée, « Enveloppés de ciel, cotonnades furtives »
Au printemps, tout passe et s’en va, dans une errance dont on ne connaît pas la destination : « Vers quels confins vont-ils ? » ; « Et l’haleine d’avril (…) sait-elle où elle va ? »
Des voies sont suivies, celle de « l’Aa, de la Lys ou de l’humble canal », mais « distraitement », vaguement, sans orientation précise.
Le printemps ne s’installe pas, il n’est pas vécu comme une saison de la vie, mais comme une intersaison, un passage entre l’hiver et l’été. L’hiver passé demeure encore en mémoire, « Je pense encore aux cendres », quand « d’invisibles soleils » anticipent l’été à venir.
Le printemps semble pris entre deux feux, le feu de l’âtre représenté par les cendres, et les feux du soleil estival ; le printemps est pris entre deux flammes. Ces images du feu et des flammes évoquent métaphoriquement le désir, et plus particulièrement le désir amoureux.
L’envol sur les ailes du désir fait un printemps nomade, et le désir ne sait où se poser.
Les saisons évoquées semblent être bien, en effet, celles du désir.

Cette idée trouve une confirmation par le vers qui introduit la saison estivale :
« Désir d’été désir déserté »
Si le désir au printemps prend son envol, s’il erre d’un objet à l’autre, nomade, bohème, sans se fixer, il semble, en été, perdre son objet, « désir déserté ».
Il semble même doublement déserté, à la fois sans objet et sans sujet.
« Messidor » ne bout pas ; sans énergie, il est « bouillu », trop chauffé au point de produire, non pas une effervescence, mais une somnolence : « transe et somnolence ». La transe évoque une sorte d’ « ex-tase » dans laquelle le sujet se tient hors de soi. Le sujet a déserté sa place de Moi du désir. Il n’y a plus qu’un « ange qui passe », et l’ange n’est pas sujet de désir. Il n’y a plus, dans l’extase de la transe, qu’une fusion du Moi avec la nature environnante assoupie sous la chaleur, alanguie dans une torpeur.

L’automne n’est pas associé à la mort comme à l’accoutumée, mais à la vie, à l’éveil, à une sortie de l’état de torpeur, au mouvement de nouveau, comme au printemps, mais à un mouvement plus violent : « volée de bois vert » ; « cavale à vau l’eau ». Les feuilles d’automne ne sont pas mortes, mais vives, elles dansent : « Un vent de feuilles valse ».
Automne vif et coloré (« épand l’or, le carmin »), automne de pluie.
Le « plomb de la pluie pourtant n’a pas d’emprise », contrairement au soleil de plomb de l’été. Et si le bleu du ciel « n’est plus de mise », les journées ne sont pas vraiment grises, elles ne sont pas tristes.
Le désir se ravive à l’automne, il reprend des couleurs, il retrouve sa force et sa puissance, et le vent « trousse les fûts offerts » ; le diable est au corps de nouveau, et le vent du désir « cavale jusqu’au diable vauvert ».


L’hiver se présente comme la saison du désir assouvi. Seule saison dans laquelle un « nous » est présent. Le désir n’est plus « déserté », il a retrouvé son sujet et son objet.
Il est sous le signe de la lune et non du soleil éclatant. « Soir de neige juste la lune et nous ». Le froid de l’hiver n’est pas le gel du désir, bien au contraire. Blanc de la neige, obscurité de la nuit, sous la lune comme un anneau céleste qui unit, réunit, les conditions sont propices aux amants, à l’épanchement du désir amoureux.
L’hiver favorise la cristallisation, il favorise le « givre », et celui des « yeux » de l’amant, de son cristallin, « désaltère » plus qu’une boisson liquide. Le doux et le solide, le ferme et le cristallin sont les éléments de l’hiver.
L’âme y est plus vive que dans les autres saisons : « âme vive âme fauve ».
L’hiver englobe l’aspect bohème du printemps, mais l’errance de « nos doigts bohèmes sur la peau » semble trouver un sens dans la composition d’une musique en duo, une harmonie à deux ( « les pianos de nos doigts »), et le désir a trouvé une « peau » où se poser.
Mais contrairement au printemps où tout est passage, où tout s’en va avec le temps, l’hiver freine le temps, le ralentit ; il offre la possibilité de le goûter :
« à écouter le chant des heures
pour ne pas effrayer l’aurore »
Temps dilaté de l’hiver, longues soirées, longues nuits qui peuvent être savourées par deux cœurs amants. À la chaleur du soleil de l’été, soleil extérieur, les amants préfèrent la chaleur de l’union des corps, « corps blottis à l’étouffée », et la chaleur intérieure des « âmes vives ».
La torpeur de l’été retenait aussi le temps, mais dans une somnolence, dans une conscience affaiblie de la réalité et des « heures » ; les nuits d’hiver le retiennent dans une conscience vive, une sensibilité qui ne laisse pas fuir les moments qui passent.

L’hiver n’est pourtant pas la fin d’un cours du temps, lui succède le printemps, et les autres saisons qui reviennent en cycle. Ronde immuable des saisons : temporadas inmutables. Instabilité du désir.

Merci Myndie pour le partage de ce beau poème.


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