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Poésie classique
perthro : Changement d'état
 Publié le 06/10/11  -  8 commentaires  -  992 caractères  -  215 lectures    Autres textes du même auteur

...


Changement d'état



L’arôme opiacé de ma folle raison
Avait tant su m’emplir et créer l’embolie
Qu’elle en perdit son souffle et son exhalaison,
Ne laissant que l’odeur de la mélancolie.

Ce parfum désuet, ce reflet suranné,
Fomentait en mon cœur un dessein hermétique.
Et ce pétale vieux, diaphane et fané,
Ne voilait plus alors qu’un esprit cathartique.

Tout fut précipité puis tout fut différent :
J’allais sans loi, sans but, j’étais l’anachorète,
J’allais sans contingence à devenir errant,
Et pourtant, ce jour-là, je quittai ma retraite.

Un écho de clarine éveilla la vigueur
De mon corps haletant. Ce fut la transhumance :
Je descendis, serein, le pas plein de langueur,
En tintinnabulant vers la vallée immense.

J’aspirais tant à voir par-delà les sommets,
Mais j’étais le myope à rêver du presbyte.
Quand disparut l’effluve aux fabuleux fumets,
L’anachorète enfin devint un cénobite.


 
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   Anonyme   
23/9/2011
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonsoir ! Je ne note pas de défaut de prosodie dans cette écriture classique et plaisante. Ce poème est, pour moi, assez difficile d'accès, mais après quelques lectures je pense qu'il s'agit tout simplement d'une métaphore entre le drogué (arôme opiacé de ma folle raison) regagnant le monde ordinaire et le berger qui retrouve aux portes de l'hiver un monde "civilisé"...
Honnêtement, c'est très bien écrit mais tout de même un peu obscur. J'aime beaucoup la chute de l'anachorète vers le cénobite.
Un très beau poème... si j'ai tout compris !

   Raoul   
2/10/2011
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Je suis ébaubi par la forme succulente de ce poème, la richesse inventive de son vocabulaire, la mécanique des fluides subtilement induite plus que décrite. J'aime beaucoup cet écrit, pour sa recherche textuelle, sa malice.
Le dernier quatrain est exceptionnel ;o)
Bravo.

   Lunastrelle   
2/10/2011
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Prosodiquement parlant, il n'y a rien à ajouter: c'est fluide, musical. Le thème, bien "qu'original", a été exploité avec doigté.
J'ai passé un moment agréable devant ce poème, même s'il a fallu plusieurs lectures afin d'en extirper un sens, qui peut rester personnel. Je m'explique: de mon côté, au niveau du ressenti, j'ai eu l'impression que ce changement d'état concernait la manière dont vit une personne.
Il y a celles qui réfléchissent et vivent avec leur tête, d'autres avec leur cœur, etc. Là, on dirait qu'il y a eu un changement d'état comme ci: cet être intellectuel ("d'où l'arôme opiacé de ma folle raison" "esprit cathartique" etc.) dépérit à force d'avoir été seul avec lui-même, puis il se réveille ( "tout fut précipité puis tout fut différent"; "ce fut la transhumance") et écoute ce cœur que la raison et l'intelligence "de tête" endormaient ("et ce pétale vieux, diaphane et fané"; toute la dernière strophe).
L'emploi des mots "anachorète" (seul avec soi-même, dans la prière et l'ermitage) et "cénobite" (la communauté, d'où le terme de "vallée") me confortent dans cette interprétation, qui reste personnelle, bien sûr.
Un autre sens se dégage aussi: ouverture d'esprit, de pensée, changement positif pour "aller vers l'humanité"...
Un texte qui fait pas mal réfléchir.

   Anonyme   
6/10/2011
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Poème très imagé, et changeante à la re-lecture! Le soin porté aux mots, pas toujours précisément posé (j'entends 1+1=2), apporte un flou poétique, artistique magnifique.
Une image jaunie, une illusion perdue nécessitant une errance du corps et de l'esprit afin de disparaître et permettre un retour, en cénobite, parmi la raison (ou les autres). Seul l'aspect monastique me heurte un peu.
Bravo!

   Miguel   
9/10/2011
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Il me faudra je pense plusieurs lectures pour venir à bout du sens (des sens ?) de ce poème, mais je rends d'ores et déjà hommage à la forme, aux trouvailles ; il y a de beaux vers bien balancés, et la dernière strophe est un petit chef d'oeuvre ; c'est un chant.

   David   
10/10/2011
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Pertho,

J'aime bien le mouvement du poème, qui démarre en douceur et en humour avec la strophe centrale qui joue son rôle de pierre angulaire avec :

"Tout fut précipité puis tout fut différent"

C'est presque une définition de l'émotion en général, de la raison pour laquelle on peut la rechercher, ou de la façon dont on peut la trouver aussi... suivant le genre d'émotion.

La suite est d'autant plus drôle à sa façon, peut-être à ma lecture, mais après ce regard particulièrement humain, c'est à la façon d'une vache, d'un mouton ou d'une brebis que semble se tenir la narration. Dans la strophe suivante, la dernière, le poème finit très naturellement, on dirait du "bio" :)

   Charivari   
24/10/2011
 a aimé ce texte 
Un peu
Bonjour.
Autant j'apprécie la forme, le jeu des sonorités, la richesse du lexique, autant je déplore le fond.

Franchement, à part faire de belles phrases, je ne vois pas du tout où vous voulez en venir : d'abord vous nous parlez de "l'opium de la folle raison", mais personnellement je ne vois pas comment un anachorète (mystique avant tout) peut être associé à la raison.

La conclusion nous inidque que vous passez de l'etat d'anachorète à cénobite. Deux types de religieux, mais l'un est solitaire, l'autre vit en communauté, mais en dehors du monde... A part ces deux termes, je ne trouve absolument rien d'autre qui nous fait penser à un mysanthrope qui change d'optique.

En revanche, "la transhumance", "tintinnabulant dans la vallée immense", ça m'a fait penser aux vaches. Quant au "myope à rêver du presbyte", j'imagine que c'est un jeu de mot avec presbytère, mais franchement, je trouve le calembour mauvais.

Bref : opium, vache, moine, bigleux... Qu'est-ce que ça m'évoque tout ça ? Rien du tout, désolé. Juste un prétexte pour faire de jolis son, mais pour moi c'est loin d'être suffisant.

   Anonyme   
4/4/2015
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
Quelle maîtrise dans la prosodie !

Quant au fond, tout aussi parfait, celui-ci nous transporte à travers deux états sublimés par des images aussi évocatrices qu'enivrantes.

Un grand moment de lecture !


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