|
![]()
|
| Lebarde
4/9/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime un peu
|
"Sans queue ni tête", "Il n'y a rien à comprendre":
le titre et l'exergue nous ont prévenus et il n'y a aucune raison d'être déçu car sur ce point c'est réussi, encore faut il être client de l'écriture "surréaliste" dont le seul but ici est d'associer des mots incongrus et des images "rock and roll" et cocasses. Je n'aime pas, mais je veux bien reconnaitre un rythme, une musicalité et même une certaine poésie qui pourront séduire certains... oui mais pas moi ! Désolé, j'ai besoin de trouver un sens pour ne pas me sentir frustré. En revanche je salue la forme presque parfaite ( un vers surnuméraire et un défaut à l'hémistiche ) de ce sonnet équilibré, techniquement remarquable qui trahit un(e) auteur(e) ayant une belle maitrise des règles et techniques de la poésie classique. Affaire à suivre. |
| Passant75
4/9/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime un peu
|
Ce poème m’a fait penser à Raymond Devos qui aurait perdu le fil de sa propre histoire, les mots jouent, mais la logique a définitivement quitté la scène. On est dans un rêve dont il ne resterait, au réveil, que des éclats, une enclume qui nage, un œuf qui gouverne, une lune en sabots, une belette qui cherche son chapeau dans une chouette. C’est parfois drôle, mais, à la longue, cela devient facile. En effet, quand tout devient absurde, l’absurde finit par ne plus surprendre.
Le titre et l’exergue annoncent la couleur, « il n’y a rien à comprendre ». Inutile de chercher un sens, puis l’incohérence est affichée. Cela étant dit, un superbe paradoxe saute aux yeux, c’est un sonnet très bien structuré, sa forme enferme un délire dans une mécanique bien réglée. Le poète, respectant un ordre classique, fabrique du désordre, voire du chaos. Mais à force d’aligner des images « sans queue ni tête », l’auteur prend le risque de transformer le n’importe quoi en un procédé qui peut finir par susciter bien plus de la perplexité que de l’intérêt. À moins que ce texte, présenté comme n’ayant aucun sens, en ait tout de même un, à savoir que le sens d’un poème importe peu et que seul compterait le ressenti. Reste à savoir si l’on a vraiment quelque chose à ressentir ! Enfin, je me se suis demandé si l’auteur n’avait pas cherché à explorer une démarche oulipienne consistant à soumettre le non-sens et l’absurde à la discipline rigoureuse d’une forme considérée comme classique. Allez savoir ! |
| BlaseSaintLuc
6/9/2026
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
|
L'écriture automatique est tout sauf automatique, une technique chérie par les surréalistes comme André Breton, Philippe Soupault ou encore Paul Éluard.
On écrit, simplement. Le résultat, s'il revêt une forme qui contente l'auteur, est possiblement publiable, s'il le désire; c'est ici le cas. Les images ne cherchent pas à être réalistes, mais à libérer l’inconscient, à créer un univers où les mots s’assemblent librement, sans la censure de la raison. (Seul bémol) Les alexandrins me font douter d’un total lâcher-prise sur l’écriture. |
| Pussicat
21/9/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime bien
|
Dommage, vraiment dommage que l'exergue nous dirige sur une voie dépréciative qui invite le lecteur, par avance, à ne pas envisager le poème comme recevable : "je pose ça là mais de toute façon, il n'y a rien à comprendre", une impression augmentée par la titre.
Si l'exergue nous indiquait : "texte surréaliste, la nature dans toutes ses dimensions alors que se couche le soleil sur un dimanche comme les autres", j'aurais plongé. D'autant que cette cathédrale est sacrément touffue ! Je valide ce texte sans queue ni tête pour l'imaginaire, son bestiaire fouillé, et le plaisir de lecture procuré. Edition : commentaires EL |
| LeChevalier
11/9/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime un peu
|
Voilà un texte qui se présente sous la forme d'une provocation, pas bien innovante d'ailleurs. La petite phrase de présentation, « Il n'y a rien à comprendre » me paraît d'une importance énorme : elle oriente très fortement la lecture qu'on fait du texte lui-même. C'est que le lecteur est obligé de se situer par rapport à l'avis que l'auteur exprime lui-même de son propre texte. Il y a deux postures possibles, je pense : soit le lecteur se met d'accord avec l'auteur qu'il n'y a rien à comprendre ; soit le lecteur conteste l'affirmation de l'auteur et montre ce qu'il a compris.
