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Poésie libre
Proseuse : Quand un silence se déshabille
 Publié le 14/10/21  -  15 commentaires  -  1038 caractères  -  221 lectures    Autres textes du même auteur

Souvent, le silence est une pensée trop couverte !


Quand un silence se déshabille



Mon silence
Un jour
S'est déshabillé
A ôté
Tous ses lambeaux
D'ors et de peurs
Et nu comme un vers,
Mais quand même
Encore
Un peu pudique
Un rien timide
Pour passer
Inaperçu
S'est jeté,
Sans regarder
Ni à droite
Ni à gauche,
À corps perdu
Dans les bras
Des mots !

Depuis,
Il se déguise
En adjectif
En verbe
En complément de lieu
De manière
Ou de cause
À effet…
Parfois,
Il se prend aussi
Pour un soupir.
D'autres fois,
Sans complexe
Il se cache derrière
Une métaphore
Ou sous un point
D'exclamation !

L'autre jour,
Je l'ai vu,
Je vous promets,
Fanfaronner
Au dos d'une virgule
Et moi, je le laisse dire…
Mais quand il joue
Au point final
Là, je sais qu'il ment…
Parce qu'un silence
Déshabillé,
Croyez-moi,
Ne saura jamais plus
Que faire du bruit…
– Pour toujours !


 
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   Lebarde   
27/9/2021
 a aimé ce texte 
Passionnément
Quelle vivacité, quelle élégance, quelle jolie poésie.

Je vois derrière ce beau texte, un(e) auteur(e) virevoltant(e) et très heureux (se) d'écrire pour le grand plaisir du lecteur que je suis.

Mettre à nu le " silence", le faire parler et vivre, pour servir avec autant de charme la poésie, l'idée était bien belle et vous l'avez eue.

Et puis dans ce "silence" qui sait se taire et s'effacer, il y a les mots à la fois timides et brillants que vous avez su mettre en valeur dans des vers courts et malicieux.
Merci et bravo.

Je n'ai rien à citer en particulier, tout est magnifique et j'apprécie sans modération.

En EL

Lebarde qui sait volontiers s'épousseter quand l'occasion lui en est offerte.

   Luz   
14/10/2021
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
Bonjour Proseuse,

Poème remarquable de finesse et de gaité.
J'ai pensé : "Tiens on dirait du Prévert, mais en mieux."
"L'autre jour,
Je l'ai vu,
Je vous promets,
Fanfaronner
Au dos d'une virgule
Et moi, je le laisse dire…" : c'est magnifique !

Bravo et merci pour ce soleil !

Luz

   troupi   
14/10/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Proseuse

Donc la poésie serait éternelle dans les mots de ceux qui se taisent et qui un jour osent écrire.
C'est un des messages que me propose ce petit texte qui en dit long.
"Parce qu'un silence
Déshabillé,
Croyez-moi,
Ne saura jamais plus
Que faire du bruit…
– Pour toujours !"
Au-delà de cette proposition j'ai beaucoup apprécié la poésie quelquefois malicieuse qui égaie le poème.
" nu comme un vers,"
"L'autre jour,
Je l'ai vu,
Je vous promets,
Fanfaronner
Au dos d'une virgule
Et moi, je le laisse dire…"
Une lecture matinale qui m'a bien plu.

   Corto   
14/10/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Dès l'exergue "Souvent, le silence est une pensée trop couverte" j'ai compris qu'on entrait dans l'originalité.

Ce silence "un peu pudique Un rien timide" est décrit fort joliment jusqu'à se jeter "À corps perdu Dans les bras Des mots !"
L'aventure continue en seconde strophe lorsque "Il se déguise", "Il se prend aussi", "Il se cache derrière"...

Belle pirouette avec "je le laisse dire… Mais quand il joue Au point final Là, je sais qu'il ment…"

Par contre le final parait bien absolu, plus volontariste que réel "Ne saura jamais plus Que faire du bruit… – Pour toujours !"
C'est faire peu de cas de ces silences qui se referment vite, ces silences de terreur, d'abrutissement, de sauvegarde, de jamais plus etc. Il y a tellement de raisons de se taire !

Ce thème est magnifique, et très bien écrit.
Un grand bravo Proseuse.

   papipoete   
14/10/2021
 a aimé ce texte 
Passionnément
bonjour Proseuse
Alors que je faisais silence, celui-ci m'a tiré par un " psssst, " pour se jeter " dans les bras de mots ! " Depuis, il va de ligne en ligne, semble me dire " t'as vu comme je me débrouille bien ? " Et le voilà prendre ici un verbe, là un sujet et même un adjectif, et miracle écrire un vers !
NB mettre en scène un silence ( pas facile de lui faire apprendre un rôle ! ), et puis le voir aller comme une plume sur l'onde d'un ruisseau, et faire son malin...
L'auteure lui demande même, " que feras-tu, lorsque le bruit viendra te déranger ? "
Ah, voyant le " français " de tchat et autre " lol ", qu'il est heureux de le lire ainsi, habillé de pied en cape par une maîtresse hors-pair !
Quand nous nous émerveillons devant Minet, jouant avec une pelote de laine, n'est-il pas aussi merveilleux de voir ainsi " s'éclater " un silence ?
Après de bien tristes textes parus ces derniers jours, que c'est bon de sourire comme devant Devos, face à ces acrobaties grammaticales !

