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Poésie contemporaine
Pluriels1 : Sieste
 Publié le 11/10/11  -  10 commentaires  -  969 caractères  -  227 lectures    Autres textes du même auteur

... Juste un regard.


Sieste



Dans la fraîcheur du corridor,
Lente saison des dentelles
Sur vos genoux, demoiselle,
Le cœur heureux l'enfant s'endort.

Le chat griffe l'espadrille
Tombée de votre joli pied,
Le vase bleu sur son trépied
Luit au soleil-banderille.

Votre nuque a le fin pouvoir
Des mortelles attirances
Lorsqu'au soleil - transparences -
Votre épaule sait m'émouvoir.

Dans le halo où vous rêvez
Sous les feuilles poivrières
Surtout dans cette lumière
Vous êtes belle et le savez.
Et les rayons se font pinceau
Sur la joue rose de l'enfant
Et vos yeux se ferment un temps
Au rêve de votre trousseau.

Demain votre mariage
Vous fera de demoiselle
Femme enfin dans la chapelle
Sous le blanc de vos voilages.

Alors cessez ces petits jeux,
Refermez-moi votre corsage,
Cessez ce libertinage
Et tous vos regards langoureux.


 
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   socque   
3/10/2011
 a aimé ce texte 
Beaucoup
J'aime beaucoup la manière subtile dont vous jouez des alternances d'octosyllabes et d'heptasyllabes ! Mais le schéma rythmique m'étonne : sur l'ensemble du poème, je lis 8-7-7-8 7-8-8-7 8-7-7-8 8-7-7-8 (si on reste en synérèse, ce que je trouve plus léger) 8-8-8-8 7-7-7-7 8-8-7-8. Je peux parfois établir un lien avec le sens, puisque le quatrain d'heptasyllabes insiste sur l'état d'"incomplétude" de la demoiselle qui attend de devenir femme, mais j'avoue que ce schéma vacillant m'a déroutée... Enfin, ce n'est pas désagréable, juste un peu arbitraire.
Il n'est d'ailleurs pas impossible que cette incertitude participe au charme du poème, dise d'une certaine manière l'évanescence des choses, de l'instant tendre et malicieux. Car ces quelques vers ont beaucoup de charme, je trouve, de légèreté, de luminosité. Des mots et rimes simples, un ton rêveur, décalé et gracieux par ce rythme étonnant... Une réussite pour moi, vraiment.

   pieralun   
8/10/2011
 a aimé ce texte 
Bien
Un texte assez mélangé. De beaux vers dans l'ensemble, quelques très beaux mêmes, mais qui ont le défaut de s'enchaîner comme sur un étalage; quand les vers sont courts, peut-être faut-il changer de rythme pour éviter la monotonie et l'empilement.
Le fond est assez sympathique, non dénué d'érotisme.

   Raoul   
9/10/2011
 a aimé ce texte 
Un peu ↓
"… juste un regard"… Mon œil…
Au début, j'ai songé aux alanguissements sous le poids d'une touffeur à 95% d'humidité d'une vierge à l'enfant, et puis, finalement, le lent travelling s'est perdu en cours route pour finir sabré dans un marivaudage de salle d'attente… Dommage que la fin tranche tant, et si brusquement, cet "agacement" de l'auteur m'a dérangé. Rompre le charme (ou comment achever un poème).
Pour ce qui est de la forme, l'ensemble n'est pas désagréable, j'aime bien la recherche sur "les feuilles poivrières", la vision fugitive "Le chat griffe l'espadrille" moins le "soleil-banderille" que je ressens fait pour la rime, idem pour l'image du trépied et son vase que je trouve pompier et plaquée -"pied/trépied" étant un peu faible-… De même, le fait d'isoler entre tirets "transparence" est un peu artificiel et tireur de manche. Le couple "pinceau/trousseau" m'a également gêné (soudainement très prosaïque).
Déçu au final, je trouve que ce poème, inégal de ton, est à resserrer.

   Lunar-K   
11/10/2011
 a aimé ce texte 
Bien
Et bien... on peut dire que vous m'avez fait peur ! Pendant toute ma lecture, j'ai vu se dessiner devant moi, trait par trait, l'image de cette jeune femme assise, son enfant endormi sur les genoux, avec le chat qui joue à ses pieds et le rayon de soleil illuminant la scène... Bref, une image que je trouve terriblement artificielle et bourrée de clichés ! Heureusement vient le dernier quatrain qui envoie valser tout cela et dénonce, précisément, la pose forcée et la séduction poétique qui se voudrait agir à travers elle. Un décalage critique et ironique bienvenu !

En cela, l'expression surannée est tout à fait adéquate au thème, de même, bien sûr, que les images que vous employez ici. De plus, la rupture apportée par le dernier quatrain se marque également à ce niveau, le ton impératif et réprobateur prenant le pas sur le ton purement descriptif du reste.

Un texte qui vaut donc surtout pour sa dernière strophe. Ce qui ne veut évidemment pas dire que le reste est à jeter, mais à (re)lire avec ce regard introduit à la toute fin du poème. Et vu comme cela, j'aime bien !

   Anonyme   
11/10/2011
De la musique avant toute chose,
Et pour cela préfère l'Impair
Plus vague et plus soluble dans l'air,
Sans rien en lui qui pèse ou qui pose.

Votre poème est une belle illustration de cet art poétique selon Verlaine.

