Page d'accueil   Lire les nouvelles   Lire les poésies   Lire les romans   La charte   Centre d'Aide   Forums 
  Inscription
     Connexion  
Connexion
Pseudo : 

Mot de passe : 

Conserver la connexion

Menu principal
Les Nouvelles
Les Poésies
Les Listes
Recherche


Poésie libre
papipoete : Une voie ferrée désaffectée
 Publié le 15/01/26  -  10 commentaires  -  1085 caractères  -  135 lectures    Autres textes du même auteur

Comme une steppe sauvage, qu'une paire de rails traverse droit devant, s'en va au lointain ; un bambin une baguette à la main l'arpente, la gravit vers l'infini…


Une voie ferrée désaffectée



Une tour Eiffel sans ses pieds.
Elle gît de tout son long, la tête au loin se perd à l'horizon.
Un Champ de Mars de broussailles, aux arbres devenus fous, lui faisant une couronne, tiare aux épines du Christ.
Au sol, des marches d'escalier descendent vers son sommet, poutres aux rails oxydés sertis de tire-fond. Croix de bois, croix de fer ; un air de paradis au purgatoire.
Deux arcelets en U rouillés, rampes parallèles sans gymnastes, filent au milieu du paysage, grimpent jusqu'au dernier étage de la Dame de Fer, dans l'infini du ciel.
L'appareil resserre ses marches, à les faire se toucher ; épointe ses montants à n'en faire plus qu'un.
Un A majuscule V inversé court sa silhouette, au plat du bocage.

Aux cailloux d'un erg grisâtre, un enfant s'avance au vieil espalier, tête blonde sur marinière, une baguette ébranchée en main qu'il brandit.
Il entre en scène.
Chef d'un orchestre fantôme, il descend la montée plate, lève sa badine, réclame au silence le LA.

La musique aphone lance son concerto.


 
Inscrivez-vous pour commenter cette poésie sur Oniris !
Toute copie de ce texte est strictement interdite sans autorisation de l'auteur.
   Robot   
12/1/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime beaucoup
Je visualise cette image géométrique avec le triangle de la tour Eiffel, le trapèze étiré de la voie ferrée, les marches, les poutres, les "U" et les croix.
Un tableau géométrique comme le créerait un peintre symboliste.
La silhouette d'un enfant chef d'orchestre appelle à faire éclater une musique muette pour animer ce paysage

   Ornicar   
13/1/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime beaucoup
Un texte descriptif mais inventif. Et un texte qui n'est pas du tout statique : le récit avance au fil de la progression du gamin sur cette voie ferrée désaffectée pour dépasser le simple parallèle que dresse l'auteur(e) entre les rails et la Tour Eiffel. Par le simple pouvoir de l'imagination, la poésie surgit du réel en même temps que celui-ci se dérobe au sens commun des adultes par le choix de formules "renversantes" ou déstabilisantes à base d'oxymores et de sens contraires : "Champ de Mars de broussailles ; descendent vers son sommet ; il descend la montée plate ; réclame au silence le LA ; la musique aphone".

J'imagine un enfant solitaire et désoeuvré qui s'ennuie un peu. Il se promène sans but sur la voie, ramasse un simple bout de bois et c'est parti. Ce texte est écrit par un adulte mais, quand je le lis, tout se passe comme si l'enfant était à l'origine de cette transformation du réel par le truchement d'une formule magique bien connue : "on dirait que..." Ainsi, la badine qu'il brandit, avant de devenir la baguette d'un grand chef d'orchestre, est d'abord celle d'une fée qui, d'un décor ordinaire et pas folichon, en fait un terrain de jeux merveilleux. Il y a une fraîcheur d'esprit que j'aime beaucoup. Bravo à l'auteur(e) qui a su, je pense, par delà les âges et les ans, conserver cette âme d'enfant.
La seule fausse note, si je puis me permettre, est le titre : il nous met trop tôt sur "la voie". J'aime beaucoup cette prose.

   Donaldo75   
13/1/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime bien
Un libre aux airs de prose poétique, un texte visuel et créatif à la fois, voilà ce que j'ai lu avec plaisir ce matin en me levant. Les images ne manquent pas de densité, bien au contraire. Le symbolisme mélange sacré et mécanique. Le rythme est maitrisé, avec une alternance de phrases longues, sinueuses, descriptives, agencées de manière pas trop géométrique sur la page. Les césures créent un effet théâtral très efficace. Le personnage de l'enfant, une originalité par rapport à ce qui a précédé, constitue un élément humain, fragile dans la dimension mécanique jusque là déployée.

