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Poésie contemporaine
Ravengirl : À la perfection
 Publié le 05/12/19  -  6 commentaires  -  1550 caractères  -  140 lectures    Autres textes du même auteur

"Nous croyons posséder quelque savoir des choses elles-mêmes lorsque nous parlons d’arbres, de couleurs, de neige et de fleurs, mais nous ne possédons cependant rien d’autre que des métaphores des choses, et qui ne correspondent absolument pas aux entités originelles." ~ Friedrich Nietzsche


À la perfection



J'aimerais m'endormir à vie,
Ou ne jamais plus m'assoupir...
Éprise des antithèses de la vie,
Ce que je ne peux comprendre, ou saisir...

Ô et j'aimerais tant saisir l'essence de mon corps,
Lui qui ressent, pense et ment avec tant d'efforts...
Est-ce lui ou bien l'esprit qui nous pousse à le faire ?
Lequel des deux gère le quai au tréfonds des êtres ?

La rive où accoste ce cortège, de songes et sensations,
Eux qui dansent puis s'entrelacent, dans un nœud d'émotions...
Un ouragan de goûts, de senteurs qui cherchent à s'exprimer,
Mais les mots ne viennent-ils que lorsqu'ils sont pensés ?

Ou bien est-ce la pensée qui ne se peint qu'avec les mots...
Les lettres sont-elles plus claires qu'un pinceau pour dessiner les maux ?
Or je crains ne pouvoir saisir l'entièreté de la palette,
Car les mots reflètent à peine les êtres, que l'on saisit de par des étiquettes...

Mon esprit est ainsi tel l'astre où la lumière ne peut plus voir...
Inapte à écrire clairement mes doutes, j'inspire ces mots qui n'ont nulle voix...
Les pensé-je alors, ou bien prennent-ils forme sous le joug de l'émotion ?
Sont-ils vraiment capables d'écrire l'être à la perfection ?

Mais s'arrêtera-t-elle... s'arrêteront-ils de converser ?
Je ne sais plus si les mots viennent, ou si les lettres me sont soufflées...
Est-ce la raison ou bien les sens, muse et engrais d'écrits ?
L'esprit ou bien le corps, qui pousse aux ressentis ?


 
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   fried   
22/11/2019
 a aimé ce texte 
Bien
L'idéale en la matière serait un esprit saint dans un corps saint,
le corps sait que le corps sage a besoin d'une âme pour rester en vie.

Aparté pour dire que votre poème m'a amusé et amené à la réflexion. Il semble que ces questions font parties des bases de la philosophie.

J'ai apprécié le développement de ce questionnement et le fait qu'il s'emballe pour échapper à celui qui l'a initié. Plus que les rimes c'est ce qui en fait la poésie du texte.

   Alfin   
5/12/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Belle approche, un contenu qui pourrait aller plus loin sur l'inné, l'inconscient voir le subconscient. Je trouve la forme jolie et le fond bien abordé.
Pour avoir un poème fini, il faut encore creuser, approfondir. Allez-y chère corbeau, creusez, que vos corbillats soient plus vaillants face au monde et que votre noire robe illumine notre univers de vos pensées les plus subtiles.

Merci aussi, par votre nom, de m'avoir replongé dans la poésie de Poe :
"Clasp a rare and radiant maiden whom the angels name Lenore.”
Quoth the Raven, “Nevermore.

Au plaisir de vous lire

Alfin

   Vincente   
5/12/2019
Le questionnement est lourd, de par sa densité, mais aussi de par sa profondeur, il se déclare à l'opposé d'une réflexion légère. Nietzsche est convoqué en exergue en vue de rappeler la toute relativité de la perception et de sa mise en forme conceptuelle pour et par l'homme ; tout un programme… intéressant.

La démarche interrogative mène sa quête avec une certaine passion. Si bien que ce cheminement, dans le lit "coloré" d'un poème, va se charger d'un certain lyrisme. C'est ce pan de l'expression qui m'a bien plu, une sorte de volontarisme, une ambition qui affiche son envie de "comprendre" la relation de l'homme à son environnement.

Ainsi, ma strophe préférée est la première :
" J'aimerais m'endormir à vie,
Ou ne jamais plus m'assoupir...
Éprise des antithèses de la vie,
Ce que je ne peux comprendre, ou saisir...
"

J'aime beaucoup le demi vers : " j'inspire ces mots qui n'ont nulle voix... ".

L'écriture souffre de quelques difficultés. La répétition de " saisir " aux v4 et v5, sans apport bénéfique. Dans la troisième strophe, j'ai cherché sans le trouver un verbe qui se conjuguerait depuis " La rive ", on comprend une signification mais la syntaxe tronquée en devient lourde. Dans la phrase au v14, " Les lettres sont-elles plus claires qu'un pinceau ", je ne pense pas qu'on puisse mettre sur le même plan des lettres et un pinceau, l'un est la matérialisation d'une représentation, l'autre est l'outil qui la produit. Au v15, il serait plus correct de placer un "de" après " craindre ".Le dernier vers de la quatrième strophe est chargé avec son " de par des étiquettes ". Plus loin, le " engrais d'écrit " ne me semble pas très joli. Cinq occurrence du terme " mot", c'est beaucoup en six strophes.

