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Poésie néo-classique
myndie : The red dress
 Publié le 19/01/18  -  15 commentaires  -  1681 caractères  -  273 lectures    Autres textes du même auteur

D'après "Blue lady : The red dress" de Carolyn Carlson.


The red dress



On m'appelle parfois « la longue dame rouge »
Et je n'aime rien tant que ces lieux évasifs
En la nuit diaphane, où nulle ombre ne bouge,
le ciel se défie de ses hôtes furtifs.

Dans ce néant de bruits, désert ensorcelant,
L'harmonica miaule et m’emplit de tristesse.
Pourpre vive et moirée, bruissement sibilant,
La lumière en écho déroule sa promesse.

Ondulant follement comme un sang qui ruisselle,
Les volutes de soie déconfortent mon corps.
Toutes voiles levées, la dernière hirondelle,
Ouverte à tous les vents, fuit la petite mort

Et le temps sans remords abolit ses couleurs.
Sur la pointe des pieds, juste parée d’aubade,
Je suis nue devant vous, chavirée de pâleur
Et le cœur en cavale éperdu de chamade.

On m'appelle parfois « la longue dame rouge »
Et je n'aime rien tant que ces lieux évasifs
En la nuit diaphane, où nulle ombre ne bouge,
le ciel se défie de ses hôtes furtifs.


 
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   Queribus   
7/1/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour,

Tout d'abord bravo pour la forme néo-classique quasi parfaite (ile me semble toutefois que le vers 3 fait 11 syllabes (dia ou di-a?), de même le vers 6 (mi-aule ou miaule?) et le vers 19 (di-a ou dia?); en principe, en néo-classique on ne doit pas pratiquer la diérèse mais la synérèse. Toutefois ces remarques sont marginales et n'enlèvent rien à la qualité de votre prosodie. Je pense aussi qu'il faudrait un point après"petite mort" comme dans les autres paragraphes.

En ce qui concerne le fonds, j'ai trouvé dans votre texte des accents à la fois romantiques et gothiques avec de très belles images: "le ciel se défie de ses hôtes furtifs", "l’harmonica miaule et m'emplit de tristesse", "la lumière en écho déroule sa promesse", etc.

En un mot, j'ai trouvé votre texte très beau et je 'ai passé un bon moment à le lire.

Cordialement.

   Mokhtar   
8/1/2018
 a aimé ce texte 
Passionnément
Très belle évocation de « Blue Lady », de Carlson. Où la danseuse se propulse avec les moulinets de ses bras pour dérouler les étapes de la vie la femme, colorées par des changements de robe qui les identifient.

La « longue dame rouge » fait référence à une séquence emblématique de ce ballet. Une longue robe rouge s’enroule en multiples spires pour emprisonner la femme (la « déconfortant : très joli) qui progressivement, avec peine, s’en délivre. C’est bien sûr le thème de la délivrance de la mère qui est illustré. « Ondulant follement comme un sang qui ruisselle » décrit les mouvements de la robe rouge, mais dans l’évocation du sang on peut voir aussi d’autres symboles.
Quand elle est enfin délivrée, « la dernière hirondelle » danse sa liberté recouvrée.

L'avant dernier quatrain concerne la fin du ballet qui voit la femme vieillissante se dénuder (corps comme l’esprit : nu, libre, décoloré, comme épuré) : « Juste parée d’aubade, je suis nue devant vous, chavirée de pâleur, et le cœur en cavale éperdu de chamade » Superbe.

Le premier quatrain, repris à la fin, évoque probablement le trou noir de la salle de spectacle, avec ses spectateurs invisibles, « hôtes furtifs ». Ce néant que la vie illumine, puis quitte. La nuit noire avant, la nuit noire après. Scène offerte à notre vie, pour un petit tour, pour quelques pas de danse. Je pense (à confirmer) que c’est ce que l’auteur a voulu dire, en plaçant sa strophe en ouverture et en conclusion.

Pour commenter ce texte, je suis allé voir quelques extraits du ballet. Puis je n’ai pu résister à l’envie de le visionner intégralement. Les émotions ressenties ont été bien plus fortes que celles de mes souvenirs.

Pour ça, et pour le poème : merci.