   Provencao   
14/10/2021
 a aimé ce texte 
Passionnément
Ce silence affiné, altruiste, inventif et réflexif, m' a beaucoup touchée. Vous avez su , Proseuse, nous l'offrir avec le cœur dans les bras des mots.

Ce poème se tient, empli de frissons, aux sources du silence un tantinet timide et pudique. Avec des empreintes personnelles, fortement ancrées dans l'écriture et ses affinités.
Dans la confidence qui se fait halo et fidélité, votre écrit accède à son essence.

Merci.

Au plaisir de vous lire
Cordialement

   Vincente   
14/10/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Intéressant retournement de situation où un silence très personnel, de fait personnifié, se départ de sa neutralité originelle et devient celui qui exprime les dessous, les à-côtés, les non-dits de celui qui le composait et ainsi lui donnait vie.
Le silence comme révélateur d'une existence cachée, à la façon d'un négatif argentique, va ici se lâcher, s'exciter de sa capacité nouvelle à parler grâce à ce déshabillage gentiment poétique.

Une joyeuse idée que cette proposition au regard en creux sur l'existence du silence appréciée dans son revers, car restant silence, quand s'enlève le préjugé de sa consistance, qu'apparaît-il ? L'on le savait doué de respirations, l'on pouvait l'imaginer connaître les mots afin de judicieusement s'insérer entre eux, mais le savait-on en capacité de s'exprimer autrement que par sa "négative attitude" ? Ce poème nous laisse entrevoir sa "positive attitude", très joueuse vue ainsi.

J'ai trouvé les quatre vers finaux inutiles, et de plus leur insinuation est réductrice, pourquoi le silence "ne saura[it] jamais plus / que faire du bruit" ?. Dommage de brider une libération qu'a pourtant tentée de prodiguer tout le récit.

   Cyrill   
14/10/2021
 a aimé ce texte 
Bien ↑
J'ai bien apprécié ce déshabillage de silence, et les déguisements divers dont vous l'affublez.
Vous avez su faire du bruit avec eux et débusquer le sens de chacun d'eux.
Vous leur attribuez une vie propre, comme indépendante de celui ou celle qui les (non-)émettent.
En cela c'est original, plaisant.
Le ton est léger avec ces vers hachés, mais j'avoue tout de même que ce découpage a bloqué le confort de ma lecture. Il a fallu que je m'y reprenne à plusieurs fois, non pour le sens, mais pour la fluidité.

   Ombhre   
14/10/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Proseuse,

j'ai beaucoup aimé ce texte sans prétention, plein d'amusants sous-entendus, écrit comme une plaisanterie délicatement poétique, avec des vers si courts que plus courts ce serait le silence, ce qui serait un comble :-)
Et tant il est vrai que si la parole est d'argent, le silence est d'or, vos silences d'encre sont très bavards, et j'ai aimé leurs bavardages discrets mais néanmoins pleins de force.

Au plaisir de vous relire.

Ombhre.

   Myo   
14/10/2021
 a aimé ce texte 
Passionnément
Bonjour Proseuse,

Une idée très originale et menée de main de maître.
Lorsque la retenue et la discrétion se transforment en un joli chapelet de mots où se cache l'essentiel, l'impact en est d'autant plus puissant.

Je suis sous le charme de ce silence mis a nu qui dévoile un texte d'une grande subtilité.
Décidemment, votre plume est des plus séduisante.

Un grand bravo

   Proseuse   
15/10/2021

   Vasistas   
16/10/2021
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
Bonjour Proseuse
Ce silence c'est du temps et de l'espace avant, entre et après les mots.
Vous habillez si bien ce corps, si léger si transparent ...
Merveilleuse complicité.
Merci

   emilia   
17/10/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Merci à vous pour cette lecture plaisante et sensible sur le silence « encore un peu pudique, un rien timide » qui veut passer « inaperçu » mais prend finalement une belle revanche lorsqu’il « ne saura jamais plus que faire du bruit… - pour toujours ! », et que les lecteurs oniriens ont pris au mot pour mieux l’encourager ; bravo à vous pour cette belle réussite …

   Vero   
27/10/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonsoir proseuse,

Je découvre cette jolie poésie sur le silence qui m'a beaucoup plue, sans trop savoir pourquoi.
Je la trouve bien ficelée et m'a fait sourire, bref , cet écrit ma parle et me plait bien.
Concernant la forme libérée, n'y connaissant rien, je n'en dirai pas plus et vais me contenter de relire, pour mon bon plaisir.

   ferrandeix   
27/10/2021
 a aimé ce texte 
Un peu
J'avoue ne pas trop percevoir l'idée principale du poème. La métrique en vers très courts ne me paraît pas adaptée à la syntaxe qui est trop discursive. Cela entraîne des enjambements permanents qui hachent le poème et concourent, me semble-t-il, à gêner la perception du sens. Je pense que pour cette métrique, il faudrait utiliser un maximum d'appositions courtes, permettant à chaque vers de se suffire par lui-même et limiter ainsi le nombre d'enjambements, lesquels pourraient alors être bienvenus. Il est question de silence et de signe de ponctuation, une auto-évocation de l'écriture par elle-même. Pourquoi pas, mais n'est-ce pas un peu superficiel? Néanmoins, rien de choquant, rien non plus qui soit anti-poétique et négatif. Les vers courts ont au moins l'avantage d'atténuer l'impact des cacophonies (en raison des pauses occasionnées par les fins de vers). Je m'en tiendrais à la mention "un peu".


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