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Poésie classique
pieralun : Auto-dérision ou La barbe à papa
 Publié le 26/02/12  -  13 commentaires  -  724 caractères  -  552 lectures    Autres textes du même auteur

Écorcher un peu cette prosodie qui nous guide toujours et nous étouffe parfois ! seul un classique pouvait se le permettre…
M'autoriserez-vous à tirer un peu sur la ficelle ?


Auto-dérision ou La barbe à papa



Ah la barbe à papa de nos fêtes foraines !
Folle métamorphose au bal des confiseurs
De cent fils de brouillard en pelotes de laines ;
Pirouette fouettée aux mielleuses odeurs.

Il fallut, toutefois, pour plaire à nos haleines,
Offrir à nos regards ses suprêmes rondeurs,
Qu’on dérobe au sirop les fleurs arachnéennes
Où changent sucre et fraise en derviches tourneurs.

Ah doux vers ! Onctueux, saupoudrés de manières.
Qu’importe le sujet ; ornés de rimes fières,
Vous nous charmez confits au lyrisme d’avant.

Il faut à votre auteur, pour plaire à notre oreille,
User d’une ficelle à la barbe pareille :
Sitôt ingurgitée il en reste du vent.


 
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   Meleagre   
11/2/2012
 a aimé ce texte 
Bien ↑
La comparaison entre la Barbe à Papa et la poésie ne me serait pas venue à l'idée, mais elle fonctionne bien.
Les six premiers vers, sur cette confiserie, est bien écrite, savoureuse... et appétissante ! J'aime beaucoup les deux premiers vers, qui ont beaucoup d'allure avec cette allitération en "f" et ces mots qui nous rappellent un parfum d'enfance ou d'antan (barbe à papa, fêtes foraines, confiseurs), et ce "pirouette fouettée aux mielleuses odeurs", qui définit bellement cette confiserie, avec des sonorités qui sonnent bien en bouche (avec un jeu savant sur les diérèses et synérèses : "pirou-ette fouettée"). J'avoue que la construction grammaticale et le sens des vers 7 et 8 m'échappent.

Les tercets sont une défense assez adroite de la poésie classique : elle a un parfum d'antan comme la Barbe à Papa, et elle nous charme l'oreille autant que la confiserie nous charme le palais (ou les regards, dans ce texte). J'aime bien la comparaison, et le retour de plusieurs mots (ou champs lexicaux) entre les quatrains et les tercets : confiseurs / confits, pelote de laine / ficelle, "pour plaire à notre haleine" / "pour plaire à notre oreille".

Bon, c'est peut-être une auto-dérision de la prosodie et de la poésie classique, mais, par sa forme, son rythme, sa fluidité (sauf les vers 7 et 8), son style, c'en est aussi un bon exemple.

   Anonyme   
13/2/2012
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonsoir auteur classique ! Plaisant sonnet bien "ficelé" où le vers classique devient barbe à papa, ou vice et versa. Ne faut-il pas plutôt lire "Il fallait" en début de second quatrain ? J'aurais bien vu "d'antan" en lieu et place "d'avant" pour terminer le premier tercet...
Passons sur ces détails et applaudissons des deux mains cette auto-dérision. La chute est particulièrement bien tournée quand bien même la barbe à papa me semble plus éphémère, mais aussi sans doute plus digeste, que certains alexandrins...

   Anonyme   
26/2/2012
 a aimé ce texte 
Bien ↑
J'ai apprécié l'humour de ce poème.

Je n'avais jamais imaginé en effet que le poète est tout comme le vendeur de barbe à papa un marchand de vent. Mais il est vrai que l'un comme l'autre vendent des plaisirs éphémères et aériens.

Je regrette un peu que le monde de l'enfance auquel j'associe (c'est très personnel, et peut-être que je fais fausse route) ne soit pas mis un peu plus en avant.

Je ne dirais rien sur la prosodie n'ayant pas les connaissances suffisantes.

Une belle surprise que ce poème.

   brabant   
26/2/2012
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Bonjour Pieralun,


"du vent", ben non, c'est une superbe madeleine que tu nous offres là ! Bon, les tercets ne sont pas tout à fait à la hauteur des quatrains : le "bal des confiseurs", les "cent fils de brouillard en pelotes de laine", la "Pirouette fouettée aux mielleuses odeurs", les "fleurs arachnéennes" dérobées au sirop ainsi que les "derviches tourneurs", il n'y a rien à jeter là-dedans. Tiens ! Je me mettrais presque à aimer la barbe à papa !

Maintenant, c'est vrai que le premier tercet est peut-être un peu trop sucré.

Et que l'auteur dénonce trop facilement son tour de passe-passe pour terminer.


Ne tue pas le métier ! Si le magicien expliquait ses tours, il n'y aurait plus de magie.