Mokhtar. Lu en EL

   papipoete   
19/1/2018
 a aimé ce texte 
Bien ↑
bonjour myndie
" la longue dame rouge " ne va certes pas voir sa mère-grand, qui habite au bout du chemin qui traverse cette forêt si sombre ; elle n'a pas de confitures dans son panier, plutôt des charmes à monnayer pour qui viendrait à la rencontrer ...
NB l'harmonica semble jouer une complainte d'Ennio Morricone, au fur et à mesure que s'effeuillent les volutes de soie, sur ce corps bientôt nu et chaviré de pâleur . L'héroïne d'après le film, devrait glacer le sang, mais la vôtre bien qu'envoûtante, ne semble pas vouloir de mal à " ses hôtes furtifs " .
Ayant parfois l'esprit " fleur bleue ", l'expression " petite mort " du 12 e vers signifie-t-elle " frisson " ou l'autre sens ... ?

   Cat   
19/1/2018
 a aimé ce texte 
Passionnément
Bonsoir Myndie,

Je suis aux anges, ce soir : deux sublimes poèmes pour relancer ma verve. Après celui d'Ithaque, le tien, Myndie...

Un poème qui se lit comme une caresse. Sensuel et follement romantique !

Faut-il aimer les ballets, et ce « red dress » en particulier, pour le peindre de mots avec autant de tendresse.

Ma lecture a été un vrai bonheur, du genre à y revenir pour goûter encore à la plénitude du suave et de la douceur qui sanglote unies dans une même éternité.

Magnifiques, entre autres, « La lumière en écho déroule sa promesse » auquel semble répondre « et le temps sans remords abolit ses couleurs » ou encore « Ondulant follement comme un sang qui ruisselle ».

J'assiste au ballet, assise au premier rang et suis emportée par la musique qui habille tes images superbes. Qui sont mieux que des images, des incarnations vibrantes volées au néant pour un laps de temps que je quitte avec un infini regret..

Je savais ton désir d'arriver à un tel résultat, tu as réussi au-delà du sublime.
Bravo et merci pour cette parenthèse enchantée.
Cela valait le coup d'attendre...

A te relire bientôt, Amie d'En-Haut :))


Cat

   PIZZICATO   
19/1/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour Myndie

Bien entendu ma première réaction fut d'aller m'instruire sur Wiki au sujet de cette " robe rouge " et son ballet solo ; sa chorégraphie, l'analyse du fonds, et la musique de René Aubry.

Nanti de ces informations, j'ai pu apprécier à sa juste valeur toute la poésie qui émane de ce texte pour traduire l'ambiance de ce ballet.

La première strophe, je pense, est une allusion au ressenti de la danseuse sur la scène d'un théâtre "où nulle ombre ne bouge ".

" L'harmonica miaule et m’emplit de tristesse " L'harmonica qui accompagne, d'une musique lancinente, le tableau de la vieillesse (?)

Une plume délicate pour faire évoluer cette danseuse et les époques de sa vie.

Parallèlement, j'ai repensé à << la longue liane rouge >> - sourire -

   Hananke   
19/1/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour

C'est bien joliment écrit et j'aime bien la répétition du premier quatrain
pour clore le poème.
L'harmonica miaule et m'emplit de tristesse est un très beau vers.
Je comprend moins cette dernière hirondelle qui fuit la petite mort.

Bref, un écrit qui se lit avec plaisir.

   troupi   
20/1/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Quelle belle écriture qui se déroule nonchalamment telle la danseuse qui déroule sa longue robe rouge.
J'ai bien aimé "diaphane et miaule" qui étirent leurs sonorités langoureuses.
"sibilant" peu courant et "déconfortent" bien choisi, dans le contexte.
Bien sûr pour apprécier le poème il faut aller voir ce ballet, ce que j'ai fait avec plaisir.
Le premier quatrain est tellement agréable que c'est un plaisir renouvelé de le retrouver en clôture.
Merci pour cette belle lecture.

