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Poésie libre
Raoul : La fonte des corbeaux
 Publié le 19/11/12  -  13 commentaires  -  1324 caractères  -  308 lectures    Autres textes du même auteur

… Suite au reportage photo de Yosuke Yamahata du 10 août 1945 à Nagasaki.


La fonte des corbeaux






La ville est miasmes
un consumé de craies tombées
vil squelette

Une charrette déplace ses morceaux
de survie

Hibakusha perdus

Dans la rocaille sans bonsaï
encore fumante
une mère aux flammes dorsales
allaite hagarde

Sous les pierres gémissantes
un dernier souffle s'échappe
musaraigne du talus
la faim tenaille de brûlures

Hibakusha perdus

Un frère portant son frère
s'éloigne

Et dans le chaos des cendres
seul un tori reste
debout

Les corbeaux fondent




 
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   stellamaris   
1/11/2012
 a aimé ce texte 
Passionnément
La force des images est à la hauteur du tragique de l'événement... Et ce n'est pas évident ! D'habitude, les textes sur de tes drames me laissent froid... Là, j'ai été conquis, bouleversé, et je reste sans voix. Chapeau !

Avec toute mon amitié.

   Anonyme   
6/11/2012
 a aimé ce texte 
Pas ↓
On retrouve les photographies du reportage initial dans ce court texte. Malheureusement je trouve justement que l'on ne trouve que des photos et pas assez d'extrapolation poétique.

Il y a quelques belles choses: " la fonte des corbeaux", "les flammes dorsales", mais le reste me semble trop descriptif pour être vraiment poétique. Il faudrait se détacher de l'image je pense.

   Pimpette   
19/11/2012
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
SUperbe!

Tellement bien ramassé et sobre qu'on est franchement ému!

Je suis en train de relire "Un hussard sur le toit" et cette plongée terrible des corbeaux sur les tombereaux de cadavres (cholera) fait que je suis en phase , complètement, avec ce texte!

   Luz   
19/11/2012
 a aimé ce texte 
Passionnément
J'ai d'abord été attiré par le titre. Le poème est exceptionnel.
Il n'y a pas un mot, un vers, une strophe-image qui ne soit force poétique et qui serre le coeur et le ventre.
Pas facile d'écrire sur Hiroshima et Nagasaki, tant cela fait resurgir peut-être une peur enfouie chez chacun de nous.
J'ai essayé avec "Little boy et la petite fille", sans succès, et je me suis rendu compte de cette grande difficulté.
Là c'est un beau, un simple et grand poème.
Merci.
Luz

   fugace   
25/11/2012
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Parvenir à un tel dépouillement pour dire sans grandiloquence l'horreur est du grand art.
Transcendant par sa sobriété.

   brabant   
19/11/2012
 a aimé ce texte 
Pas
Bonjour Raoul,


Ce texte est destiné me semble-t-il à montrer l'impersonnalité de la mort, implacable, indifférente et inhumaine tout en montrant parallèlement et "dedans" des bribes de vie, de vie qui continue, de survie, de vie qui s'accroche, fût-ce en lambeaux, d'humanité malgré tout.

J'ai beaucoup de mal avec les textes qui tentent de mettre en situation des "situations" innommables, peut-être moins avec les photos. Si la photo dit, je dis plus moi par rapport à la photo que par rapport au texte qui prend le pas sur mon dire.


Faut-il écrire sur l'innommable, n'y a-t-il pas là une forme d'impudeur ?... d'impudeur fondamentale (pour rester dans la litote) ?
Bien sûr que oui, il faut témoigner, dénoncer, s'indigner et plus, beaucoup plus que cela. Mais je reste très gêné devant cette démarche.
Les évaluations que je mets à vos textes, Raoul, prouvent que j'aime beaucoup ce que vous faites (1 seule évaluation négative je crois et les autres élogieuses voire très élogieuses), aussi ne prenez pas mal celle-ci, je crois qu'il y a fondamentalement des thèmes qui m'insupportent, c'est mon problème et vous n'y pouvez rien bien sûr. Tant pis pour moi !


Certains mots que je ne comprends pas ajoutent à mon rejet de ce texte ("Hikakusha.../... tori"), je trouve impudique, volée, l'image de la mère, déplacée celle de la musaraigne (peut-être l'équivalent d'un rire au beau milieu d'un enterrement...).

Heureusement ce texte est court (c'est une légende) ; pourtant insupportable en ce qui me concerne.


J'aime la métaphore du titre par contre. Sans doute eût-il fallu rester davantage dans la métaphore... Il y a peut-être des réalités que je suis incapable d'affronter.


