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Poésie libre
Papillon26 : Réminiscence
 Publié le 23/02/18  -  12 commentaires  -  697 caractères  -  210 lectures    Autres textes du même auteur

Souvenirs d'enfance « malade ».


Réminiscence



Une maison étroite aux volets verts,
au fond de la cour fermée par une barrière qui grince.

Il faudrait pouvoir aller dans la rue !

Seule avec elle érigée en garde chiourme.
Je suis enfermée malade,
vomissant l’écume blanche de ma souffrance,
vomissant ma mère.

Le lilas est en fleurs.
De l’autre côté de la rue les enfants jouent.

J’ai mal, j’ai faim.
Interdit de manger, de sortir.

Ses mots me frappent comme des coups :
pas manger, boire, boire, pas manger, boire.

L’écume blanche de ma souffrance jaillit.

Aller de l’autre côté, dans la grange :


jouer.


 
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   BeL13ver   
14/2/2018
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Ce poème est insoutenable, son style donne la chair de poule et prend de court le lecteur. On est comme détruit par ce style étrange et triste. Presque autant, en tous cas, que la victime (on dirait presque une vache) évoquée par ce texte.
La troisième strophe est terrible, et décrit une réalité insupportable, destructrice : l'enfance blessée, martyrisée, par les coups d'une mère violente ; dont on aimerait tant qu'elle nous aime.
Je trouve que cette réalité est évoquée de manière brute, presque brutale, et manque donc un peu de poésie. Mais c'est si difficile de dire avec les mots justes de telles atrocités.

BeL13ver, en Espace Lecture.

   solo974   
17/2/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour,
J'ai beaucoup aimé votre poésie libre.
La phrase d'entame, nominale, pose d'emblée le décor avec une simplicité touchante et sans emphase.
Le champ lexical de l'enfermement ("étroite", "fermée", "barrière", garde-chiourme", "de l'autre côté") est par ailleurs très développé, ce qui confère selon moi à votre poème une grande unité thématique.
La chute, enfin, du seul fait de son extrême sobriété, est particulièrement émouvante.
Bien à vous.

   bipol   
23/2/2018
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
bonjour,

bien sûr c'est l'horreur

je ne sais pas si c'est autobiographique

je pense que oui, j'ai publié sur Oniris Le placard (autobiographique)

je suis profondément touché par la douleur que vous avez
retranscrite

nous somme passés par là

merci

   papipoete   
23/2/2018
 a aimé ce texte 
Bien
bonjour papillon
réminiscence signifie que ces vers évoquent des souvenirs, donc l'héroïne est vivante puisqu'elle les raconte . On a peine à croire que ce témoignage évoque de tels moments, passés à la maison, auprès de maman ! Je penserais davantage à une femme " kapo " à Ravensbrück exerçant avec application sa funeste fonction !
NB un texte à ne pas lire avant de s'endormir, à cause des images " vomissant l'écume blanche de ma souffrance/vomissant ma mère " et des cris " pas manger, boire, pas manger, boire ! "
Il n'en reste pas moins que je suis persuadé, que la " souffre-douleur " aime quand-même sa mère !

   Ombhre   
23/2/2018
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Un poème violent et presque dérangeant, qui crache sa colère, son sentiment d'injustice et d'incompréhension, qui crie sa douleur.

Un seul vers m'a dérangé "vomissant ma mère". Il me semble trop personnel, décalé par rapport à l'ensemble. Il permet moins, de mon point de vue, de s'approprier le texte, lui enlève une part de son universalité.

La chute, sobre, est magnifique !

Merci pour la lecture.
Ombhre.

   PIZZICATO   
23/2/2018
 a aimé ce texte 
Bien
Je suis perplexe quant à l'interprétation à donner.

Plutôt qu'à une mère tortionnaire, j'opterais pour l'enfant atteinte d'une maladie contagieuse (?), que l'on empêche de sortir et qui voudrait " Aller de l’autre côté, dans la grange : jouer ".

Pourquoi empêcher de manger, mais contraindre à boire ? C'est ce qui installe mon doute.

   Louise   
23/2/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour,

Il me parle ce poème, moi qui n'ai pas l'habitude de la poésie, j'ai beaucoup apprécié.
à l'exception bien sûr de la petite strophe du milieu, qui laisse respirer pour mieux laisser la fin nous étouffer ensuite, et qui fait penser à l'accalmie entre deux vomissements terribles dont fait état le poème, on est enfermé avec le personnage dans cette maison, et l'on partage souffrance et frustration, qui sont dites avec simplicité.
Merci pour la lecture!

   Anonyme   
23/2/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
De votre écrit, il n'est pas facile, au final, d'avoir une idée précise, car plusieurs interprétations se profilent.

De ce fait, j'ai éprouvé un certain malaise. "La souffrance" est indéniablement, bien présente, mais quelle était-elle exactement ... De quel ordre, physique ou moral, où les deux à la fois.

Ce qui m'a interpellé c'est "avec elle", ce "elle", est très percutant, et puis un peu plus loin "vomissant" d'abord "l'écume blanche" ensuite "vomissant" "ma mère". S'agit-il d'un conflit relationnel (mère/fille) entre ces deux êtres, ou bien d'une incompréhension de la part de l'enfant face à l'interdit ...

Quel drame se joue réellement ... Des propos très expressifs, j'en suis "troublé", peut-on penser à une enfance douloureuse, du fait d'une mère "tyrannique", ou bien s'agit-il d'une maladie qui oblige à une telle vigilance.

Le ressenti vécu, a une teneur vivace, celle-ci produit au lecteur un effet bouleversant.

Mise à part "le lilas en fleur", je n'ai pas perçu le côté poétique, à proprement dit.

Je n'ai pu être indifférent à votre discours ...

   Bidis   
25/2/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Ce que j'ai trouvé de percutant dans ce texte pour moi resté fort sibyllin, c'est cet éclair de couleur ("Le lilas est en fleurs") dans une évocation grise et sombre. Comme si ce lilas en fleurs nous éclatait aux yeux alors que dans un texte tout en couleurs, il serait passé inaperçu...

   Pouet   
26/2/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bjr,

Un texte qui ne laisse pas indifférent, d'une indéniable force.

Les mots disent sans en dire trop. Demeure ce léger flou indispensable je crois. (maladie, maltraitance, exorcisme même...)

Du coup je n'ai pas grand chose à dire non plus.

Une réussite que ce texte d'une grande puissance évocatrice,

un cri.

   Jean-Claude   
28/2/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Papillon26,

Une fois n'est pas coutume, je lis, et commente, versant poésie.

Saisi.
J'ai juste été saisi.
C'est l'essentiel.
Un enfer d'enfance que certain(e)s ont connu.

Pas de note technique, et je ne saurais pas laquelle donner.

Au plaisir de vous (re)lire.
JC

   jlouisgillis   
3/3/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
je connais que trop bien....
enfance et innocence volées, violées, maltraitées et niées...
Ce fut mon vécu...d'enfant et même d'adulte et parent ! Tout me fut volé ! encore et encore !
Car la société est un égrégore vorace où un trou noir s'avère enfant de cœur innocent...
Heureusement, mes expérience de la vie après la vie m'ont soutenu pour que toujours, mon regard se tourne vers la lumière...
compassion = aimer+comprendre+pardonner afin de construire sans détruire.
bien cordialement,
jlg


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