   Brume   
20/1/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Coucou Myndie

Je dois t'avouer que s'il n'y avait pas eu l'exergue en indice, "la longue dame rouge" aurait été pour moi une interprétation diverse et variée.
Alors merci pour la découverte de ce magnifique ballet. Ta plume a su retranscrire avec brio toute l'essence, l'atmosphère, l'émotion, la beauté.
Correction : tu as su retranscrire LES atmosphères, LES émotions. Car rien n'est linéaire, et ton poème le traduit bien.

Ton écriture est sublime, et ce que tu me transmets est plus qu'une sonorité envoûtante : c'est une voix.

Tu as trouvé les mots, ils résonnent dans mon esprit l'exact description de ce que j'ai vu et entendu; L'harmonica miaule" mais oui, exactement ! Tu as posé l'ambiance d'une façon remarquable.
Avec ta jolie plume ça ne pouvait être autrement.

   jfmoods   
20/1/2018
Composé de cinq quatrains en alexandrins (le dernier reprenant le premier), ce poème est à rimes croisées et suffisantes, alternant, d'une strophe à l'autre, féminines et masculines.

La poétesse donne à voir; de l'intérieur, par le regard de la danseuse Carolyn Carlson (complément de lieu du vers 15 : "devant vous"), la troisième et avant-dernière partie d'un étonnant ballet intitulé "Blue Lady" et retraçant les étapes charnières de la vie d'une femme.

La musique de René Aubry, s'éloignant des critères habituels (métaphore : "ce néant de bruits), fascinante ("désert ensorcelant"), obsédante (diérèse : "L'harmonica miaule"), corporelle ("bruissement sibilant"), n'est pas sans rappeller les univers de Wim Mertens et de Philip Glass.

Ce passage de l'oeuvre métaphorise, dans un décor minimaliste ("ces lieux évasifs / En la nuit diaphane, où nulle ombre ne bouge"), sous le haut patronage de la couleur rouge (titre : "The red dress", "la longue dame rouge", "Pourpre vive et moirée", éléments de la chorégraphie : "Ondulant follement... / Les volutes de soie déconfortent mon corps", comparaison : "comme un sang qui ruisselle"), le cérémonial de l'accouchement (personnification : "La lumière... déroule sa promesse"), qui conduit à la délivrance du nouveau-né (animalisation : "La dernière hirondelle fuit la petite mort", personnification : "le temps... abolit ses couleurs"), au bonheur de la maternité (jeu des labiales : "parée d’aubade", écho croisé des allitérations : "chavirée de pâleur" / éperdu de chamade").

Merci pour ce partage !

   Ithaque   
20/1/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour Myndie,
Allez ,chiche ! je détache le poème de sa référence à Blue Lady, j'oublie l'histoire et le contexte..
Il me reste, notamment au premier quatrain (et
repris au dernier) ce dont je suis le plus amoureux en poésie, la musicalité des strophes et des mots.
J'apprécie ce travail de ciselage de l'écrit, où chaque copeau de mot laisse entrevoir le diamant du suivant.
Bravo!
Ithaque

   emilia   
20/1/2018
Une atmosphère bien rendue de cette poésie du mouvement qu’est la danse, par le rythme des allitérations et assonances qui laisse entendre les miaulements ensorcelants de l’harmonica, en focalisant le regard sur les ondulations ruisselantes des « volutes de soie », ainsi qu’une chrysalide se libère de son cocon avant l’envol, une belle métaphore de l’enfantement…

   myndie   
21/1/2018

   Sodapop   
22/1/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Désolé de prendre part un peu en retard à ton magnifique poème.
Tu nous entraîne là dans l'histoire de ce ballet que je ne connaissais pas, mais qui m'a rendu curieux! :-)
J'adore le thème et la corrélation entre ton poème et l'histoire mis en scène par Carolyn Carlson. Si j'ai bien compris, tu nous conte là le troisième âge de ce solo, dans la chronologie, avec tes mots toujours percutants et bien choisi.
Tu parviens à installer une atmosphère assez "gothique" (même si je n'aime pas trop cette étiquette), où l'on ressens magnifiquement cette métamorphose de l'acteur principal, dans un décor très sauvage et animal.
Sur la forme, j'aime particulièrement le schéma de ton poème très ciselé, avec ces quatrains à la rythmique très fluide.
Tu as réussi à m'intéresser à un sujet dont je n'étais pas spécialement sensible au départ, par tes mots, par ta plume, toujours précise et belle.
Merci.