Désolé Raoul !

   jaimme   
19/11/2012
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
De la force des images (je pense aussi au tsunami récent) comme gardienne de la mémoire. Heureusement qu'il y eut des hommes pour témoigner de l'horreur.
Le rythme haché est très adapté au propos. Les images sont autant de photographies du drame. Avec un vrai souffle poétique et des détails qui donnent ce soupçon de vivant nécessaire à l'empathie.
"les corbeaux fondent" me font penser à la pluie noire qui a suivi l'explosion.
Ces survivants perdus qui scandent m'évoquent les tambours traditionnels et sont autant de refrains macabres parfaitement adaptés.
Merci Raoul. Pour eux. Pour le futur.

Juste une bricole: pourquoi ne pas avoir mis de majuscule à "vil"?

   Anonyme   
19/11/2012
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
Je trouve l'écriture précise et poétique, le motif du poème bien plus que louable. Participer à un n'oubliez jamais, quand l'art se met à la disposition de l'H(h)istoire, c'est essentiel, c'est beau et j'en reconnais le mérite à l'auteur de ce poème.

Mais il manque pour moi cette chose autre que le regard, que l'image, il manque l'émotion, celle que le poète sait donner à son écriture. Ici, pour moi, elle n'y est pas.

Raoul a su mettre son talent au service de l'image, de la représentation, c'est déjà grand. Il manque cependant cette chose qui rendrait le poème inoubliable et partant, ce qu'il dit.

Je le vois comme ça, c'est ainsi que ça s'est présenté à mon oeil de lectrice.

Toutefois merci :)

   Labrisse   
19/11/2012
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour Raoul,


Pour atteindre à l'altitude, (en vue de l'altérité) dans ce poème, je n'aurais sans doute pas employé de régionalismes tels hibakushas, tori, ou autre référence trop serrée sur la focale… même si c’est juste, je ne peux en disconvenir.

J’ai aimé ce poème, pour certaines images très fortes ou vous avez réglé au quart de poil l’effet, sans que cela ne paraisse laborieux (c’est important) : un consumé de craies tombées (quand même çà en jette) , une mère aux flammes dorsales allaite (c’est le fond du fond de la guerre) bravo, une charrette déplace ses morceaux de survie (terriblement juste et précis), sous les pierres etc. (là aussi très épidermique et précis).

Ce qui poserait à la lecture une retenue de ma part c’est que la liaison de toutes ces images passe par une sorte de petit boitement, un solécisme, pas par la forme qui « colle » bien mais ces petites régionalisations (pourtant de bonne valeur) nous sortent d’une lecture en abandon… Il ne faudrait pas beaucoup pour que cette superbe pièce fasse un bloc, monolithe imprenable.

Bien à vous.

Labrisse.

   Anonyme   
20/11/2012
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Sur un thème apocalyptique, voilà une poésie aussi bien réussie que celle de Jamesbebeart (WTC). Tous les deux vous avez atteint votre but; rendre compte de l'horreur avec des mots bien choisis, qui visent juste, là où l'émotion est la plus intense.
Pas grand chose à rejeter dans cette description de l'instant d'après, quand tout n'était plus que flammes et désolation.
Un bel hommage.

   wancyrs   
21/11/2012
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Tori, terme japonais qui signifie "celui qui attaque" . Au judo, pendant les exercices amicaux, dans le but de s'entrainer et progresser, on désigne toujours un "tori" et un "uke" : tori attaque et uke subit... "hibakusha", victimes de la bombe atomique... un lexique adapté pour un sujet qui a ébranlé et fait couler autant de sang que de salive. Des journaux ont écrit des articles, des poètes ont composé des textes, et aujourd'hui encore, c'est l'innovation dans la narration ou la description qui justifient l'intérêt qu'on peut porter à nouveau à cet évènement. Et ici, les images nous font revivre l'horreur, aussi vrai qu'on serait en train de regarder un direct au télé journal de 8h...

Oui ! après un tel carnage, seul un tori peut rester debout...

Wan

   jamesbebeart   
23/11/2012
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Raoul,

Texte qui file inexorable, traçant davantage son sillon dans l'indicible. Comme souvent chez vous, vous ne reculez pas à vous immerger dans un thème contemporain, en essayant d'expliquer notre monde par le biais de la poésie. Je relève entre autres : "Un consumé de craies vil squelette, "flammes dorsales allaite hagarde", ""Musaraigne du talus". Merci pour cette lecture.

   MissNeko   
9/9/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Pfiuuuu que ce "tableau" est rude à imaginer. Un poème court et précis sur une réalité historique épouvantable.
Merci pour ce partage


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