Bien à toi en toute amitié ! :D

   Charivari   
26/2/2012
 a aimé ce texte 
Beaucoup
extrêmement original et très joliment décrit (cent fils de brouillard en pelotes de laines), quoique trop précieux parfois ("suprêmes rondeurs", c'est un peu trop je trouve, pour de la barbe à papa ! Même si d'un autre côté, il y a une vraie autodérision sur ce qui est le poème)

Une métaphore surprenante mais qui tient vraiment la route, avec une très bonne conclusion qui confère au sonnet toute sa valeur : "Sitôt ingurgitée il en reste du vent", c'est très bon.

   julien   
26/2/2012
 a aimé ce texte 
Beaucoup
bonjour,
Texte surprenant par son thème, qui me déroute et qui au final me plaît ! C'est une réussite !
Deux remarques cependant :
- l'interjection "Ah" devrait être suivie directement du point d'exclamation ;
- le dernier vers ne me plaît pas (à moins qu'il soit ironique ou provocateur ? ): comment en effet concevoir qu'un poème soit associé à un simple produit de consommation courante ; le produit est avalé, vite oublié, alors que précisément le poème (comme le vôtre par exemple) peut être lu et relu, à volonté sans que jamais on le fasse disparaître ! Mais vous aviez très certainement à l'idée de filer la métaphore (la ficelle) jusqu'au bout ?!
Bravo encore !

   Arielle   
27/2/2012
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Vraiment original et délicieux. Un humour tendre et malicieux qui me ravit. Une sensualité : l'odorat, la vue, le goût bien sûr et l'ouie sont à la fête dans ces quelques lignes et j'apprécie particulièrement la "pirouette fouettée", "les fleurs arachnéennes", les "derviches tourneurs"qui impriment leur mouvement à l'ensemble.
Je suis juste en désaccord avec la conclusion : non, il ne restera pas que du vent dans ma mémoire au sujet de ce poème que je garde sur la langue comme une friandise.

   Raoul   
28/2/2012
 a aimé ce texte 
Bien
Beaucoup de malice, d'esprit, et très plaisante idée que ce sucré commun aux marges des fêtes foraines et à la poésie charmante des pouets du dimanche.
J'aime particulièrement l'image très créative, ouvreuse de sens des derviches tourneurs, en revanche, je ferais une réserve sur le "toutefois" -sertis de ses virgules- démonstratif, anti-naturel, et assez peu poétique à mon goût…
Joliment tricoté, merci pour cette lecture.
;o)

   Miguel   
11/3/2012
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Cette comparaison est une vraie trouvaille poétique, quelque chose à quoi nul n'avait pensé. J'adore le premier quatrain, mais la construction du second me le rend un peu obscur, malgré de belles images. Un peu d'humour et de dérision, et beaucoup de mélancolie, recette originale en poésie classique ; et ce charme désuet, si partagé avec notre poésie, en rappellera, j' espère, la saveur à ceux de nos amis qui la trouvent un peu dépassée. Bravo.

   funambule   
29/2/2012
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Quel lyrisme pour un petit nuage de sucre! J'avoue que le traitement est tout à fait original, que ne point tant en rajouter n'eut sans doute dressé un tableau qu'incomplet, se limitant à une infantile nostalgie sans doute ennuyeuse. Une poésie haute, en couleurs, on entends les bruits de la fête, les lumières brillent. Les deux "à nos", cinquième et sixièmes vers m'ont légèrement dérangés... mais j'ai quand même fais la queue au stand!

   Anonyme   
5/3/2012
 a aimé ce texte 
Bien
Poésie barbe à papa, mais poésie loin d'être barbante...
Le passage, des quatrains au tercet, de la friandise concrète de notre enfance, dont le goût revient au palais, à la métaphore du poème est surprenant.
Mais l'écriture poétique n'a-t-elle pas pour fin de surprendre?

Le second quatrain m'est obscur, en particulier le dernier vers.

   Fattorius   
9/3/2012
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Un bon moment de retour en enfance; j'ai bien aimé ce sonnet libertin qui, avec de belles images, prête à sourire bien souvent. Le premier vers, avec son point d'exclamation final, entraîne le lecteur à aller plus loin, à bon pas.

Merci!

   David   
10/3/2012
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour Pieralun,

Arf, tout ce qui rime serait une vraie... barbe à papa :) j'aime bien ce contraste entre la forme qui utilise toutes les ficelles permettant de rester facilement en mémoire : mètres réguliers, rimes, alors que dans le même temps son usage de génération en génération en ferait un moyen d'oublier tout aussi sûrement, comme c'est le propos je crois.

Ça renverrait à des différences de la mémoire, plus légère ou plus profonde suivant qu'elle utilise cette mécanique ou d'autres moyens, on ne se souvient pas seulement de ce qui est enjôleur, on l'oublie même plus facilement peut-être.


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