Bravo !

   Boutet   
15/1/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime bien
Belle idée cette comparaison entre une voie ferrée désaffectée et la tour Effel couchée par terre.
Je saisis moins l'enfant qui s'avance au vieil espalier une baguette à la main.

   Provencao   
15/1/2026
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
Bonjour papipoete,

"Aux cailloux d'un erg grisâtre, un enfant s'avance au vieil espalier, tête blonde sur marinière, une baguette ébranchée en main qu'il brandit.
Il entre en scène.
Chef d'un orchestre fantôme, il descend la montée plate, lève sa badine, réclame au silence le LA.

La musique aphone lance son concerto."

J'aime beaucoup ce croisée fortuit où la rêverie de cet enfant se recouvre presque factuellement: le silence.

Un délicieux poème, au-delà du verbe suscite et imagine aussi le silence de l'imagination et laisse dériver en lui
quelque chose qui n’est que fantôme.

Bravo bel ami.

Au plaisir de vous lire,
Cordialement

   Roxanne   
15/1/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime bien
Bonjour papipoete,

Je trouve cette fresque empreinte de nostalgie très réussie. Tout en métaphore que chacun peut interpréter à sa manière. Un clin d’œil à une époque où nous fabriquions nous mêmes nos jouets, inventions nos propres activités et où l’ennui nous forçait à être constructif.

Quant au terrain de jeu, malheureux le mioche qui n’a pas erré jusqu’au coucher du soleil dans le terrain vague derrière le lotissement, utilisant le moindre objet perdu à terre pour s’inventer ses propres aventures et moduler le monde à ses rêves.

J’aurais aimé que la seconde partie présentant l’enfant soir plus développée. Je pense qu’il y aurait matière à l’enrichir même si en l’état, le déséquilibre produit une certaine dynamique du récit.


Bravo.


Roxanne

   Bodelere   
15/1/2026
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
Bonjour Papipoete
L'image de la Tour Eiffel couchée, dont "la tête au loin se perd à l'horizon", est intelligente En privant la "Dame de Fer" de ses pieds, vous lui ôtez sa verticalité conquérante pour en faire un gisant.
L'enfant apporte une touche de couleur à la grisaille des poutres oxydées de la scène
Un chef d'orchestre sans musiciens...Peut-être un monde qui a cessé de vibrer
Belle émotion...bravo

   LeChevalier   
15/1/2026
Je n'ai pas tout compris, sans doute faute de références ferroviaires. À la deuxième lecture, je suis mieux arrivé à suivre la description. Vers la toute fin, je me demande si les oxymores ne sont de trop, avec « réclame au silence le la » et « une musique aphone ». A vrai dire, j'aime mieux la première expression que la deuxième. Je ne suis pas sûr que les majuscules soient nécessaires pour la note « la », à moins qu'il y ait une intention qui m'échappe.

Je n'évalue pas, car je ne pense pas pourvoir le faire dans cette catégorie.

   Raoul   
15/1/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime bien
Bonjour,
J'aime assez l'ensemble de cette description plutôt dynamique ou écheveulée, voire même cubiste façon Fernand Léger. L'idée de la grande dame parisienne assoupie est assez piquante et l'image du ru de pierrailles est tout un voyage. Voyage que poursuit l'enfant "marin", d'ailleurs.
Je suis mains convaincu – mécréant que je suis – par les ref. religieuses que je trouve un rien plaquées. Idem pour les tournures " au/aux" un peu pataudes.
L'ensemble reste tout de même très plaisant.
Merci pour cette lecture.

   Yakamoz   
16/1/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime bien
Belle idée que cette analogie entre une voie ferrée avec ses lignes de fuite et la tour Eiffel couchée.
Une vision d’enfant écrite avec une plume d’adulte, qui regorge d’images, d’oxymores et de métaphores judicieuses. La forme est originale, à la limite de la prose, mais le texte garde son cachet poétique grâce aux tournures de l’écriture.


Oniris Copyright © 2007-2025