Le sentiment de légèreté est accentué par l'alternance des mètres (hepta et octo)

Les phrases sont courtes, l'écriture d'une remarquable fluidité. On a parfois l'impression que vous peignez une aquarelle. Ce que vous confirmez
"Et les rayons se font pinceau"

Le dernier quatrain est une exquise et coquine cerise sur un gâteau déjà des plus savoureux.

J'ai pris le parti de ne pas noter les textes, mais sachez que je place le votre parmi les meilleurs poèmes que j'ai pu lire ici.

   Jano   
11/10/2011
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Une poésie légère comme le vent, très agréable à parcourir. Les vers ont du liant entre eux, aucun écueil ne vient interrompre le rythme. Quelle bonne idée cette quatrième strophe plus dense que les autres qui marque une pause, un moment de réflexion avant de reprendre le cours du destin. Derniers instants de liberté avant le cadre plus strict du mariage.

   Charivari   
11/10/2011
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Comme disait le Tartuffe : "cachez-donc ce sein que je ne saurai voir"... J'ai beaucoup aimé la dernière strophe, le poème tout entier d'ailleurs. Il y a une belle atmosphère, une belle progression, une torpeur, une langueur qui est très bien restranscrite.

J'ai quand même du mal à comprendre qui est, ici, le narrateur, à la fois attiré par cette jeune fille promise en mariage, ("Votre épaule sait m'émouvoir"), mais qui la rabroue avec un discours d'ancien... C'est dommage, je trouve qu'on perd vraiment quelque chose d'important, là.

A part ça, j'ai beaucoup aimé "le chat griffe l'espadrille", "les rayons se font pinceau" (ça m'a fait penser à un tableau très célèbre de Fragonard), mais beaucoup moins le "soleil bandérille", et la répétition de ce mot, "soleil".

   brabant   
11/10/2011
 a aimé ce texte 
Bien ↓
bonjour Sieste,


Agréablement légère votre poésie, avec ses dentelles,son vase bleu sur son trépied, en un gracieux déséquilibre, épousant une métrique à 7/8 syllabes.

Mon interrogation portera sur ces mots que l'on forge en poésie : "soleil-banderille", n'est-ce pas une facilité ? Ne sont-ils pas lourds au final ?
De même le tiret ne me semble pas bienvenu : ne vaudrait-il pas mieux écrire : "Lorsqu'au soleil, transparences,"


Sinon j'ai trouvé votre poésie délicieusement libertine.

Au plaisir de vous lire...

   Meleagre   
11/10/2011
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Étrange.
Pendant longtemps on croit à un énorme cliché : une femme qui rêve à son proche mariage, un enfant endormi sur ses genoux. (D'ailleurs, est-ce son enfant ? Si oui, cette mère-demoiselle tranche avec l'atmosphère policée et ancienne, que semblent induire les mots "corridor", "dentelles", "voilages", "corsage".) Cette femme se sait belle, et attire le regard.
Mais ce cliché est heureusement retourné dans le dernier quatrain, qui fait, c'est vrai, penser au Tartuffe : "Prenez ce mouchoir / Et cachez-moi ce sein que je ne saurai voir".
Ça pose la question du narrateur : Qui est le "je", qui regarde et décrit cette femme ? "Votre épaule sait m'émouvoir" vs "Alors cessez ces petits jeux, / Refermez-moi votre corsage". Le narrateur est-il donc un tartuffe, lui aussi ? Quelqu'un qui en appelle à la bienséance, mais qui regarde quand même avec émotion ? Un jaloux du futur mari ?

Il y a quelques beaux vers : "Le chat griffe l'espadrille", "Sur la joue rose de l'enfant", ainsi que le dernier quatrain.
Mais il y a aussi des expressions un peu plus maladroites ou étranges :
"Lente saison des dentelles" : à quoi ça se rapporte, qu'est-ce que ça veut dire ?
"soleil-banderille" : assimiler le soleil à une lance de torero, je trouve pas ça très heureux.
"- transparences -" : pas très explicite, ça semble là surtout pour la rime.

Le reste est léger. Cette légèreté est renforcée par l'alternance d'hepta- et d'octosyllabes. Au relevé de Socque, je rajoute que les vers se finissant par une rime masculine ont 8 syllabes ; ceux qui se finissent par une rime féminine ont 7 syllabes. Y a-t-il une explication à ça ? En tout cas, ça donne un certain rythme. Une exception (et là faudra qu'on m'explique) : le dernier quatrain fait 8-8-7-8. Pourquoi 8 syllabes au 2e vers, terminé par une rime féminine ? C'est dommage, cela casse la symétrie, et ralentit cette fin de poème.

Finalement, ce poème m'avait paru assez commun à la 1e lecture, mais sous la légèreté et la banalité apparentes, il y a une certaine recherche.

   David   
25/10/2011
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour Pluriels1,

La fin m'a semblé drôle, une femme draguant un peu la veille de son mariage, mais c'est le jeu du narrateur peut-être de lui prêter des intentions, alors que ce ne pourrait être que le sujet de son observation. Il y a aussi cet enfant, la demoiselle serait mère ou peut-être juste nurse, bien que, une nurse faisant la sieste, ça ne collerait pas trop.

"Demain votre mariage
Vous fera de demoiselle
Femme enfin dans la chapelle
Sous le blanc de vos voilages."

Utiliser "devenir femme" pour le sacrement d'une union, c'est un peu exagéré ou plutôt, ça serait une image d'un autre temps, mais c'est une partie du charme sans doute et ça laisserait planer une ambiance de conte de fée, en accord avec le songe de celui qui regarde la dormeuse.


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