Est-ce que les deux phrases « il n'y a rien à comprendre » et « cela n'a pas de sens » sont synonymes ? Je ne suis pas sûr. Mais je ne veux pas faire de philo, du moins pas maintenant. Le texte s'efforce à proposer un contenu incongru. Pour cela, l'auteur a enchaîné des images visuelles de manière contradictoire avec notre perception ordinaire du monde ; par exemple, il dit « nageait l'enclume » -- nous savons qu'une enclume est lourde, qu'on elle va au fond et ne nage pas. Mais alors, je n'ai aucune difficulté à imaginer une enclume qui nage ! C'est pareil pour toutes les autres associations non ordinaires de mots qui représente des objets, des sensations etc. Il y a très peu d'abstrait dans ce texte : « comprit » (v. 12), « dimanche » et « ébahi » (v. 14) me semblent être les seuls mots vraiment abstraits. Pourquoi avoir fait un sonnet ? Je commence à me lasser très sérieusement de cette forme dont le catalogue d'Oniris offre vraiment beaucoup d'exemples. Il faudrait peut-être créer une catégorie à part pour ça, catégorie « Sonnet » ? En tout cas, la forme est suivie très religieusement ici : deux quatrains descriptifs (que des verbes à l'imparfait), une rupture au début des tercets (« Alors... » + passé simple), une deuxième rupture au début du deuxième tercet (« Mais »). Bon, allez : j'ai compris que l'auteur aime les sonnets. Dommage qu'il se soit permis le e muet à la fin du premier hémistiche du v. 11. N.B. Bien faire attention aux espaces doubles entre deux mots au v. 12. |
| Cristale
20/9/2026
trouve l'écriture
très perfectible
et
aime beaucoup
|
Quitte à écrire un sonnet, autant en respecter les règles de versification quelque peu malmenées ici :)
... dommage, j'aurais mis la note maxi pour la technique. Y'a rien à comprendre ? Tant mieux car j'y comprends que tchi, que dalle, que pouic, et je me dis que l'auteur s'est bien amusé, que je suis heureuse pour lui. Ce poème me fait penser à la seule "chose" sans queue ni tête que je connaisse : la méduse, qui n'a également ni cerveau, ni coeur, sauf que, derrière ledit poème qui me laisse médusée, travaille un cerveau bien développé et bat un coeur au rythme de ses vers . Sur ce, je retourne à d'autres vers, rampant plus terre à terre, car ceux-ci, pour ce qui est de mon ressenti, pris avant l'heure de l'apéro, me font déjà tourner la tête. Quant à mes notations, idem l'exergue, il n'y a rien à comprendre et j'espère que l'auteur ne m'en voudra pas. |
| jf2
20/9/2026
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
|
Beaucoup ont relevé une influence surréaliste à ce poème.
J’y ai vu plus précisément, et l’auteur pourra nous le confirmer, une parenté avec les poèmes surréalistes de Robert Desnos. On y trouve un bestiaire (le rossignol, les poissons, la belette, la chouette) et bien sûr des images absurdes souvent logiques (les cailloux applaudirent) mais aussi spatiales (le bateau dans le désert) et même malicieuses (l’œuf dans la rafale). Elles restent cependant toujours représentables ce qui permet à l’auteur de nous entraîner dans son monde. Ce qui est intéressant, c’est que le poème n’est pas qu’une juxtaposition d’images surréalistes, il y a une vraie cohérence d’ensemble avec des connecteurs (tandis, alors, et, mais) et surtout une progression dramatique entre l’aspect descriptif des deux premières strophes à l’imparfait, puis plus dynamique des deux dernières au passé simple. Vous l’aurez compris, j’ai beaucoup aimé. |
| Provencao
20/9/2026
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
|
Bonjour rendu,
"Le silence vibrait dans une cathédrale Faite avec des parfums de poissons et de vers ; Un navire en velours labourait les déserts, Tandis qu'un œuf pensif gouvernait la rafale." Ce quatrain après plusieurs lectures, à mon sens attire un accent et une griffe fougueuse, vaste, à la limite de l'oser, de l'audace, qui ne s'accapare pas du tout des détails... Sans façon, vous mettez les vers, les mots au bienfait d'un écho, ce quatrain est au culte d'une pensée et cette pensée se loge dans une empreinte d'une tactique codée. Au plaisir de vous lire, Cordialement |
| Corto
20/9/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime beaucoup
|
Belle plongée dans le jeu poétique où l'on cherche plus à rendre une image, une ambiance, une vision plutôt que respecter un carcan bien calculé et rythmé.
Tout cela m'a rappelé l'époque où je me régalais à lire Robert Desnos... Une démarche à la fois calibrée et débridée. Chaque vers est un plaisir. Bravo |
| Donaldo75
21/9/2026
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
|
Du surréalisme. Je rejoins un des commentaires quant à l'exergue qui démonétise d'entrée de lecture ce poème. Pour ce qui est du choix de la forme, je ne suis pas d'accord avec un autre commentaire qui se demande pourquoi le choix sonnet, sous prétexte qu’il n’aime pas cette forme. Moi, au contraire, je trouve que cette forme, proche de la chanson de trouvère, tape bien dans le décalage. Et puis, quant à la prosodie, pourquoi se prendre la tête à évaluer ce poème sur les bases du classique ? C’est du surréalisme. On ne demanderait pas d’évaluer un tableau de Braque sur la base des canons de la peinture de Rembrandt. L’univers de ce poème est consistant, ne demande pas une analyse détaillée de type classe de première avec pour chaque vers un paragraphe d’explications. Il rentre dans les méninges, titille les synapses, excite les neurones, devient visuel à l’extrême sans avoir à fumer la moquette.
|
| Curwwod
21/9/2026
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
|
Un excellent sonnet qui avoue fièrement ce que d'aucuns pratiquent sous le masque croyant que c'est ainsi que fonctionne l'art poétique. "Il n'y a rien à comprendre" et pourtant on comprend tout à la lecture de ce texte surréaliste qui caricature les trop nombreux textes (poèmes dit-on) pédants et abscons qui envahissent l'espace littéraire dans le but de faire savant et novateur. J'y vois une satire féroce du vouloir de certains poètes (amateurs) de faire poétique parce que non compréhensible au vulgus. C'est ainsi que s'est installé le désamour de la poésie.
La technique poétique me paraît sans reproche et pourrait avec davantage de recherche dans la rime (recherche de la consonne d'appui) sans doute prétendre au néo classique. |