Quant au fond qui a une place de choix dans cet écrit par ce qu'il envisage, je dirais, tente de dévisager, il interroge les mots dans leur origine, leur signification, leur justification. La narratrice se dit " éprise des antithèses de la vie " mais à la suite de son titre " Á la perfection ", elle avance son développement en démontrant toute " la palette " de ses doutes, bien loin d'une perfection. Et puis aussi littéralement, il y a plusieurs contresens qui annihilent le raisonnement (est-ce qu'un ressenti demande "tant d'efforts " ? au v6 ; je ne crois pas… - le v12 ne me semble pas soutenable : " Mais les mots ne viennent-ils que lorsqu'ils sont pensés ? ", "pensés ?", je suppose que l'auteur voulait dire conscient, car "pensé" au sens littéral ça me semble indispensable ! – Qui peut imaginer ceci s'agissant des mots : " Sont-ils vraiment capables d'écrire l'être à la perfection ? ", personne je crois, alors pourquoi placer cette question ? – Quant au dernier vers, à nouveau cette interrogation : " L'esprit ou bien le corps, qui pousse aux ressentis ? ", il semble évident que le corps est le récepteur et l'esprit l'identificateur, l'interprète et le réflecteur.)

Je n'ai pas été convaincu par le développement, par les questions en elles-mêmes pour la plupart et le questionnement d'une façon plus générale ; pourtant l'intention me plaisait.
Il me semble que sur un sujet difficile comme celui-ci, il faut être plus rigoureux sur les cohérences respectives et sur le transfert des notions ontologiques dans le champ poétique. Je préfère ne pas donner d'appréciation étant tirailler par mes ressentis "antithétiques" !

   Eclaircie   
6/12/2019
 a aimé ce texte 
Un peu
Bonjour Ravengirl,

Si je trouve votre sujet vraiment intéressant, j'avoue que son traitement, à mes yeux, est un peu éloigné de la poésie.

Pour la forme :
Les rimes sans un rythme régulier donnent rarement un poème harmonieux, à mes yeux.
L'emploi du "je" est bien trop présent, pour moi.

Plusieurs vers relèvent de la philosophie ou du discours, de la dissertation, sans être emprunt de poésie :
"Mais les mots ne viennent-ils que lorsqu'ils sont pensés ?"
"Or je crains ne pouvoir saisir l'entièreté de la palette,
Car les mots reflètent à peine les êtres, que l'on saisit de par des étiquettes..." (de "de par" est vraiment disgracieux, pour moi)
"Ce que je ne peux comprendre, ou saisir..."

Cependant que de bonnes images, de beaux vers émaillent le poème
"J'aimerais m'endormir à vie,
Ou ne jamais plus m'assoupir..."
"La rive où accoste ce cortège, de songes et sensations,
Eux qui dansent puis s'entrelacent, dans un nœud d'émotions..."

Globalement, j'ai aimé réfléchir avec ce narrateur, mais guère dans la forme proposée.

Bonne continuation,
Éclaircie

   Raoul   
7/12/2019
 a aimé ce texte 
Un peu ↓
Bonsoir,
J'aime bien l'idée, qu'un poème se pose des questions, sur d'où il vient, son sens, d'où viennent les mots qui le composent, sur leur justesse, et celle du propos - R. Queneau l'a souvent fait.-. .. En revanche, avec de telles ambitions, la poésie à du mal à répondre (on utilise des métaphores picturales ici).
Pour moi, le texte est très lourd, la faute certainement à l'enchaînement des "questions" don't le fil est pour le moins... ténu, aux généralités, à l'imprécision du vocabulaire et donc des concepts (cqfd).
par exemple "le quai au tréfonds des êtres" même en cherchant bien, ça ne m'évoque, ni ne me dit, rien.
Pour ma part, j'en reste au classique mais précis : "Ce qui se conçoit bien, s'énonce clairement"
Pas convaincu, une autre fois, certainement.

   sourdes   
11/12/2019
Bonjour Ravengirl,

Je soutiens résolument votre poème qui est une tentative de « poème de pensée », car oui c’est une branche du grand arbre de la poésie. Votre poème flirte avec la philosophie et en particulier le dialogue entre corps et esprit et les mots pour le dire, vos mots personnels il va de soi.
Votre écriture me semble osciller entre réflexion (esprit ?) et poésie (corps ?) en parvenant parfois, mais pas toujours, à unir les deux dans un style ouvert aux échanges et non à la dichotomie, un style qui ne devrait pas présenter de rupture malgré le questionnement.
A mon avis Hannah Arendt en Europe fait partie de ceux qui ont donné ses lettres de noblesse à ce type de poésie auquel elle s’est adonnée, dit-elle, pendant 40 ans. A noter la publication de ses poèmes en 2015 chez Payot sous le titre « Heureux celui qui n’a pas de patrie : poèmes de pensée ».
Plus théorique et très édifiant est l’ouvrage « poésie de la pensée » de George Steiner publié en 2011 chez Gallimard qui montre à partir d’exemple qu’il existe « une poésie, une musique de la pensée ».

En vous souhaitant une belle continuation fructueuse,

Sourdès


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