   Louis   
22/1/2018
 a aimé ce texte 
Passionnément
Elle se présente à nous, elle prend la parole dans le poème pour se mettre en mots, pour mettre en alexandrins ses pieds qui dansent, celle qui n’existe que par le mouvement et la lumière.

« On m’appelle parfois « la longue dame rouge », dit-elle, et dans le mot « dame », on croirait entendre une « flamme », et une femme lueur, toute en longueurs et mouvements, et l’on entend un être de chair et de sang.
Elle dit les « lieux évasifs », les espaces vagues et indéterminés, la « nuit diaphane », la nuit évasive, d’où elle tire une évasion, d’où elle tire son être en une délivrance hors de l’indéfini, d’où elle naît et renaît.
En ces nuits, « où nulle ombre ne bouge », espace et temps figés dans l’informe, inertes, immobiles, naît une lueur, un rougeoiement, naît une forme évasée, en rouge, naît un mouvement.
Elle nous dit son origine, la longue dame rouge, dans ce fond noir d’où elle s’extrait fougueusement pour naître en flambeau.

Sa tirade de lumière, et de poésie, se réalise au son d’un harmonica. Elle émerge du fond d’une nuit, d’un vide indéterminé, sur l’air triste d’un petit instrument à vent, sur l’air d’un miaulement, d’un long gémissement. L’avènement de la lumière, «pourpre vive et moirée », fait « écho » au surgissement douloureux de la musique hors d’un « désert » de bruits, comme en un râle prolongé, « sibilant ».

Le rouge lumineux, au sein duquel se réalise cette émergence, «ondule », sanguinolent, « comme un sang qui ruisselle ». Cette naissance, ou plutôt cette renaissance, s’est faite dans le sang et la douleur. Le fond obscur, indéterminé, indéfini, s’avère « une petite mort », une mort d’où l’on peut revenir, une résurrection.
Le sang, comme une glu, colle encore à la petite mort. Pour s’en extirper, pour s’en arracher, il faut un envol, loin au-dessus de la fange noire, il faut le vol d’une « hirondelle, ouverte à tous les vents ».

Ainsi le temps est sans « remords », et sans re-mort.

Le temps « abolit les couleurs », abolit les teintes qui habillent, les oripeaux de couleur qui masquent, et la pâleur, et la douleur. La longue dame, sans le rouge, se met à nu, dans son authenticité, dans sa vérité. En noir et blanc.
Plus de rouge, par lequel « on l’appelle », mais cette nudité incolore, qui ne répond qu’à un appel, celui de la vie encore, à tout vent.

Elle danse, cœur « en cavale éperdu de chamade », et graphes d’une poésie de douze pieds, alexandrins propres à dire la vie, comme elle s’élance, comme elle ressurgit de ce qui l’anéantit ; en mesure de donner des ailes à un oiseau meurtri, à une hirondelle.
La vie en rebonds, dansante : une résilience.

Très beau poème, Myndie. Merci.

   Helios   
25/1/2018
 a aimé ce texte 
Passionnément
Bel exploit, Myndie, que de réunir tout à la fois la rigueur musicale du néo-classique et la volupté, l’évanescence de la danse qui vous inspire. Cette alchimie est d'une justesse saisissante pour peindre le mouvement infini du corps, des couleurs, des images, et nous voici ensorcelés par la chorégraphie de votre plume...
Sensible, votre texte l'est aussi au sens premier du terme : éminemment sensitif. Les défilements chromatiques, les sensations tactiles, les impressions sonores nous entourent, nous envoûtent, nous enveloppent, et nous sommes emportés par leur flot continu.
Une agréable sensation que l'on doit également à vos formules élégantes, recherchées et pourtant si fluides : "l'harmonica miaule" (à la diérèse bien sentie évoquer le son), "ondulant follement comme un sang qui ruisselle", "les volutes de soie déconfortent mon corps", "juste parée d’aubade", "chavirée de pâleur"... Chaque vers renferme sa trouvaille.
Merci de doubler la danse de Carolyn Carlson d'un texte virtuose. C'est un régal !


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